La bibliothèque idéale du Rédacteur Auto: Alfa Romeo GTV6, de la route à la piste

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Aujourd’hui, nous vous proposons de découvrir « Alfa Romeo GTV6, de la route à la piste », signé Hervé Bouchot. Sur 160 pages, l’auteur consacre sept chapitres au seul GTV6. L’ouvrage est très complet et abondamment illustré. Le GTV6 est replacé dans le contexte historique de la marque, au travers de différents projets internes et de l’évolution de la gamme du constructeur transalpin. Ainsi, un non-initié pourra sans problème appréhender l’importance historique de la voiture. Vient ensuite une description technique très complète, agrémentée de nombreux détails.  Soulignons également une mise en perspective au travers de nombreuses publicités d’époque et d’articles de presse. L’auteur a mené un travail encyclopédique ; il ne s’est pas concentré sur le seul marché français et est aussi allé chercher des informations en Allemagne, en Grande Bretagne ou encore aux USA. Un chapitre entier est consacré aux différentes séries limitées et prototypes : Grand Prix, Production, Balocco S.E…. y compris la version 3.0 litres spécifique au marché Sud-Africain ! Ensuite, l’auteur explique par le détail la genèse et l’historique du V6 « Busso » et son évolution.

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La compétition

Le GTV6 s’est illustré sur les circuits comme sur les spéciales de rallye. Notamment en France, où il a remporté deux titres consécutifs en championnat des voitures de production sur circuit. En 1983 et 84, le GTV6 était l’arme absolue, préparé par le Snobeck Racing Service. L’auteur a bénéficié d’informations de première main et nous conte cette aventure par le détail, retraçant même les parcours des onze voitures ayant été utilisées dans ce cadre par Dany Snobeck, Alain Cudini, Pierre Destick, ou encore Pierre- François Rousselot. Vient ensuite la description de la carrière du GTV6 sur les circuits européens et… les titres remportés de 1982 à 1985 par les voitures préparées chez Luigi, à Comblain-au-Pont. Le GTV6, malgré son encombrement conséquent, s’est également illustré en rallye. Ses excellentes qualités routières, son architecture transaxle, et son fabuleux moteur lui ont permis de damer le pion à plus d’une concurrente, tant en groupe A qu’en groupe N. Yves Loubet, Jacques Panciatici, Bertrand Balas, Christian Rigollet et, chez nous, Gaby Goudezeune et Dany Delettre lui ont donné ses lettres de noblesse ! Ici également, le traitement est exhaustif, avec de nombreux classements, des publicités…

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En résumé, un ouvrage sérieux et très complet, auquel il ne manque… que le bruit fabuleux du V6 Alfa et… les odeurs au bord d’un circuit ou d’une spéciale ! Seul bémol, la loi française obligeant de supprimer les marques et logos de cigarettiers même sur des photos d’époque ! Heureusement, les marques belges étant inconnues en France, quelques photos ont échappé au massacre. A noter que cet ouvrage n’est plus disponible en neuf auprès de l’éditeur. Il n’a pas été remanié depuis sa sortie car, malheureusement, son auteur nous a quitté en 2011. Bonne recherche, il en vaut vraiment la peine ! (Texte: Dimitri Urbain)

ALFA ROMEO GTV6, De la route à la piste, Hervé Bouchot, Editions E.T.A.I., Paris, 2009. ISBN : 978-2-7268-8869-8 ; 28,90 €

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Mazda : le rotatif envers et contre tout ! par Dimitri Urbain

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Kenichi Yamamoto est le père du moteur rotatif chez Mazda. Ingénieur, il en a aussi été le directeur exécutif de 1984 à 1987 puis directeur général de 1987 à 1992. Pugnace, c’est à force de travail et entouré d’une équipe compétente qu’il est parvenu à mettre au point le moteur développé par Felix Wankel. Né en 1922, il est décédé en 2017.

