Reportage : en visite au musée Porsche de Stuttgart : compact mais costaud…

Beaucoup plus compact que celui d’une autre marque sise à Stuttgart, le musée Porsche n’en vaut pas moins le détour. Il présente plus de 80 modèles exposés complété par toute une série de petits espaces et de vitrines présentant des choses logiquement liées à la marque. Dans un espace de 5600 m²,  la visite débute par la vision d’une réplique de la première voiture électrique élaborée par Ferry Porsche et se termine, bien évidemment, au milieu des modèles électriques les plus récents. Suivez-nous à travers une sélection totalement subjectives de 30 clichés.

La 356/1 n°1 Roadster est un modèle d’exposition qui servit à démontrer aux yeux du grand public la faisabilité du concept inventé par Ferdinand Porsche et conçu en partant de nombreux éléments d’une Coccinelle. En effet, elle en reprend le châssis en acier, le moteur en fonte, la boîte de vitesses, les suspensions et la direction notamment, des éléments montés sur la VW Coccinelle type 1 de 1938. A la fin de la deuxième guerre mondiale, faute de moyens, Ferry, le fils de Ferdinand, vise avant tout à minimiser les coûts tout en construisant ce premier exemplaire en partant des plans paternels. Cette première voiture pesait 585 kg et pouvait atteindre une vitesse de 135 km/h ou 140 km/h avec le siège passager recouvert. Cet exemplaire historique sera racheté par l’usine en 1953 à un concessionnaire suisse.
La Porsche 356/2 Coupé a été exposée au Salon de Genève en 1949 et suscita un vif intérêt. C’est à la fin de cette année-là que démarra la production dans 500m². Une production totalement façonnée à la main par de véritables virtuoses. Dérivé du groupe propulseur Volkswagen, le 4 cylindres refroidi par air et monté à l’arrière développe plus de 40 ch à 4000 trs/min. L’alimentation est assurée par deux carburateur.
La Porsche 718 RS 60 Spyder s’offre un châssis tubulaire en acier habillé d’une carrosserie en aluminium alors que deux réservoirs d’une capacité de 80 litres sont logés sous le capot avant. Le capot arrière, doté de deux prises d’air, abrite le 4 cylindres de 1.5 qui développe une puissance de 150 ch à 7.800 trs/min, mais encore un coffre à bagages rendu obligatoire par les nouveaux règlements.
L’évolution du logo Porsche au fil du temps. Initialement, celui-ci devait exprimer les racines de l’entreprise ainsi que le dynamisme et la qualité de ses produits. Au centre de l’écusson doré, on retrouve un cheval cabré, emblème de Stuttgart, ainsi que le nom de la ville. Le motif est bordé des bandes rouges et noires du land de Bade-Wurtemberg et de ramures stylisées qui ont été empruntées au blason de l’ancien Land de Württemberg-Hohenzollern. Le tout est chapeauté par le logo Porsche incurvé.
La Porsche 356 Speedster apparaît en septembre 1954 et il est essentiellement destiné au marché américain. IL se reconnait à son pare-brise très bas, fortement incurvé à ses extrémités et encadré par un mince profilé en U. Sa capote légère, entièrement escamotable, est nettement plus petite que celle du cabriolet. Les portes moins hautes n’ont pas de glaces coulissantes mais de simples panneaux transparents amovibles. Le tableau de bord est inédit avec deux gros instruments logés directement devant le volant. Il est livrable avec un moteur 1500 (55 ch) ou 1500 S (70 ch).
Si l’idée d’un engin agricole peu onéreux et produit à la chaîne émanait une nouvelle fois du cerveau bouillonnant de Ferdinand Porsche, ce n’est pas la marque elle-même qui produisit ce tracteur à moteur Diesel à 3 cylindres mais bien la firme Porsche-Diesel Motorenbau GmbH, qui était basée à Friedrichshafen sur le lac de Constance.
La Porsche Type 695 T7 n’est pas des plus gracieuses. Présentée en 1959, cette 2+2 était construite sur un châssis de 356 allongé de 20 cm et son 4 cylindres placé à l’arrière la rendait utilisable au quotidien. De même, elle annonçait les lignes de la future 901 présentée en 1963.
