Reportage : en visite au musée Mercedes de Stuttgart : à voir impérativement !

Alors que ce musée n’a jamais connu autant de visiteurs depuis son ouverture en 2006, nous avons visité cette superbe œuvre architecturale des étoiles plein les yeux, c’est le cas de le dire. Un nombre incroyable de véhicules exposés, dont certains atteignent des valeurs astronomiques, des thèmes divers et varies, des œuvres d’art disséminées ici et là, on passe véritablement un moment exceptionnel dans cet endroit majestueux. Voici notre compte-rendu en 30 photos !

Dès l’entrée du parking, on est plongé dans l’univers de la marque à l’étoile en parquant son véhicule à côté de trois modèles exposés dans des boîtes transparentes. Superbe !

Jamais autant de visiteurs ne sont venus en une année : avec 882 422 invités, 2024 est l’année la plus fréquentée pour le Musée Mercedes-Benz depuis son ouverture en 2006. Par rapport à 2023, le Musée a enregistré une augmentation de plus de 10 pour cent. Les visiteurs sont venus de 162 pays, principalement de France, de Chine et des États-Unis, pour découvrir l’histoire de Mercedes-Benz et en apprendre davantage sur le développement multifacette de la mobilité. Un jalon spécial a été atteint le 12 septembre 2024 avec le 13 millionième visiteur depuis l’ouverture du Musée.

La Mercedes 130 Cabrio-Limousine de 1934 était assemblée… au Danemark et fut essentiellement vendue sur ce marché dans des quantités qui peuvent paraître dérisoires à nos yeux. Il s’agissait d’une usine construite par Chrysler pour y assembler sa célèbre Airflow. Les pièces provenaient d’Allemagne. Un total de 4.298 unités furent construites dans diverses carrosseries. Son 1.3 4 cylindres était placé à l’arrière et disposait de 26 ch à 3.400 trs/min. Pesant 980 kg, cette Mercedes 130 atteignait les 92 km/h en vitesse de pointe.

Perspectives pour le programme d’expositions et d’événements 2025 (sous réserve de modifications)

  • La nouvelle activité pratique « Pit Stop » nécessite un travail de précision ultra-rapide lors du changement de roues avec de vrais pneus de Formule 1. À découvrir dans la Salle des Légendes 7 : Flèches d’Argent – Courses et Records.
  • Du 11 avril au 2 novembre 2025, l’exposition spéciale « Youngtimer » présentera dix véhicules Mercedes-Benz des années 1990 à 2000. Chaque îlot thématique transmet le style de vie et l’environnement culturel quotidien des véhicules. L’exposition spéciale offre de nombreuses opportunités d’interaction.
  • L’événement de voitures classiques toutes marques Classics & Coffee aura lieu sur la colline les dimanches du 13 avril au 12 octobre 2025. « Youngtimer » est le thème spécial de l’événement de lancement, en accord avec l’exposition spéciale qui ouvre deux jours plus tôt. Le site web fournit des informations sur d’autres thèmes spéciaux et de nouvelles offres en collaboration avec le Classic Center.
  • Entrée gratuite au Musée Mercedes-Benz le 18 mai 2025 à l’occasion de la Journée internationale des musées.
  • La grande journée familiale du 13 juillet 2025 offre des actions et une variété de programmes sur la colline devant le Musée.
  • Du 22 août au 7 septembre 2025, le cinéma en plein air proposera à nouveau des soirées cinématographiques atmosphériques sous les étoiles. Les préventes commencent le 5 juin 2025.
Cette superbe Mercedes engagée à la Targa Florio en 1924 vient d’être entièrement restaurée pour fêter dignement les 100 ans de sa victoire à la course sicilienne organisée à l’époque sur route ouverte. A l’époque, un tour mesurait 108 km! La Targa Florio se disputait sur quatre boucles et la Coppa Florio récompensait celui qui effectuait un tour supplémentaire soit un total de 540 kilomètres. Motorisée par un 2.0 litres de 126 chevaux, cette voiture, alors pilotée par un certain Christian Werner, pointait à 126 km/h. Deux autres Mercedes complétaient le podium et le troisième n’était autre qu’un certain Alfred Neubauer qui deviendra le célèbre chef de l’équipe des flèches d’argent.

