On l’aurait écouté des heures nous détailler l’un de ses bébés, l’A390β. Truffée de clins d’œil, cette étude de style dévoile 85% des éléments du futur crossover électrique de la marque dieppoise. A nouveau, c’est la passion qui transpire dans cette description détaillée de l’une des grosses attractions de ce Salon de Bruxelles. Plongez avec nous au plus profond du bleu Alpine…

Comment décririez-vous cette Alpine d’un nouveau genre ?
« Il s’agissait avant tout d’un exercice délicat sachant qu’il fallait transposer l’ADN d’Alpine dans un véhicule à 5 places et 4 portes avec la dualité voyage/sportivité en fond d’écran. Donc on a commencé par dessiner l’intérieur qui se dévoile comme un paysage de montagne. En ouvrant les portes, c’est comme si nous allions vers l’extérieur. Dans la partie avant, on retrouve un cockpit et un baquet dessiné à l’identique de ce que l’on trouve dans une monoplace. On a même mis les petites lanières latérales pour l’extraction du siège. On s’est véritablement inspirés de ce qui se fait en Formule Un. »

Aux places arrière, c’est plutôt le blanc qui domine…
« Comme si vous tombiez dans la poudreuse, c’est synonyme de voyage et de confort mais aussi des Alpes avec ces petits personnages placés en clin d’œil, qui descendent les dossier tout schuss… un autre escalade une partie de la banquette arrière. Le sol est spectaculaire puisqu’il est fait en carbone et en silicium de panneaux photovoltaïques recyclés. L’idée, c’était d’avoir une sensation de vitesse comme dans Star Wars, comme si tout l’habitacle était lancé à pleine vitesse. »

Mais cela n’a visiblement pas suffit puisque le siège du conducteur cache encore une astuce.
« En effet, il bascule en position couchée, comme dans une F1. On se retrouve alors vraiment dans le cockpit d’une monoplace avec un volant qui se rétrécit en même temps. Les pédales remontent et on a une position de conduite digne d’une F1 et d’ailleurs, lorsque Pierre Gasly s’y est installé au dernier Salon de Paris, il a immédiatement retrouvé sa position de conduite favorite. Cela reste utopique bien sûr mais puisque nous avions carte blanche, on ne s’est privé de rien. On s’est fait plaisir. La clé par exemple, ressemble à un diamant pris dans la glace avec le logo Alpine et se positionne au centre du volant, comme si la voiture prenait vie lorsqu’elle est insérée dans son emplacement. »

Le tableau de bord est également assez particulier puisqu’on y retrouve le triangle central devant le conducteur…
« On retrouve en effet le triangle vu dans l’Alpenglow mais ici, il n’est plus au centre de l’habitacle mais le conducteur le retrouve devant lui et il lui sert un peu de viseur, comme pour une arbalète. Et au centre de la console centrale, il y a des phrases un peu maladroites issues de nos réunions et qui sont gravées pour l’éternité (rires). Par exemple, Antony, notre chef qui dit: « au début, je voulais le mettre au début mais à la fin, je l’ai mis à la fin… » On a conservé ainsi nos bêtises et puis cela illustre tout le travail d’équipe que cet A390β a exigé. »

Extérieurement, il y a également pas mal de détails remarquables.
« Oui, avec la volonté assumée de mélanger l’intérieur et l’extérieur, que cela soit fusionnel. On retrouve ainsi les parties du sol de l’habitacle qui se prolonge vers l’arrière, vers le diffuseur. Il y a une logique et c’est le fruit d’un travail commun entre les équipes « habitacle » et « carrosserie » qui bossent habituellement chacune de leur côté. Mais même si on force les proportions, si on élargit un peu la voiture en lui mettant des roues exagérément grandes, on est à 85% des lignes du futur modèle commercialisé. »

Les dimensions et les proportions sont donc assez réalistes, ce qui est prometteur…
« Il nous a fallu pas mal de temps pour affiner les proportions en effet. Par exemple, la cellule supérieure traitée en une seule pièce est dessinée comme une goutte d’eau sachant que celle-ci représente le meilleur coefficient aérodynamique qui soit. Et si on la compare à une A110, on a repris les proportions de sa cabine en l’étirant ce qui donne à l’A390β une silhouette typée course pour ne pas faire une SUV traditionnel. Sur les flancs, on retrouve la signature latérale qui part de l’avant mais elle est réinterprétée de manière plus moderne avec des traitements qui vont donner des formes sensuelles. On a envie de le toucher, de sentir ses formes. »

A l’avant, en regardant de plus près, on découvre également un travail aéro assez poussé…
« Comme sur l’Alpenglow, on a soigné l’écoulement de l’air autour de la carrosserie puisque l’air va s’enfiler sous le capot et créer une dépression qui va appuyer la voiture au sol. C’est un S-Duct qu’on a sur les voitures de course en général. La signature lumineuse est également importante puisqu’elle est chargée de distinguer l’Alpine des autres voitures sur la route. Plus bas, on a un côté très poreux de la carrosserie qui va laisser passer l’air de manière parcimonieuse sachant qu’une voiture électrique a besoin de moins de refroidissement qu’une thermique. Enfin, les jantes sont en aluminium fraisé dans le dur, elles représentent un flocon de neige avec cette structure ultralégère mais ultra-résistante. Un peu comme l’ensemble de la voiture qui donne un sentiment de muscle tout en restant fine. »

A 38 ans, Marc Poulain peut s’appuyer sur une solide expérience et si son visage ne nous était pas étranger, c’est parce que nous l’avions déjà rencontré, lors de l’essai de la Ferrari SF90 Assetto Fiorano sur laquelle il avait déjà pu exercer ses talents. Après 12 ans à Maranello, il est passé du rouge au bleu en conservant toute sa passion pour l’automobile plaisir.

