Depuis que le Diesel n’est plus la panacée aux yeux de bien des constructeurs, il nous est régulièrement arrivé de penser que cette motorisation demeurait particulièrement bien adaptée aux gros SUV qui font florès sur nos routes. Heureusement, certains constructeurs qui osent incontestablement affirmer leur différence, à l’image de Mazda, proposent encore des moteurs à mazout dans leur gamme. L’occasion était trop belle de goûter enfin à ce SUV imposant au parfum d’Amérique.

Version allongée du CX-60, notre SUV du jour en reprend logiquement pas mal d’éléments. Qu’il s’agisse des lignes extérieures ou de l’habitacle, on retrouve des éléments bien connus. L’ensemble manque logiquement de finesse au niveau du design mais le volume du CX-80 étant ce qu’il est, la marque japonaise ne pouvait pas faire de miracles. Cela dit, l’ensemble est plutôt équilibré avec un capot assez long, il faut bien cela pour accueillir un 3.3 V6 de 254 ch, complété d’un habitacle généreusement dimensionné.

J’aime bien
Dans l’habitacle, l’espace est prodigue aux places avant même s’il faut composer avec un tunnel central imposant et imposé par la transmission intégrale. Les sièges sont parfaitement dessinés et la position de conduite s’adapte facilement à tous les gabarits. Comme le veut la tradition chez Mazda, les écrans géants n’ont pas pris le pouvoir et leur taille raisonnable suffit largement à leur bon usage. Les boutons et les comodos rassurent la clientèle traditionnelle qui ne sera peut-être pas fan du blanc cassé de notre habitacle en finition Takumi Plus. Une teinte particulièrement salissante spécifique à cette finition haut de gamme affichée à 72.190€.

Plutôt malin
Quel bonheur de pouvoir compter sur un moteur parfaitement adapté au poids et à la taille d’un SUV imposant. Avec des consommations limitées, on peut facilement envisager un Liège-Milan en moins de 10 heurs sans devoir faire d’incessants arrêts pour recharger des batteries. Quand on aime conduire et que franchir 4 frontières en un minimum de temps ne fait pas peur, le Diesel reste le meilleur allié des gros rouleurs. Et lorsqu’il est aussi coupleux et puissant que ce 6 en ligne nippon, on en redemande et tout déplacement devient un enchantement même dans la circulation quotidienne tellement le confort ressenti à bord de ce CX-80 est impressionnant.

J’aime moins
Long et encombrant, le Mazda CX-80 devrait offrir une habitabilité arrière généreuse. Il n’en est rien. Disons que l’espace aux jambes est juste suffisant derrière le conducteur s’il fait plus d’1,85 m. Alors il y a bien deux places supplémentaires disponibles dans le coffre mais ce sont véritablement des assises d’appoint pour de courts trajets et de jeunes adultes pas trop filiformes. Le volume de chargement ne bat pas non plus des records dans cette catégorie avec 566 litres en configuration 5 places.

Pourquoi je l’achète
On l’a largement évoqué plus haut, le plaisir de conduire et le confort sont les maître-mots de ce Mazda CX-80, grand frère assumé du CX-60. La qualité des matériaux est également réelle à une époque où bon nombre de marques grapillent quelques euros sur l’apparence de certains plastiques. Chez Mazda, on propose invariablement une finition parfaite et un environnement de conduite clair et allégé. Cela passe par des commandes physiques bien présentes, des écrans à la taille limitée et une position de conduite adaptée à toutes les morphologies. On ne tarira pas d’éloges à l’encontre de ce 3.3 Diesel coupleux et puissant à souhait. Il n’en fallait pas moins, oserions-nous dire, pour déplacer ce beau bébé de près de deux tonnes en toute sérénité et quelles que soient les circonstances. On peut ainsi traverser l’Europe sans fatigue excessive et profiter pleinement du voyage sans devoir préparer son itinéraire des jours à l’avance pour éviter la panne d’électrons. D’autant qu’à vitesse constante, le CX-80 signe des chiffres de consommation raisonnables lui permettant d’envisager des étapes de plus de 850 km…

Pourquoi je ne l’achète pas
Son encombrement laissait espérer des volumes habitables conséquents. Il n’en est malheureusement rien par la faute d’un moteur et d’une transmission trop volumineux et reculés vers l’habitacle. Attention, on ne dit pas que les passagers arrière seront à l’étroit mais on s’attendait à un effet wouaw plus prononcé en s’installant à l’arrière. Gros coup de gueule à l’encontre des bords du tableau de… bord trop proéminents qu’il nous est arrivé de cogner avec notre jambe en entrant et cela ne fait pas du bien. La rage taxatoire wallonne n’épargne pas notre puissant Diesel japonais pour lequel il faudra s’acquitter d’une TMC de 3000€ et d’une taxe annuelle de roulage de 1700€ après avoir signé un chèque de 61.390€ pour une Exclusive-Line de base. Une belle somme qui reste pourtant largement inférieure par rapport à ce qui est demandé par la concurrence allemande à équipement équivalent.