 

La visite débute tout en haut du bâtiment et l’on descend les rampes en admirant à chaque fois les modèles exposés par époques. Ici, les précurseurs du début du siècle passé.

 

Voilà probablement la toute première voiture de sport construite par Daimler-Mercedes. Cette Mercedes-Simplex 40 HP de 1902 est le modèle existant le plus ancien de la marque. Il succédait à la 35 HP dessinée par Wilhelm Maybach qui était la première automobile de l’ère moderne. L’ajout du mot Simplex est dû au fait que cette automobile était d’un usage facile pour l’époque.

 

A côté du cœur central du musée, des galeries annexes proposent des thèmes décalés comme celle-ci, dédiée aux voyages à bord d’engins construits par Mercedes.

 

Les superbes réalisations des flamboyantes années 30 attirent inévitablement l’œil même si certaines d’entre elles furent bien évidemment utilisées par les dignitaires du régime nazi. On voit ici, une 770 « Grober Mercedes » noire de 1937 motorisée par un 8 cylindres de 7.655cc.

 

La 260D Pullman-Limousine de 1938 est la première berline au monde à être motorisée par un Diesel à large échelle. Une solution économique puisque le moteur consommait peu et que le carburant utilisé n’était pas cher. Cette limousine constituait l’outil idéal pour les sociétés de taxis mais également pour ceux qui voyageaient sur de longues distances.

 

Ce rutilant 540K Cabriolet B de 1937 était le successeur plus puissant de la 500K. Disponible en plusieurs carrosseries, c’est ce Cabriolet qui était le plus plébiscité. En termes d’apparence, il était difficile de la distinguer d’une 500K si l’on ne connaissait pas la date de fabrication.

 

Les camions tiennent une belle place dans ce musée gigantesque et l’on redécouvre les camions de notre enfance comme ce camion-citerne Shell. Sur le transporteur à côté, des modèles W123 et Type 126 se laissent admirer des connaisseurs.

 

De nombreuses vitrines contiennent des objets divers et variés concernant la marque à l’étoile. Des outils, des accessoires de voyage, des jeux, des logos ou encore des instruments de bord comme illustré ici. On se replonge ainsi à travers les âges de l’automobile avec plaisir.

 

Probablement l’un des ensembles les plus réputés du musée. Sur un superbe camion plateau reconstruit à l’identique, une 300 SLR (W196 S) trône fièrement comme en 1955 lorsqu’elle parcourait le monde pour participer au Championnat du monde des voitures de sport. Construit sur le châssis d’une 300 S, ce transporteur adopte le six cylindres en ligne de la mythique 300 SL à portes papillon, dégonflé à 192 chevaux. Capable d’atteindre 170 km/h, le Renntransporter rendra de fiers services à l’écurie.

On n’ose pas imaginer la valeur des modèles exposés à cet étage… les SL et SLR brillent de mille feux ! On les voit depuis chaque étage et l’on se délecte à l’idée de pouvoir les admirer de près.

 

Il existait deux exemplaires de cette 300 SLR jusqu’à ce que l’usine se décide à vendre l’un des deux pour créer un fond Mercedes-Benz en mai 2022. Echangé contre un chèque de 135 millions d’euros, ce coupé Uhlenhaut de 1955 n’a jamais été engagé en compétition. En effet, suite au drame des 24 heures du Mans ayant coûté la vie à 82 spectateurs, l’usine décidait de se retirer de toute compétition. C’est ainsi que Rudolf Uhlenhaut , chef du département d’essais, l’utilisa de manière répétée pour des voyages professionnels. Son 3.0 8 cylindres développait 300 ch à 7.500 trs/min et la vitesse maximale était annoncée à 290 km/h.

 

La 300 SL à portes papillon est un modèle iconique dans l’histoire de l’automobile. Rappelons qu’elle était motorisée par un 6 cylindres en ligne de 3.0 l de cylindrée doté d’une injection directe Bosch qui lui permettait de développer 240 ch pour une vitesse maximale de 225 km/h. Un record à l’époque. Mais il fallait savoir maîtriser son train arrière plutôt délicat sur le bosselé ou sous la pluie.

