Décidément, les constructeurs européens brouillent de plus en plus les pistes lorsqu’il s’agit de connaître le lieu d’origine de leurs modèles. Déjà courante chez BMW avec les iX3 et autres Mini Cooper E, la pratique s’installe progressivement dans d’autres groupes à l’image de Volkswagen qui produit sa Cupra Tavascan dans son usine d’Anhui en Chine. La malhonnêteté intellectuelle de MG, qui ne fait rien pour signaler à ses acheteurs qu’elle est désormais 100% chinoise, a fait des émules. Autant le savoir.

Mais rassurez-vous, si vous êtes amateur de la jeune marque espagnole au tempérament de feu, cette Tavascan a été conçue et développée à Barcelone. Modèle 100% électrique, il se décline en deux puissances et trois finitions. La version de 286 ch à un seul moteur électrique est affichée à 58.920€ en finition Business alors qu’elle réclame 65.230€ pour la version Adrénaline. Le modèle essayé aujourd’hui se pare de deux unités électriques pour fournir 340 ch aux 4 roues. Le prix atteint alors 76.200€. Toutes les versions reçoivent une batterie de 77 kWh nets.

J’aime bien
Avec une telle puissance, la Tavascan VZ joue les divas en ville en plongeant dans le moindre interstice avant même que les autres automobilistes aient compris ce qu’il se passait. La vivacité des BEV en ville n’a pas d’équivalent en thermique et nous rappelle nos premières petites voitures nerveuses mais pas rapides. Car avec 180 km/h en vitesse de pointe mais aussi une masse de 2,3 tonnes, la Cupra n’a aucune prétention sportive. Et son freinage manquant cruellement de mordant, vous rappelle bien vite à l’ordre. Ses lignes originales sont logiquement clivantes et ne sont pas au goût de tout le monde. Mais elles ont le mérité d’être originales et de permettre à la jeune marque espagnole de se démarquer.

Plutôt malin
On ne peut que fortement conseiller l’achat de la pompe à chaleur incluse dans le pack Hiver Contrast & Hero comprenant aussi le chauffage pour tous les sièges et le dégivrage électrique du pare-brise. Une option facturée 1.515€. Grâce à elle, vous pouvez espérer allonger l’autonomie qui n’est toujours pas extraordinaire. Affichée à 440 km lors de notre départ avec les batteries pleines, elle s’est effondrée à un peu plus de la moitié après notre retour sur Liège par autoroutes. Mais en ville, en choisissant de conduire sur le mode B de régénération forcée, on parvient à signer des scores de consommation étonnants.

J’aime moins
Aussi original que l’extérieur, l’habitacle propose un dessin très original articulé autour d’un Y central montant de l’arrière vers la console centrale. Revêtu d’un plastique en forme d’écailles, il ne nous a guère séduits. Et les espèces de vague formées par les ouïes de ventilation et les contreportes ont fait dire à une de nos passagères qu’elle avait le sentiment de se trouver parmi les fromages fondus d’une raclette. Les goûts et les couleurs… Cela dit, l’habitacle ne manque de rien en matière d’instrumentations et d’écrans avec une unité centrale de 15 pouces à l’usage assez facile. Le conducteur doit se contenter d’un petit combiné minimaliste, comme dans toutes les électriques du groupe Volkswagen, mais un affichage tête haute complète le tableau. Enfin, les superbes sièges monoblocs soutiennent parfaitement et se révèlent confortable lors des trajets plus longs.

Pourquoi je l’achète
Originale extérieurement et intérieurement, la Cupra Tavascan VZ a l’énorme mérite de se démarquer dans une production automobile caractérisée, ces dernières années, par un manque de personnalité évident. Avec ses lignes racées de concept-car, elle ne laisse aucun doute sur ses prétentions dynamiques. Et il faut bien avouer que ses 340 ch et son couple de 535 Nm impressionnent même s’ils sont contrariés par la masse excessive de cette fière Ibère. L’habitacle est tout aussi fortement genré avec des touches de cuivre et des lignes courbées qui dérangeront certains cerveaux cartésiens. Malgré ses grandes roues de 21 pouces, l’auto demeure confortable tandis que son coffre de 540 litres permet de transporter des pièces volumineuses à condition d’avoir trouvé des rangements pour les différents câbles. Lors de nos 433 km d’essai, notre moyenne de consommation s’est chiffrée à 24 kWh/100 km.

Pourquoi je ne l’achète pas
La conduite de ce Tavascan BEV ressemble à toutes les autres conduites des produits similaires estampillés des marques du groupe. Rien de bien neuf sous le soleil. La qualité des plastiques intérieurs n’a guère évolué non plus. Et la consommation dépend encore et toujours de la météo, de l’utilisation du chauffage et, bien évidemment, du pied droit du conducteur. Le freinage demande de la patience et se fait en deux phases, imposant donc d’appuyer fortement pour qu’il agisse. Opter pour la position B du levier de vitesse résout à moitié ce problème, du moins en agglomération. Grâce à la recharge rapide DC jusqu’à 135 kW (dans la moyenne), 28 minutes suffisent pour passer de 10 à 80% d’autonomie à condition que la batterie soit correctement conditionnée avant la charge.