Détenteur d’une licence NSU depuis 1960, Mazda n’a cessé de travailler et développer le moteur rotatif. Il a équipé nombre de voitures de série au début des années 70, jusqu’à des autocars ! Avec lui, la marque a même gagné aux 24 H de Francorchamps et au Mans quelques années plus tard. A l’heure actuelle, les réglementations en matière d’émissions font que plus aucun modèle de la marque n’est propulsé par un moteur rotatif sur les marchés européens mais… ça pourrait rapidement changer. Plaisir de conduire et légèreté vont de pair avec le moteur rotatif ! (Dimitri Urbain)

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Tels les 47 samouraïs, voici l’équipe du bureau technique « rotatif » Mazda au complet. Durant les années 60, le moteur rotatif était vu chez Mazda comme un moyen de se différencier des autres constructeurs. La Cosmo Sport a été mise au point grâce aux concessionnaires Mazda du Japon qui ont participé aux essais et à sa mise au point.

Les débuts…

Au début des années 60, Mazda, ou plutôt Toyo Kogyo, est face à un choix crucial : la marque n’a pas d’autre choix que de devenir plus compétitive, afin de se développer, et conquérir de nouveaux marchés à l’exportation. A cette époque, les travaux de Félix Wankel sur le moteur rotatif intéressent de nombreux constructeurs : en effet, il est léger, peu encombrant, silencieux et offre une puissance élevée, son avenir semble alors radieux. Le président de l’époque, Tsuneji Matsuda, est persuadé que Mazda doit se démarquer de la concurrence en mettant sur le marché la technologie du moteur rotatif avant tous les autres constructeurs.

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Le problème majeur du moteur rotatif est l’usure des lobes de rotors. Mazda a mené des travaux afin de déterminer le meilleur matériau pour les réaliser et en finir ainsi avec le problème de fiabilité qui a mené NSU à sa perte.

La marque envoie donc une équipe d’ingénieurs chez NSU, en Allemagne. Dans la pratique, le moteur n’est pas encore au point, loin de là… Le rotor du moteur Wankel a une forme triangulaire. Il tourne à très haute vitesse dans une chambre qui est équipée d’un joint d’étanchéité. Malheureusement, ce joint est usé rapidement par les frottements à l’intérieur du lobe. Bien que la surface soit recouverte de chrome afin de mieux résister, elle se marque très rapidement. Il était crucial de remédier à ce problème avant d’envisager toute commercialisation. Dès lors, Mazda crée un département de recherche spécifique pour le moteur Wankel. Pas moins de 47 ingénieurs sont réunis sont la direction de Kenichi Yamamoto. Celui-ci est aussi doué que tenace et c’est lui qui va faire en sorte que le moteur rotatif soit fiable et… emblématique de Mazda !

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La Cosmo Sport et son moteur. Elle est la première voiture à moteur rotatif à être produite en série au monde, avant la NSU RO 80.

Durant des mois, une multitude de matériaux différents sont essayés afin de trouver de quoi fabriquer les fameux joints d’étanchéité. En interne, de nombreuses voix s’élèvent également contre ces dépenses « inutiles » ! C’est une véritable course contre la montre…En 1963, un ingénieur trouve une solution : il modifie la forme du lobe, ce qui change sa fréquence de résonnance et donc évite l’usure. La mise au point est ensuite assez rapide et permet à Mazda de sortir un premier modèle à moteur rotatif.

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Mazda équipe différents modèles de sa gamme avec un moteur rotatif. Ce coupé Familia est une véritable sportive bien née.

La Cosmo Sport

Présentée le 30 mai 1967, la Cosmo Sport est la première voiture à moteur rotatif produite en (petite) série. Son style unique et particulier n’a alors rien à avoir avec le reste de la gamme du constructeur.  Bientôt, elle est suivie par la Familia Coupé Rotary, que Mazda va exporter en masse aux USA.

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Ce pick up de 1978 fait lui aussi appel à une motorisation rotative ! Il a remporté un certain succès aux USA, où il a été commercialisé plusieurs années.

Des nuages

Malheureusement, en 1970, une nouvelle réglementation limitant les émissions polluantes des voitures est adoptée, et concernera les véhicules neufs vendus à partir de 1975. Qu’à cela ne tienne, Mazda met au point un ancêtre du catalyseur, sous la forme d’un réacteur thermique qui brûle les résidus d’hydrocarbures contenus dans les gaz d’échappement. A telle enseigne qu’en 1973, le ministère américain de la protection de l’environnement teste une Mazda ainsi équipée et la déclare conforme aux futures réglementations. Mazda n’est malheureusement pas au bout de ses peines… après ce problème de pollution, intervient la crise du pétrole.

