Alpina étend sa gamme Diesel par Dimitri Urbain

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Seuls les connaisseurs savent… Sans les décorations latérales, une Alpina reste discrète. Il n’y a guère que les monogrammes arrière, les échappement ou les jantes typiques de la marque qui permettent de deviner ce qui se cache sous le capot.

Bien connu pour son travail sur des bases BMW, le constructeur bavarois présente une nouvelle version baptisée D3 S. Cette berline compacte équipée d’un moteur diesel réussit le pari de combiner performances et économie, avec un haut niveau de confort. (Dimitri Urbain)

A l’image de la Série 3, disponible en berline et break Touring, la nouvelle Alpina est également disponible avec ces deux carrosseries. Sous le capot nous retrouvons le six cylindres en ligne de 3 litres utilisé par la M340d. Ce moteur à double turbo, de type « B 57 », développe 340 ch et pas moins de 700 Nm. Alpina a retravaillé la cartographie et monté des échangeurs de plus grande taille. Le résultat ? 355 ch et la bagatelle de… 730 Nm. Les performances sont bien évidemment au rendez-vous avec un 0 à 100 km/h en seulement 4,6 secondes pour la berline (et 4,8 secondes pour le Touring) et une vitesse de pointe de l’ordre de 273 km/h pour la berline ou « seulement » 270 km/h pour le break.

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Outre la berline, la nouvelle D3 S est également disponible en Touring. Ce n’est certes pas le plus logeable de sa catégorie mais il fait preuve d’une belle polyvalence pour les pères de famille pressés… et fortunés !

Ces nouveautés sont également équipées d’une hybridation légère en 48 V, ce qui est tout bénéfice pour les consommations comprises entre 5,0 l et 8,4 l/ 100 km/h et une valeur d’émissions de CO2 tout à fait remarquable (au vu des performances !) de 167 gr/ km.

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Alpina ce sont aussi de magnifiques intérieur en cuir de haute qualité. Performances élevées ne veut pas dire absence de confort, bien au contraire.

Pas qu’un moteur…

Le travail d’Alpina touche également l’excellente boîte ZF à huit rapports, adaptée à ce surcroit de puissance. Par ailleurs, un nouveau différentiel à glissement limité est monté en combinaison avec la transmission intégrale X Drive et les suspensions sont identiques à celles de la B3, avec ressorts Eibach spécifiques. Les freins sont ceux de la B5 et, en option, des disques composites perforés sont disponibles. A l’extérieur, elle se reconnaît à ses jantes typiques de la marque, disponibles en différentes tailles de 20 à 22’’.

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Sous le capot c’est bien un six cylindres en ligne BMW mais il est ici optimisé et revu : cartographie spécifique et des échangeurs de plus grande taille afin de mieux refroidir les deux turbos.

Les décorations latérales sont en option, tout comme la mention de la marque sur le fin spoiler avant. L’intérieur reste bien entendu celui de la BMW de départ mais avec un plus en matière de raffinement, des cuirs de haute qualité et cette plaquette unique identifiant chaque exemplaire produit par la marque. Côté tarif, compter aux environs de 70.000 € pour la berline et environ 1.500 € de plus pour le Touring, hors options bien entendu.

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Le poste de pilotage… nul doute qu’il s’agit d’une BMW mais revue et optimisée afin d’offrir un niveau de performances encore plus élevé tout en ménageant le confort des passagers.

Salon de Bruxelles 2020: sous le sceau de l’optimisme! (III) par Dimitri Urbain

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Les françaises

Citroën dévoile son SUV C5 Aircross en version hybride, affichant 225 ch. Il est équipé d’un moteur thermique essence et d’un moteur électrique. Son style particulier est loin de faire l’unanimité…

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DS, marque premium de Citroën, joue un peu sur le côté bling bling. Ici aussi, SUVs et électricité sont en haut de l’affiche. D’une part avec le DS3 Crossback E-Tense, électrique, et, d’autre part, le DS7 Crossback E- Tense 4X4, qui est un hybride plug in.

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Peugeot fait également la part belle aux électriques avec la e- 208 et la e- 2008. Ce petit SUV est présenté en première européenne à Bruxelles. La gamme offre également des versions hybride rechargeable des 508 berline et break ainsi que du SUV 3008.

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Chez Renault, les Clio et Captur se déclinent désormais en versions E-Tech, équipées de deux moteurs électriques combiné à un thermique. La Mégane RS figure toujours bien au catalogue et trône au milieu du stand. Pour Dacia, le salon est l’occasion d’offrir les différents modèles Sandero, Logan et Duster au même prix, peu importe la motorisation, essence, diesel ou LPG.

RENAULT CAPTUR E-TECH PLUG-IN (HJB PHEV), RENAULT CLIO E-TECH (BJA HEV)

Ailleurs…

Volvo mise sur une offre complète de sa gamme en version hybride simplement dénommée « Recharge ». Dans un avenir rapproché, la marque souhaite également promouvoir une gamme électrifiée. Polestar, apparenté à Volvo, a joué le rôle de « M » ou « AMG » pour la marque suédoise. Désormais devenue marque à part entière, elle offre 2 véhicules électriques. Le coupé Polestar 1 est un plug in hybride de pas moins de 600 ch qui sera fabriqué à 1.500 exemplaires seulement.

