Essai : BMW X6 M60i xDrive : le superflu, c’est encore mieux

Régulièrement mis en cause pour leur futilité, les SUV n’ont pas bonne réputation auprès du commun des mortels. Pourtant, quelques jours au volant d’un BMW X6 M60i vous convaincront rapidement de sa pertinence en termes de confort, de sérénité à bord et de maîtrise absolue de la route tout en profitant d’un luxe remarquable. Rien n’effraie ce SAV et lorsqu’on trône à la place du conducteur, on jouit d’un sentiment de bien-être qui vous pousserait à traverser l’Europe sans le moindre prétexte ; juste pour jouir encore et encore de la puissance et de la souplesse d’un 4.4 V8 logiquement glouton. Et l’on ne boude pas le plaisir de profiter encore un peu d’une mécanique aussi généreuse malheureusement appelée à disparaître prochainement.

En offrant un rafraîchissement à la troisième génération de son X6, BMW nous donne l’occasion de retrouver ce beau bébé ce qu’on ne pouvait refuser. Extérieurement, ce sont les blocs optiques qui évoluent en devenant plus effilés alors que la calandre éclairée est également proposée pour ceux qui trouvent cela chic. Autre élément stylistique, le pack M est monté sur tous les modèles et apporte un côté dynamique à l’ensemble avec des boucliers redessinés et des jantes inédites. Sous le capot de notre exemplaire d’essai, nous l’avons dit, c’est le 4.4 V8 biturbo que l’on retrouve avec plaisir, celui-ci étant épaulé par un système hybride léger de 48 volts. La puissance atteint 530 chevaux et le couple monte à 750 Nm. Cette cavalerie est acheminée aux quatre roues par l’entremise d’une boîte automatique à huit rapports. De quoi proposer des performances décoiffantes avec un 0 à 100 km/h en 4″3 et une vitesse maximale de 250 km/h dont on peut profiter à tout moment. Et si cette puissance ne vous suffit pas, vous pouvez encore opter pour le X6 M Compétition de 625 ch !

J’aime bien

A l’image de la gamme X du constructeur bavarois, le X6 reçoit le tableau de bord incurvé entièrement digital composé de deux écrans. Celui de l’instrumentation mesure 12,3 pouces et le central, destiné à l’info divertissement, a une taille de 14,9 pouces. Cela modernise définitivement l’ensemble mais contrairement à la plupart des concurrentes électriques, on profite d’un habitacle cossu et particulièrement soigné qui donne le sentiment que l’on en a pour son argent. Le volant à la jante épaisse n’a toujours pas nos faveurs mais on oublie vite cela lorsqu’on profite des superbes sièges en cuir et tout l’agrément qu’ils procurent (chauffage, aération et massage…). A l’arrière, l’espace habitable n’est pas mirifique mais la garde au toit y reste décente, compte tenu de la ligne de Coupé. Le coffre perd logiquement 70 litres par rapport aux 580 l du X5 mais cela reste néanmoins une belle capacité.

Plutôt malin

Quelle machine ! Certes, il se montre imposant et l’on peut légitimement se demander à quoi peuvent bien servir autant de chevaux dans une carrosserie pareille. Mais il suffit de parcourir quelques kilomètres au volant pour être sous le charme de cette mécanique noble. Non seulement l’habitacle est luxueux et confortable mais en plus, le X6 se montre impérial en toutes circonstances. Il avale les côtes d’un coup d’accélérateur, se laisse glisser le long de certaines routes ensoleillées sur un feulement de gaz et, cerise sur le gâteau, il permet d’effacer la moindre sportive en utilisant toute la puissance du V8 dont la sonorité ne nous a pas laissé de souvenir impérissable.

J’aime moins

Si l’on s’est réjoui, la semaine durant, de profiter un maximum des capacités du V8, il exige en toute logique son pendant de sans-plomb ce qui implique un solide budget mensuel, ce qui ne doit pas être un problème pour le propriétaire de ce genre de véhicule…

Pourquoi je l’achète

La sérénité que l’on ressent au volant du BMW X6 est tout simplement irrésistible. Au volant, on profite d’une visibilité royale tout en jouissant du confort impérial offert par un habitacle à la finition assez remarquable. La position de conduite et les différents soins offerts par les sièges permettent au conducteur de traverser l’Europe sans sourciller, sinon pour se moquer des électriciens obligés de s’arrêter toutes les deux heures pour ravitailler. Et si le V8 se montre glouton, il est rassasié en moins de 3 minutes. Au pire, si vous avez l’habitude de longs déplacements, le X6 est encore et toujours disponible avec des motorisations Diesel. Qu’on se le dise ! Autre avantage de cette machine exceptionnelle, ce sont ses quatre roues motrices qui vous permettent d’appréhender la route sans arrière-pensée, quelle que soit la météo, qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige, le X6 M60i est totalement maître de son destin.

Pourquoi je ne l’achète pas

Les plus gros griefs qui lui seront faits se rapportent à son prix d’achat (113.700€ de base) et à sa consommation (12,6 l/100 km de moyenne). Mais ce sont deux éléments qui sont bien souvent accessoires pour celui qui peut s’offrir ce type de véhicule. Légèrement redessiné, technologiquement à la pointe en termes d’info-divertissement et systèmes d’aides à la conduite, il justifie pleinement son tarif d’autant que face à la concurrence chinoise ou américaine, il offre encore un habitacle de caractère. Même si ce dernier aurait pu se montrer plus généreux envers les occupants des places arrière. Et le dernier point rouge ira aux tiges en plastique des ouïes de ventilation à l’aspect très léger… (Photos : Pierre Fontignies)

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