Présenté à la fin de l’année 2018, l’Audi Q8 électrique a reçu quelques améliorations l’année dernière soit 4 ans après sa naissance. Il faut dire que ce modèle éprouve du mal à se vendre mais il fut le premier véhicule 100% électrique de la marque aux quatre anneaux et a dû, à ce titre, essuyer les plâtres. S’il s’en est écoulé 175.000 exemplaires dans le monde, il semblerait qu’un plafond ait été atteint au grand dam de l’usine bruxelloise qui assemble ce modèle.

Depuis son arrivée sur le marché, où il était sans concurrence, celle-ci s’est rapidement développée et le Q8 e-Tron a dû faire face à de sérieux adversaires aux armes bien mieux affûtées. Avec pour conséquence un effondrement de ses ventes qui a contraint l’usine de Forest à réduire fortement la voilure et congédier pas mal d’intérimaires. L’avenir du site bruxellois est loin d’être assuré, Audi privilégiant logiquement ses usines nationales. En attendant d’en savoir plus sur l’avenir du site belge, nous avons pris le volant de ce haut de gamme électrifié made in Belgium.

J’aime bien
Après la VW ID.3 et la Skoda Enyaq, on poursuit notre montée en gamme et de ce côté-là, l’habitacle de l’Audi assume pleinement sa bonne réputation avec des matériaux de qualité, même si certains sont recyclés, et des assemblages millimétrés. On se sent dans une Audi et l’on retrouve les trois écrans habituels. Un pour l’instrumentation, configurable, et deux pour le système multimédia MMI, celui du bas servant à régler la climatisation. De tailles généreuses, respectivement 10,5 et 8,5 pouces, ces deux écrans bénéficient du retour haptique. Le volant a un cerceau épais mais agréable à empoigner et les sièges présentent une ergonomie parfaitement adaptée à tous les gabarits. A l’arrière, c’est la fête du slip avec un espace royal pour les passagers sans parler du coffre de 569 litres complété par un frunk de 62 litres à l’avant.

Plutôt malin
C’est au chapitre de la technique que le Q8 e-Tron évolue le plus avec deux niveaux de puissance, 340 ou 408 ch grâce à un moteur arrière au bobinage amélioré, alors que les capacités des batteries sont fortement en hausse. Dans le cas de la version 55 essayée ici, la batterie passe de 95 à 114 kWh ce qui n’est pas loin de constituer un record dans la catégorie. Cela permet d’augmenter l’autonomie de 32 % selon Audi, et ainsi afficher, théoriquement, 532 km pour le SUV. Cet accumulateur kingsize encaisse désormais une recharge à 170 kW contre 150 précédemment, ce qui permet de passer de 10 à 80 % en 31 minutes sur une borne de charge rapide DC. Enfin, pour être complet, signalons encore que le coefficient de pénétration dans l’air (Cx) a également été optimisé (dessin, volets mobiles, fond caréné) pour passer de 0,28 à 0,27 pour le SUV. Pas mal pour un tel mastodonte (2.585 kg).

J’aime moins
Evidemment, qui dit batteries plus grosses dit poids en hausse et le gros SUV allemand n’y coupe pas. Et cela se ressent rapidement lorsqu’on tente d’hausser le rythme sur des nationales tournicotantes. Le Q8 e-Tron a horreur de cela et il vous le fait savoir très vite. Avec lui, la conduite doit être coulée et tranquille ce qui est logiquement induit par tous les véhicules électriques que nous essayons. On est calmés, à la limite de l’assoupissement, tellement on s’ennuie. Et l’on se demande aussi où sont passés les 408 ch promis…

Pourquoi je l’achète
On l’a souligné, la finition de l’Audio Q8 e-Tron est remarquable même s’il existe toujours l’un ou l’autre collègue pour relever la qualité de certains plastiques. L’environnement du conducteur est en tous points conforme aux standards de la marque aux anneaux avec une ergonomie parfaite et de l’espace à revendre. Vous nous direz qu’avec une telle empreinte au sol, cela serait dommage d’être serrés à bord. Autre grande qualité de ce modèle, c’est le confort qu’il prodigue à tous les occupants. La filtration des bruits, qu’ils soient de roulement ou d’air, est très soignée et l’on peut converser en toute sérénité ou profiter du système audio facturé en option s’il doit être de qualité supérieure.

Pourquoi je ne l’achète pas
La note est salée si vous souhaitez profiter d’un modèle à grosse batterie avec un minimum d’équipement. Donné pour 88.300€ tvac avant d’avoir choisi la moindre option, la note s’élève à la vitesse de l’éclair à l’image de notre modèle d’essai qui atteignait la somme de 112.740€ tvac en ayant quelques options intéressantes comme le climatiseur automatique confort 4 zones (960€), le chargeur embarqué 22 kW (1.990€), les phares avant à technologie LED Matrix (1.730€) ou encore le pack cuir (1.250€) pour n’en citer que quelques-unes. Une addition salée qui ne favorise pas la diffusion de ce modèle. Et lorsqu’on ajoutera que l’autonomie n’est pas des plus extraordinaires malgré la batterie plus grosse, on a en effet consommé 27 kWh sans jouer excessivement aux économes, ce qui donne 392 km d’autonomie théorique. Un chiffre assez quelconque au vu de la taille de ce Q8 e-Tron.

