Essai : Subaru Crosstrek : au diable les fioritures

S’il n’est pas évident de distinguer le Crosstrek du XV dont il dérive directement, c’est avant tout parce que Subaru a horreur des sauts dans l’inconnu. Depuis toujours, la petite marque japonaise, toujours soutenue par le géant Toyota, procède par touches homéopathiques lorsqu’il s’agit de faire évoluer sa gamme. C’est la raison pour laquelle, si vous n’êtes pas un spécialiste de la marque aux 5 étoiles, il vous sera difficile de pointer les différences entre l’ancien et le nouveau crossover d’accès à la marque.

Extérieurement, le nouveau Crosstrek s’offre des protections latérales plus couvrantes, des boucliers redessinés, un regard plus perçant et des feux arrière inédits sans oublier le dessin des jantes. Subaru a bien compris que les amateurs de son 4×4 compact ne recherchent pas la futilité et que les aspects esthétiques ne comptent guère dans leurs priorités. A l’intérieur, les évolutions sont plus tangibles puisqu’on y découvre un écran central à la taille augmentée mais il n’en conserve pas moins des touches classiques pour le son de la radio et les réglages de la température de l’air conditionné. Les téléphones portables s’y connectent facilement, qu’ils tournent sous Carplay ou sous Android. La position de conduite est parfaite et les sièges proposent des réglages satisfaisants.

J’aime bien

Avec ses surfaces vitrées généreuses et sa position de conduite surélevée, le Subaru Crosstrek répond parfaitement aux besoins quotidiens de son utilisateur. Le réseau belge étant ce qu’il est, les défoncements de chaussée succédant aux casse-vitesses agressifs, on ne craint pas grand-chose au volant du Subaru. Et si jamais, il vous faut quitter l’asphalte pour affronter les terrains accidentés non-revêtus, le Crosstrek dévoilera de réelles capacités tout-terrain grâce à son programme X-mode adaptable à différents types de piste (sable, boue ou neige). Si nous n’avons pas pu tester ce tout-terrain dans des conditions qu’il affectionne, notre collègue Dimitri avait pu le découvrir dans ces conditions l’hiver dernier. En ville, où nous avons effectué la majorité de nos déplacements, le Crosstrek peut compter sur un système hybride rechargeable modeste mais qui n’en fonctionne pas moins lorsqu’on lève le pied dans les descentes ou à des vitesses très réduites comme on en rencontre de plus en plus dans nos centres urbains. Bien vu !

Plutôt malin

Le confort a effectué un véritable bond en avant grâce à une acoustique améliorée mais également des trains roulants une nouvelle fois corrigés. On l’a dit plus haut, les Japonais de Shibuya aiment remettre l’ouvrage cent fois sur le métier pour atteindre la perfection ou ce qui s’en rapproche. Et si cela fait sourire les adeptes des écrans technologiques et des applications inutiles, celui-ci disparait lorsqu’ils consultent les classements de fiabilité ou Subaru figure très souvent dans le Top3. N’est pas perfectionniste qui veut.

J’aime moins

S’il se révèle particulièrement apte aux évolutions en tout-terrain, le Crosstrek doit composer, sur la route du quotidien avec des défauts inhérents à ce choix. On veut parler des pneus « 4 saisons » qui sont rapidement mis à mal lors des prises de virage trop enthousiastes, du bruit de cette transmission e-CVT Lineartronic qui n’en finit pas de hurler lorsqu’on appuie sur le champignon ou encore de chiffres de consommation un peu excessifs.

Pourquoi je l’achète

Si vous souhaitez un véhicule apte à vous mener d’un point A à un point B sans vous soucier de son esthétique ou de la taille des écrans du tableau de bord, le Subaru Crosstrek est fait pour vous ! Grâce à sa garde au sol plus élevée que la moyenne (220 mm), son ingénieux système de transmission intégrale et un confort assez soigné grâce à des sièges améliorés et une insonorisation retravaillée, il se révèle parfaitement adapté aux terrains accidentés rencontrés… à la montagne. En Belgique, il pourrait parfaitement convaincre les Ardennais ou les Gaumais plus habitués à des conditions climatiques rigoureuses que les Bruxellois ou les Namurois. Et son système d’hybridation légère permet aux éco-responsables de se donner bonne conscience. En ville, celui-ci gère plutôt bien la situation et coupe le moteur thermique à la moindre bonne occasion. Et puis n’oublions pas les nombreux systèmes de sécurité qui surveillent le conducteur an permanence et tentent d’éviter tout accident. Cela implique de trop nombreuses alertes à nos yeux mais heureusement, la plupart sont désactivables… à chaque démarrage.

Pourquoi je ne l’achète pas

Disponible à partir de 35.995€, le Crosstrek dispose déjà d’un équipement très généreux mais ce qui est nouveau, c’est une garantie totale de 8 ans ! En revanche, il faudra composer avec une consommation légèrement excessive même si votre serviteur n’est pas réputé pour son pied droit léger. A l’issue de nos 330 km d’essai, nous avons consommé 8,3 l/100 km. Pour un modèle plutôt poussif desservi par une transmission lancinante, ce n’est pas très positif.

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