 

La 300 SL Cabriolet conserve tout le cachet de la version coupé et ce malgré l’adoption de portes traditionnelles. Il en sera construit 1800 exemplaires essentiellement écoulés aux Etats-Unis.

 

Voilà encore un bel ensemble constitué d’un bus des années 60 accompagné par une jolie 230 SL « Pagode » de 1964. Derrière, on peut également découvrir un prototype expérimental appelé ESF22 datant de 1973, troisième démonstrateur du programme ESV. Elle reçoit des airbags et des ceintures de sécurité à toutes les places.

 

Cette Mercedes 300 Messwagen date de 1960 et fut conçue par le département dédié aux tests pour prendre les mesures des nouveaux modèles. Elle embarquait des appareils de mesure lourds et encombrants pour enregistrer les données reçues durant les phases d’essai des nouveaux modèles. Les données étaient transmises via un câble relié au nouveau modèle essayé.

 

Encore une exposition originale avec des Mercedes ayant appartenu à des personnalités. On y voit un Classe G papamobile mais également une Mercedes 770 Cabriolet F utilisée par l’empereur Wilhelm II durant son exil aux Pays-Bas. Il y a aussi une 190 SL de 1959 ayant été conduite par son unique propriétaire, David Randolph Scott, un astronaute de la NASA.

 

Ici, ce sont des modèles ayant été utilisés durant des kilomètres et des années par leur propriétaire. Qu’il s’agisse d’ambulance ou de voiture particulière, ces Mercedes affichent des kilométrages astronomiques.

 

Vous le voyez ici, ce sont des modèles classiques qui ont parcouru des millions de kilomètres, que cela soit en Turquie, en Croatie ou plus près de nous.

 

Quelle grille de départ ! Qu’il s’agisse de F1, de GT, de prototype du Mans ou de coupés du DTM sans oublier des camions de compétition, le plateau aligné au cœur du Musée de Stuttgart est impressionnant.

 

Parmi ces bolides, nous avons retenu la 190 Evo2 alignée dans le Championnat allemand des voitures de Tourisme (DTM) en 1992 et qui était pilotée par l’Allemand Klaus Ludwig. Il sera titré cette année-là pour la deuxième fois après son titre de 1988 sur une Ford. Deux ans plus tard, il récidivera avec Mercedes pour atteindre trois titres dans la discipline.

 

Autre modèle emblématique du palmarès des Mercedes en compétition, cette Sauber-Mercedes C9 avec laquelle le trio Mass/Reuter/Dickens s’est imposé aux 24 Heures du Mans 1989. L’opposition est solide avec des Jaguar XJR-9 en grande forme et des Porsche 962C vieillissantes mais encore vaillantes.

 

Dans les années 50, les courses sur routes ouvertes sont encore plébiscitées à l’image de la Carrera Panamericana qui se disputait en Amérique du Sud. Ainsi, trois 300 SL y furent engagées en 1952 et la victoire est revenue à cette n°4 pilotée par Karl Kling, suivi par son coéquipier Herman Lang. Pour l’anecdote, alors que le pilote de la n°4 empruntait un virage à droite à grande vitesse, un vautour vint se fracasser tête la première contre son pare-brise. Le verre éclata en morceau, venant couper le visage de son copilote Hans Klenk à divers endroits. Malgré tout, la Mercedes continua sa route et remporta l’épreuve avec une demi-heure d’avance sur le second au classement.

 

Cette 300 SLR #722 est l’une des plus célèbre puisqu’elle permit à Stirling Moss de remporter les 1000 Miglia en 1955 en devançant son équipier, un certain Fangio, de plus d’une demi-heure ! Epaulé par le journaliste anglais Denis Jenkinson, il profite des excellentes notes de ce dernier pour creuser son avantage face à un plateau de furieux constitués de Ferrari, d’Aston-Martin, de Maserati mais aussi de trois autres 300 SLR tout aussi performantes.

Si cette trentaine de photos vous ont donné envie de vous déplacer jusqu’à Stuttgart, sachez que cela ne constitue qu’un tri subjectif parmi les 262 photos prises là-bas. 

L’entrée est à 16 euros pour les adultes et à 8 euros pour les jeunes de 13 à 17 ans. Mais un ticket combiné existe si vous vous rendez au musée Porsche…

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