Match: BMW 128ti vs Volkswagen Golf GTI: Les points sur les « i »

L’arrivée de la 8e génération de la plus turbulente des Wolfsbourgeoises correspond à la présentation, par BMW, de sa première traction dynamique motorisée par un vulgaire 4 cylindres. Il n’en fallait pas plus pour que les deux Allemandes soient mises en confrontation directe. Et la gagnante est…

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Commençons par lever les capots pour découvrir ce que nous cachent ces deux berlines aux prétentions sportives affirmées. A l’avant de la BMW, on découvre un 4 cylindres de 1998cc fort de 265 ch et 400 Nm de couple disponible entre 1750 et 4500 trs/min. Dans la Golf, la configuration est identique pour une cylindrée de 1984cc avec une puissance annoncée de 245 ch et un couple de 370 Nm de 1600 à 4300 trs/min. Dans les deux cas, on doit malheureusement composer avec des boîtes automatiques qui ôtent inévitablement une partie du plaisir de conduite. La Golf utilise l’inusable DSG robotisée à 7 rapports alors que la 128 ti opte pour l’automatique Steptronic à 8 rapports là où ses petites sœurs doivent se contenter d’une DCT7. Si l’on peut encore utiliser le levier de la boîte en mode manuel sur la BMW, il n’y a que les palettes derrière le volant de la Golf qui pourront être manipulées puisque la nouvelle génération adopte un minuscule levier pour activer la transmission. Des palettes trop petites et de piètre qualité équipent la VW alors que celles de la BM sont à peine plus grandes mais mieux finies. Bref, autant vous dire que nous n’avons jamais opté pour ce type de manipulations.

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Intérieurs différenciés

Les habitacles de nos deux concurrentes du jour ne manquent guère de caractère, chacun dans son style. A Wolfsburg, on joue la carte de la nostalgie en reprenant le tissus à carreaux habillant les siège de la première GTI de l’histoire. Un clin d’œil qui aura bien du mal à faire oublier les contrariétés engendrées par les écrans digitaux à travers lesquels tout se commande ou presque. Lenteur du touchscreen, obligation de quitter la route des yeux pour contrôler certaines fonctions comme le chauffage même si la plupart des fonctions se commandent avec les touches du volant. On finit par s’y habituer et les Geeks s’y retrouvent beaucoup plus rapidement que les vieux cons dans mon genre et puis j’ai apprécié le fait de pouvoir désactiver rapidement l’assistance au maintien dans la voie, qui s’active à chaque démarrage sinon ce n’est pas comique, au contraire de la 128 ti qui exige deux fois plus de manipulations dans les différents menus.

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Cela dit, son habitacle est bien moins axé sur la technologie et l’on s’en félicite. D’aucun le trouveront même ringard par certains graphismes mais la tradition a du bon par les temps qui courent. Les sièges spécifiques de cette version nous ont parus moins ergonomiques que ceux de la Golf notamment à cause de leurs appuie-têtes trop inclinés vers l’avant. Les nombreuses touches rouges de la BMW lui apportent une exclusivité moins présente à l’intérieur de la GTI. Le point de ce chapitre ira donc à la Munichoise sans hésiter.

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A l’abordage !

Venons-en maintenant au sujet pour lequel nous sommes là, celui de la tenue de route. C’est avec la Golf que nous avons débuté notre parcours d’essai. Au début, on avouera que nos sensations n’étaient pas enthousiastes mais au fil des kilomètres, on a apprécié l’efficacité de cette huitième génération. Des passages en virage hallucinants sans jamais se faire peur, c’est un peu comme la Porsche 911. On ne ressent guère d’émotions au volant mais en regardant le tachymètre, on se rend compte des vitesses de passage en virage de ces engins particulièrement efficaces. La direction de cette Golf GTI est plutôt bien calibrée, ni excessivement dure, ni trop tendre, elle répond parfaitement aux attentes d’une voiture essentiellement destinée au Grand Tourisme bien plus qu’à l’attaque à outrance. Une fois ce paradigme assimilé, on apprécie cette Golf comme il se doit même si nous aurions aimé la rencontrer dotée de la suspension dynamique optionnelle peut-être capable de lui apporter davantage de caractère.

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Chez BMW, on ne peut pas dire qu’on a pleinement réussi l’exercice. Sachant qu’il existe une plus méchante M135i, quel était l’intérêt de vouloir forcir le trait à tout prix? Son autobloquant mécanique est là pour endiguer les tentatives de sous-virages mais les réactions de couple dans la direction dérangent rapidement alors que le mode Sport exagère encore le ressenti sans convaincre. Comme si la marque munichoise avait voulu être sûr que l’on prenne cette 128 ti pour ce qu’elle n’est pas, à savoir une sportive sans concessions. Certains collègues prétendent que la BMW compacte conserve de la personnalité en offrant à son train arrière une joyeuse mobilité mais nous n’avons guère trouvé de terrain suffisamment sécurisé pour tester cet aspect des choses. Et puis ses suspensions se sont également montrées moins adaptées à nos mauvaises routes belges où la Golf GTI se montre davantage à son aise lorsqu’il s’agit d’absorber les irrégularités du piètre réseau routier. Avantage à la Golf sur ce terrain-là.

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Question de budget

En exigeant 5.000 euros de plus que la GTI, la 128 ti fait payer chèrement son exclusivité. D’autant qu’à 40.340€, la Golf possède un meilleur équipement puisqu’elle est dotée de série de la climatisation à 3 zones, du régulateur de vitesse adaptatif et de l’accès/démarrage main libre alors qu’il faut les ajouter sur la liste des options pour la BM (45.100€). Au rayon des taxes, c’est choux vert et ver choux en Wallonie puisqu’il faudra vous acquitter, quel que soit votre choix, d’une TMC de 4957e et d’une taxe annuelle de 439,56€ mais la Golf se voit taxée à 250€ pour ce qui est du Malus de la RW alors que la BMW se limite à 175€. En ayant rapidement perdu l’envie de les titiller dans leurs derniers retranchements, on a pu limiter nos moyennes de consommation au maximum avec une moyenne de 8,3 l/100 km pour la 128 ti et un excellent 7,8 l/100 pour la Golf GTI. Des chiffres qui pourront encore être améliorés si vous êtes un adepte du bouton Eco.

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Et la gagnante est…

Pour nous, c’est sa Majesté la Golf qui l’emporte grâce à une proposition à la cohérence indiscutable. Confort, comportement et facilité d’utilisation la placent une nouvelle fois en tête de sa catégorie. Et cela reste une Golf avant tout ce qui représente encore quelque chose pour pas mal d’automobilistes. Alors certains diront qu’elle profite d’une notoriété surfaite mais une fois son prix connu, on peut se dire que Volkswagen n’en abuse guère. Contrairement à BMW qui continue à vendre des voitures hors de prix mais qui aurait bien tort de de priver puisque la clientèle suit. La 128 ti constitue une première intéressante en termes de traction avant dynamique mais l’on ne peut que regretter les roues arrière motrices et la boîte manuelle qui nous auraient davantage poussé sur les routes serpentantes de nos vertes contrées. (Photos: Pierre Fontignies)

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