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Le croiriez- vous ? Ce bus Parkway est lui aussi motorisé par un Mazda rotatif… pour chauffeurs et passagers amateurs de belle sonorité sportive !

Un rude coup porté aux moteurs rotatifs, considérés comme trop gourmands. Dès 1974, la marque lance le « Projet Phénix » qui vise à diminuer la consommation du moteur rotatif de 40% dans les cinq prochaines années. Une première réduction de la consommation d’environ 20% est atteinte assez rapidement puis un ingénieur a l’idée de récupérer la chaleur produite par le réacteur thermique pour en faire un échangeur de chaleur. Grâce à cette technologie, l’objectif est même largement dépassé et la consommation du rotatif baisse de 50% ! Cet exploit technologique mérite bien d’être fêté avec la sortie d’une toute nouvelle voiture…

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La RX7, première génération. Ce coupé compact et élégant offre des performances de haut niveau avec un confort très correct. Il est resté au catalogue de 1979 à 1986.

La RX7

Cette fois, Mazda voit les choses en grand : la RX7 est produite en série. Elle est présentée à Las Vegas en 1978.  En parallèle à sa carrière commerciale, elle s’illustre en course et commence d’emblée par remporter une victoire de classe aux 24H de Daytona. En 1980, elle s’adjuge le championnat britannique des voitures de tourisme et remet le couvert l’année suivante, avec l’écurie TWR. Cette même année, elle gagne également les 24H de Francorchamps. Cette première génération de RX7 demeure au catalogue jusqu’en 1986 et reste la voiture à moteur rotatif la plus produite à ce jour. Cependant, Mazda vise la victoire aux 24 H du Mans… y vaincre serait vraiment porteur pour la marque.

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Mazda et la compétition c’est une longue histoire… de la fin années 70 au milieu des années 80, la RX7 s’est couverte de gloire aux USA, en Australie et en Europe tandis que le moteur rotatif a permis à la marque d’être le premier constructeur Nippon à triompher de manière éclatante dans la Sarthe en 1991.

Des Mazda y ont pris part dès 1974 mais il faut attendre 1982 pour qu’une RX7 termine enfin la course. Tous les efforts seront enfin couronnés de succès en 1991, année où Mazda inscrit son nom au palmarès de la course mancelle. C’est une première pour un constructeur japonais ! La 787B est équipée d’un moteur à quatre rotors de 700 ch dont la fiabilité s’est avérée sans faille.

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La seconde génération de RX7 ne connaît pas le même succès que sa devancière, victime d’une crise économique et d’un taux de change défavorable pour le yen. Elle fait néanmoins partie du panthéon automobile japonais, grâce à des films comme Fast & Furious ou les mangas de la série Initial D.

Nouvelle génération

Après l’éclatante victoire au Mans, Mazda remplace la RX7 par… la nouvelle RX7, de type FD. Cependant, 1991 voit le Japon plonger dans une récession qui fait diminuer fortement la demande des voitures de sport et le yen s’appréciant, les ventes sur les marchés extérieurs sont également mises en difficulté. A cette époque Mazda travaille également sur le développement d’une lumière d’échappement latérale, permettant de conserver la puissance élevée du moteur rotatif tout en lui conférant des caractéristiques proches d’un moteur non suralimenté en matière d’accélérations. En 2002, la demande s’effondre et Mazda n’a pas d’autre choix que de mettre le moteur rotatif en veilleuse… tout en continuant à y travailler.

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Moins sportive, plus confortable et typé « grand tourisme », le coupé Eunos Cosmo du début des années 90 est équipé d’un moteur rotatif trirotor ! Réservé au marché japonais, quelques amateurs éclairés en ont importé en Europe… cette illustration sort d’un catalogue commercial japonais, dans lesquels les constructeurs ont pour habitude de poser des plaques françaises on ne peut plus fantaisistes !