Le 904 GTS est le premier coupé à moteur central de la marque mais son châssis est à caisson en tôle d’acier alors que sa carrosserie est en matière synthétique pour des raisons de coûts. Et c’est également pour des raisons économiques qu’on choisit l’ancien moteur 2.0 4 cylindres type 587 largement fiabilisé sur les Carrera. Une fois préparé pour la compétition, il développe 180 ch et comme le poids est limité à 650 kg, la 904 peut afficher un excellent rapport poids/puissance de 3,6 kg/ch.
On ne vous présente plus la 917 KH qui a remporté les 24 heures du Mans en 1971. Dotée d’une livrée blanche avec les célèbres bandes Martini, elle arbore les nouveaux ailerons de requin à l’arrière, que Porsche a introduit lors des essais du mois d’avril. Fort de 600 ch, ce sport-prototype gagne ainsi en stabilité directionnelle et réduit sa résistance à l’air de 11 %. Cette 917 est également le premier exemplaire engagé en course par Porsche à disposer d’un châssis tubulaire en magnésium: la voiture est alors si légère que les techniciens ont pu l’équiper d’un réservoir de 55 litres au lieu de 20 litres pour l’huile moteur, optimisant ainsi la répartition du poids et permettant d’atteindre le seuil requis de 800 kg. Prête le 5 juin, la voiture parcourt 552 km lors de ses essais au Mans et remporte les 24 Heures à une vitesse moyenne de 222,3 km/h, pour une distance totale de 5335,16 km. Les pilotes Gijs van Lennep et Helmut Marko établissent deux records qu’ils conserveront pendant 39 ans.
La 911 Carrera RS 2.7 et sa célèbre queue de canard fait également partie de la légende Porsche. En 1972, pour pouvoir concourir dans la catégorie Grand Tourisme au Championnat du monde des marques, il fallait absolument produire un minimum de 500 exemplaires. Les caractéristiques de cette Carrera sont simples : 900 kg, 6 cylindres 2.7 développant 210 ch et vitesse de 240 km/h en pointe. Le succès est immédiat et 1036 exemplaires sont produits.
La Porsche 935 de 1978 est tellement monstrueuse qu’elle reçoit le surnom de Moby Dick. Construit en 1978, il s’agit de la 911 la plus puissante jamais construite. Trapu et robuste, ce modèle se distingue de ses prédécesseurs notamment par son châssis revisité, sa caisse redessinée pour une meilleure aérodynamique et sa direction à droite. Afin d’améliorer les performances et la fiabilité du moteur, les ingénieurs développent un groupe motopropulseur hors pair. Pour résoudre les problèmes rencontrés avec les culasses, ces dernières sont littéralement soudées aux cylindres. Un compromis doit également être trouvé pour le refroidissement : les culasses sont donc refroidies par eau et les cylindres par air. Grâce à la nouvelle technologie 4 soupapes, le moteur Boxer peut recourir à deux turbocompresseurs avec refroidisseur d’air de suralimentation. La cylindrée portée à 3.211 cm³ permet d’atteindre une puissance phénoménale de 845 ch. Après plusieurs années de règne sans partage, Porsche se retire en 1978 du Championnat du monde d’endurance, et la Moby Dick est donc de plus en plus rarement engagée. Lors des 24 Heures du Mans, elle atteint cependant la vitesse incroyable de 366 km/h sur la ligne droite des Hunaudières. À la fin de la course, Manfred Schurti et Rolf Stommelen décrochent la huitième place au classement général.
Autre monstre de la longue lignée des Porsche de compétition, la 917/10 Spyder date de 1972 et était alors engagée dans le championnat Can-Am qui se disputait, comme son nom l’indique, au Canada et aux Etats-Unis. Cette version découvrable de la mythique 917 était motorisée par un V12 de 5 litres de cylindrée poussé à 1000 ch grâce à deux turbos. Ce Spyder atteignait la vitesse hallucinante de 360 km/h. Cette année-là, elle remporta 6 des 9 manches organisées face à une concurrence mieux pourtant armée. Georges Follmer remporte le titre suite à un grave accident survenu à Mark Donohue lors des essais de la manche d’Atlanta et qui le tiendra éloigné des circuits plusieurs mois…
Avec la Porsche 911 Turbo 3.0 Coupé commercialisée en 1975, la marque de Zuffenhausen frappe un grand coup et assomme la concurrence pour un moment. Cette 930 se fait particulièrement remarquer par la taille de ses pneus et la largeur de ses ailes mais surtout par la taille de son aileron. Le chrome a disparu de la carrosserie. Son 3.0 dispose d’un carter moteur en aluminium et de cylindres en Nikasil. La puissance est annoncée à 260 ch et avec un poids de 1140 kg, la V max est de 250 km/h.
