Essai : Fiat Panda Hybrid : la voiture à malice par Dimitri Urbain

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A la rédaction, nous sommes des amoureux des voitures italiennes… les sportives, certes, mais aussi les petites teigneuses comme les Abarth et les citadines avec du caractère, comme cette nouvelle version de la Panda. Désormais hybride, elle a pris la dénomination « Sport ». Est-ce bien elle qui succède à la version 100 HP d’il y a déjà 15 ans ? (Texte : Dimitri Urbain / Photos : Pierre Fontignies)

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Les lignes de la Panda sont rationnelles et douces, dégageant de grandes surfaces vitrées qui rendent l’intérieur lumineux et agréable, autant à l’avant qu’à l’arrière.

Panda, bien dans la tradition italienne

Née en… 1980, la première Panda est sortie du crayon de Giugiaro. Celui-ci lui a donné des lignes assez droites, un pare-brise plat et des astuces géniales comme les sièges lavables, la banquette en hamac ou encore le bandeau en tissu courant sur toute la largeur, servant de réceptacle pour les passagers avant. Côté mécanique, il a suffi de puiser dans la banque d’organes éprouvés de la 127 et le tour était joué. Sa carrière va durer 23 ans, au cours desquels elle évoluera finalement peu, tant esthétiquement que mécaniquement. Néanmoins, son image va évoluer, de la proposition basique des débuts, elle va se muer en accessoire chic pour dames et… en baroudeuse une fois dotée d’une transmission intégrale par Steyr- Puch. Elle est tout à fait dans la tradition de Fiat, inaugurée par Dante Giacosa et la Topolino des années 30. Des voitures simples, faciles à vivre, à la technologie moderne pour leur époque et, surtout, avec un caractère très italien qui fait qu’on n’a qu’une envie, les cravacher ! Et comme elles adorent ça, en plus. Il signera également la 500 des années 50 et ses sœurs 600, 850… N’oublions pas non plus la 127 et la cousine Autobianchi A112. Plus près de nous encore, les Uno et Punto.  De quoi accrocher un sourire aux lèvres de nombre d’amateurs qui se sont fait plaisir à leur volant. Ce n’est même pas une question de puissance, c’est plus le caractère espiègle, les reprises, le côté « jouet » qui se faufile partout et se gare dans un mouchoir de poche qui les ont rendues aussi populaires et pas qu’en Italie !

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Petite par la taille, la Panda dispose d’un arrière qui favorise autant la garde au toit à l’arrière que la capacité du coffre.

La seconde génération de Panda, sortie en 2003, a été la première du nom à proposer 5 portes. Moins utilitaire que sa devancière, elle jouait plus sur les aspects pratiques pour séduire. Désormais fabriquée à Tichy, en Pologne, elle a aussi remporté un large succès international. Le million d’exemplaires produit est atteint en seulement quatre ans. Dérivée de celle-ci, la troisième génération arrive en 2012 et cette fois, la production est de nouveau assurée en Italie, l’usine polonaise du groupe se concentrant sur les 500 et Abarth dérivées. La Panda, intelligemment modernisée, repart à l’assaut du marché avec un capital séduction intact.

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Le patronyme « Sport » figure en toutes lettres sur les ailes avant de la Panda. Certes, 70 ch ce n’est pas énorme mais l’hybridation lui donne des ailes en ville, là où son agilité lui permet de se faufiler partout facilement.

Le tour du propriétaire

Notre Panda se la joue « Sport », tant à l’extérieur qu’à l’intérieur : peinture gris mat sur le modèle d’essai avec des accents noirs (rétros, vitres arrière…), des jantes alliage 16’’ avec étriers rouges à l’avant, un volant sport gainé de cuir vegan, tout comme les sièges semi-baquets en tissu et cuir. Qu’en est- il sous le capot ? Le moteur est un « Firefly », 3 cylindres, 1000 cm3, qui développe 70 ch ou 51,5 kW à 6.000 tr/min. le couple s’établit à 92 Nm à 3.500 tr/min. Des valeurs pas ridicules qui devraient permettre à cette version de faire preuve d’un certain brio. Elle est en outre équipée d’un alterno-démarreur, un dispositif d’hybridation légère. Associé à une batterie de 11 Ah, il offre 3,6 kW qui viennent renforcer la cavalerie lors des démarrages. La ville c’est vraiment son domaine et c’est là qu’on se rend compte que cette hybridation légère est une réussite. Elle est vive et agile à souhait.