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Son style se reconnait au premier coup d’œil et il pourrait très bien être le C 90 de Volvo, successeur du coupé C 70. La Polestar 2 se veut être une concurrente directe de la Tesla Model 3 et reprend toute la technique de la Volvo XC 40 électrique. Elle développe pas moins de 408 ch! La marque débarque en Europe avec un nouveau concept de vente: des brand stores dans des endroits très commerciaux où il sera possible de voir les véhicules et de les essayer. Cependant, l’achat ne sera possible qu’en ligne. Quant à la maintenance, elle sera assurée par le réseau Volvo mais le client n’aura même pas à se déplacer: la voiture sera emmenée chez le concessionnaire pour les opérations de maintenance avant de lui être ramenée toute propre!

Dream cars

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Bientôt dix ans que le salon de Bruxelles propose une exposition de modèles exceptionnels et exotiques. Des quelques jours du début, sa durée a été allongée et elle est désormais accessible sur l’ensemble du salon. Ici, une ambiance créée par un décor (cette année, il s’agit du renouveau lié au printemps) met en valeur quarante voitures. Aux côtés des classiques Alpine, Bentley, Bugatti, Ferrari, Jaguar, Lamborghini, Mc Laren ou autres Alpina, se retrouvent d’authentiques engins uniques comme la Krugger FD, création belge, ou encore Touring Superleggera, l’un des noms mythiques de l’art de la carrosserie à l’italienne. Mention particulière également pour la Genty, nouvelle hypercar conçue en France et faisant appel au crowd-funding pour se développer, les Vanderhall à 3 roues ou encore la Pal-V, mi-voiture, mi-avion. (Texte: Dimitri Urbain)

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Salon de Bruxelles 2020: sous le sceau de l’optimisme! (II) par Dimitri Urbain

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Chez les italiennes peu de réelles nouveautés.  Abarth décline la 500 en une énième série spéciale. Cette fois, il s’agit de célébrer les 70 ans de la création de la marque avec 1949 exemplaires de la « 70 Anniversario ».

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Chez Abarth, on continue à décliner les versions de la 500 à l’infini…

Celle-ci est équipée d’un aileron arrière réglable sur 12 positions ! Cet aérofrein permet de bénéficier d’un appui plus important ou de favoriser l’aérodynamique, au choix. La motorisation reste le bien connu 1.4 turbo, ici dans sa version 180 ch. Tout comme chez FIAT, la 124 dérivée de la Mazda MX5 a disparu.

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Le Stelvio et la Giulia ont reçu des mises à jour en matière de connectivité.

La gamme Alfa Romeo se réduit de plus en plus, il ne reste plus que la vieillissante Giulietta aux côtés des Giulia et Stelvio. La marque parle de « mise à jour », avec des aides électroniques, un écran tactile et une plus grande connectivité. Le prototype du SUV Tonale trône sur le stand, espérons que sa sortie ne soit plus trop lointaine car les ventes font actuellement bien pâle figure… Chez Fiat, l’heure est au sport, avec une nouvelle déclinaison de la 500 X. Celle-ci est un peu un croisement avec une Abarth, équipée d’un double échappement chromé ou encore d’une suspension abaissée de 13 mm. Ne s’agirait-il pas là d’un paradoxe ? Un SUV surbaissé ? L’inusable 500 et ses nombreuses déclinaisons figure toujours au catalogue, tout comme la Tipo. Cette low-cost fabriquée en Turquie s’adresse à ceux pour qui une Dacia est trop commune… elle aussi bénéficie de versions « Sport ».

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Maserati, c’est toute une ambiance avec du luxe et des sensations 100% di fabricazione italiana!

Maserati est en pleine mutation. Certes, la gamme est vieillissante et ne sont exposés à Bruxelles que les Ghibli et Levante. Ce dernier existe en version « Troféo », équipé d’un V8 essence de 590 ch. La marque nous promet des modèles hybrides et électriques (l’Alfieri ?) dans un avenir assez proche.

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Très largement retouchée, la Jaguar F-Type repart pour un tour!

Passons maintenant de l’autre côté de la Manche. Jaguar Land Rover nous gratifie d’une première mondiale : la nouvelle F-Type. Calandre hypertrophiée, phares LED étirés… c’est le côté sportif qui en sort renforcé. Elle sera disponible tant en coupé qu’en cabriolet, avec deux motorisations : soit un quatre cylindres 2 l turbo de 300 ch soit un V8 5 l disponible avec 450 ou 575 ch. Et si les ventes ne dépassent pas quelques dizaines d’exemplaires sur notre marché, c’est l’impact sur l’image de la marque qui est le plus important. Première sortie nationale pour le nouveau Defender, aux côtés des Evoque et Discovery Sport plug in hybride.

