Interview : Andrea Bertolini « Une retraite très active m’attend ! »

Fraîchement retraité de la compétition à 51 ans, l’Italien Andrea Bertolini, double vainqueur des 24 heures de Spa, n’en restera pas moins très actif. Pilote d’essai pour Maserati, il conserve plusieurs casquettes lui garantissant d’être au volant de bien beaux bolides pour un certain temps encore.

Le palmarès d’Andrea Bertolini est à son image, discret mais qualitatif. Il compte ainsi 58 victoires sur 308 départs. Vainqueur à Spa à deux reprises, en 2006 et 2008 à bord de la mythique Maserati MC12 GT1, il a également remporté le GTE-AM aux 24 Heures du Mans sans oublier quatre titres en Championnat du Monde FIA GT1. Il n’a jamais cessé de courir, notamment à côté des Machiels père et fils, ces dernières saisons. Nous l’avons rencontré récemment pour qu’il nous parle de ses glorieuses années mais également des Maserati qu’il a développées…

Andrea, vous êtes né à Sassuolo, au cœur de la motorvalley italienne. Vos parents étaient-ils dans le sport automobile ?

Lorsque tu habites dans cette zone, tu grandis au cœur d’une région entièrement acquise au sport automobile. Je me souviens que mon papa m’emmenait le long du circuit de Fiorano pour assister aux premiers tours de roues de Villeneuve à bord de la F1. J’étais sur ses épaules. Ma passion est née de ces moments. Puis j’ai eu l’occasion de m’essayer au karting grâce à un ami… mais j’ai dû arrêter à 17 ans parce que mon père n’était pas un riche industriel puisqu’il tenait un bar. Je n’ai pas pu poursuivre dans cette voie. J’ai passé une semaine à pleurer dans ma chambre. Mais j’ai continué à y croire parce que c’était ma passion. J’ai poursuivi mon rêve et j’ai réussi à me faire engager comme pilote d’essai chez Ferrari. J’ai été le plus jeune pilote d’essai jamais engagé par la Scuderia.

Vous devenez rapidement un spécialiste des courses de GT d’abord avec Ferrari puis avec Maserati avant de revenir à Maranello…

Ce qui est amusant, c’est que j’ai fait ma première course en Porsche en 2001, dans le Championnat FIA-GT et j’ai dû demander la permission à mon employeur. Mais à la fin de la saison, je suis devenu pilote officiel de Ferrari en GT et pilote d’essai. En 2004, Jean Todt m’a appelé pour me proposer le poste de pilote d’essai en F1 aux côtés de Michael Schumacher. Et enfin, j’ai été chargé du développement de la Maserati MC12 GT1… Ce fut une période incroyable dans un environnement véritablement familial, entouré de personnes formidables. Et cette MC12 est restée à jamais dans mon cœur. J’ai remporté quatre championnats du monde GT1 à son volant.

Vous avez remporté les 24 heures de Francorchamps à deux reprises. Quel était votre secret pour gagner ici ?

Il n’y a pas de secret. C’est un travail d’équipe. Il faut bien sûr une voiture rapide et fiable mais également une équipe parfaite et des équipiers qui comprennent le sens du mot endurance. Le team Vodaphone de l’époque comptait dans ses rangs un mix parfait entre Italiens et Allemands. Dans l’urgence, les Allemands s’arrêtaient et les Italiens trouvaient une solution. Mais la mentalité de l’équipe était très rigoureuse.

Vous comptez aussi une victoire de classe au Mans. Quelle course choisiriez-vous entre les deux?

Elles sont très différentes. Au Mans, c’est la plus belle course du monde si tu cours dans la catégorie Hypercar. Pour les GT, le rendez-vous le plus important de la saison, c’est à Spa. Ici, c’est le niveau le plus élevé de la catégorie, toutes les marques sont au départ, la concurrence est féroce et la victoire n’en est que plus belle. Le Mans est iconique mais le circuit spadois est incroyable.

Par ailleurs, vous avez activement participé au développement de la Maserati MC20…

Au départ, le but était simple, elle devait être une supercar superbe et facile à conduire, prévisible mais aussi avec un bon niveau de confort pour un usage quotidien. Et le meilleur retour que j’en ai eu de la part de ses propriétaires, c’est qu’ils l’utilisent réellement au quotidien. Elle n’est pas extrême. Mais si l’on met le mode Corsa, on devient pilote…

En partant de cela, quel était l’objectif de la GT2 ?

Dans le championnat GT2, elle est devenue la voiture de référence en termes de performances et de facilité de pilotage. Les gentlemen gagnent des courses à son volant face aux pros. Ensuite nous avons pu élaborer l’X-Trema. Pour la première fois, on m’a donné carte blanche pour faire ce que je voulais en partant d’une feuille blanche. Il n’y a pas eu de compromis puisqu’elle n’est pas homologuée en course ou pour la route. A son volant, on a l’impression d’être à bord d’une monoplace. Mais comme toujours, j’ai veillé à ce qu’elle reste prévisible mais je vous assure qu’elle va très très fort.

En plus de ses activités de pilote de développement pour Maserati, Andrea Bertolini est également chargé du shakedown des Ferrari F1 clienti appartenant à des pilotes privés. Par ailleurs, il coache les pilotes des Ferrari Hypercar en WEC. Bref, on devrait revoir ce jeune retraité régulièrement sur tous les circuits du monde.

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