Longtemps considérée comme le vilain petit canard de la gamme Porsche, la 924 a connu une genèse tumultueuse. Initialement, cette voiture devait succéder à la VW-Porsche 914 et être commercialisée sous la marque Volkswagen uniquement jusqu’à ce que le DG de Wolfsburg change d’avis. Mais le nouveau modèle étant prêt, Porsche décida de le construire dans ses usines et de l’appeler 924. Très aérodynamique (Cx de 0,36), cette carrosserie cache un moteur en position avant tandis que la boîte de vitesses est accouplée à l’essieu arrière. De quoi disposer d’une répartition des masses idéale de 48% à l’avant et 52 à l’arrière. Le 2.0 4 cylindres est dérivé du moteur de l’Audi 100 et développe une puissance modeste de 125 ch à 5800 trs/min.
Cette Porsche 956, qui a conservé sa superbe livrée Rothmans !, est fixée au plafond pour illustrer le fait qu’avec l’appui qu’elle génère, elle pourrait très bien rouler au plafond lorsqu’elle atteint sa vitesse maximale de 321,4 km/h. Sur la photo, on reconnaît de gauche à droite, Wolfgang Porsche, l’ingénieur Norbert Singer en charge du programme 956 et le pilote allemand Jochen Mass.
Pas réellement conçue pour cet usage, la Porsche 959 a pourtant participé au rallye-Raid Paris-Dakar avec succès en 1987 signant même un doublé, le français René Metge l’emportant devant notre compatriote Jacky Ickx. Cette version des sables conserve presque toute la technologie de la 959: transmission intégrale avec différentiel capable de répartir le couple de 0 à 100 % entre l’avant et l’arrière, portes en aluminium et éléments de carrosserie en matériau composite, moteur six cylindres bi-turbo produisant 400 ch dans sa configuration Dakar en raison d’une pression de suralimentation abaissée. Mais elle fait l’impasse sur l’ABS et les réglages électroniques de suspension de la version de série.
La voilà la version classique de la 959 initialement conçue pour s’aligner dans le Championnat du Monde des Rallyes en Gr.B. Présentée sous forme de prototype appelé « Gruppe B » au Salon de Francfort en septembre 1983, elle ne sera jamais alignée en compétition, le Gr.B disparaissant en 1986. Mais sa version routière deviendra rapidement une référence et fait figure de première supercar dans l’histoire de Porsche tellement elle révolutionnait son époque avec ses 4 roues motrices, elle se dote d’un six cylindres de 2.8 litres à quatre soupapes par cylindre et deux turbos à déclenchement séquentiel. En plus de sa tenue de route exceptionnelle, la 959 signe un 0 à 100 km/h en 4,1 secondes et le 0 à 200 km/h en 13,8 secondes pour une vitesse maximale de 316 km/h. Des performances qui sont loin d’être ridicules en 2025.
Cette Mc Laren MP4/2C motorisée par un moteur TAG-Porsche était pilotée par le français Alain Prost en 1986, année à l’issue de laquelle il fut titré champion du Monde de F1 avec deux points d’avance sur Nigel Mansell. Le 6 cylindres bi-turbo de 1500cc est donné pour 850 ch mais à l’époque, on jouait avec la molette du turbo durant les qualifications pour augmenter la puissance un court instant.
Cette sémillante Porsche 911 Turbo S 3.3 Leichtbau est une série limitée de la 964 qui date de 1992 et qui a été produite à 86 exemplaires. Cette version pèse 180 kg de moins que la version classique et pour se faire, elle se passe de la climatisation, de la direction assistée, de la banquette arrière, de la radio mais aussi de quelques éléments d’insonorisation. Avec 1290 kg au total, cette 964 se distingue par des prises d’air dans le bouclier avant et dans les ailes arrière mais aussi par ses jantes Speedline de 18 pouces renfermant des freins « Big Red ». Son moteur est gonflé à 381 chevaux à 6000 trs/min.
Succédant à la 924/944, la 968 se lance dans la vie en étant victime des mêmes à priori que sa devancière. Sa version Club Sport se veut un peu plus mordante, ne fut-ce qu’à travers ses couleurs flashy mais également une assiette abaissée parfaitement posée sur des jantes de 17 pouces peintes comme la carrosserie. Dans l’habitacle, on a tenté de gagner du poids et la cure de 50 kilos a supprimé les équipements électriques et même… les airbags!
