Jouant à fond la carte de la nostalgie pour ses modèles 100% électrique, Renault a visiblement touché juste avec la 5 dont le succès est indubitable. La 4 qui nous intéresse aujourd’hui utilise la même recette avant l’arrivée imminente d’une Twingo, chargée de séduire les citadins. Cette nouvelle 4 peut-elle faire oublier celle dont elle s’inspire ?

Contrairement à ce que son appellation peut faire croire, cette Renault 4 est plus grande que la 5 dont elle reprend la plateforme appelée AmpR Small étirée pour pouvoir se placer dans le segment B+ davantage orienté vers les familles. Et c’est effectivement en termes d’habitabilité que cette 5 portes se distingue de sa petite sœur grâce à des dimensions en hausse. Plus longue, plus large et plus haute, elle propose une vie à bord plus agréable.

J’aime bien
Dans sa volonté d’épurer un maximum l’espace de vie, l’automobile moderne finit par offrir des habitacles qui se ressemblent tous. Heureusement, Renault nous éloigne de cet écueil en proposant une véritable personnalité aux occupants. Logiquement, le tableau de bord est proche de celui de la R5 au même titre que les sièges ou le volant mais cela n’entache en rien le sentiment agréable que l’on ressent à bord de cette Renault électrique. Une vraie voiture ) vivre comme le disait la publicité du constructeur au siècle dernier. Les tissus et les animations lumineuses réchauffent l’atmosphère et les commandes physiques disposées sous les ouïes de ventilation centrales permettent de régler la climatisation sans avoir recours à l’écran central. Et comme dans toutes les Renault, il existe un bouton « magique » à gauche du tableau de bord qui permet de désactiver rapidement les aides à la conduite les plus horripilantes à chaque démarrage.

Plutôt malin
Inspirée de la Renault 4 initiale, le design de se version du 21e siècle est réussi même si l’arrière à de faux airs de Fiat 600 ou de MINI Countryman. La face avant des versions les plus chères est remarquablement personnalisée par une calandre d’1,45m rétroéclairée, dont on n’ose imaginer le coût du remplacement en cas d’accident. On l’a dit plus haut, les cotes de l’habitacle sont à la hausse mais avec un conducteur d’1,86 m, l’espace aux jambes à l’arrière n’est pas exceptionnel pour une électrique. Heureusement, le volume du coffre donné pour 420 litres, est plutôt bon même si on regrettera l’absence de frunk à l’avant qui aurait permis de ranger les encombrants câbles de recharge.

J’aime moins
En reprenant la batterie de 52 kWh de la R5, cette R4 dispose de la même autonomie. Autant dire que les miracles n’existent pas et qu’il faut impérativement disposer d’une borne à domicile ou au bureau pour conserver une autonomie correcte en toutes circonstances. Lorsque les températures s’effondrent, les distances parcourues suivent la tendance et l’on perd même de l’autonomie en laissant l’auto stationnée dans la rue. L’autonomie annoncée de 409 km n’est jamais atteinte même en limitant sa vitesse au maximum. Les déplacements en ville sont vivement conseillés. Sur voies rapides, il faudra souvent passer par la case rechargements… pas très rapides malgré la présence d’un chargeur DC pouvant recevoir 100 kWh.

Pourquoi je l’achète
Avec sa bouille sympa et son habitacle joliment dessiné, la Renault 4 est craquante et peut même accueillir plus facilement des passagers que la 5. Elle se veut davantage polyvalente que la 5 et son coffre est facilement utilisable grâce à sa largeur et son seuil abaissé au maximum. Sur la route, cette électrique se révèle agréable à conduire sans être un foudre de guerre. Sa garde au sol de 18 cm permet de l’emmener sur des chemins non-revêtus d’autant qu’elle propose des modes de conduite inédits destinés aux déplacements sur la neige ou en tout-terrain. Attention, vous n’en ferez pas la reine des chemins forestiers mais son ESP s’adapte à des conditions d’adhérence précaires. Enfin, elle bénéficie également d’un mode one pedal particulièrement justifié avec des électriques alors que la régénération possède plusieurs stades d’efficacité sélectionnables via les palettes derrière le volant. Quatre prises USB-C sont disposées dans l’habitacle pour que tout le monde puisse en profiter. Les mélomanes apprécieront l’installation audio signée Harman-Kardon dont l’ampli et le woofer condamnent une partie du volume de coffre. Pour répondre à la question initiale, elle fait largement oublier sa très populaire devancière…

Pourquoi je ne l’achète pas
Disponible à partir de 29.900€ dans sa version d’accès de 120 ch, la R4 de 150 ch Comfort Range essayée ici est facturée 36.900€ auxquels il faut encore ajouter 600€ pour le système audio hifi, 100€ pour le capot noir, 450€ pour le hayon électrique main-libre ou encore 650€ pour le pack safety & advanced driving assist. La facture totale atteignait ainsi 39.750€ ! Cela commence à faire cher pour une électrique peu encline à quitter la ville, du moins durant la saison hivernale. Son autonomie limitée et les temps de recharge étendus ne l’aideront pas à convaincre les plus réticents à l’électrification du parc automobile. A l’issue de nos 530 km d’essai, la moyenne s’est établie à 19,4 kWh/ 100 km mais les températures de saison ont probablement lourdement pesé sur ce bilan. On a également pesté sur les coins du tableau de bord où nos jambes venaient systématiquement taper lorsqu’on montait à bord et on a également regretté la mauvaise qualité du rendu de la caméra de recul. Des détails qui finissent par agacer à la longue.


Bonjour, c’est mon coup de coeur électrique 👍