Essai : Ford Explorer 77kWh Extended Range RWD 286ch : l’hiver, c’est sans moi !

Arrivé après la Mustang Mach-E et avant la Capri, l’Explorer devient un modèle 100% électrique construit dans l’usine Ford de Cologne. Et si on ajoute qu’il partage ses éléments mécaniques avec le VW ID.4, on comprend vite que ce nouveau venu n’a plus rien à voir avec son prédécesseur 100% américain. Mais qu’offre-t-il de plus que son cousin de Wolfsburg ?

Sans être particulièrement original, le style extérieur est plutôt réussi et a le mérite de se distinguer de la production actuelle. Certes, cela manque de finesse, comme le veut la tendance actuelle, mais la face avant avec ses phares en L couchés et le nom du modèle inscrit sur le haut de la calandre pleine l’identifie immédiatement. Les flancs présentent un aspect costaud sans être trop travaillés au niveau des lignes brisées. Les grandes roues occupent parfaitement les arches soulignées de noir alors que l’arrière est caractérisé par un aileron de toit généreux, des feux verticaux reliés, là aussi, par un bandeau de plastique noir sur lequel est inscrit le nom du modèle. L’ensemble est sobre, bien équilibré alors que la vitre du montant D, même si elle est partiellement recouverte de stickers, allonge l’ensemble.

J’aime bien

Depuis l’arrivée des modèles électriques dans la gamme Ford, les habitacles de ces dernières ont pris un sérieux coup de jeune. Comme pour les lignes extérieures, les concepteurs de l’Explorer ont privilégié les lignes simples, sans fioritures, pour le tableau de bord. Celui de la version Premium est surmonté d’une jolie barre de son signée B&O. Un vrai plus qui plaira aux mélomanes. Pour le reste, deux écrans se présentent classiquement face au conducteur qui peut compter sur une position de conduite soignée grâce au pack AGR à 500€ qui rend les sièges avant particulièrement ergonomiques. On retrouve logiquement quelques boutons et commodos vus sur les Volkswagen mais avec son écran central tactile de 14″5 coulissant pour révéler un espace de rangement verrouillable, le Ford se distingue clairement de l’Allemand. Et la grande console centrale aménagée sous l’accoudoir central peut aussi dissimuler un ordinateur portable de 15’’. Ingénieux !

Plutôt malin

Malheureusement, nous avons eu l’Explorer à l’essai durant la semaine la plus froide de cet hiver. Chutes de neige et températures négatives ne nous ont pas incité à tester le comportement dynamique dans ses derniers retranchements. Mais il faut avouer que le ressenti général au volant est bon et que le freinage, comme la direction, se révèlent plutôt communicatifs pour un V.E. Le confort est également l’un des points forts de cet Explorer et ce, malgré ses grandes roues de 20 pouces. Les trains roulants ont été soignés, comme le veut la tradition chez le constructeur à l’ovale bleu.

J’aime moins

Qui dit températures négatives dit autonomie des électriques en berne. Et cela n’a pas manqué à bord de cet Explorer. Sans jamais tâter de la vitesse maximale, en respectant scrupuleusement le code de la route et en éteignant systématiquement l’airco, on n’a jamais pu atteindre les 570 km d’autonomie promis par les normes WLTP. Bien au contraire. Après une recharge complète, l’ordinateur de bord indiquait 446 km d’autonomie. Mais après trois trajets de 110 km vers Bruxelles, nous devions impérativement recharger. A l’issue de nos 690 km d’essai, la moyenne de la consommation s’est affichée à 25,1 kWh/100 km. Pour info, cet été, mes collègues du Moniteur Automobile avaient relevé une consommation maximale de 22,4 kWh…

Pourquoi je l’achète

Plus dynamique que son homologue de chez VW, le Ford Explorer propose une belle combinaison entre confort et comportement sympa. Si l’on ajoute que le confort est plutôt bon grâce, entre autres, aux liaisons dynamiques parfaitement maîtrisées et aux sièges AGR optionnels, ce crossover distance largement l’ID.4. Et si en plus, on ajoute qu’il dispose d’espaces de rangements originaux et généreux, d’une barre de son B&O à l’acoustique réussie ou encore d’un équipement très complet, on se demande si Volkswagen avait imaginé pareil concurrent en lui offrant une partie de sa technologie. Dans la définition qui nous occupe aujourd’hui, l’Explorer est affiché au prix net de 45.268€ alors qu’ l’ID.4 exige 51.200€ dans sa finition intermédiaire. Le choix semble vite fait.

Pourquoi je ne l’achète pas

Si vous n’avez pas de borne à la maison ni au travail, passez votre chemin. En hiver, l’autonomie est ridicule et perdre 30 minutes pour une recharge tous les 330 km, il faut le vouloir. Mais le Ford Explorer n’est pas le seul dans ce cas bien évidemment. Parmi ses défauts, on notera l’accessibilité aux places arrière à cause de la découpe de porte trop basse, un coffre qui aurait pu se montrer plus généreux en volume avec ses 470 litres, alors que les plus exigeants regretteront la qualité de certains plastiques. Des défauts qui semblent finalement bien légers pour un premier exercice du genre.

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