Pas au mieux de sa forme, le constructeur au trident tente, vaille que vaille, de relancer ses ventes en proposant différentes variations de sa supercar, la MC20. En août 2024, Maserati présente une version routière de sa GT2 réservée au championnat du même nom. Nous avons pu y goûter sur nos belles routes ardennaises et le plaisir fut intense…

Le label Stradale adjoint à l’appellation GT2 est synonyme de perte de poids et de puissance en hausse pour la MC20 lancée, rappelons-le, en 2020. Mais c’est également l’occasion de lui offrir un aspect bien plus sauvage grâce à des éléments en carbone largement ajourés. On pense bien sûr à ce capot généreusement doté en ouïes de ventilation au même titre que les ailes avant ou encore au spliter avant redimensionné. A l’arrière, la quête à l’appui aéro est aussi peu discret avec de larges ouvertures au-dessus des roues postérieures sans oublier un aileron qui fait tout son effet. L’ambiance course héritée de la GT2 est indéniable et en repoussera probablement certains. Mais nous, on adore ! Tous ces artifices optionnels permettent à cette version de revendiquer un appui de 500 kg à 280 km/h là où sa sœur civilisée plafonne à 145 kg… qui a dit violent ?

Plus de chevaux, moins de kilos
Sous le capot arrière, on retrouve le 3.0 V6 biturbo appelé Nettuno mais il est légèrement retravaillé pour atteindre la puissance de 640 ch à 7.500 tr/min, soit 20 de plus que la MC20 classique. Par contre, cette Stradale perd 10 Nm pour un couple maxi de 720 Nm disponible entre 3.000 et 5.500 tr/min. Le tout est transmis uniquement aux roues arrière via la transmission robotisée à double embrayage et 8 rapports. Au rayon des performances, on reste très proche des valeurs de la version standard avec une vitesse de pointe de 324 km/h et un 0 à 100 km/h signée en 2″8. L’auto a perdu 60 kg lors de son passage en mode GT2 pour atteindre 1.365 kg au total. Mais trêve de données techniques, installons-nous au volant de cette belle Italienne. Découvrir l’engin au cœur du paddock des 24 heures de Francorchamps n’a rien d’une sinécure mais comme on parcourt les premiers mètres au ralenti, on profite pleinement des admirateurs. Dans l’habitacle, l’ambiance reste plutôt cossue pour un dérivé d’auto de course.

Confort inattendu
Certes, les sièges optionnels de notre voiture d’essai sont assez spartiates et leur ergonomie ne correspond pas à notre physionomie ce qui a fortement nui à notre position de conduite, le creux de notre dos n’étant absolument pas soutenu. Mais pour le reste, cette GT2 Stradale est plutôt agréable à mener sur route ouverte, même sur le réseau belge particulièrement défoncé. Certes, nous avons soigneusement évité les dos d’âne les plus cassants de notre parcours habituel même si l’auto était pourvue d’un lift system mais pour le reste, notre passager paternel n’a jamais demandé grâce. Mais revenons un instant sur l’intérieur de cette MC20 coursifiée. Le tableau de bord et les écrans sont identiques à ceux de la MC20 traditionnelle mais la console centrale remonte davantage vers la planche de bord avec son gros bouton central déterminant les modes de conduite. Le volant est également inédit avec sa partie haute aplatie et recevant des diodes chargés de vous indiquer l’approche du rupteur. Par ailleurs, l’alcantara est généreusement distribué dans l’habitacle. C’est donc à la fois cossu et sportif dans un parfait mélange des genres.

Poussée continue
Mais le moment est venu d’appuyer sur le bouton de démarrage et de prendre la route sous le regarde étonné des autres automobilistes. Et contrairement à ce que ses attributs extérieurs impressionnants pourraient laisser croire, cette Maserati MC20 GT2 se révèle extrêmement courtoise au démarrage en vous laissant prendre connaissance de ses différents affichages mais également de ses dimensions. En effet, la visibilité vers l’extérieur n’est pas sa qualité principale alors on prend le temps de bien vérifier les réglages des rétros. Mais voilà, l’appel de la route est imparable d’autant qu’on quitte le paddock de Francorchamps par le côté Stavelot ce qui nous donne déjà une belle opportunité de découvrir ses accélérations sur la portion de l’ancien circuit parcourue à l’envers. Le doute n’est plus permis, cette GT2 Stradale envoie du lourd et l’on aime déjà la rapidité des changements de rapports qui confirme la descendance très sportive de cette Maserati.

La traversée de Stavelot se fait le plus discrètement possible mais dès que la dernière maison est derrière nous, on se reprend une accélération vertigineuse en laissant les autres occupants de la route loin derrière… Le son du 6 cylindres n’est pas extraordinaire, dominé par le bruit du souffle des turbos mais on est tellement concentré sur les bonnes trajectoires que cela en devient secondaire. Le train avant se place au millimètre et l’arrière est collé au sol. Les vitesses de passage en virage sont incroyables et l’on a l’impression d’être toujours trop lent.

Programmes à la carte
Via la molette centrale, il est possible de choisir son mode de conduite. On peut opter pour les réglages « pluie », « GT », « Sport » ou « Corsa », ce dernier propose plusieurs setup visant à progressivement désactiver les aides au pilotage. On peut ainsi faire varier le système de contrôle électronique de stabilité (MSP), le système de contrôle de traction (TCS) mais également le différentiel électronique (e-LSD) sans oublier de diminuer l’intervention de l’ABS. Avouons qu’il aurait fallu bien plus que les deux heures qui nous furent allouées pour maîtriser parfaitement tous ces choix. D’autant que sur toute ouverte, nous préférons toujours conserver toutes les bretelles électroniques pour éviter toute mauvaise surprise. D’autant qu’en mode « Sport », les sensations sont réellement présentes avec des commandes affermies et plus rapides.

Les liaisons au sol sont parfaitement adaptées à la conduite très sportive et le freinage, assuré par des disques en carbone signés Brembo, n’a jamais failli. Un élément essentiel à nos yeux pour attaquer librement la moindre courbe mais également pour ralentir suffisamment vite face au comportement erratique de certains automobilistes que nous croisons quotidiennement sur nos routes. De retour au mode GT, on profite encore un peu du confort inattendu de ce coupé et on jette un œil sur le tarif appliqué par la marque au trident. Si vous allez sur le site, vous verrez que tout est en option, ou presque avec un prix de base qui débute à 300.000 euros !

Derrière ses attributs guerriers justifiant son appellation GT2 Stradale la rapprochant au maximum des bolides de compétition, ce modèle conserve les qualités reconnues de la MC20 à savoir un confort inattendu, une finition soignée, un moteur à multiples visages mais avant tout la capacité à être utilisée quotidiennement. A condition de composer avec une visibilité limitée et un appétit pour la sans-plomb directement dépendant du poids de votre pied droit. Cela démarre à 11 l/100 mais on atteint vite les 20 litres et plus quand on se fait plaisir.

