Essai : Skoda Enyaq Coupé RS : tête de liste

Mesdames et Messieurs, vous avez sous les yeux la Skoda la plus puissante et la plus chère de l’histoire ! Personnellement, cela ne nous fait absolument pas rêver mais puisque l’époque est ainsi faite, il nous a bien fallu goûter à ce BEV encombrant et massif. Et lorsqu’on a pris possession de notre exemplaire d’essai, doté de la couleur Mamba Green, on a rapidement compris que la discrétion n’allait plus faire partie de notre vocabulaire pendant 7 jours.

Et c’est vrai qu’il attire les regards cet Enyaq Coupé en finition RS. Avec ses lignes de SUV dynamique, il capte l’attention tout en conservant des traits propres aux modèles de la marque tchèque. Son pavillon fuyant vers l’arrière et sa poupe affinée ne pénalisent guère l’espace intérieur. L’accès aux places arrière est à peine moins aisé que la version classique plus carrée, et le coffre n’affiche que 15 dm3 de moins en volume de chargement (570 litres). On peut donc encore compter sur un véhicule spacieux, avec suffisamment de place à l’arrière pour deux adultes d’autant que tous les bagages de la famille trouveront place dans le coffre malgré un accès trop élevé à notre goût.

J’aime bien

En sortant de l’ID.3, inutile de vous dire que l’on a trouvé l’intérieur de la Skoda particulièrement soigné. On y retrouve des matériaux de qualités même s’ils sont en plastique à l’image du faux carbone qui recouvre une partie de la planche de bord et des contre-portes. L’alcantara et ses surpiqûres fluo sont parfaitement assortis à la carrosserie et donnent du caractère à cet habitacle. On ne s’en plaindra pas. Finalement, c’est peut-être le volant qui semble le plus daté avec son cuir à trous et ses grosses branches. Les logos RS disséminés un peu partout et les superbes sièges en nubuck participent à l’atmosphère très gratifiante de cet Enyaq Coupé.

Plutôt malin

Avec ses 300 chevaux annoncés, le RS Coupé laisse rêveur mais dans les faits, on a plutôt l’impression d’une puissance réelle de 200 chevaux et cela colle avec la réalité technique des choses. En effet, cette puissance maximale n’est accessible que dans une certaine fenêtre assez étroite qui dépend de la température et de la recharge des batteries. Autant dire que durant notre essai qui s’est effectué en majorité par temps froid, on n’a jamais vraiment en l’occasion de profiter pleinement de cette cavalerie. Le 0 à 100 km/h est ainsi annoncé en 6,5 secondes. Bref, ce n’est pas le dynamisme qui caractérise en premier cet item de la voiture électrique made in Mlada Boleslav mais on jouira pleinement de son confort et de son volume habitable.

J’aime moins

C’est finalement au rayon de l’autonomie que l’on est le plus déçu. Une nouvelle fois, la météo n’a pas été du côté des batteries mais qu’importe. Avec un rayon d’action de 300 km, on ne peut pas dire que cela soit extraordinaire. Ainsi, à l’issue de nos 574 km d’essai, notre consommation moyenne était de 31,2 kWh/100 km. Autant dire que nous ne pouvons que vous conseiller les versions plus raisonnables de l’Enyaq si vous souhaitez allonger vos trajets et ne pas devoir passer à la pompe à ions trop souvent.

Pourquoi je l’achète

Il est indéniable que les designers de la marque tchèque ont réussi leur coup avec ce SUV coupé aux habits de sportif. Grandes roues, lignes tendues et incurvées, l’Enyaq Coupé RS attire les regards lorsqu’il se pare de ce vert Mamba disponible gratuitement dans cette finition. Face à ses concurrents internes, comme le VW ID.5 GTX ou l’Audi Q4 e-Tron, il se révèle plus habitable et mieux fini face au premier et logiquement moins cher que le second. Il faut remarquer la qualité de son habitacle aux matériaux particulièrement bien assortis et de qualité. Cela démontre que l’on peut opter pour un véhicule 100% électrique sans devoir faire une croix sur la qualité de vie à bord. On peut même davantage parler de luxe que de sportivité dans le cas qui nous occupe. Et comme l’habitabilité arrière est préservée, malgré ses lignes de coupé, et que le volume du coffre demeure généreux, on peut réellement parler d’une familiale réussie à propose de cet Enyaq Coupé RS.

Pourquoi je ne l’achète pas

Il reste cependant un obstacle de taille, celui du prix. En effet, pour profiter de cet RS, il vous faudra disposer de 68.340€ avant même d’avoir coché la moindre option. Notre modèle d’essai bénéficiait de la pompe à chaleur (1.145€), des jantes en alliage léger Vision (735€) ou encore du Pack Ultra (4.795€) qui comprend, entre autres, l’affichage tête-haute, la caméra 360°, les amortisseurs réglables, le sound system… et bien d’autres choses, faisant de ce modèle un Enyaq pratiquement full options pour la somme totale de 76.977€ ! On a parlé plus avant d’une autonomie trop limitée à nos yeux mais on peut également préciser que, si la puissance de charge maximale a été augmentée à 135 kW, il faut compter 35 minutes tout de même pour une recharge à 80%. (Photos : Pierre Fontignies)

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