Le moteur RENESIS

En 2003, Mazda est fier de présenter une nouvelle génération de moteur rotatif baptisée « RENESIS », voulant dire « nouveau départ ». Ce nouveau moteur se caractérise par une puissance élevée associée à une consommation et des émissions polluantes en baisse. Afin d’accompagner cette renaissance, Mazda présente la RX8. Ce coupé 4 portes et 4 places est de dimensions réduites et d’un poids contenu, ce qui permet d’atteindre un niveau de performances élevées. En parallèle, Mazda présente une RX8 propulsée par hydrogène. Elle est le fruit de travaux menés par la marque depuis 1991, tant sur la RX7 que sur la MX5.

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La RX8 de 2003, coupé 4 portes 4 places totalement atypique connaît un beau succès sur certains marchés, notamment la Grande Bretagne. Il y est encore possible d’en trouver à des prix très alléchants…

L’avenir

Mazda planche désormais sur l’usage du moteur rotatif afin d’augmenter l’autonomie des véhicules électriques. Ce moteur semble idéal pour un tel usage : compact, léger, silencieux et puissant. Une Mazda Demio EV, présentée en 2013, dispose ainsi de 400 km d’autonomie, grâce au moteur rotatif monté à l’arrière. Plus récemment, le prototype MX30 utilise une technologie similaire. Le moteur rotatif a encore un potentiel de développement important ; outre ses qualités énoncées ci-avant, il est compatible avec différents carburants et peut également venir renforcer des moteurs statiques, tout en offrant des performances écologiques de haut niveau.

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L’avenir du rotatif passera- t-il par l’hydrogène ? C’est l’une des pistes suivies par Mazda, ce moteur s’avérant capable de fonctionner avec divers carburants.

Tous les amateurs qui ont eu un jour des frissons en entendant un moteur rotatif prendre des tours à n’en plus finir n’attendent qu’une chose, son retour dans une Mazda sportive !

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Le prototype RX Vision présenté en 2016 représente à la fois l’avenir et l’héritage de Mazda. Son design de style Kodo est élégant et réussi. Il est propulsé par un moteur rotatif, emblématique de la marque. Il aurait dû sortir en 2020 mais, malheureusement, rien n’est prévu pour lui donner une suite commerciale actuellement.

 

La bibliothèque idéale du Rédacteur Auto: Alpine Berlinette, l’icône des années bleues

En ces temps de confinement, un bon livre est le compagnon idéal. Nous vous proposons une nouvelle rubrique dans laquelle nous allons vous présenter toute une série d’ouvrages intéressants, sur divers sujets automobiles. (Dimitri Urbain)

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A tout seigneur tout honneur, entamons cette rubrique avec un ouvrage sur la Berlinette Alpine. Signé Enguerrand Lescene, « Alpine Berlinette, l’icône des années bleues » retrace l’histoire de l’A110 en compétition.

En quatre chapitres et 190 pages, se déroule sous vos yeux la carrière française et internationale  de cette auto qu’on adore tous. L’auteur s’est concentré sur les aspects humains et a mis en avant autant les pilotes d’usine que les privés qui se sont illustrés au volant de l’A 110. L’histoire commence en 1960 et se poursuit jusqu’en 1980. Ensuite, la petite Alpine a rejoint des plateaux régionaux, son homologation étant devenue caduque. Le texte est précis et dense, les photos d’époque et autres publicités lui imposant un rythme qui donne envie de le lire. Certes, le format de quelques photos est réduit, mais beaucoup sont en couleurs. De quoi être également une source d’information pour les maquettistes. Ce que vous n’y trouverez pas, ce sont des informations sur l’évolution de la voiture, ses différentes versions utilisées en compétition, les cylindrées, les puissances, les fiches techniques. C’est le seul aspect léger du contenu.

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Des grands noms…

Dès 1968, Jean Claude Andruet est champion de France au volant d’une A 110. L’usine se structure derrière Jacques Cheinisse : Jean Claude Andruet,  Jean Vinatier, jean Pierre Nicolas, Jean Luc Thérier, Ove Andersson, Bernard Darniche… des noms tout aussi évocateurs que Les Routes du Nord, le Lyon- Charbonnières, le Monte Carlo ou le Tour de Corse. 1973 est l’année de la réussite totale d’Alpine qui remporte le championnat du monde des rallyes. La Berlinette et l’équipe d’usine forment une équipe de rêve et les berlinettes immatriculées «76» s’illustrent sur tous les terrains. Vous y retrouverez aussi l’équipe féminine d’Aseptogyl, « le dentifrice dans la course » et d’autres équipes comme l’Ecurie Echappement (le magazine) et Bruno Saby.

