Reportage: 100 bougies pour Mazda à Autoworld! par Dimitri Urbain

Si vous souhaitez fêter le centenaire de Mazda, il vous reste quelques semaines (jusqu’au 24 janvier prochain) pour vous rendre à Autoworld et vous replonger dans son glorieux passé, illustré par quelques voitures emblématiques… (Texte et photos: Dimitri Urbain)

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Produit à 8.895 exemplaires entre 1990 et 1996, l’Eunos Cosmo est développé sur base du prototype MX-03 de 1985. Seule voiture de série équipée de 3 rotors dont la cylindrée unitaire est 654 cm3, l’ensemble développe 280 ch. Cosmo a désigné nombre de modèles Mazda équipé d’un moteur rotatif. Au Japon, « Eunos » était le réseau de distribution haut de gamme des sportives de la marque au cours des années 90. La première génération de MX5 y a également été vendue comme « Eunos Roadster ».

Les débuts

En 1920, Jujiro Matsuda crée la Toyo Cork Kogyo Company Ltd à Hiroshima. Comme son nom l’indique, elle est spécialisée dans le liège (« cork » en anglais) et les produits dérivés. Trois ans plus tard, Tokyo est dévastée par un tremblement de terre. L’aide américaine est constituée de camions et autres véhicules utilitaires qu’il faut entretenir et réparer. Cet évènement marque le début d’une certaine démocratisation de l’automobile au pays du Soleil Levant. Dans la foulée, Matsuda diversifie ses activités et se lance dans la production de deux-roues à moteur deux temps. Au début des années 30 cette activité est devenue la principale pour la firme et dès ce moment, la production d’une automobile est envisagée.

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Produit entre 1968 et 1973, le coupé R100 dispose de 100 ch et flirte avec les 170 km/h, l’air de rien!

Premier succès

En 1931, un petit utilitaire à 3 roues est mis en production : le Mazda DA. Matsuda adopte ce patronyme dérivé de celui d’Ahura Mazda, le dieu de la sagesse, de la lumière, de l’intelligence et de l’harmonie dans la mythologie perse. Aussi parce qu’en japonais, la prononciation est quasiment identique à celle de son nom… La seconde moitié des années trente et la décennie suivante seront marquées par nombre d’évènements tragiques : la guerre et ensuite le bombardement atomique d’Hiroshima, au cours duquel au moins 150.000 personnes perdent la vie. Les installations de Toyo Kogyo, situées à l’écart de la ville, sont épargnées et vont même servir d’hôpital de fortune pour les victimes. Le pays est exsangue et la reconstruction bat rapidement son plein. Dans ce contexte, Mazda tire son épingle du jeu grâce à ses petits utilitaires dont la fiabilité est, déjà, légendaire.

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La RX8 demeure la dernière Mazda à moteur rotatif commercialisée. Très originale, elle offrait quatre places et des portes arrière antagonistes dénommées Freestyle. On les retrouve désormais sur la toute dernière MX30 électrique.

Passage de témoin

En 1951, Jujiro Matsuda cède la direction de l’entreprise à son fils Tsuneji. La production automobile à quatre roues ne débute réellement qu’en mai 1960, avec le lancement du coupé R360. Mazda vise juste en débutant dans la catégorie des « Kei cars ». Ces voitures de dimensions et cylindrée réduites n’exigent pas la possession d’une place de parking pour les acheter. Proche de la NSU Prinz de l’époque, c’est un succès : plus de 20.000 exemplaires sont produits la première année. La marque n’est encore qu’un poucet face aux Toyota et autres Nissan mais les choses vont évoluer rapidement…

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La RX7 de Tom Walkinshaw et Pierre Dieudonné, victorieuse des 24 H de Spa Francorchamps en 1981, se devait d’être présente à Autoworld!

Modernité et ouverture

Dès 1961, Mazda prend une licence du moteur rotatif développé par l’ingénieur allemand Felix Wankel pour NSU. La gamme se développe pour le marché national mais Mazda voit grand et va donc envisager d’exporter… Le raisonnement est simple : pour séduire une nouvelle clientèle, notamment en Europe, la technique et la fiabilité seules ne suffiront pas ; il faut aussi séduire. Pour ce faire, c’est Bertone qui entre en scène et signe les lignes de la Luce 1500, une berline de taille moyenne, aux antipodes des productions japonaises de cette époque.

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La Cosmo est le premier coupé à moteur birotor produit en série. Présenté en 1964, sa commercialisation n’intervient que trois ans plus tard.

La Cosmo Sport

Mazda marque les esprits lors du salon de Tokyo 1964: la marque y dévoile le coupé Cosmo Sport, première voiture au monde équipée d’un moteur birotor! Carburateur quadruple corps, double allumage, 491 cm3 de cylindrée par rotor et… une zone rouge à 7.000 tr/ min ! 4 ans seulement après avoir débuté comme constructeur automobile, Mazda frappe un grand coup. La mise au point prend du temps car Mazda ne veut pas que les clients essuient trop de plâtres; la commercialisation n’interviendra qu’à partir de juin 1967. Peu de temps après, la puissance grimpe à 128 ch et une boîte 5 rapports est adoptée en série. Certes, la production reste très limitée, avec 1.176 exemplaires seulement, jusqu’à son arrêt en 1972… mais la stratégie est payante, Mazda est connu et reconnu autant pour l’originalité que pour la qualité de ses produits. La conquête du monde peut commencer !

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Cette RX7 de troisième génération a été produit de 1991 à 2003 et popularisé autant par différents jeux vidéo que par le cinéma (Fast n’ Furious Tokyo Drift).

