Essai : Lancia Ypsilon HF : se faire plaisir sans culpabiliser

Alors que les petites sportives thermiques ont pratiquement disparu du paysage automobile moderne, voilà que des héritières 100% électriques prennent petit-à-petit leur place sur le marché à l’instar de cette Lancia Ypsilon HF venue concurrencer l’Alpine A290 et la MINI JCW E. Avec 280 chevaux et un autobloquant avant, elle propose de sérieux arguments sans parler de son style affirmé.  

Personnellement, et en toute subjectivité, on adore le look de cette bombinette. Sa face avant très travaillée avec des optiques imposantes en haut du bouclier, le T stylé soulignant le Lancia inscrit en toutes lettres ou encore l’énorme grille d’aération centrale ne laissent guère planner le moindre doute sur les prétentions sportives de l’Italienne. Et que dire des grandes roues de 18 pouces surlignées de passages de roue noir sans oublier les ouïes de ventilation factices derrière les roues avant ? Enfin, l’arrière n’est pas en reste avec les optiques rondes rappelant la célèbre Stratos et un bouclier lui aussi redessiné par rapport aux versions standards.  

J’aime bien

Il n’y a pas à dire, le comportement de cette Ypsilon HF est remarquable. Elle colle véritablement à l’asphalte et se montre d’une précision chirurgicale lorsqu’il s’agit d’abordes de courbes à des vitesses inavouables. Le différentiel autobloquant participe activement à cette motricité exceptionnelle et l’arrière enroule sans moufter. C’est absolument jouissif en termes dynamiques. Par contre, on ne peut s’empêcher de regretter l’absence de caractère mécanique puisqu’il n’est pas possible de changer de rapports pour s’appuyer sur du frein moteur, celui-ci étant uniquement et faiblement assuré par la position B du « levier de vitesses ».

Plutôt malin

A l’intérieur, le choc est assumé lorsqu’on découvre la sellerie bleue des sièges baquet qui recouvre également les contre-portes pour un rappel aux intérieurs des célèbres Delta Integrale que les plus jeunes d’entre nous n’ont évidemment pas connus. Par contre, le tableau de bord manque d’originalité par rapport aux versions plus accessible et seul un petit logo HF orne le bas du volant. La position de conduite est excellente et les écrans, s’ils ne sont pas généreux, suffisent largement à l’usage. Face à lui, le conducteur dispose d’un écran de 10,25 pouces, soit la taille de l’écran central un peu lent en réactivité mais heureusement toujours secondé par des commandes physiques.

J’aime moins

Avec sa tenue de route particulièrement incisive, l’Ypsilon HF donne envie d’attaquer les courbes avec appétence mais il faudra tenir compte d’un facteur essentiel, la seule possibilité de se ralentir passe par les freins. Et ceux-ci n’ont pas fait preuve d’une longévité exceptionnelle lors de notre séance d’essai très active. Et puis l’autonomie fond logiquement comme neige au soleil donc il faudra veiller à prévoir des bornes de recharge lorsqu’on bascule en mode pilotage.

Pourquoi je l’achète

En attendant l’arrivée de sa cousine, la Peugeot 208 GTI, l’Ypsilon HF tient le rôle de la turbulente de service dans le groupe Stellantis. Jugez plutôt avec ses 280 ch et son couple de 345 Nm, elle parcourt le à à 100 km/h en 5,7 secondes alors que sa vitesse est limitée à 180 km/h. Sa tenue de route est parfaite et sa masse réduite (1560 kg) participe aussi au ressenti particulièrement sportif au volant. L’intérieur est marqué par le coloris peu discret de la sellerie mais la position de conduite est parfaite et les places arrière, guère généreuses, peuvent servir lors des déplacements quotidiens. L’autonomie annoncée de 373 km est valable sur terrain mixte par beau temps. Lors de notre essai de 450 km, notre consommation s’est établie à 15,9 kWh/100 km.  

Pourquoi je ne l’achète pas

Un peu juste en freinage lors d’une utilisation très sportive, la Lancia Ypsilon HF se révèle assez ferme lors des déplacements urbains quotidiens. Et elle manque aussi de personnalité dans l’habitacle comme si tout le budget avait été avalé par le tissus des sièges. Un intérieur qui déçoit également par la qualité de certains plastiques, certes moins visibles. Il faudra aussi composer avec une autonomie limitée lors des séances de gaudriole sur route ou sur circuit. Son prix ? 40.200€ alors que l’Alpine A290 est affichée à 42.200€ et que la MINI coûte 43.400€. (Photos: Pierre Fontignies)

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