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Et des amateurs…

C’est une chose assez rare et qui mérite votre intérêt, cet ouvrage fait également la part belle aux amateurs qui longtemps ont fait (et font encore…) briller la Berlinette en course : côte, circuit, rallycross; l’A110 est une voiture bien née et polyvalente. Légère, maniable, fiable, amusante et efficace, cet ouvrage la montre sous de nombreuses facettes. La fin de l’ouvrage recèle un palmarès complet de la Berlinette en France et à l’international, entre 1960 et 1980.

En résumé, un bel ouvrage rempli de photos, une chronologie complète et respectée, une carrière retracée, même si les aspects techniques et l’évolution de la voiture ne sont malheureusement pas abordés.

ALPINE BERLINETTE, L’icône des années bleues, Enguerrand Lecesne, Editions E.T.A.I., Paris, 2012. ISBN : 978-2-7268-9575-7 ; 28,90 €

Essai exclusif: BMX X4 M Compétition: échassier très dynamique

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Les gars du marketing, ça ose tout. C’est à ça qu’on les reconnait. Et pourquoi pas glisser un 6 en ligne survitaminé sous le capot d’un X4 et l’appeler Compétition…

SUV et sportivité sont deux concepts définitivement antinomiques. Cela n’empêche pas toutes les marques allemandes de nous proposer des dérivés très puissants de leurs best-sellers. Ainsi, BMW n’a pas hésité à installer, sous le capot de son X4, le 6 cylindres en ligne de 3 litres entièrement repensé et boosté par deux turbos pour délivrer, dans cette version Compétition, 510 chevaux!

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510 chevaux, ça parle évidemment mais mieux vaut prévoir la piste ad hoc pour les exploiter correctement…

Et comme pour mieux affirmer le caractère bien trempé de son SUV, BMW l’a doté de toute la panoplie habituellement réservée aux modèles Motorsport. Extérieurement, cela passe par un bouclier très échancré, des ailes élargies, des jantes de 21 pouces ou encore des rétroviseurs au dessin spécifique. Dans l’habitacle, on perçoit l’exclusivité de l’engin à travers ses jolies surpiqûres rouges, le carbone mais aussi ses superbes sièges. On est parfaitement bien assis, comme toujours chez BMW, et l’ergonomie est tout aussi réussie. Les deux boutons rouges sur le volant confirment qu’on se trouve bien à bord d’une M puisqu’ils permettent de basculer sur les programmes de réglages les plus extrêmes.

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L’habitacle de ce BMW X4 M Compétition est splendide de par ses matériaux et ses finitions.

J’aime bien

Grâce à l’échappement actif, la sonorité du 6 en ligne est bien présente même si cela reste relativement discret. Le moteur est vif et plutôt souple mais il n’est pas aussi caractériel que celui d’un Stelvio Quadrifoglio ou d’un V8 AMG. En revanche, il est plutôt à l’aise sur toutes les plages de régime ce qui le rend trop linéaire à nos yeux. Mais rassurez-vous, les 510 chevaux sont bien présents sous le capot et sur autoroute, on a pris un malin plaisir à jouer du pied droit rien que pour voir la tête des conducteurs de petites nerveuses. La plupart du temps, ce X4 M Compétition se révèle très confortable et particulièrement adapté aux autoroutes allemandes sur des portions non-limitées.

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Les lignes arrière du nouveau X4 nous semblent plus fades que l’opus précédent. Il va falloir s’y faire.

