Essai : Mazda 6e : L’alliance électrique entre Japon et Chine

Souvent surnommée l’Alfa Romeo japonaise, la petite marque d’Hiroshima a toujours proposé des produits aux lignes soignées, au comportement dynamique et à la finition irréprochable. Mais la déferlante électrique l’a obligée à parer au plus pressé en s’alliant aux Chinois pour proposer rapidement un modèle 100% électrique. Mais est-ce bien avisé ? 

Une voiture blanche en mouvement sur une route entourée d'arbres et de buissons verts.

Joliment dessinée, cette Mazda 6e offre des proportions parfaites dans l’exercice de la berline classique allongée. Elle mesure en effet 4,92 m, ce qui n’est pas rien, mais cela semble cohérent si l’on sait que le marché chinois est particulièrement friand de ce genre de carrosserie. Car en creusant un peu, on retrouve l’exercice initial appelé Deepal SL03 et vendu en Chine par la groupe Changan. De ¾ arrière, les deux voitures sont semblables. Heureusement, Mazda a bien retravaillé la face avant pour lui donner une réelle personnalité. Ce qui est amusant, c’est que la Mazda 6e est vendue en Chine sous l’appellation EZ-6.    

Vue intérieure d'une voiture moderne avec un volant, un tableau de bord numérique et un grand écran tactile central.

J’aime bien

L’intérieur de notre version d’essai est particulièrement luxueux grâce à la sellerie en cuir nappa et suédine. Une suédine que l’on retrouve avec plaisir sur les contre-portes mais également sur la planche de bord. C’est tout simplement superbe. La position de conduite est bonne même si nous aurions préféré être assis plus bas. Face à nous, un écran affichant les données essentielles mais c’est avant tout par l’énorme écran central de 14,6 pouces que tout passe. Et l’on ne croit pas si bien dire… L’absence du moindre bouton physique apparente immédiatement cette Mazda aux productions chinoises. A l’arrière, la place ne manque pas même si nous aurions aimé bénéficier d’un soutien plus important des flancs de la banquette. Le volume du coffre est de 336 l ce qui ne bat guère de record.   

Voiture blanche sur une route sinueuse sous un ciel nuageux, entourée d'arbres.

Plutôt malin

Grâce à cette alliance sino-japonaise, Mazda peut se targuer d’offrir un modèle à l’autonomie réellement intéressante de 479 km pour la version 68,8 kWh la plus accessible. Et en plus, la petite batterie (lithium-ion LFP) se recharge plus vite que la grosse, celle-ci étant au lithium-ion NMC. Elle accepte en effet 165 kW là où sa grande sœur se contente de 90. Ainsi, la version la plus accessible se recharge de 10 à 80% en 24 minutes alors qu’il en faut 47 à la plus lourde. Toujours est-il que le confort à bord de cette berline est remarquable et que chaque déplacement est un moment où l’on se sent traité comme un VIP, quelle que soit la place empruntée.  

Une voiture argentée garée devant une maison moderne en bois avec un jardin herbu, sous un ciel nuageux.

J’aime moins

J’ai souvent entendu mes collègues se plaindre de la logique ergonomique peu intuitive de certains modèles chinois mais étant allergique à ces marques, je n’y avais jamais eu droit. Et bien grâce à Mazda, c’est chose faite. Quelle idée leur a prise de supprimer les boutons de réglages des rétros, d’allumage des phares par temps de forte pluie par exemple, ou encore d’essuie-glace ? C’est insupportable de devoir constamment s’en référer à l’écran central d’autant que vous recevez alors un rappel à l’ordre de la voiture pour inattention. Et même après une semaine à son volant, on n’a toujours pas tout compris dans la logique des menus et des sous-menus. C’est réellement invivable !   

Intérieur d'une voiture montrant la banquette arrière en cuir noir avec des ceintures de sécurité.

Pourquoi je l’achète

Très joliment dessinée, parfaitement finie et particulièrement luxueuse, la Mazda 6e a séduit toutes les personnes qui ont eu l’occasion de monter à bord. Son silence de fonctionnement est remarquable mais la qualité des sièges et la position de conduite parfaite donnent également beaucoup de satisfaction au conducteur. La version essayée ici, la 68,8 kWh, dispose de 258 chevaux suffisamment dynamiques pour mouvoir cette longue berline en toute sérénité. L’équipement de série de la finition Takumi Plus est généreux et on peut affirmer que rien ne manque, si ce n’est des boutons ou des leviers classiques pour les fonctionnalités les plus courantes. Grâce à ses origines chinoises, la 6e est proposée à un tarif concurrentiel de 44.840 euros. Et si l’on ajoute que l’autonomie tourne réellement aux alentours des 400 km, on peut véritablement parler de proposition inévitable si vous recherchez un véhicule de société statutaire. Et visiblement, certaines entreprises l’ont bien compris au vu des exemplaires déjà fréquemment croisés sur la route.   

Détail du phare arrière d'une voiture moderne, mettant en valeur les feux rouges ronds et le logo '6e'.

Pourquoi je ne l’achète pas

Vous aurez compris que votre serviteur est définitivement allergique au tout à l’écran prôné par les marques chinoises et leurs dérivés. Dans le cas de cette Mazda 6e, on peut également regretter un manque certain de dynamisme même si les liaisons au sol ont été soignées et adaptées à nos marchés. On est avant tout à bord d’une voiture confortable mais qui n’apprécie pas trop de se faire bousculer. Il faut évidemment tenir compte de sa masse de plus de deux tonnes, même si elle peut paraître raisonnable face à certaines concurrentes. Mais ce qui nous a le plus ennuyé, c’est la mésaventure qui nous est arrivée lors de notre retour vers Bruxelles. Un peu avant le parking d’Everberg Nord, sur la E40, le tableau de bord a affiché une alerte « communication système impossible » nous demandant de nous arrêter au plus vite. A 125 km/h sur la bande de gauche, il a fallu toute notre expérience pour revenir sur la bande de droite encombrée de camions et nous laisser aller, sur l’élan puisqu’aucune puissance n’était plus disponible, la boîte s’étant mise sur neutre, jusqu’au parking au prix d’une belle frayeur… Là, on a patienté dix minutes puis le système s’est rallumé et on a pu boucler notre trajet de retour. Comme si nous avions dû effectuer le « reset » d’un outil informatique. Pas très rassurant… (Photos: site Newspress UK)

Une voiture électrique grise en cours de chargement devant une maison moderne en bois.

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