Véritable EV9 en réduction, le KIA EV5 risque bien de faire mal dans une catégorie de véhicules électriques où la concurrence fait rage. Mais le Coréen possède de solides arguments pour séduire une clientèle essentiellement constituée de flottes professionnelles. Habitabilité, volume de chargement et ergonomie font partie de ses qualités. Et pour les défauts ?

On retrouve le style anguleux des dernières productions coréennes placées sous la supervision de notre compatriote Luc Donkervolke mais dont le designer attitré est un certain Karim Habib débauché chez Infiniti et qui a débuté sa carrière chez BMW. De solides références qui en ont fait un homme qui ne craint pas de diviser en proposant des lignes tranchées et plutôt abruptes qui correspondent finalement à leur époque. Le dessin de l’EV5 se distingue par des flancs creusés, affinés par des bas de portes surlignés de noir, des hanches très marquées avec des arches de roues rebondies ou encore ces feux avant et arrière tranchants et effilés.

J’aime bien
L’habitacle des KIA participe au sentiment de sérénité du conducteur une fois au volant. On y retrouve quelques boutons physiques, mais sans excès, même si le propriétaire d’une Polestar les a trouvés trop nombreux, qui permettent de gérer la chauffage sans oublier quelques touches de raccourcis au bas de l’écran central. C’est assez bien conçu et facile à utiliser pour les plus de 50 ans. La position de conduite est excellente et le volant agréable à manipuler alors que la console centrale se montre généreuse en espaces de rangement.

Plutôt malin
Dans sa version la plus cossue appelée GT-Line que nous avons essayé, la KIA EV5 se montre particulièrement bien équipée puisqu’on y retrouve un maximum d’équipements de confort et de sécurité. Il ne reste alors que deux options touchant à la peinture ou au Pack Premium qui ajoute un toit ouvrant et le système Audio Harman-Kardon contre un chèque de 1.400€. La version de 217 chevaux traction essayée ici coûte 52.990€ en Gt-Line mais l’EV5 est déjà disponible à 45.990€ dans la finition Business. Autant dire qu’elle risque de faire un malheur dans les flottes de société.

J’aime moins
On ne s’amuse guère au volant de l’EV5. Entendons-nous bien, elle fait tout parfaitement, elle tient la route, elle est fermement amortie, comme toutes les électriques, mais elle reste confortable. Mais il n’y a jamais d’étincelle, de petit frisson à son volant. C’est un véhicule rationnel mais qui ne crée pas d’attachement particulier avec son propriétaire.

Pourquoi je l’achète
Avec KIA, vous êtes sûr d’acquérir une voiture de qualité. Vous en aurez toujours pour votre argent. Même si les 217 chevaux de cette version à petite batterie (78 kWh) ne semblent guère excessifs, ils suffisent amplement à vous transporter d’un point A à un point B en toute sérénité sachant que l’autonomie réelle tourne autour des 400 km selon les chemins empruntés et les conditions climatiques. Le confort est bon, la finition est plus que correcte même si elle manque un peu de fantaisie, et les équipements de connectivité et sécuritaires sont parfaitement à la page. Et puis on l’a souligné par ailleurs, les tarifs appliqués par la marque coréenne en Belgique sont compétitifs et devraient l’aider à s’imposer davantage auprès des gestionnaires de flottes.

Pourquoi je ne l’achète pas
Bonne en tout la KIA EV5 ne brille en rien. Entendons-nous, il s’agit d’un excellent véhicule mais qui ne provoque jamais l’enthousiasme. Pour donner des frissons à son conducteur KIA laisse le champ libre à Hyundai, son demi-frère, et ses modèles frappés du N. Par ailleurs, on s’attendait à une autonomie un peu meilleure et l’on peut aussi regretter la capacité de recharge limitée à 150 kW là où la concurrence directe propose nettement mieux.

