Se retrouver au volant d’une citadine devient une expérience presqu’aussi exceptionnelle que d’essayer une supercar pour le journaliste automobile de 2024. La disparition systématique de ces modèles peu rentables n’a laissé que quelques rares actrices, dont cette Picanto qui a attiré bien des regards.

Il faut dire que nous avons eu droit, grands privilégiés que nous sommes, à la version la mieux équipée et la plus jolie durant cette semaine d’essai. En effet, la GT-Line se pare d’éléments stylistiques qui lui sont propres à l’instar du bouclier avant doté d’ouïes supplémentaires, de la fine ligne éclairée sur le capot avant qui lui donne des airs de grande sans oublier des jantes de 16″ au dessin spécifique. Si vous optez pour le vert Adventurous facturé 500€, votre Picanto atteint alors 22.590€ avec le 1.2 MPI atmosphérique de 79 ch associé, dans notre cas à la boîte automatique. Ce n’est peut-être pas la meilleure idée mais nous y reviendrons.

J’aime bien
A l’intérieur, on a réellement l’impression d’être à bord d’une voiture plus imposante. Grâce à un tableau de bord très réussi et à un équipement très complet, on bénéficie ainsi d’un volant sport à trois branches et d’une sellerie en similicuir vegan, des sièges avant et du volant chauffants mais également d’un écran central de 8″ offrant la navigation mais également les connections habituelles et l’application KIA Connect. Elle se pare également de tous les systèmes de sécurité imposés par l’Europe mais bizarrement pas du désormais fameux système ISA détesté par tous les automobilistes bipant lorsque vous dépassez les limitations de vitesse.

Plutôt malin
La position de conduite est plutôt bonne même si l’on est assis un peu trop haut à notre goût et l’insonorisation est soignée ce qui pousse à fréquenter sans trop de crainte les voies rapides. Sur autoroute, il faut un peu insister pour trouver la puissance nécessaire lorsqu’on quitte la bande de droite mais elle se laisse aller sans trop de problème dans le flot de la circulation. Suffisamment vive, n’espérez pas un dynamisme outrancier de la part de cette Picanto même si la GT-Line pourrait laisser croire le contraire.

J’aime moins
Le plus gros défaut de cette petite Coréenne, c’est sa boîte robotisée à 5 rapports à double embrayage. On peut comprendre que certaines personnes puissent privilégier celle-ci mais elle n’est pas très adaptée à l’usage en ville que l’on peut en attendre. Elle rend les déplacements hachés en laissant un grand trou à chaque changement de rapports. Un peu comme la boîte auto des premières Smart. On peut compter jusqu’à trois avant le passage au rapport supérieur. On exagère à peine. Heureusement, cette transmission est optionnelle et si vous optez pour la boîte mécanique, cela fera 1.000€ de moins sur la facture.

Pourquoi je l’achète
Sur un marché de la citadine dévasté, la KIA Picanto s’oppose à sa cousine, la Hyundai i10 et à la Toyota Aygo X. La première est proposée à partir de 17.699€ et sa version la plus coûteuse exige 22.099€ alors que la Toyota est vendue au prix de départ de 18.510€ et peut grimper à 23.895€ dans sa version la plus cossue. Mais il faut dire que la KIA Picanto propose un habitacle très agréable aux places avant grâce à une belle qualité de finition et à un équipement riche et technologique. Et extérieurement, elle ne laisse pas indifférent si l’on en croit les regards qui lui étaient adressés. Enfin, son comportement routier très cohérent permet d’envisager de temps à autre des déplacements péri-urbains voire interurbains. Par ailleurs, rappelons qu’il y a une garantie de 7 ans sur tous les modèles KIA.

Pourquoi je ne l’achète pas
On vous a dit plus haut ce que l’on pensait de la boîte automatique. Heureusement, il existe encore et toujours une boîte manuelle de série. Dans l’habitacle, les places arrière sont correctes sans être inconfortables mais le volume du coffre est vraiment limité. Avec 255 litres, il n’est pas des plus pratiques mais si vous baissez la banquette arrière, le volume grimpe alors à un mètre cube. A la conduite, on a un peu pesté sur le volant qui n’est réglable qu’en hauteur mais aussi sur les phares automatiques qui ont tendance à s’allumer, même en plein jour, si le soleil est dans votre dos. Du côté des consommations, sujet sur lequel votre serviteur n’est jamais exemplaire, nous avons consommé 7,3l / 100km lors de nos 300 km d’essai très souvent en ville et à froid, mais lors d’un trajet autoroutier de 94 km en respectant les limitations, la moyenne est tombée à 6 litres.