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C’est l’UNE des nouveautés très attendue de 2020 dans le petit monde des 4×4, le nouveau Def est attendu comme le messie.

A l’image de ce qui se fait chez BMW, MINI met en avant toute sa sportivité, même sur la Cooper SE, premier véhicule électrique que la marque commercialise. Tour de force que de réussir à intégrer toute une usine à gaz… électrique dans un format compact sans perdre d’habitabilité ni de volume de coffre. A ses côtés, une nouvelle version GP, utlime sportive de la génération actuelle qui dispose de 306 ch ! Avec sa carrosserie wide body copieusement élargie et son aileron supérieur à l’arrière, elle ne fait pas dans la dentelle et ce pour le plaisir des quelques amateurs qui pourront en disposer car la production sera limitée à 3.000 exemplaires seulement.

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Quand le carrosse se change en citrouille, ça donne ça! MG construit désormais des SUV, électriques qui plus est… Merci les Chinois.

Un retour qui fait grand plaisir… après plus de 15 ans d’absence sur le marché belge, MG revient ! Lors de la faillite du groupe MG Rover, SAIC s’est porté acquéreur de la marque. Depuis, différents modèles (TF 500, 3, 6…) se sont succédés sur le seul marché britannique. Désormais, la marque vise une présence sur le continent européen avec un SUV électrique, le ZS EV. Le style ne choque pas, tout comme la qualité des finitions et présentations. Une MGA présente sur le stand est là pour tenter de conserver une certaine filiation historique.

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Avant l’arrivée de Ferrari dans la danse, c’est Aston Martin qui signe son premier SUV appelé DBX.

Aston Martin est présent avec son SUV DBX au sein de l’exposition Dream Cars. La marque ne pouvait faire autrement que de proposer un véhicule de luxe sur ce segment mais… le succès sera-t-il au rendez-vous ? Le Bentayga de Bentley n’a pas développé les ventes de son constructeur et le DBX pourrait connaître une destinée semblable. A l’heure où la marque a investi des sommes colossales pour le produire, un échec pourrait être fatal. De nombreuses rumeurs font actuellement état d’une entrée de Geely (déjà propriétaire de Volvo, Polestar et… Lotus) au sein du capital.

Les japonaises

Peu de choses à se mettre dans l’œil sur le stand Toyota, hormis la récente Supra, développée en collaboration étroite avec BMW. Chez Nissan, c’est la toute nouvelle Juke qui est dévoilée en première mondiale. Elle conserve ses grands phares circulaires à l’avant comme signe distinctif, à défaut d’être un prix de beauté. Et quel dommage que l’original rangement à bouteilles du pare- chocs avant de la version originale n’ait pas été reconduit !

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Une citadine 100% électrique chez Honda, l’idée est cohérente mais le résultat n’est pas donné.

Première belge de la « e » chez Honda. Son style rappelle les petites N des années 70 mais dans une interprétation moderne et technologique. Deux puissances seront disponibles, 136 et 154 ch, pour une autonomie d’environ 220 km. Mazda dévoile à Bruxelles le MX30, le tout premier véhicule électrique de la marque. Toujours inscrit dans le style « Kodo », il offre des portes arrière antagonistes et fait appel à différents matériaux végétaux et durables pour sa fabrication.

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Avec son MX30, Mazda s’annonce sur le marché des véhicules 100% électriques mais en tentant de minimiser le poids quitte à amoidrir l’autonomie.

Son moteur électrique de 143 ch est associé à une batterie Lithium Ion de 35 kWh seulement, dont l’autonomie devrait être de 200 km. Le constructeur n’est pas partisan des batteries lourdes car elles induisent une consommation d’énergie plus importante pour simplement déplacer le véhicule ainsi équipé. Par ailleurs, le bilan environnemental de la voiture devrait en être meilleur. Afin d’augmenter l’autonomie, Mazda travaille à l’adjonction d’un moteur rotatif à la chaîne cinématique de la MX 30. Chez Subaru, ce sont deux nouvelles versions hybrides du XV et du nouveau Forester qui sont mises en avant. Un moteur 2 litres boxer de 150 ch est associé à une boîte de vitesses à variation continue dans laquelle est intégré un moteur électrique de 16,7 ch.

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Chez Subaru, on préfère miser sur l’hybridation douce avec le Forester e-Boxer.

Celui-ci est actif jusqu’à 40 km/h puis les deux moteurs peuvent se combiner ou le moteur thermique être le seul en fonctionnement. Toujours adepte de la transmission intégrale, la marque devrait présenter prochainement une Impreza hybride. Par ailleurs, la collaboration avec Toyota se poursuit ;  une seconde génération de BRZ- GT 86 devrait voir le jour au cours de l’année prochaine. Elle s’appellerait désormais « GR 86 » chez Toyota (pour Gazoo Racing) et adopter un boxer de 2,4 litres avec turbo. Voilà de quoi réjouir les amateurs de petites sportives qui ont toujours reproché à ce duo d’être un peu juste en puissance. (Texte: Dimitri Urbain)

Salon de Bruxelles 2020: sous le sceau de l’optimisme! (I) par Dimitri Urbain

Attaquée de toutes parts, l’automobile est présentée comme vecteur de tous les maux de la société, ou presque, par une partie de la population… qui croit pouvoir s’en passer définitivement. Le tumulte des décisions politiques prises à l’emporte-pièce ne venant qu’ajouter à la confusion ambiante. Et pourtant, dans ce contexte pas facile, cette édition du salon de Bruxelles nous semble porteuse d’espoir !

