Industrie: La Renaulution est en marche! par Dimitri Urbain

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Comme beaucoup d’autres constructeurs généralistes, Renault est à la croisée des chemins… après l’ère Ghosn, l’arrivée des électriques et une alliance avec Nissan et Mitsubishi qui se lézarde, voici venu le temps de la réinvention. Luca De Meo, le nouveau patron, va-t-il en revenir à des voitures à vivre 2.0, des électriques dignes des modèles qui ont fait la grandeur du constructeur français ?

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Le Dacia Bigster se placera en haut de la gamme, avec un gabarit supérieur au Duster. Un véritable Urus au rabais… et au style aussi délicat qu’un pick up américain!

On efface tout… ou presque !

La gamme actuelle de Renault est plutôt vieillissante et de nombreux modèles sont en perte de vitesse, comme les Espace ou autres Talisman. Voitures avec de nombreuses qualités, certes, mais qui, dans un contexte de concurrence premium, sont en retrait par rapport à certaines allemandes… suivez mon regard ! Dès lors, il était temps de passer à la vitesse supérieure et de se réinventer. L’objectif avoué est de redevenir plus rentable à travers une nouvelle stratégie industrielle. Celle-ci va se développer sur plusieurs axes: un rapprochement entre Dacia et Lada; une évocation de la R5 originelle en version électrique; des sportives compactes électriques badgées Alpine et… une collaboration avec Lotus pour développer un coupé électrique.

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Electrique, la future 5 reprend les traits de style de son ancêtre : forme des phares et des feux, montant C, prise d’air de capot où se cache la prise de recharge… Elle est ici présentée avec deux portes côté gauche et une seule côté droit : sera-t-elle commercialisée telle quelle ? Ou est-ce juste une façon de jauger la réaction du public aux deux carrosseries ?

1° Dacia- Lada, même combat

Les deux marques sont rapprochées et Lada va de nouveau être disponible en dehors de la Russie et des républiques de l’ex-Union Soviétique. Lada va jouer le rôle d’entrée de gamme de Dacia, version Niva, pas de gadget, du solide et des prix encore et toujours cassés. Dans le même temps, Dacia monte en gamme avec un nouveau SUV, le Bigster, qui va coiffer la gamme. La marque étant désormais bien établie, cela devrait s’avérer payant. Un succès façon Duster sur un segment supérieur devrait rapidement suivre.

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Désormais, Alpine, Renault Sport et la F1 ne forment plus qu’une seule entité, où l’expertise technologique est le pendant de l’exclusivité. Avec sa bouille craquante dans ce magnifique jaune, nous imaginons bien une 5 Alpine aux performances très élevées et avec un châssis digne des Clio RS Trophy d’antan…

2° R5, le retour

L’originale avait une bouille craquante, son évocation électrique aussi! A une époque où la voiture ne fait plus rêver, où l’électrique enlève chaque jour un peu plus de passion, cette 5 est rafraîchissante. Serait-ce également le retour du design rétro? Après la Fiat 500 e et la Honda-E, voilà Renault qui fait revivre son passé sous une forme électrique. Ses lignes sont signées Gilles Vidal, l’ex-designer de chez Peugeot qui marque là son entrée chez Renault. D’emblée, on sait que c’est une Renault 5: forme des phares, des feux, le montant C, la prise d’air à l’avant qui cache la prise… l’évocation est parfaite et la teinte jaune lui va à ravir. Comme le souligne Vidal, la voiture est empreinte de modernité et est tout à fait de son temps: urbaine, électrique et attirante. Pas encore de détails sur la motorisation ni de vues de l’intérieur mais nul doute qu’elle fera craquer plus d’un récalcitrant à l’électrique. Elle devrait être une réalité dès 2023.

