L’arrivée d’une petite batterie à prix serré devrait finir par convaincre les moins nantis mais surtout peu gourmands en kilomètres tout en améliorant encore les bons chiffres de vente signés par la Renault 5 depuis sa commercialisation en Belgique. Toujours aussi craquante, elle conserve sa bouille sympa, son intérieur spacieux mais il faudra composer avec une autonomie réduite et quelques vilains plastiques intérieurs. Pas grave ?

Si votre serviteur sillonne régulièrement les routes du Rallye du Condroz et des boucles de Spa, il pose bien moins souvent ses roues sur le tarmac du Rallye d’Ypres. C’est pourtant dans la Westhoek que Renault Belgique nous a donné rendez-vous pour tester brièvement sa dernière nouveauté électrique. Alors si nous nous sommes souvenus, avec une petite pointe de nostalgie, de notre essai de la Citroën Saxo VTS sur les routes yproises, dans les années 90, c’est une Renault 5 électrique dans sa version la plus basique que nous avions cette fois entre les mains. Il faut vivre avec son temps mon bon monsieur… Heureusement, son excellent châssis nous a permis d’aborder certaines portions jouisseusement récréatives sans la moindre appréhension, mais à des vitesses logiquement bien plus raisonnables qu’à l’époque.

A moindre coût
L’arrivée sur le marché belge de la version 40 kWh de la R5 s’accompagne de quatre finitions: la Five à 24.900€, l’Evolution à 27.900, la Techno à 29.900€ et l’Iconic à 31.900€. De quoi confirmer le joli succès belge de la R5 puisque 1300 voitures ont été vendues depuis sa commercialisation avec un mix particuliers/flottes de 613 contre 698 soit un plébiscite inattendu auprès de la clientèle privée. Seule la Citroën e-C3 peut se targuer d’un tel succès auprès du public alors que les autres concurrentes comme la MINI Aceman, la Peugeot e-2008 et la MINI classique cartonnent essentiellement sur le marché des voitures de société.

Pour ce bref essai, nous disposions d’une version Evolution de 120 chevaux Urban Range dont l’équipement de base comprend, entre autres choses, la duplication du smartphone, le tableau de bord numérique de 7″ et la prévention de survitesse. Pour l’intérieur à l’appellation Sage, on retrouve les éléments connus de la R5 tels que les ouïes de ventilation rectangulaires, le large écran du tableau de bord ou encore les sièges en tissus joliment galbés. Malheureusement, la console centrale fait place à un cache en plastique assez disgracieux qui limite d’autant la capacité des rangements à l’intérieur de cette 5 d’accès.

Comportement 5 étoiles
Heureusement, cette R5 « basse puissance » n’a rien perdu des qualités dynamiques de ses grandes sœurs. Les suspensions soignées assurent leur fonction en toutes circonstances même lorsque le rythme s’élève gentiment quand le relief des routes sinueuses de Flandre Occidentale incite à jouer un peu avec l’accélérateur. Les fameux wateringues (fossés peu accueillants longeant les routes locales) nous ramènent à la raison et l’on reprend un rythme plus en accord avec les attentes de la future clientèle. Direction et freinage donnent pleinement satisfaction en étant parfaitement calibré dans els standards de ce que l’on peut rencontrer au volant des BEV. Les limitations de vitesses incessantes chez nos amis flamands nous permettent de contenir la consommation à une moyenne de 10,9 kWh/100 km alors que la constructeur annonce 14,8 selon les normes WLTP.

L’autonomie est donnée pour 312 km, soit une petite centaine de moins que la R5 à grosse batterie. Comme le dessin de ses enjoliveurs en plastique est plutôt sympa, la R5 la moins chère conserve sa bonne bouille et son capital sympathie devrait toujours faire mouche auprès des amateurs mais les couleurs disponibles sont uniquement le vert et le noir pour la Renault 5 Five de 90 chevaux tandis que l’intérieur est tout gris. Dès le niveau supérieur, d’office avec les 120 ch, on peut choisir le jaune ou le blanc et le tissus s’éclaire sur les contre-portes et sur le bandeau du tableau de bord.

Chère version Roland-Garros
Renault a profité de l’arrivée de ces versions plus accessibles pour présenter sa déclinaison la plus… coûteuse de la R5 badgée Roland-Garros. Vendue à 36.400€, elle s’offre un intérieur exclusif où le logo du tournoi apparaît sur les sièges mais aussi sur le tableau de bord. L’éclairage intérieur orange apporte une touche très distinguée à l’ensemble et extérieurement, on peut choisir quatre teintes soignées telles que le blanc nacré, le gris satin, le bleu nocturne ou encore le noir étoile. Les jantes diamantées de 18 pouces Electro complètent la panoplie au même titre que le bandeau de porte signé Roland-Garros. Un futur collector?