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Tandis que nombre d’autres grands salons, comme Paris, Francfort voire Genève, font la soupe à la grimace et comptent de plus en plus de constructeurs absents, Bruxelles affiche un dynamisme et un succès quasiment insolents ! Une bonne dizaine de premières mondiales et autant d’européennes, une soixantaine de premières nationales et encore une dizaine de prototypes s’y offrent à vos yeux, excusez du peu. La quasi-totalité de l’offre présente sur le marché national y est exposée (Lotus et Morgan n’y figurent pas…), aux côtés de nombreuses solutions de mobilité douce. De quoi se faire une idée complète sur l’état actuel de la situation en la matière. Une évolution qui se marque également dans le nom du salon qui devient « Brussels Motor Show : Auto, Moto, Mobility ».

A la découverte des halls…

Si les SUVs, hybrides, hybrides plug in et autres électriques sont présents sur tous les stands ou presque, il n’en reste pas moins qu’une visite au salon de Bruxelles offre aux amateurs de sportives de quoi se faire plaisir ! Nous vous proposons une visite coup de cœur…

Audi RS 4 Avant
Toute la gammme RS est bien mise en évidence sur le stand de la marque aux anneaux et ça fait du bien! 

Commençons par les constructeurs allemands et leur festival de nouveautés. Tandis que de nombreux constructeurs réduisent leur offre pour mieux faire face au défi des 95 gr CO2, chez eux c’est une débauche de sportives qui est offerte aux visiteurs. Audi, tout d’abord, lance une version coupé du Q3, le sportback. Un exemplaire dans un orange digne… du MET ou de Lotus, trône sur le stand de la marque, aux côté de l’e-tron Sportback assemblé à Forest. En outre, les sportives se taillent la part du lion, entre RS4, RS6, RS 7 Sportback, RS Q8…

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BMW dévoile à Bruxelles la Série 2 Gran Coupé, une rivale toute désignée pour la Mercedes CLA. A ses côtés, la M2 CS de 450 ch représente l’archétype de la BMW sportive traditionnelle. La gamme se complète également par le haut avec les versions M à moteur 4.4 l de 600 ch, monté sous les capots des X5, X6 et M8 Gran Coupé, par ailleurs également disponible en version « Compétition ».

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La nouvelle GLA est présentée en première mondiale chez Mercedes!

Mercedes présente le nouveau GLA en première mondiale, aux côtés des GLB et GLS, plus logeables. Signalons également la présence des C et E, disponibles en motorisation hybride associée à un… diesel. Cette voie de l’hybridation était, il y a quelques années, la chasse gardée de PSA. Serait-elle une vraie solution d’avenir, permettant à la fois les longs trajets et les parcours en ville en mode zéro émissions ?

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Le Cayman GT4 est noyé dans la masse de SUV et d’électriques chez Porsche mais il demeure notre favori.

Porsche met en vedette la Taycan. Le but avoué est de faire de l’ombre à la Tesla S… A l’image du reste de la gamme, elle se décline en « 4S », disponible en deux niveaux de puissance (530 ou 571 ch) ; « Turbo » de 680 ch et 450 km d’autonomie ; et « Turbo S », qui développe jusqu’à… 761 ch ! Les gammes Panamera, Panamera Sport Turismo, Cayenne et Cayenne Coupé sont également disponibles en version plug-in hybride. La marque rend également hommage à Jacky Ickx en présentant la 911 Carrera 4S « Belgian Legend Edition ». Après les premium, passons aux généralistes.

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Désormais, le Puma s’est transformé en petit crossover chez Ford. Il faut savoir vivre avec son temps.

Ford essaye de rattraper le temps perdu en développant sa gamme de SUVs, du compact Puma à l’Explorer, au gabarit très américain. Des hybrides rechargeables sont disponibles sur l’ensemble de la gamme, ou presque. Côté sportives, les versions ST de la Fiesta et de la Focus sont bien présentes, tout comme une Mustang 5.0 dans un orange du plus bel effet… malheureusement, cette motorisation est désormais condamnée en Europe. Nous aurons bientôt droit à la Mustang Mach-E… électrique mais reste à voir quel accueil lui réserveront les amateurs de V8 et d’américaine à l’ancienne !

Brussels Motor Show 2020
Depuis la reprise de la marque par le groupe PSA, on a repris des couleurs chez Opel et cela se voit sur le stand très coloré.

