Tandis que bon nombre de 4×4 purs et durs s’assagissent faute de véritables utilisateurs, le Toyota Land Cruiser conserve toutes ses qualités de véhicule véritablement tout-terrain. Extérieurement, ce « petit » Land Cruiser reprend les codes stylistiques du mythique J40 qui fut construit de 1960 à 1984 et qui laissait encore le choix, à l’époque des 2 ou 4 portes sans parler de ses versions pick-up. Cette 1st Edition était limitée à 3000 exemplaires, tous vendus, et recevait des optiques rondes et une teinte biton copiées sur son ancêtre.

Fidèle à son image de franchisseur hors pair, le nouveau Land Cruiser vise à donner la meilleure visibilité à l’avant et sur le côté à son conducteur. Il en résulte une forme de capot aux côtés surélevés facilitant la localisation des angles du véhicule, et une section centrale abaissée qui améliore la vue vers l’avant, réduisant ainsi l’angle mort immédiatement à l’avant du véhicule. Pour améliorer la vue latérale, le montant A est réglé à un angle plus droit, les énormes rétroviseurs sont fixés aux portes et la ceinture de caisse a été abaissée – une référence à la Toyota BJ70 classique – d’environ 30 mm par rapport au modèle actuel.

J’aime bien
On remercie les seuils de portes qui aident bien à grimper à bord. Mais une fois en place, on se sent intouchable. Le tableau de bord allie à la fois touches de modernisme à travers ses deux écrans de 12,3 pouces suffisamment bien détaillés pour offrir tout un tas d’informations sans jamais en faire de trop. Et puis il y a les 32 boutons physiques de la console centrale qui feront un bien fou à ceux qui, comme nous, ne supportent pas l’obligation de détourner les yeux de la route pour commander des fonctions via l’écran central. Les sièges en cuir de cette 1st Edition sont confortables d’autant qu’ils sont chauffants, ventilés et électriques. Et la banquette arrière se révèle accueillante même si les genoux remontent un peu trop. Le coffre généreux pâtît d’un seuil de chargement élevé mais ses 408 l feront le bonheur des transbahuteurs.

Plutôt malin
Si vous vous sentez l’âme d’un aventurier prêt à parcourir le monde par ses chemins les plus escarpés, le Land Cruiser vous ravira. En vrai 4×4, il dispose de tous les réglages nécessaires pour sélectionner les rapports courts ou longs, bloquer les différentiels ou les barres stabilisatrices selon le terrain. Par ailleurs le 2.8 Diesel qui l’équipe est un pur et dur qui ne fait pas appel à une quelconque électrification. Qui a dit fiabilité garantie ? Il est cependant appelé à être remplacé bientôt par un moulin identique épaulé par une petite hybridation de 48V. La direction se convertit également à l’électricité pour réduire les retours de volant qui peuvent se produire en conduite hors piste. Cette technologie facilite l’utilisation de certaines aides à la conduite comme le maintien de voie. Enfin, une nouvelle boîte automatique à 8 rapports apporte davantage de calme à bord lorsqu’on ne peut éviter des trajets autoroutiers.

J’aime moins
Probablement influencé par les essais de nombreux SUV, on attendait davantage de confort à bord. Mais sur route, le Land Cruiser gondole inévitablement et même si c’est discret, nos passagers nous ont régulièrement signalés qu’ils ressentaient des mouvements assez désagréables notamment aux places arrière. Pour notre part, on espérait plus de vivacité de la part de ce gros moteur Diesel mais il est avant tout placide et même un peu rugueux ce qui est plutôt logique si l’on se souvient de l’usage pour lequel il a été conçu. Cela dit, l’insonorisation de l’habitacle est convaincante.

Pourquoi je l’achète
Quel bonheur de voir qu’il existe encore une marque capable de proposer sur le marché un 4×4 pur et dur qui n’a pas vendu son âme à la futilité et au clinquant. Le Land japonais est capable de s’attaquer aux terrains les plus hostiles et la simplicité de sa mécanique devrait lui permettre d’accumuler les kilomètres en toute sérénité. Extérieurement, il soigne son look en utilisant certains éléments du BJ70 en les ayant joliment modernisés. Il en impose et demande pas mal de place pour être manœuvré mais cela confirme son allergie aux beaux quartiers, au profit des chemins boueux ou sablonneux. Malheureusement, on n’a pas pu tester ce tout-terrain dans les postures qu’il revendique mais on a pleinement profité de la qualité des matériaux à bord, de son habitabilité impressionnante mais aussi du cocon isolant qu’il forme au-dessus du bitume.

Pourquoi je ne l’achète pas
Sur le tarmac, il ne peut se valoir d’un confort aussi raffiné que celui des faux 4×4 mais vrais SUV. Et son Diesel est du genre poussif mais une petite hybridation devrait lui donner un peu plus de souffle très prochainement. Il faut également désactiver systématiquement toutes les aides à la conduite à chaque redémarrage mais il existe heureusement un raccourci dans les menus. Ce gros Diesel n’est pas le plus sobre du lot et votre serviteur a ainsi consommé 10,8 l/ 100 km de moyenne lors de ses 400 km d’essai. Et puis il nous faut aborder le sujet du prix de vente assez élevé. La version 1st Edition essayée ici et qui illustre cet article, n’est plus en vente donc le premier prix est à 77.020€ pour la finition TX alors que le VX-L haut de gamme est à 96.900€ qui propose le toit panoramique, le véritable cuir, le rétro intérieur digital ou encore l’audio JBL à 14 haut-parleurs. C’était exactement l’équipement de la version essayée…