Cette alliance entre Alpine et Lotus donne de l’eau au moulin de ceux qui rêvent d’un retour de la marque française dans le Championnat du Monde d’Endurance (WEC). C’est pourtant la seule F1 qui semble intéresser la marque à l’heure actuelle…

3° Alpine en force

Après une trop longue absence, Alpine est revenu sur la scène des sportives avec une A110 très réussie. Seule marque prestigieuse de Renault, il est donc normal que le plan de relance de la marque lui fasse la part belle afin de monter en gamme. La remplaçante de l’A110 sera donc électrique. Le développement va se faire en collaboration avec Lotus. Tiens, ça ne vous rappelle rien? Pour les distraits, rappelons que l’A110 actuelle était, au départ, un projet commun entre Alpine et Caterham, avant que le petit constructeur britannique ne se retire du projet. Espérons que toute l’expertise de Lotus soit mise à profit pour que l’A110 électrique soit une réussite. C’est certainement la plateforme CMF-EV, déjà utilisée pour la Megane eVision, qui sera empruntée. Ce mariage entre Lotus et Alpine devrait également apporter au constructeur d’Hethel toute l’expertise de Renault et l’aider à électrifier ses sportives.

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Le prototype Megane e-Vision ouvre la voie à un SUV sportif de milieu de gamme qui pourrait très facilement être rebadgé Alpine… Entre la 5 et une future A110 électrique développée en collaboration avec Lotus, voilà de quoi constituer une gamme Alpine crédible. Et ramener des marges plus confortables qu’en vendant des Twingo au rabais !

Pour l’instant, les deux parties n’en sont encore qu’au stade de l’étude de faisabilité et de la mise en commun de leurs ressources respectives, en matière de design et d’ingénierie. Le tout pour le développement d’une voiture de sport électrique, des deux côtés de la Manche. Un résultat tangible ne devrait pas être attendu avant 2024-25. Par ailleurs, Alpine confirme l’arrivée de deux nouveaux modèles électriques et la constitution d’une gamme. Il s’agira d’une compacte sportive, utilisant la plateforme CMF-B EV. Le retour d’une 5 Alpine, basée sur le proto dévoilé? Nul doute qu’elle plairait autant, jouant encore plus sur la nostalgie, ainsi que d’un inévitable SUV, développé sur la plateforme CMF-EV. En outre, Alpine prend également du gallon, en absorbant le team F1 et Renault Sport. D’un côté il y a la qualité du travail de l’usine de Dieppe, de l’autre la haute technologie utilisée en F1 et chez Renault Sport. Cyril Abiteboul a quitté l’entreprise et est remplacé par Laurent Rossi. Dans le plan de Di Meo, Alpine doit ramener du profit à Renault dès 2025. Tâche ardue s’il en est, mais certainement pas impossible, avec les bons produits et un marketing adapté. En octobre 2020, Di Meo déclarait que l’A110 pouvait devenir une sorte de 911, constamment remise au goût du jour, toujours plus raffinée mais en respectant le design originel. Pourquoi pas ? Reste à voir si le public suivra…

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Grâce à l’alliance avec Nissan, Renault possède désormais une expertise avérée en matière de propulsion électrique. Cette plateforme CMF-B EV devrait se retrouver sous la future 5.

4° Rationalisation

Renault veut toujours être le premier constructeur, en nombre de véhicules électriques vendus en Europe, en 2025. Cependant, l’électrification de la gamme Renault se fait dans une démarche d’économie: réduction du nombre de plateformes (de 6 à seulement 3) et du nombre de moteurs: il n’en restera que 4, avec différents niveaux de puissance, en plus des électriques. En outre, il devrait également y avoir des fermetures d’usines, la capacité de production du groupe allant être ramenée de 4 millions de véhicules/ an à 3 mais avec une marge de rentabilité beaucoup plus élevée qu’actuellement. (Texte: Dimitri Urbain)

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Aperçu lors de la conférence de presse, une vision de la future gamme Alpine, avec une sportive compacte, un SUV familial et un coupé pour le week-end. Le tout en électrique, bien entendu !

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