Opel, désormais dans le giron de PSA, reprend des couleurs ! Après des décennies passées dans le rouge, le redressement financier de la marque a été spectaculaire et hyper rapide. Ce constructeur joue une carte honnête et réaliste, voulant devenir la marque allemande généraliste la plus « désirable ». Son offre produit est en pleine évolution et nul doute que cet objectif puisse être rapidement atteint. Utilisant la plateforme CMP de PSA, la nouvelle Corsa est disponible en essence, diesel et électrique. La marque en a d’ailleurs dérivé une version e- Rally qui fera l’objet d’une coupe monomodèle dans les rallyes allemands très prochainement. En guise de clin d’œil, elle est accompagnée de l’Opel GT Elektro de… 1971 ! Signalons également les « mises à jour » des gammes Astra et Insignia.

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Le T-Roc se décline désormais en une version R forte de 300 ch.

Le stand Volkswagen accueille une Golf GTI TCR, aux côtés de la Golf 8, en première mondiale. Espérons que des versions GTI et R en soient dérivées, aux côtés de l’ID 3 électrique, de même catégorie. Le T-Roc bénéficie d’une version « R » ainsi que d’une déclinaison cabriolet qui n’est pas sans rappeler le Range Rover Evoque à toit souple. Connaîtra-t-il plus de succès que ce dernier ? (Texte: Dimitri Urbain)

So British !… Exposition temporaire à Autoworld par Dimitri Urbain

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La période des fêtes n’est pas la plus propice pour les activités extérieures. Voici déjà plusieurs années qu’Autoworld nous propose une exposition thématique durant la trêve hivernale. Cette année, c’est l’automobile et la moto anglaises qui sont à l’honneur. A l’heure où le Brexit est sous les feux de l’actualité, c’est une excellente occasion d’aller se réchauffer tout en se rinçant l’œil !

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Les Britanniques n’ont pas inventé l’automobile… certes ! Mais ils ont toujours fait preuve d’inventivité et d’un certain génie pour développer des engins hors- normes, bien à eux. Aujourd’hui encore, ce que l’on nomme cottage industry, l’artisanat, est très présent dans le monde automobile insulaire. Il ne manque pas d’artistes pour vous concocter une petite sportive sympathique dans une cabane de jardin ou pour motoriser un canapé !

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Il sera toujours possible de reprocher aux organisateurs d’avoir fait l’impasse sur tel ou tel modèle ou telle marque en fonction des goûts de chacun. Cependant, n’oublions pas les contraintes d’espace ou de disponibilité des véhicules ! Le plateau est très varié et néanmoins complet, avec des engins de qualité. A titre personnel, nous aurions bien aimé voir la Sinclair C5 faire partie de l’expo plutôt qu’être reléguée dans un coin, ou la trois roues Bond ou Reliant, ainsi qu’une Scimitar ou encore une Gilbern. Néanmoins, le panorama est assez complet, de l’après- guerre à nos jours.

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C’est la Jaguar E d’Austin Powers, entièrement recouverte de l’Union Jack (le drapeau de la Grande Bretagne) qui vous fait de l’œil dès l’entrée. Un peu plus loin, sur fond de circuit de Goodwood, vous pourrez découvrir des Jaguar de compétition, des années 50 à 80, ainsi qu’une Bentley XP8 du Mans. Une fois à l’étage, la recréation de rues typiques de Londres est assez saisissante. Ajoutez-y une sirène au loin et des bruits de moteurs, des odeurs et on s’y croirait vraiment. L’idée d’un embouteillage d’anciennes dans la City a quelque chose d’assez magique et rappelle de nombreuses séries et films des années 60-70.

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L’expo est articulée sur quatre thématiques : old school (vieille école) avec de nombreuses sportives, anciennes et actuelles : AC Ace ; Austin Healey 100/4 ; Ariel Atom, Mc Laren F1 ou encore Bentley GT3 R. Let’s race (en course) fait la part belle à des engins plutôt orientés « grand tourisme » comme la Jaguar Type E, la Daimler SP 250 ; la Jowett Jupiter ou en la Gordon Keeble. De belles démonstrations du génie automobile britannique. Les Lotus Seven et Elan S4, la Mini Morris ; la Marcos 3 litre ou encore le Range Rover Classic font, elles, partie des swinging sixties, (les joyeuses années 60) au même titre que la mini-jupe de Twiggy.

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Viennent ensuite the dark days, (les jours sombres), avec des voitures plus récentes produites dans des périodes agitées, notamment chez British Leyland : Rover SD1 2600, Triumph Dolomite Sprint ou encore Rolls- Royce Silver Cloud III. Les productions actuelles sont également présentes, de la Mini Cooper JCW à la McLaren P1 en passant par les Bentley Continental GT ou la Rolls Royce Silver Wraith. Les amateurs de 2 roues y trouveront également leur bonheur, entre les Royal Enfield Meteor Minor, les Norton Commando ou encore les célèbres Triumph Bonneville, Tiger ou Thunderbird. Placées au milieu des voitures, les Vincent ou Velocette Venom ne demandent qu’un coup de kick pour nous régaler. (Texte et photos légendées: Dimitri Urbain)

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L’exposition est accessible jusqu’au 26 janvier prochain.

