Les petites bombinettes sportives ou les coupés grand-tourisme ont presque définitivement disparu chez les constructeurs généralistes. Mais ce n’est pas pour cela qu’un véhicule-image ne doit plus exister. Chez Renault, celui-ci prend désormais les traits d’un SUV « coupé » à la forte personnalité. Nous l’avons brièvement testé sur les routes du Monte-Carlo. Un gage de confiance de la part de ses concepteurs. Avec raison ?

Le Renault Rafale a été lancé au premier semestre de cette année et nous avions d’ailleurs pu l’essayer en avant-première sous le cagnard espagnol. Toutefois, alors que sa version la plus puissante était fièrement exposée aux côtés de l’avion du même nom, il ne nous avait pas été possible d’en prendre le volant. Et pour cause puisque quelques mois plus tard, c’est sur les hauteurs de Monaco que nous étions invités à découvrir les qualités dynamiques de ce Rafale haute performance. Nous ne vous ferons pas l’affront de décrire à nouveau ses traits, dessinés par Gilles Vidal, venu en droite ligne de chez… Peugeot.

Avec la bienveillance d’Alpine
Extérieurement, ce Rafale exclusif se différencie de la gamme classique par des touches essentiellement esthétiques qui concernent la finition Atelier Alpine. Celle-ci reçoit des jantes de 21 pouces appelées « Chicane » et chaussées de pneus Continental Sport Contact 7. La teinte de carrosserie « Bleu Sommet Satin » lui est réservée et s’assorti d’un spoiler de couleur « Noir Étoilé ». Un vaste choix d’accessoires sont disponibles pour personnaliser son exemplaire à l’image des marchepieds, des boucliers et coques de rétro peints dans la couleur de la carrosserie ou encore des coussins grand confort revêtus d’Alcantara ajoutés aux appuie-têtes arrière sans oublier des barres de toit quickfix ou encore une attache-remorque électrique escamotable. Mais ce qui nous intéresse davantage, c’est le fait de savoir que cette finition Atelier Alpine reçoit un châssis et un système de contrôle de l’agilité mis au point par les ingénieurs d’Alpine Cars…

Petit moteur pour grands effets
Bien dans son époque, le Rafale chapeautant la gamme Renault fait appel à un petit 1.2 trois cylindres peut-être légèrement incongru sous le capot d’un véhicule vanté pour ses performances. Personnellement, cela ne nous a pas choqué si l’on pense au 1.6 trois pattes hypervitaminé de la GR Yaris. Dans ce cas-ci, il est avant tout épaulé par deux moteurs électriques synchrones à aimant permanent à l’avant et sur le train arrière, alimentés par une batterie rechargeable de 22 kWh. Un alterno-démarreur HSG de 34 ch et 50 Nm assure pour sa part les démarrages du thermique, les changements de rapports et contribue à la recharge de la batterie. Une fameuse usine à gaz qui annonce donc 300 chevaux et 500 Nm sur les quatre roues. La motricité est gérée en permanence et elle tient compte des conditions de roulage mais également du mode de conduite sélectionné. Le conducteur peut ainsi opter pour l’un des quatre modes : Eco, Confort, Sport et Snow. La transmission est connue puisqu’on retrouve la boîte de vitesses multimodale à crabots, renforcée pour l’occasion.

Fluidité assurée
Cela peut sembler compliqué à la lecture de cette courte description technique mais au volant, il faut avouer que sur la route, tout est fluide et bien accordé. On a même pu constater que le fonctionnement de la transmission s’est bien amélioré par rapport aux modèles plus accessibles. Serait-ce la touche Alpine ? Quoiqu’il en soit, dans le Col de Vence où Renault nous a envoyé tester l’auto, on a pu apprécier son comportement plutôt vif. On n’est pas au volant d’une sportive, c’est clair, mais les 300 chevaux sont bien présents lorsqu’il s’agit de doubler en profitant d’une courte ligne droite. Le freinage a répondu présent dans la descente et l’on peut compter sur la régénération pour encore améliorer les ralentissements.

Mais ce qui est le plus remarquable, et qui ravira les futurs propriétaires dans leurs déplacements quotidiens, c’est que le petit moteur ne se fait jamais entendre… Même lors de fortes accélérations, celui-ci ne beugle jamais comme cela arrive au volant de certaines mécaniques japonaises qui ne supportent pas être brusquées. Il faut ajouter que nous avons essayé les versions les plus chères disposant du contrôle de l’agilité uniquement monté sur les versions Atelier Alpine. Ainsi, un menu Châssis Control permet de jouer sur les amortisseurs et l’ESP selon trois choix : Confort, Dynamique et Sport. Si vous ajoutez encore les Continental Sport Contact qui la chaussent, vous obtenez une proposition très cohérente et qui mérite dès lors son titre de modèle-phare de la gamme Renault.

Vous l’aurez compris, nous n’aurions pas cru découvrir un véhicule aussi bien amorti et capable d’avaler les virages avec une telle aisance en participant aux premiers essais du Rafale Atelier Alpine. Cet hybride rechargeable peut logiquement consommer très peu d’essence si l’on joue pleinement la carte de l’électrique en maximisant les appoints en ions. A l’issue de notre essai mené tambour battant, la moyenne affichée était de 4,7 l/100 km. L’intérieur est très qualitatif et la finition est soignée. L’ensemble est particulièrement réussi passant du mode Confort au mode Dynamic sans sourciller. Mais il faudra signer un chèque de 56.900€ tvac pour acquérir la version la plus technologique. Des candidats ?


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