Essai : DS9 E-Tense 250 : penser différemment

On va vous éviter ici l’éternel refrain sur la cohérence de l’approche du haut de gamme par les marques françaises depuis la nuit des temps. Avec sa nouvelle DS9, le label luxueux du groupe Stellantis propose à peu de frais sa vision du Premium fabriqué en… Chine.

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Finalisée en 2019, la grande berline statutaire signée DS n’est arrivée qu’en tout début de cette année sur le marché belge. Nous avions eu l’occasion d’y goûter, en avant-première, au mois de janvier mais c’est un essai plus complet que nous vous proposons cette fois-ci. Après une semaine passée à bord de cet étendard, que nous reste-t-il comme souvenirs ?

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J’aime bien

En trois ans, une voiture est vite démodée de nos jours et cela se sent, à bord de la DS9, à travers son système d’info-divertissement mais l’ambiance est globalement assez impressionnante, qu’il s’agisse de l’intérieur ou de l’extérieur et les couleurs sombres de notre exemplaire d’essai. On a un peu perdu l’habitude d’apprécier les lignes d’une berline classique mais on peut dire que cette DS9 est plutôt réussie avec une face avant qui garde un certain air de famille avec les autres membres de la famille comme le DS7, son pendant SUV. Dans l’habitacle, le ressenti est conforme à ce que l’on attend d’une berline statutaire avec du cuir et d’alcantara largement dispensés mais nous aurions aimé davantage de soins dans certains ajustements. La position de conduite est plutôt bonne même si nous n’étions pas totalement satisfait, et le confort est incontestablement son point fort.

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Plutôt malin

La DS9 n’est disponible en Belgique qu’en version hybride rechargeable dans deux puissances : 250 ou 360 ch. C’est la plus modeste que nous avons testé. Son 1.6 PureTech de 200 ch est épaulé par un moteur électrique de 110 ch intégré contre la boîte automatique à 8 rapports. La batterie de 15,6 kWh est reléguée sous la banquette arrière mais elle serait capable, lorsque les conditions sont optimales, de proposer 60 km en mode totalement électrique. Cette combinaison mécanique entraîne logiquement un surpoids puisque la masse atteint plus de 1900 kg mais elle colle bien avec l’esprit de DS en dispensant une sérénité assez bluffante lors de chaque déplacement. Evidemment la DS9 démarre systématiquement en mode électrique dans un silence apaisant mais tout au long de la route, elle prodigue un confort acoustique particulièrement soigné. On se sent réellement dans une berline statutaire et la tenue de route est à l’avenant. Inutile toutefois de titiller la cavalerie, cette traction n’est pas là pour signer des chronos de dragster aux feux lumineux.

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J’aime moins

Là où les concurrentes affichent des exploits technologiques impressionnants, la DS9 se contente d’un écran central tactile assez modeste mais surtout très lent. Et son design marque clairement le pas en ayant pratiquement jamais évolué depuis l’apparition de ce système d’info divertissement sur les DS. Heureusement, la DS4 et son nouveau combiné ont démontré que les choses bougeaient mais la 9 paye ici son âge et le report de son lancement en Europe.

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Pourquoi je l’achète

Si vous êtes allergique aux marques allemandes et que les Asiatiques ne parviennent pas à vous convaincre, cette DS9 est faite pour vous. Et vous apprécierez son confort, son insonorisation, le velouté de sa mécanique et de son comportement sans oublier un habitacle où fleure bon le cuir et l’alcantara. De quoi offrir une ambiance assez spectaculaire avant que les différents écrans ne s’allument. Les places arrière sont généreuses et peuvent être massantes alors que le coffre n’a pas laissé la moitié de son volume à la batterie puisqu’il dispose de 510 litres assez facilement utilisables. Du côté des consommations, cela dépendra du nombre de recharges que vous serez habilités à effectuer mais attention, lorsque le plein d’essence est en-dessous du quart, elle n’accepte plus d’être rechargée ce qui est, à nos yeux, assez agaçant. La moyenne de notre essai tourbait aux alentours des 4 l/100 km en ayant joué le jeu des recharges avec application.

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Pourquoi je ne l’achète pas

A 55.990€, la DS9 exige un joli sacrifice qu’il est un peu difficile de justifier par les prestations offertes. Non pas que l’auto soit mauvaise mais elle ne se démarque en rien. Son confort est assez logiquement attendu de la part d’un vaisseau amiral français et ses performances n’ont rien de remarquables. L’intérieur est joliment réalisé mais là non plus, il n’y a rien qui provoque l’éblouissement. Que du contraire même avec ses écrans au dessin trop daté. A l’arrière, les places sont généreuses mais elles n’offrent rien d’exceptionnel à leurs occupants comme peuvent le faire celles des haut de gamme allemands. Alors à moins d’être un irréductible Gaulois ne jurant que par le « made in France », et non « Fabriqué en France », la voiture étant construite à Shenzhen en Chine, on voit mal à quel public européen elle se destine. Heureusement, elle devrait connaître un joli succès dans son pays d’origine où ce type de carrosserie garde la cote! (Photos: Pierre Fontignies)

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