Pour plus d’informations :

www.sobritish.be ou www.autoworld.be

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La Jaguar XK 120, une ligne à couper le souffle toujours aussi belle…
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Austin Princess. Cette très sérieuse et spacieuse berline a été très utilisée par des sociétés de pompes funèbres.
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Gordon Keeble, le mariage des lignes italiennes, d’un V8 américain et du savoir-faire britannique. Un grand tourisme pour amateurs éclairés.
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E Type et Aston martin DB4, le charme des swinging sixties dans sa plus belle expression.
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AC Ace. Ces lignes sensuelles n’attendaient qu’un moteur plus puissant… Carroll Shelby va l’ensorceler en y montant des V8 de 4,7 puis 7 litres !
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Jowett Jupiter. Chant du cygne de la marque, cette sportive est équipée d’un moteur à plat et s’est couverte de gloire au Mans, y remportant sa classe en 1950, 51 et 52.
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La gracile Lotus Seven. Près de 60 ans après sa sortie, la recette fait toujours autant merveille ! Le secret ? La légèreté ! Caterham continue à la produire, modernisée mais fidèle à l’esprit de Colin Chapman.
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Morgan Three-wheeler ! Oui, ça roule, ça freine et c’est même homologué. La prestigieuse marque britannique a renoué avec ses débuts et offre un engin unique, bourré de charme et d’histoire.
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Triumph TR2… ou comment séduire par des lignes évocatrices ! Elle fait partie des nombreux cabriolets produits en Grande Bretagne après la guerre, aux côtés des MGA et MGB ou autres Sunbeam Alpine. Etonnant que ce pays réputé pour la grisaille de sa météo ait été un des plus prolifiques en matière de cabriolets.

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Salon Interclassics Bruxelles 2019: un grand cru! par Dimitri Urbain

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En l’espace de 5 ans, Interclassics s’est imposé comme l’un des rendez-vous majeurs pour les amateurs et collectionneurs d’anciennes en Belgique. La recette du succès ? Une grande diversité, tant dans les époques que les marques présentes. (Texte et photos : Dimitri Urbain)

Pas loin de 25.000 visiteurs ont arpenté les allées des halls du Heysel du 15 au 17 novembre dernier. Cette édition a mis en valeur quelques réalisations marquantes des plus grands couturiers automobiles italiens. Quinze chefs-d’œuvre signés Bertone, Ghia, Pininfarina, Touring et Zagato occupaient un espace central. En outre, le centenaire de Bentley était également au programme, avec la collaboration de l’importateur et de l’usine. Un peu à l’image de ce que présente d’autres bourses d’envergure internationales, un espace était réservé aux artistes, galeries d’art et autres magasins vendant des œuvres en rapport avec les voitures, la course et le monde du transport. Dans une autre partie, ce sont les clubs et la Fédération Belge des Véhicules Anciens qui accueillaient les visiteurs. En collaboration avec AutoScout 24, les particuliers avaient même la possibilité de mettre leur véhicule classique en vente. Par ailleurs, pour la première fois cette année, Noble Auctions exposait plusieurs véhicules, objet d’une vente aux enchères début décembre. Ici, pas uniquement des pièces uniques estimées à plusieurs millions d’Euros mais de la variété : sorties de grange, motos, voitures de course d’avant-guerre, youngtimers… de quoi trouver son bonheur même avec une bourse modeste.

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A noter que, dans l’ensemble, nous avons pu remarquer que certaines voitures en vente étaient affichées à des prix tout à fait corrects vu leur état. Si certains vendeurs feront certainement grise mine, ayant espéré réaliser une plus- value rapide… mais c’est une excellente nouvelle pour les vrais amateurs ! Autre différence avec d’autres salons et bourses, la grande diversité des vendeurs de pièces, accessoires, livres et autres miniatures. Venus d’Italie, de grande Bretagne, de Hollande, d’Allemagne… il était vraiment possible de trouver son bonheur à tous les prix également. Au final, une grande réussite. Les organisateurs vous fixent d’ores et déjà rendez-vous à Maastricht du 16 au 19 janvier prochain, dont les thèmes seront les classiques oubliées et les designs remarquables.