Exportation tous azimuts

Mazda débarque sur certains marchés européens dès 1967 ; aux USA deux ans plus tard. A cette époque les constructeurs japonais font encore rire et sourire… mais plus pour longtemps ! Très vite, la formule est gagnante pour Mazda : qualité de fabrication élevée, fiabilité hors pair, équipement hyper complet et… prix serrés assurent le succès de la marque. La crise du pétrole pousse la clientèle à se détourner des motorisations rotatives, plutôt gloutonnes en carburant… qu’à cela ne tienne, la marque se réinvente et sort très rapidement une gamme renouvelée : les 323 et 626, à partir de 1977, remportent un franc succès.

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Luce Coupe 130R : dessiné par Bertone, ce coupé n’a jamais été vendu officiellement en Europe. Ses lignes élégantes lui ont fait traverser le temps avec bonheur et ses performances sont toujours bien d’actualité : les 126 ch de son birotor lui autorisant un bon 190 km/h ! Il a été produit entre 1969 et 1972.

Développements techniques et rapprochements

Sans jamais abandonner le moteur rotatif, Mazda innove beaucoup dès les années 80 : moteurs multisoupapes, Diesel Comprex, roues arrière directrices, moteur à cycle Miller… et collabore avec Ford, qui détient une participation au capital de la firme depuis 1979. Par ailleurs, un partenariat avec Kia est également mis en place. En 1991, Mazda présente le plus petit V6 du monde : un 1845 cm3 qui développe 136 ch et est équipé du VRIS, pour « Variable Resonance Induction System », une tubulure d’admission avec des conduits de longueur variable qui améliore le couple en utilisant le phénomène de résonnance qui s’y produit lors de l’admission du mélange. Plus récemment, la marque a repris son indépendance.

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Cette 121 des années 90 a connu un franc succès. Son style est un parfait exemple du « bio design », alors très à la mode. La version découvrable était équipée d’une toile faisant toute la taille du pavillon, les passagers arrière pouvant autant en profiter que ceux de l’avant.

L’inventivité technique, l’ADN de Mazda

Qu’il s’agisse du moteur rotatif, des moteurs à technologie SkyActiv, de l’hydrogène comme carburant, les ingénieurs maison ont, de tout temps, travaillé avec la même ferveur et la même passion afin de fiabiliser et populariser leurs idées originales. Quoi de mieux que la compétition afin de prouver la validité technique des choix posés ? Qu’il s’agisse des 24 H de Spa Francorchamps ou du Mans, Mazda s’y aligne et y brille. En Belgique dès 1969, avec les cinquième et sixième places des coupé R100 mais surtout en 1981 avec la RX7 : Tom Walkinshaw, Pierre Dieudonné et Marc Duez seront les artisans de cette victoire au classement général et en coupe du Roi. La même RX7 se couvre également de gloire en championnat IMSA, aux Etats- Unis, de 1980 à 1987, une suite de victoire sans précédent pour cette discipline.

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La fameuse 787 des 24 Heures du Mans. Magique, son bruit seul vaut le détour… à découvrir sur YouTube ! Outsider lors de l’édition 1991, elle a mis tous ses adversaires d’accord en remportant la victoire.

Au Mans, Mazda s’aligne dès 1970, par l’entremise d’un équipage belge qui dispose d’une Chevron B16 à moteur rotatif. Pas de succès cette année-là, ni en 1973, 1974 et 1979 mais… Mazda est tenace ! La victoire sera enfin au rendez-vous en 1991, avec la 787. En rallye, la 323 4WD Turbo va également marquer les esprits, entre 1987 et 1991. Tant en groupe N qu’en groupe A, la 323 s’illustre sur différents terrains, des Mille Lacs au RAC en passant par la Nouvelle Zélande ou la Côte d’Ivoire. Mazda remporte le titre mondial en 1991, grâce à deux pilotes belges, Pascal Gaban et Grégoire de Mevius.

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La MX5 NA, première génération : celle qui a relancé les petits cabriolets et reste à ce jour une proposition unique sur le marché. Elle est également détentrice du record du monde de production pour ce type de voitures. Amusantes à conduire, les MX5 donnent toujours le sourire à leur volant.

La MX5, un succès jamais démenti !

Voiture emblématique de la marque, la MX5 en est actuellement à sa quatrième génération. Elle est demeurée fidèle aux principes de base : légère, précise, maniable, elle n’est ni la plus puissante ni la plus rapide des voitures de sport mais le « Jinba Ittaï », l’osmose entre le pilote et sa machine sont tels qu’elle est unique dans la production automobile dans sa catégorie de prix. A ce jour, elle est le cabriolet le plus produit au monde.

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Cette RX4 break produite entre 1973 et 1978 est une version destinée au marché nord-américain. Elle illustre bien la polyvalence de son moteur rotatif qui lui confère des performances élevées (190 km/h). Mazda a également produit des pick- ups ou encore des utilitaires, des bus… équipés d’un moteur rotatif !
Fin des années 80, la petite 323 Gr.N a porté bien haut les couleurs de Mazda en rallye. Grégoire de Mevius et Pascal Gaban ont été les principaux artisans de sa victoire au championnat mondial 1991 dans sa catégorie.

Une réflexion sur “Reportage: 100 bougies pour Mazda à Autoworld! par Dimitri Urbain

  1. Philippe Gobbe

    Super reportage,très belle visite de cette chouette exposition ,c’est maintenant la seule manière pour moi de visiter Autoworld et le Cinquantenaire, depuis que les autos sont bannies de Bruxelles. Merci Dimitri Urbain. Philippe Gobbe de Mons

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