 Plutôt malin

On reste assez époustouflé par la qualité de finition de l’habitacle de ce X4. Vous nous direz qu’à 92.800 euros l’exemplaire, c’est la moindre des choses mais pourtant, c’est véritablement bluffant à chaque montée à bord. Les sièges « Advanced » procurent un maintien exceptionnel et conviennent parfaitement aux usages qui peuvent être faits de ce SUV, qu’ils soient sportifs ou confortables. On est moins fans du cerceau épais du volant mais c’est désormais une constante chez BMW. Devant lui, le conducteur retrouve les deux compteurs ronds habituels du côté de Munich avec un design spécifique, M oblige. L’écran central offre les fonctions habituelles liées au GPS, à la téléphonie ou encore aux différents médias sans oublier les connections internet. Par rapport à la concurrence allemande, BMW conserve bon nombre de boutons et autres comodos au parfum suranné.

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Les autoroutes allemandes accueillent toujours aussi favorablement ce genre d’engin débridé.

J’aime moins

Si l’utilité réelle des SUV porte déjà à discussion, celle de leurs pendants « coupés » est encore plus douteuse. Ainsi, les places arrière perdent-elles logiquement en hauteur mais elles restent confortables si vous ne dépassez pas 1m85. Une fois ouvert, le hayon révèle un coffre de 525 litres qui peut passer à 1430 l une fois la banquette rabattue. Des chiffres intéressants qu’il faut nuancer à cause d’un hayon qui ne monte pas plus haut qu’1m70 une fois ouvert. Attention à la tête.

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L’habitabilité aux places arrière laisse à désirer et le volume du coffre n’est pas estomaquant. Bref, pour le caractère utilitaire de l’engin, il faudra repasser.

Pourquoi je l’achète

Il faut l’avouer, avec l’âge, on apprécie ces véhicules surélevés bien plus facilement accessibles que les berlines chères à nos grands-parents. Alors l’idée de BMW de glisser sous le capot de son X4 un moteur de… Compétition, ou presque, n’est pas totalement saugrenue. Cela nous vaut un engin assez iconoclaste, capable de signer le 0 à 100 km/h en 4,5 sec ou encore de pointer à 285 km/h si l’occasion se présente. Bref, rendre les sensations de leur jeunesse aux seniors emballées dans un look ravageur qui fait tourner les têtes. Prévoir un budget carburant conséquent n’est pas inutile, la moyenne de notre – court – essai s’étant soldée aux alentours des 12l/100 km en ayant opté pour le mode Eco lors de mon trajet retour chez l’importateur.

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Comme toujours chez BMW, les sièges ont absolument toutes les qualités mais ils sont en option. Un comble pour un véhicule de 92.800 euros.

Pourquoi je ne l’achète pas

Ne tournons pas autour du pot, ce BMW X4 M Compétition n’est pas sportif. Le moindre virage serré le rend nerveux et même en optant pour les réglages les plus extrêmes, il refuse l’exercice de la petite route sinueuse. Comme ses congénères, il se sent plus à son affaire dans les longues courbes voire sur un circuit où les dégagements sont présents pour accueillir vos excès d’enthousiasme. Alors probablement n’a-t-on pas encore l’âge de se laisser séduire par ces engins hauts sur patte. Trop lourds, très coûteux en taxes et pas vraiment habitables aux places arrière, ce n’est pas notre came.

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C’est toujours amusant, et parfaitement puéril on vous l’accorde, de mettre un gros coup de gaz pour doubler un kéké en pseudo-sportive…

Seat 124 : le taxi fait pour le rallye ! par Dimitri Urbain

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SEAT est née le 9 mai 1950, le pouvoir espagnol voulant mettre le pays sur des roues. FIAT détient 7% du capital, le reste étant réparti entre quelques grandes banques nationales et l’état espagnol lui-même, via l’Instituto Nacional de Industria. Les productions vont donc tout naturellement s’aligner sur celles de Turin jusqu’ en 1984, lorsque Volkswagen en prend le contrôle.

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Etroitement dérivée de la FIAT 124, la SEAT 124 remporte un grand succès sur son marché national, tant auprès des sociétés de taxi que de la classe moyenne.

