Essai-exclusif : Aston Martin Vanquish Volante : doux sentiment de plénitude

L’arrivée de la version décapotable de la Vanquish est la suite logique du renouvellement de la gamme Aston Martin et le retour d’une appellation permettant à la marque anglaise de conserver un V12 à son catalogue. Pour notre plus grand plaisir !

En adoptant un 4.0 V8 sous son capot, la DB12, remplaçante de la DB11, a perdu une partie de ce qui faisait son charme. Heureusement, Aston Martin a eu la bonne idée de relancer l’appellation Vanquish, retirée en 2018, pour proposer un nouvel item d’une mécanique noble et séduisante. Après la version coupé, c’est maintenant la découvrable qui apparaît au catalogue. Mécaniquement, celle-ci reprend bien évidemment le 5.2 V12 biturbo fort de 835 ch pour un couple de 1000 Nm. De quoi mouvoir ce carrosse de 2 tonnes en toute décontraction tout en sachant monter le son en atteignant théoriquement les 345 km/h en vitesse de pointe. Autant dire que cette mécanique ne craint rien ni personne et qu’elle comblera son heureux propriétaire en toutes circonstances. Qu’il s’agisse de se déplacer négligemment le long  de la Croisette ou d’attaquer les cols de l’arrière-pays en mode très sportif, ce cabriolet est tout simplement impérial.

Finition 5 étoiles

Même si la couleur bleue de notre exemplaire d’essai n’est pas des plus faciles à appréhender, cela ne nous a pas empêcher d’apprécier pleinement le luxe et le confort de cet habitacle particulièrement bien fini. Vous nous direz qu’à 424.000€ l’exemplaire, cela serait inconvenant de ne pas l’être mais l’on a déjà vu des engins exclusifs peu soignés. Ici, on remarque immédiatement les différentes matières riches et exclusives avec du cuir en quantité généreuse qui s’ajuste parfaitement à la finition en carbone de la planche de bord alors que les différentes touches présentent un aspect particulièrement qualitatif.

Les sièges Sport Plus soutiennent parfaitement leurs occupants et l’on comprend mal ce qui pourrait pousser le client vers des sièges baquet optionnels. L’espace est généreux mais ne cherchez pas de banquette arrière, il s’agit d’une stricte deux places. Le volume du coffre de 220 litres, toit replié, déçoit lorsqu’on tient compte de l’empattement (2.885 mm) de cette Vanquish mais un set de valises sur mesure est proposé. Trêve de commentaire déplaisant, appuyons sur le bouton de démarrage placé en plein milieu de la console centrale comme pour mieux nous attirer…

  Bonheur intégral

Malgré les quatre sorties d’échappement, la sonorité du V12 est du genre discrète au ralenti. Il en faudra plus pour réveiller vos voisins tôt le matin. Nous débutons notre parcours par une route étroite qui convient peu aux dimensions du cabriolet anglais. Heureusement, la voie s’élargit bien vite et la région de Tarragone qui nous accueille pour l’occasion dévoile rapidement ses atouts. Les voies rapides des environs nous mettent en confiance au même titre que la rigidité assez bluffante de cette Vanquish. Sa structure de carrosserie en aluminium extrudé garantit un comportement aussi sportif que la version coupé. On profite des vocalises du V12 et l’on se met à regretter le temps béni où ce type de motorisation s’imposait dans toutes les berlines haut de gamme. Ce moulin en veut toujours plus. Il ne se montre jamais fatigué et l’on ne sait pas à quelle vitesse il demande grâce. On profite de son couple gargantuesque, de la mélodie du bonheur qu’il distille à chaque accélération mais ce sont surtout les trains roulants rigoureusement mis au point qui nous émerveillent.

Comme l’a relevé un collègue français, et que cela reste entre nous, il nous était impossible de prendre les courbes régulières en dessous de 150 km/h… Train avant précis, freinage franc et garanti en toutes circonstances grâce aux galettes en céramique, ce cabriolet exclusif – Aston ne construira pas plus de 1.000 Vanquish par an dans les deux carrosseries – se révèle extraordinairement performant. Cinq modes de conduite sont disponibles: GT, Sport, Sport+, Wet et Personnal. Nous avons roulé en majorité sur le mode Sport. Le Sport+ permet de régler le degré d’intervention de l’ESP mais en connaissant le prix du bestiau et en roulant sur tracé inconnu, on a préféré ne pas jouer avec le feu. Et si nos collègues français très exigeants ont pesté sur la lenteur de la boîte auto ZF à 8 rapports, on n’a jamais trouvé celle-ci endormie…

Retour sur terre

Cette rencontre restera gravée à tout jamais dans nos meilleurs souvenirs. Alors qu’on pensait que ce vénérable label était juste capable de produire des AMG à la sauce anglaise sans trop se soucier de le tenue de route de ses modèles, on a découvert une véritable sportive acceptant d’être menée à des allures inavouables. Tout en restant un véritable objet de luxe parfaitement servi par une technologie moderne passant par deux écrans de 10,25 pouces où l’on retrouve un GPS intégré, des caméras à 360° et l’Apple CarPlay sans fil si facilement utilisable. Le son est garanti par le système Bowers&Wilkins et ses 15 haut-parleurs donnés pour 1.170 watts. Personnellement, on a préféré profiter pleinement des vocalises en V12 majeur.

A allure raisonnable, on profite à nouveau du luxe environnant tout en saluant l’efficacité des amortisseurs fournis par Bilstein et qui effacent les irrégularité de la route avec une facilité déconcertante. On est véritablement dans un autre monde et si l’on referme la capote à isolation acoustique renforcée et huit épaisseurs de matériaux d’isolation, dont l’ouverture prend 14 secondes et la fermeture, 16… le tout jusqu’à une vitesse de 50 km/h, on prend conscience d’être au volant d’un cabriolet particulièrement exclusif.

Conclusion

On a parlé du prix mais on vous évitera la sujet de la consommation, tout simplement parce qu’on n’a pas pensé à la relever. On a voulu profiter au maximum de cette mécanique d’exception parfaitement secondée par un châssis au top et des éléments mécaniques parfaitement accordés et mis au point. Les Anglais frôlent le sans-faute et la Vanquish Volante peut parfaitement prétendre au titre de supercar. Congrats guys !

 

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