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Archétype de la Bentley d’avant-guerre, une version 3 litres à carrosserie Weymann, réalisée en simili-cuir sur armature en bois.
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L’un des chefs d’œuvre de l’exposition des carrosseries italiennes, cette Ferrari 500 Superfast Pininfarina a appartenu à Peter Sellers. Motorisée par un V12 de 5 litres et 400 ch, elle a été produite à 37 exemplaires seulement.
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Ghia Torino a signé cette Cisitalia 505 sur base d’une Fiat 1900 en 1953. Sur les dix exemplaires assemblés, celui-ci est le seul connu en état de marche.
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La définition du grand tourisme à l’anglaise dans les années 20, un certain confort et des performances « suffisantes » par rapport à la concurrence.
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Cette Lotus Europe de seconde génération abandonne le moteur Renault 16 pour un double arbre maison, offrant des performances plus en phase avec l’image de la marque.
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Une Toyota Corona 1900 dans un état splendide, avec quelques modifications subtiles comme les jantes ou encore les rétroviseurs placés en avant des ailes, typiques des voitures vendues au Japon.
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Une bombinette de 70 ch, cela vous dit ? Dans les années 70 et 80 l’Autobianchi Abarth était une vraie sportive. Ses dimension et son poids réduits mettant encore plus en avant le caractère rageur de son 1050 cm3.
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NSU Prinz 4… de quoi retourner en enfance ! Avec ses lignes inspirées par la Chevrolet Corvair et son moteur arrière refroidi par air, voilà de quoi s’amuser pour un budget raisonnable.
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Sur les nombreux stands professionnels, il était possible de s’offrir un volant ou une publicité en tôle émaillée en rapport avec l’automobile. De quoi décorer un garage dans une ambiance d’époque.
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Peu connues en Europe, les berlines MG SA et WA des années 30 sont à la fois sportives, confortables et élégantes. Et selon son propriétaire, elle serait même éligible pour participer aux Mille Miglia!
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Au détour des allées, une superbe Aston Martin DB4, dans un bleu métallisé qui lui sied à ravir.
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Non, ce n’est pas la voiture de Oui-Oui… mais bien une Dagrada, voiture artisanale sur base FIAT qui permettait à des amateurs peu fortunés de participer aux grandes courses à la fin des années 40- début des années 50. Grands gabarits s’abstenir!
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Parmi les nombreux youngtimers exposés et mis en vente, cette BMW M5 E 34 se reconnaît d’emblée à ses jantes spécifiques à effet turbine.
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Attention, rareté! L’Ogle SX 1000 utilise toute la mécanique de la Mini. Ce petit coupé aérodynamique très élégant est sorti de 1961 à 1963 à raison de 59 exemplaires seulement…
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Magnifique exemplaire de la dernière génération d’Alfasud, une Quadrifolgio Verde qui était à vous pour 16.950 € quand même!

La voiture partagée remplacera-t-elle un jour la voiture individuelle ? par Dimitri Urbain

L’idée commence à faire son chemin dans certains esprits… faisons le point sur les nombreux enjeux qui se cachent sous cette problématique. Certes, les enjeux environnementaux sont importants mais il y va également de la rentabilité et de l’avenir des constructeurs automobiles eux-mêmes.

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L’aventure Autolib’ s’est mal terminée à Paris, la rentabilité n’a jamais été atteinte et les relations avec les autorités locales se sont dégradées au fil du temps, amenant la société à y arrêter ses activités de partage de voitures.

Pavé dans la marre

Un rapport de la commission scientifique et technologique du parlement Britannique publié la semaine dernière indique que, si le nombre de voitures particulières demeure à son niveau actuel, le pays ne pourra, à terme, réduire de manière significative la pollution liée au transport. Qui plus est, même si le parc actuel devenait électrique du jour au lendemain, cela ne suffirait pas car… les usines produisant ces véhicules continueraient à produire du CO2 en quantités importantes.

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La conclusion de ce rapport a de quoi effrayer tous les amateurs et propriétaires de voitures car « à long terme, la possession individuelle de véhicules ne semble pas compatible avec la décabornisation majeure que nous essayons d’atteindre ». Toujours selon ce rapport, sur le long terme, les voitures partagées permettront de juguler et réduire les émissions de CO2. D’une part, parce que celles-ci sont (en partie) et seront de plus en plus souvent à propulsion électrique. D’autre part, parce qu’une voiture partagée remplace jusqu’à huit voitures individuelles.

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Le groupe PSA étant également fabricant de deux roues, il était facile de lier tous les produits afin d’offrir à la clientèle une offre sur mesure pour répondre à tous ses besoins.

Voiture partagée, planche de salut ?

Les voitures partagées ce n’est pas un nouveau concept. De nombreux constructeurs s’y intéressent mais la rentabilité d’un tel dispositif est, pour le moment, difficile voire impossible à atteindre. En Grande Bretagne, le nombre de voitures partagées est passé d’un peu plus de 3.000 unités en 2015 à 5.385 cette année. Cependant, c’est le nombre de personnes abonnées à ces services qui a fait un bond bien plus spectaculaire sur la même période, passant de moins de 200.000 à plus de 350.000 abonnés. La grande majorité de ceux-ci sont des citadins, plus de 60% vivent à Londres.

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C’est là que se retrouvent les grands acteurs de la voiture partagée : Zipcar (AVIS) ; Entreprise Car Club ou encore Drive Now (BMW-Mini). Zipcar déclare dénombrer pas moins de 270.000 abonnés dans la capitale britannique ! Ce qui est tout à fait logique : posséder sa propre voiture, dans une grande ville, est compliqué et cher : problèmes de parking, manque de garages, etc. L’offre de transport en commun y étant multiple et complète, ne pas y posséder de véhicule personnel semble donc aller de soi. Les tarifs de location débutent aux environs de 0,30 €/ minute et différents types d’abonnements sont disponibles, afin de répondre à un maximum d’utilisateurs présentant des profils différents.