La 124 : la voiture des classes moyennes

De par sa longévité, la 124 est l’un des modèles phares assemblés par SEAT. Celle-ci est, bien entendu, la cousine de la FIAT 124 ainsi que de… la Lada 1200 produite en Union Soviétique et très répandue en Belgique jusqu’à la fin des années 80. Présentée lors du salon de Barcelone 1968, ses formes cubiques sont alors très modernes, par rapport aux plus anciennes 850 de la marque. Destinée aux classes moyennes dont le niveau de vie augmente de manière importante, elle se décline en deux versions :  124 et la 1430, plus cossue, aux performances plus élevées qui arrive dès 1969. Le moteur est un quatre cylindres en ligne de 1.197 cm³ de 60 ch (ou 1.438 cm³ et 70 ch), situé à l’avant et entrainant les roues arrière via une boîte 4 rapports et un essieu arrière rigide. N’accusant que 855 kg sur la balance, elle est donc assez alerte sur la route et atteint les 145 km/h (155 km/h pour la 1430).

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Production locale, la 1430 se distingue par ses doubles phares à iode, ses finitions plus luxueuses et ses performances plus élevées. Elle atteint 155 km/h en pointe, dans un confort de bon niveau.

Si la direction à circulation de billes n’offre pas la précision d’une crémaillère, le freinage est, lui, très moderne avec des disques sur les 4 roues. Le succès commercial est rapide : prix d’achat mesuré ; performances correctes ; coûts d’entretien maîtrisés et fiabilité de bon niveau font de la 124 la voiture idéale pour l’Espagne des années 70. Ses lignes résolument modernes et agréables lui permettent de faire oublier les petites voitures à moteur arrière ayant fait la fierté des premiers Seatinos (surnom national des premiers acheteurs de la marque). Les ingénieurs de SEAT écoutent les critiques de la clientèle et modifient la suspension arrière en lui adjoignant des tirants latéraux afin que les roues ne perdent plus autant d’adhérence dans les virages serrés dès 1969. Dans le même temps, des pneus radiaux sont montés en série. Il en résulte une sérieuse amélioration du comportement routier, la voiture se comportant désormais un peu plus comme une traction, ayant perdu en grande partie son caractère survireur dans les courbes serrées. En l’espace de quelques années, elle devient le principal modèle de taxi du pays.

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En 1975, SEAT fait appel à Giugiaro afin de moderniser la 124 à moindre frais. Nouvelle calandre, phares et feux rectangulaires vont lui permettre d’entamer une seconde carrière.

Une carrière bien remplie

Au début des années 70, SEAT crée un département compétition au sein de l’usine afin d’y assembler les futures voitures de compétition de la marque. Alors qu’au niveau international ce sont les Alpine, les Porsche ou les Lancia qui font la loi, SEAT va se lancer dans le bain du rallye avec… des taxis ! L’équipe d’usine SEAT débute en 1972 : une SEAT 124 1600 est confiée à Salvador Cañellas pour le Critérium Louis de Bavière et enchaine les victoires en rallye nationaux, emportant le premier titre de la marque cette même année. En 1973 et 74, le moteur 1.600 cède la place à un 1.755 cm³. SEAT remet le couvert en championnat national pour les 6 saisons suivantes, toujours avec la 124 qui va évoluer d’année en année. Au final, ce sont 104 participations, 96 podiums et pas moins de 39 victoires ! Sans compter les différents championnats régionaux avec plus de 750 podiums et 250 victoires.

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A l’image de ce qui existe en France ou en Angleterre avec les Formules Renault et Ford, la SEAT 1430 donne sa mécanique à une formule monotype permettant à de jeunes amateurs de découvrir à moindre frais les joies du pilotage en monoplace.

Evolution esthétique

En 1975, la motorisation de la version rallye évolue à nouveau : un 1.840 cm³ est utilisé. En parallèle, la firme fait appel à Giorgetto Giugiaro afin de moderniser esthétiquement la 124. Sa carrière est terminée en Italie mais il lui reste encore de belles années devant elle dans la Péninsule Ibérique.  Phares et feux deviennent rectangulaires ; la calandre est moins haute. Sa production est déplacée de Barcelone vers l’ancienne usine Authi (qui produisait des voitures anglaises du groupe British Leyland) en 1976. Elle prend alors le nom de Pamplona et des exemplaires seront même vendus en Belgique par le réseau FIAT. La gamme de série s’enrichit : aux côtés de la version 1430, une 1600 reçoit un moteur à double arbre à cames en tête de 1.592 cm³ et 90 ch. Pour l’occasion, le train arrière régresse puisque c’est celui de la 131 contemporaine, équipé de tambours, qui est utilisé. En 1976, la version rallye d’usine bénéficie d’une suspension arrière indépendante et d’une alimentation par injection sur le 1.840 cm³.

