Essai : BMW 520d Touring : les hommes savent pourquoi

Derrière ce titre un brin provocateur se cachent quelques vérités bien senties que l’on vous ressert à chaque essai. Primo, on n’a encore rien fait de mieux qu’un Diesel en termes de sobriété. Deuxio, les carrosseries traditionnelles demeurent à ce jour les mieux indiquées lorsqu’il s’agit de se déplacer, le plus souvent seul à bord. Et tertio, le prix des voitures devient définitivement hors d’atteinte du commun des mortels.

Mais quel est le rapport avec l’homme me direz-vous? Et bien tout simplement parce que cette BMW 520d Touring représente à nos yeux la voiture correspondant le mieux aux besoins d’un mâle Alpha. Un habitacle superbement fini équipé des toutes dernières nouveautés technologiques, une position de conduite près du sol qui permet de se faire plaisir lorsqu’il s’agit d’aborder de jolies courbes rapides et régulières mais également un coffre suffisamment spacieux pour déménager quelques encombrants à l’occasion. Et pourtant, on nous répète à longueur de temps que les clients ne veulent plus que des SUV…

J’aime bien

Personnellement, on trouve cette carrosserie break plus réussie que la 5 berline mais c’est évidemment totalement subjectif. Dans la finition M qui concerne le modèle essayé, on a une petite touche de sportivité bienvenue grâce aux jantes inédites et à l’absence de chrome si ce n’est celui de la calandre imposante. A bord, on retrouve un cocon particulièrement accueillant avec de superbes sièges en cuir, une position de conduite parfaite face à des écrans bien intégrés mais qui demande une phase d’adaptation importante pour le public qui est en mesure, de nos jours, de s’offrir pareil engin. Heureusement, la molette de l’iDrive permet de se déplacer facilement dans les différents menus et il est également possible de choisir des raccourcis pour désactiver rapidement l’avertisseur de dépassement de vitesse à chaque redémarrage. Les environnements Apple Carplay et Android Auto sont intégrés et permettent de retrouver rapidement ses applications préférées, que ce soit pour la navigation ou la musique.

Plutôt malin

Motorisée par un 2.0 4 cylindres de 197 ch ramenés à 163 pour des raisons fiscales typiquement belge, la 520d Touring se révèle parfaite sur autoroute avec une souplesse réelle et un dynamisme inattendu. Nous ne parlerons pas de sportivité mais il est possible d’avaler les virages autoroutiers à des vitesses indécentes sans jamais effrayer ses passagers. Les trains roulants se révèlent donc à la fois confortables et sécurisants, faisant oublier la taille et le poids de l’auto. Et puis il faut également souligner la sobriété de de Diesel moderne et donc bien moins polluant que la plupart des vieux modèles fréquentant encore assidument nos routes. Sur longues distances, il est ainsi possible de ne consommer que 5,5 l/100 km. Avec son habituel pied lourd et sur des routes sinueuses et peu propices à l’economyrun, votre serviteur a signé un piètre 7,6 l…

J’aime moins

L’encombrement de la nouvelle 5 Touring est, à nos yeux d’Européens, un vilain défaut. Mais BMW se moque de l’avis de ceux-ci. Les marchés de prédilection de la marque allemande se nomment désormais USA, Corée du Sud et Chine. Des endroits de la planète où l’espace ne manque pas. Et où le caractère statutaire des automobiles allemandes signifie encore quelque chose. Ainsi, la 5 Touring  de 2024 (appelée G60 en interne) est aussi longue que l’ancienne 7, à 2 cm près. Et sa masse d’1,8 tonne ne choque plus dans un monde où les électriques de 2,3 tonnes deviennent la norme.

Pourquoi je l’achète

Même si certains confrères tentent de nous faire croire que des marques chinoises sorties de nulle part ont un avenir en Europe, on ne peut que constater qu’une BMW Série5 fait toujours autant d’effet à un public sensible à l’automobile de qualité et qui aime aussi être vu dans des modèles de standing. Et si les lignes extérieures peuvent encore étonner, la taille de la calandre est vraiment exagérée, une fois à l’intérieur, on se laisse immédiatement subjuguer par la finition parfaite, les matériaux de qualité et le niveau technologique du système d’info divertissement. Et puis une fois en route, c’est la discrétion et la sobriété du moteur Diesel qui rappellent de bons souvenirs à des personnes contraintes de passer au PHEV ou aux BEV alors qu’ils n’en ressentent pas la moindre envie… Et enfin, qui dit BMW, dit comportement dynamique et serein en toutes circonstances. De quoi se laisser aller à des vitesses inavouables lorsque les conditions de route le permettent bien sûr.

Pourquoi je ne l’achète pas

On vous a parlé de l’encombrement de la 520d Touring sur des routes toujours plus… encombrées. Un défaut d’autant plus regrettable que les places arrière ne se montrent pas spécialement généreuses. A l’inverse, le coffre de 570 litres est plutôt généreux (Audi A6 Avant : 405 l – Mercedes E Break : 460 l) par rapport aux concurrentes. Si nous avons souligné la position de conduite parfaite, il n’en a pas été de même pour notre passagère dont la taille, bien loin des stéréotypes allemands, ne lui a jamais permis d’être bien installée. La faute à une assise trop longue et trop basse… Enfin, lorsqu’il s’agit de passer à la caisse, il vaut mieux avoir un solide compte en banque. Même s’il s’agit de la motorisation la moins chère de la gamme 5 Touring, comptez 63.500 euros avant d’avoir choisi la moindre option. Notre modèle d’essai revenait quant à lui à 80.000 euros…

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