Goûter au charme parfois désuet d’anciens modèles Lancia ne se refuse pas même sur un trop bref parcours. Parce qu’au-delà de la conduite, il y a aussi des rencontres avec des propriétaires passionnés qui ont de belles histoires à raconter.

Relancer une marque n’est pas un exercice facile. Le groupe Stellantis ne s’attendait peut-être pas à des débuts aussi difficiles pour la nouvelle Ypsilon qui porte à elle seule tous les espoirs italiens. En attendant l’arrivée du SUV Gamma et d’une compacte électrique appelée Delta qui sont en cours de développement. Mais en attendant leur arrivée, Lancia nous a invités à retourner un instant dans son riche passé en goûtant à quelques-unes de ses plus belles productions. C’est ainsi que se présentent à nous cinq modèles de chaque décennie de la fin du siècle passé. La plus ancienne est une Aurelia B50 cabriolet 1951 motorisée par un 1.8 V6, le premier moteur de cette architecture à être produit en série. Malheureusement, le modèle gentiment mis à notre disposition par son propriétaire n’ira pas très loin, immobilisé suite à un problème mécanique.

Du cabriolet au rallye, Lancia savait tout faire
Plus jeune, la Flavia Cabriolet Vignale demande un peu de doigté pour jongler entre ses quatre rapports mais l’ambiance Dolce Vita de son habitacle, avec un tableau de bord en bois et des indicateurs en italien, séduit immédiatement et même si elle exige beaucoup d’attention et d’anticipation, faute d’un freinage à la hauteur, elle n’empêche pas son heureux propriétaire d’aligner les kilomètres et de rallier le sud de l’Europe plus souvent qu’à son tour. La passion transpire décidément chez chacun de nos hôtes et on prend conscience de l’aura d’une marque qui a véritablement marqué nombre de conducteurs.

Plus jeune, le coupé Fulvia se révèle plus sportif et nous vous en parlons par ailleurs plus en détail. Datant du début des années 70, il fait la transition parfaite entre les cabriolets bourgeois des années 60 et les modèles très sportifs des années 80/90. Parmi ceux-ci la Thema 8.32 fait partie des voitures fantasmées par bon nombre de quinqua d’aujourd’hui au même titre que la Delta HF Integrale ayant dominé le Championnat du monde des rallyes dans l’ère post-Gr.B. Cette histoire, Reiner la connaît par cœur, car s’il met ce jour-là sa superbe Integrale Evoluzione Giallo Ferrari à notre disposition, il précise qu’il possède 12 Delta parmi sa collection de… 75 voitures dont 25 Lancia (037, Stratos, Fulvia, Flavia…).

Et l’Ypsilon dans tout ça ?
Il peut sembler difficile de faire un lien entre ces anciennes gloires et la nouvelle Ypsilon mais en discutant avec ces membres du Club Lancia Belgique, on comprend que la passion de la marque est encore bien vivante. Parmi eux, deux ont commandé la nouvelle Lancia. L’une en version électrique, pour remplacer une… Renault Zoe et l’autre en version thermique. Cela ne sauvera peut-être pas la marque mais cela signifie indubitablement quelque chose.

Une Fulvia au cœur vaillant

Elle a des formes assez originales cette Lancia Fulvia Sport 1600 construite entre 1971 et 1972 en nombre limité (moins de 800 exemplaires). Dessinée par Zagato, on découvre sous son capot un original V4 de 1,6 litre développant environ 115 chevaux. Cela n'a peut-être rien d'extraordinaire, mais associé à une boîte de vitesses manuelle à 5 rapports, à un châssis léger et à une traction avant - une rareté parmi les voitures de sport de l'époque -, elle procure un réel plaisir de conduite agrémenté par une sonorité sympa d’un moteur qui respire à pleins poumons. Un vrai coup de cœur malgré son design clivant et même si la position de conduite n’a rien d’une sinécure si vous dépassez le mètre 80 !
Un moteur Ferrari pour une berline unique en son genre

La Lancia Thema 8.32 a marqué bien des adolescents de l’époque. Le propriétaire de celle qu’on essaye nous raconte qu’il l’a utilisée comme voiture de société pendant 200.000 km sans jamais connaître le moindre pépin. Aujourd’hui, elle en affiche 20.000 de plus et se révèle d’un confort inimaginable de nos jours. Les sièges en velours sont de véritables canapés et les suspensions actives, qui ne le sont plus depuis longtemps, demeurent réellement efficaces. Mais le plus amusant, c’est de réveiller les 215 ch du 3.0 V8 made by Ferrari à l’invitation de notre passager et de ressentir une poussée linéaire mais réelle qui vous renvoie à l’époque bénie où traverser l’Europe pied au plancher ne constituait pas un crime…