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Une 124 en action lors du rallye de Monte Carlo…

1976- 77 : Nouvelles victoires et la groupe 5, l’ultime 124

Exploitant commercialement les victoires en rallye, SEAT monte un autre moteur dans la Pamplona. Toujours à double arbre à cames en tête, il s’agit cette fois d’un 1.756 cm³ qui développe 118 ch à 6.000 tr/ min et un couple de 153 Nm à 4.000 tr/min. La petite berline atteint les 180 km/h en pointe… Elle reçoit enfin une direction à crémaillère et récupère les disques à l’arrière. Celle-ci fait un engin idéal pour la compétition et SEAT homologue une boîte aux rapports rapprochés ainsi qu’un couple conique adapté pour le groupe 1. Cette version « FL80 » est rejointe en 1978 par une autre « FL90 » qui reçoit un moteur double arbre à cames en tête de 1.919 cm³ développant 114 ch à 6.000 tr/ min et un couple de 160 Nm à 5.500 tr/ min. Elle atteint 178 km/h en pointe, pas mal avec un Cx de boîte à chaussures ! Elle reçoit des pneus taille basse en 175/70 et une direction à démultiplication réduite provenant de la 131. Les amortisseurs sont également adaptés pour offrir un meilleur compromis entre confort et tenue de route.

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L’un des prototypes de la version groupe 5, avec portes arrière soudées.

En rallye, la 124 remporte le championnat national espagnol et Zanini est également vice- champion d’Europe des rallyes. La voiture évolue encore et devient finalement une groupe 5. Le moteur est un 2.000 cm³- DOHC 16 V de 131 Abarth réalésé à 2.100 cm³. D’abord alimentée par injection à guillotine Kugelfisher, elle est finalement remplacée par deux carburateurs double corps Weber 45, n’ayant pas donné entière satisfaction. Il développe 210 ch à 7.500 tr/min. La boîte est une ZF 5 rapports qui entraine les roues arrière, équipée d’un autobloquant ZF également. La suspension avant est celle de la 124 Spider Abarth : des combinés McPherson avec triangles inférieurs et tirants longitudinaux tandis qu’à l’arrière elle est indépendante et utilise des triangles superposés et des barres de torsion. Des barres antiroulis sont montées à l’avant et à l’arrière. Le freinage est confié à 4 disques, étriers 4 pistons à l’avant, frein à main hydraulique et répartiteur réglable. La crémaillère de direction est dérivée de celle de la 131.

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La 124 groupe 5 en version définitive, en fait un cocktail de 124 Spider et de 131 Abarth, dans une caisse de Pamplona.

Elle est montée en 13’’ et reçoit des pneus Michelin de 180/55 R 13 à l’avant et 240/40 R13 à l’arrière. La caisse est rigidifiée en soudant les portes arrière et des renforts à de multiples endroits. Elle accuse 990 kg sur la balance et le rapport poids/ puissance est de 4,71 kg/ch. 1977 reste l’année la plus marquante avec les 3ème et 4ème places d’Antonio Zanini et Salvador Cañelas au général au rallye de Monte Carlo (1430 groupe 4) et le championnat national espagnol avec la groupe 5. A son volant, Antonio Zanini remporte encore le championnat national espagnol des rallyes en 1977. La Pamplona poursuit encore sa carrière commerciale jusqu’en 1980, quand la Ritmo la remplace. En rallye, SEAT utilise des 131 Abarth à partir de la saison 1978 mais c’est une autre histoire… (Dimitri Urbain)

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Moteur 2 litres double arbre et 114 ch pour 178 km/h en pointe, qui l’eut cru ? La Pamplona 2000 est une vraie sportive méconnue, dans la même veine que les Escort RS 2000 ou Opel Kadett GT/E, en plus polyvalente avec ses 4 portes.