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Les roues sont des 16’’ montées en taille basse mais ne nuisent pas au confort général. Version « Sport » oblige, les étriers de freins sont peints en rouge.

Sur route et autoroute, c’est un peu autre chose. Si elle dépasse les 160 km/h en pointe, les accélérations n’ont rien d’électrifiantes, c’est honnête, sans plus. Vu le patronyme « Sport » et le souvenir de la 100 HP, on reste donc un peu sur notre faim. La tenue de route est correcte mais la voiture ne pousse pas au crime, elle n’incite pas à prendre des virages de façon trop appuyée. Le sport serait plutôt ailleurs, dans le jeu avec la pédale d’accélérateur afin d’optimiser la consommation et la recharge de la batterie. Donnée pour 5,3 l/100 km sous protocole WLTP, il est facile de les atteindre en respectant les indications de passage de rapport au tableau de bord et en levant le pied de manière anticipée. Certes, ce n’est pas la façon la plus fun de rouler dans cette Panda qui aime prendre des tours mais les montées en régime sont, elles, vite sanctionnées par des valeurs de consommation plus proches des 7 l/ 100 km sur route.

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Equipée d’un alterno-démarreur, cette Panda Hybrid recharge sa petite batterie lors des phases de décélération. Une pile s’affiche dans le combiné de bord afin d’indiquer que la recharge est en cours et des barrettes apparaissent ou disparaissent sous les yeux du conducteur, en fonction de la conduite adoptée. Malgré son âge, la Panda utilise les bons codes pour plaire à une clientèle soucieuse de l’environnement.

J’aime bien

L’hybridation est plutôt réussie, sans grever le poids de la voiture qui s’établit à 1.055 kg. Pas mal pour une petite, quasiment la tonne ! Il suffit de lever le pied pour que la pile, symbole de la recharge, s’illumine au tableau de bord et voir les barrettes de la batterie se remplir. Les commandes au volant sont pratiques, tout comme le système U Connect en position centrale du tableau de bord. Apple Car Play ou Android Auto sont évidemment de série et l’écran tactile de 7’’est facile à utiliser.

Plutôt malin

Malgré son âge (qui serait canonique chez certains constructeurs japonais !), la Fiat Panda reste toujours fraîche, agréable à l’œil et bien pensée. L’ergonomie est bonne, tout comme la quantité d’équipements. Les nombreux rangements facilitent la vie à bord et une bouteille prend même place sans problème dans les portes avant. La finition fait bien évidemment appel à des matériaux plastiques majoritairement durs mais ce n’est pas un problème, il sont en phase avec le caractère honnête de la voiture. Nous avons beaucoup aimé le clin d’œil sur le tableau de bord et les hauts de portières, avec « Panda » écrit dans tous les sens. Le côté fun italien dans toute sa splendeur ! Les sièges sont recouverts de tissu et de cuir vegan. Encore un élément qui met bien la Panda à la page avec son époque. Certains vont râler mais ici, pas d’assistance au franchissement de ligne, de volant qui redresse seul, de bips intempestifs, de radar intrusif, de régulateur de vitesse avec freinage incorporé… de quoi vraiment retrouver des sensations de conduite qui disparaissent de plus en plus sur des véhicules de catégories supérieures. L’assistance au parking arrière est en option à 300 € mais est-elle indispensable, vu les seulement 3,65 m de l’engin et l’excellente visibilité périphérique offerte par les grandes surfaces vitrées ?

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Le volant 3 branches tombe bien en main, l’ergonomie est bien pensée. Au milieu de la planche de bord, un écran tactile permet de connecter un téléphone et de le commander facilement. Devant le passager, un fourre-tout rappelle celui de la première génération de Panda.

