Le nom de ce nouveau SUV made in France ne fait évidemment pas référence à la météo mais à un petit avion de record, plutôt sympathique, de 1934. Cela dit, Renault espère franchement apporter un vent nouveau dans le segment avec une carrosserie plus dynamique et des motorisations thermiques à assistance électrique. Mais que vaut réellement cet avion sans aile ?

Si l’on excepte la petite Clio, la gamme Renault n’est désormais plus constituée que par des crossovers et des SUV. Ne cherchez pas de berline ou de break et encore moins de coupé ou de cabriolet. Ainsi va l’évolution, dommageable ?, de l’automobile ou du moins est-ce ici la volonté de Luca de Meo, le patron de la marque au losange. Alors il faut désormais se contenter de multiples carrosseries autour d’un même thème, celui des SUV, trois lettres auxquelles les têtes pensantes du marketing n’hésitent pas à ajouter le terme de coupé, ce qui est totalement absurde. Soit. Dans cette catégorie, nous trouvions jusqu’il y a peu les marques allemandes Premium mais depuis l’arrivée d’une certaine Peugeot 408, les automobilistes moins riches ont désormais droit à leur SUV stylé. La marque au lion a coupé l’herbe sous le pied de Renault qui arrive avec son Rafale, comme les carabiniers d’Offenbach… trop tard ou plutôt le temps que Gilles Vidal, venu en droite ligne de chez Peugeot, déballe ses cartons !

Bleu du ciel
Mais ne boudons pas notre plaisir de découvrir un véhicule stylistiquement réussi et qui utilise la plateforme CMF-CD largement utilisée au sein du groupe. Ses dimensions l’inscrivent dans un segment D très concurrentiel mais il peut compter sur sa calandre en 3D autour du losange central et sa signature lumineuse reconnaissable entre mille alors que l’aileron sur le hayon en pointe et ses flancs creusés lui apportent une certaine légèreté si l’on peut dire. Dans le joli Bleu Sommet qui constitue l’une des deux nouvelles teintes avec le Blanc Nacré Satin, le Rafale fait directement référence au Caudron Renault Rafale, le petit avion de record dont nous vous parlions plus haut et qui atteignit 445 km/h en 1934 !

Inutile de vous préciser que le 3 cylindres 1.2 hybride qui motorise le Rafale dans un premier temps, en attendant l’arrivée du 4×4 de 300 ch après l’été, ne vous emmènera pas à de tels sommets. Cependant, il faut bien reconnaître que le Rafale se révèle assez agréable à mener tambour battant et l’on regrette très vite le manque de chevaux. Vivement le 300 ch ! Sur les routes désertes de l’Andalousie, on a pu profiter pleinement de l’excellent châssis du nouveau venu, parfaitement secondé par son système 4Conrtrol Advanced et ses 4 roues directrices. Cela rend les changements de direction plus vifs mais c’est surtout en ville que cette technologie fait des miracles. Notre seul bémol ira à la boîte automatique qui marque le pas lorsqu’on accélère à fond, en mode Sport, avec une absence de réaction aux alentours des 120 km/h, comme si elle prenait un moment de réflexion. C’est déstabilisant mais on finit par l’anticiper.

Qualités très appréciées
Evidemment, la majorité des conducteurs ne mèneront jamais leur Rafale sur ce rythme. Ils profiteront plutôt des matériaux valorisants et des accostages soignés. C’est conforme à ce que l’on trouve déjà à bord de l’Austral ou de l’Espace ce qui est plutôt flatteur. Pour tenter de donner un côté plus exclusif au Rafale, et ainsi de justifier son prix plus élevé, ses concepteurs insistent sur le placage en fine couche d’ardoise sur la planche de bord (en liège sur Techno), les surpiqûres tricolores ou encore le rappel d’avion à l’arrière du toit vitré. Un toit panoramique qui utilise le système « Solarbay » qui occulte celui-ci partiellement ou totalement via un système électrochrome. Les branchés de la techno seront ravis de découvrir les deux écrans de 12 et 12,3 pouces toujours positionnés en L et utilisant l’excellente interface Android Automotive.

Grâce à une masse limitée à 1.660 kg et à son assistance électrique, le petit trois pattes se montre frugal. Un collègue est ainsi descendu à 4,0 l/ 100 km en jouant à fond la carte de l’eco-conduite alors que ceux qui ont profité, comme nous, des excellentes qualités dynamiques du Rafale s’en sont sortis avec un très correct 7,5 l/ 100 km. Au chapitre des tarifs, il faut rassembler 42.545 euros tvac pour la finition Techno et 46.316€ pour l’esprit Alpine ce qui nous emble dans la bonne fourchette étant donné de ce que le Renault Rafale peut offrir.