Cette étude de Porsche Boxster signée Grant Larson, prépare le grand public à l’arrivée d’une baby-Porsche. C’est au salon de Detroit, en janvier 1993 , qu’il est exposé. Empruntant des éléments aux Porsche des années 50, il avait un moteur an position centrale arrière (enfin !) alors que l’intérieur se présentait avec du métal peint dans la couleur de la carrosserie alors que la sellerie en cuir bordeaux venait mettre du peps dans l’ensemble. Il reçut un si bon accueil qu’ordre fut donné de finaliser la version de série en conservant le plus d’éléments de ce concept.
En 1998, la nouvelle 911 Carrera, connue en interne sous le nom de « Génération 996 », s’est beaucoup agrandie. La tôle d’acier galvanisée des deux côtés et des aciers très résistants sont utilisés pour renforcer la caisse brute. Les rétroviseurs latéraux de la gamme sont désormais fixés devant les vitres latérales et non plus sur les portes. Le capot avant, les phares avant avec feux de croisement et de route, les clignotants et les feux antibrouillard, les ailes avant et les portes sont identiques sur la 911 Carrera et le Boxster, car ils reposent sur un concept de composants identiques. La génération de moteurs installés sur cette gamme est à refroidissement par eau, une première chez Porsche. Et en octobre, les versions Carrera 4 à 4 roues motrices viennent compléter la gamme.
La 911 GT1 millésime 1998 est la toute première Porsche dotée d’un châssis en fibre de carbone. Elle dispose également d’un moteur Boxer central 6 cylindres refroidi par eau. Dès 1996, le nouveau modèle GT décroche la deuxième et la troisième place du classement général au Mans derrière la TWR Porsche WSC 95 du team Joest ainsi qu’un doublé dans la catégorie GT1. En 1997, les deux 911 GT1 engagées au Mans doivent abandonner peu avant la fin de la course pour raisons techniques. L’année suivante, Porsche fait donc courir une version revisitée de la 911 GT1 en présentant pour la première fois une sportive dotée d’un châssis en fibre de carbone. La monocoque en PRFC (plastique à renfort fibre de carbone), la suspension avant repensée et la réduction du poids de la batterie et de l’alternateur permettent à la 911 GT1 98 d’afficher 50 kg de moins sur la balance que sa devancière. La gestion moteur revisitée permet en outre de réduire encore la consommation. Enfin, le nouveau modèle est doté pour la première fois d’un embrayage à trois disques en fibre de carbone, conçu pour la course. Pour fêter le cinquantenaire de la marque, la 911 GT1 1998 décroche un doublé aux 24 Heures du Mans.
Les coupes et les trophées glanés au fil des nombreuses saisons de compétition sont parfaitement mis en valeur au cœur du musée.
On ne vous présente plus la Carrera GT (Type 980) qui est destinée à venir titiller les supercars italiennes sur leur terrain. Celui de la performance et de l’exclusivité. Pour se faire, il ne s’en construira que 1.270 exemplaires. Elle est dotée 5.7 V10 atmosphérique avec lubrification à carter sec véritablement conçu pour une utilisation en compétition. Avec une puissance de 612 ch à 8.000 trs/min et une vitesse de pointe de 330 km/h, la Carrera GT redéfinit les standards de l’époque. Cette force motrice est transmise par une boîte de vitesses manuelle à six rapports.
Petit clin d’œil à la longue collaboration entre Lego et Porsche à travers cette 911 Turbo plus vraie que nature.
Les motifs écossais sont ceux du revêtement des sièges, marqueurs d’une certaine époque…
Deux exemplaires de cette Porsche 914 S furent assemblés en 1969 et recevait le 8 cylindres de la Porsche 908 de compétition. Ferdinand Piëch reçut ainsi la sienne qui développait 300 ch tandis que la deuxième fut offerte à Ferry Porsche à l’occasion de son 60e anniversaire. Son toit n’était plus enlevable pour des raisons de rigidité mais elle se reconnaissait également à ses roues élargies et ses ouïes de refroidissement dans les pare-chocs. Ferry utilisa cette voiture très régulièrement.

Sources : « La réussite Porsche » de Lothar Boschen et Jürgen Barth paru chez E.P.A. en… 1991 et différents sites internet comme Porsche media ou encore Flat6.

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