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BMW a lancé Drive Now dans plusieurs grandes villes européennes avec un certain succès. Au contraire de Daimler qui s’est planté sur le sujet… pour l’heure les deux grands rivaux s’associent afin de proposer une offre commune de voitures partagées.

Une rentabilité difficile à atteindre

Ces activités sont loin d’être profitables à court terme et nécessitent de lourds investissements. L’échec patent d’Autolib, à Paris, rend les constructeurs prudents et les incite à s’associer afin de diminuer investissements et risques. BMW et Mercedes sont sur le point de fusionner leurs filiales respectives (Drive Now et Car2Go vont rapidement devenir Share Now). L’offre comprendra des véhicules des deux marques ainsi que des Mini et des Smart. En juin dernier, Volkswagen a lancé WeShare à Berlin, avec une flotte de 1.500 Golf électriques.

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PSA est également présent sur le marché de la voiture partagée avec sa filiale « Free2Move » mais, sur certains marchés, il faut être client professionnel d’une des marques du groupe afin d’y avoir accès. Louer des voitures partagées s’avère bien plus compliqué que de simplement vendre des voitures ! Présent à Londres depuis 2014, Drive Now ne fonctionne pourtant que sur le territoire de neuf communes (sur les 33 !) qui constituent la ville car les tarifs de parking doivent être négociés avec chaque autorité locale, ce qui est loin de faciliter les choses. Car2Go, de Mercedes, a jeté l’éponge… pas assez rentable. Zipcar a également arrêté ses activités bruxelloises (reprises depuis février dernier par Poppy, soutenu par D’Ieteren), parisiennes et madrilènes pour la même raison.

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L’éventail des services de mobilité offerts par les deux constructeurs Allemands est déjà bien complet mais est appelé à encore se développer et se renforcer.

L’impact de la densité de la population

En dehors des villes, la densité de population moins élevée rend encore plus hasardeuse la rentabilité des investissements en voiture partagée. Ce qui n’empêche pas les constructeurs de se positionner sur ce créneau… des sommes de l’ordre de 40 milliards d’Euros y ont été investies depuis 2016. Des montants colossaux qui s’expliquent peut-être par un changement de mentalité au sein de la population, avec l’évolution des pyramides des âges, et l’arrivée des « millenials » parmi la base des consommateurs. De plus en plus de gens trouvent plus facile de partager l’usage d’un objet comme une voiture plutôt que de devoir y investir une part non négligeable de leurs revenus, de devoir s’occuper de son entretien, de devoir payer des taxes, une prime d’assurance, etc.

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Zipcar, filiale du loueur Avis, n’était pas rentable en Belgique. Poppy, soutenu par le groupe D’Ieteren, a repris ses activités et compte bien les rendre profitables à court terme.

Une stratégie à long terme

Les constructeurs, tels BMW et Mercedes, mettent en place une stratégie sur le long terme. Elle les amènera à contrôler des services utilisant des voitures autonomes que la clientèle pourra utiliser sur demande. Ils espèrent que leur offre multimodale comprenant l’utilisation à la demande, les véhicules, le parking et les bornes de recharge partagés ne seront qu’une étape vers la mise en place de dispositifs utilisant des véhicules autonomes que les utilisateurs n’auront quasiment qu’à siffler ! Ces sociétés filiales des constructeurs utilisent dès maintenant des véhicules électriques qui permettent de diminuer les émissions moyennes de CO2 et donc… la facture potentielle à payer dès 2020.

Volkswagen WeShare launched in Berlin as full-electric service
La plateforme de mobilité Volkswagen propose également des utilitaires Moia aux côtés des véhicules électriques. A Berlin, 1500 e Golf sont disponibles en partage.

Tout cela fait partie d’une stratégie bien calculée afin de négocier au mieux le virage de 2020 et la nouvelle taxation des émissions de CO2. Dans la foulée, les constructeurs se sont également créé un nouveau canal de distribution… sur lequel ils ont une maîtrise totale et qu’ils peuvent utiliser comme outil de régulation, en fonction de leurs besoins. Si le remplacement de l’ensemble du parc par des véhicules partagés reste un doux rêve, il est certain que, pour de plus en plus de citadins, la voiture partagée est perçue comme un renforcement d’une offre de transport par ailleurs déjà complète.

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En conclusion, à l’heure où la Belgique reste sans gouvernements et… sans politique claire et concertée en matière de mobilité, l’idée commence à faire son chemin ici aussi et se révèlera peut-être une partie de la solution aux problèmes de mobilité à Bruxelles ainsi que dans d’autres grandes villes. (Texte: Dimitri Urbain)

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« Zipcar » a été choisi car il évoque la facilité… se retrouver au volant d’une voiture partagée est aussi facile que remonter une tirette !