J’aime moins

Les sièges sont un peu mous ; ils manquent de maintien en virage, (même pas trop appuyé) et n’incitent pas trop à la conduite sportive. Parfois, on a l’impression que les 70 ch et les 3,6 kW sont paresseux ; il ne faut pas hésiter à jouer de la boîte. ANTICIPER devient alors le maître-mot. Sur autoroute, il n’y a vraiment qu’à plat que le sixième rapport est utile, dès la moindre côte il ne faut pas hésiter à rétrograder sous peine de perdre très rapidement de la vitesse. Idem lors de dépassements en côte, repasser la quatrième voir la troisième peut se révéler salutaire, au détriment de la consommation.

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Les sièges avant sont mixtes, tissu et… cuir vegan. Le maintien n’est pas exceptionnel, surtout en virage ; l’assise est également un peu courte pour les grands gabarits.

Pourquoi je l’achète

Sa bouille sympathique n’a pas pris une ride et, au quotidien, ses côtés pratiques en font une vraie FIAT de ville. L’espace intérieur est très correct, même pour quatre adultes. Le coffre, aux formes régulières, est très pratique. La Panda reste dans le coup avec son hybridation légère. Ses tarifs sont raisonnables, elle est affichée à 13.290€ mais les remises en tout genre la mettent à seulement 11.790€ ! Un tarif sympathique pour une auto originale, que demander de plus ? 

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Touche de fantaisie dans cet habitacle noir, le dessus du tableau de bord et des portières sont « imprimés » du mot « Panda » dans tous les sens !

Pourquoi je ne l’achète pas

C’est une « Sport », il ne faut pas la prendre pour une Abarth, même si les 70 ch étaient de feu dans une A112 Abarth. Ici ils sont disciplinés et policés. Certes, elle peut s’aventurer sur route et autoroute, et s’acquittera de la tâche sans trop de peine mais elle reste avant tout citadine. C’est là qu’elle donne le meilleur d’elle-même. A son volant, on ne peut s’empêcher de se remémorer la 100 HP d’antan et verser une petite larme.

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La banquette arrière permet d’accueillir un troisième passager, au milieu. Les sièges avant sont ici reculés au maximum !

En conclusion, la Panda occupe une place à part sur le marché, bien ancrée dans une tradition de citadines de caractère. Si on ne sort que rarement de la ville, son gabarit et ses côtés pratiques bien pensés vont faire merveille. Et ses tarifs doux, tout comme l’absence d’une myriade de gadgets inutiles achèveront de convaincre les acheteurs qui n’ont pas envie d’investir une fortune dans une petite voiture. « Dis monsieur Fiat, tu ne peux pas me mettre un 165 ch d’Abarth sous le capot ? » Ca en ferait une proposition unique sur le segment, la plus bouillante des citadines ! A moins qu’un préparateur comme Giannini n’exauce nos désirs ? (Photos: Pierre Fontignies)

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Le petit trois cylindres de 1.000 cm3 adore prendre des tours, il a bien le caractère chaud des mécaniques transalpines qui se respectent. Il faudra juste jouer de la boîte très régulièrement afin de conserver son allant dans les montées.

Une réflexion sur “Essai : Fiat Panda Hybrid : la voiture à malice par Dimitri Urbain

  1. Dellicour Alain

    100% d’accord avec cet essai. Ma Panda 1200 (69cv) date de 2013 et n’a pas encore 60.000 km car c’est ma 3ème voiture et parce que je l’utilise essentiellement en ville et pour mes petites courses. Je la prends toujours aussi quand je vais suivre un rallye du championnat BRC car elle se faufile et se parque partout avec bonheur. Sur petites routes, elle est franchement amusante et même bluffante (sic) selon mes passagers. Ses 69cv sont bien vivants et m’autorisent à faire souvent la nique à des autos bien plus puissantes, c’est jouissif ! Même en étant habitué à des véhicules plus puissants, je ne m’ennuie jamais au volant de ma Panda ! En plus, elle est super économique.

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