Alpine, le futur Ferrari français ?

Le patron de Renault, Luca de Meo, est italien… les sportives il a ça dans les veines et après un passage chez SEAT où il a mis CUPRA sur les rails, il veut désormais faire d’Alpine le pendant du prestigieux constructeur transalpin. Pari fou ou mission impossible ? (Par Dimitri Urbain)

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L’Alpine Mille Miles de 1956 est celle avec laquelle la légende a débuté. Construite sur base d’un maximum de pièces de série Renault, la formule n’a depuis jamais été remise en question.

Un symbole de la France des Trente Glorieuses

Alpine a été créée par Jean Rédélé en 1955. Au départ, celui qui était alors le plus jeune concessionnaire Renault de France voulait construire un petit coupé sportif. Son but, en utilisant un maximum de pièces de 4CV,  était de participer à des compétitions comme le rallye de Monte Carlo, le Tour de Corse ou les Mille Miglia. Si possible en s’illustrant avec des victoires de classes, de groupe…  Le patronyme de l’une des premières Alpine, la Mille Miles, vient d’ailleurs tout droit de la fameuse épreuve routière italienne. La marque de Dieppe a bâti sa renommée avec l’incontournable Berlinette, A108 puis A 110, réutilisant des éléments de Renault 8 Gordini. Le sommet de la gloire est arrivé en 1973, lorsque  Alpine a remporté le championnat du monde des rallyes. Ensuite, Renault a pris un contrôle toujours plus important du petit constructeur, au point de totalement l’intégrer. Les A310 puis GT, GTA… n’ont jamais vraiment connu un succès important, surtout face à leur éternelle rivale, la 911. Après plus de vingt ans d’arrêt, Renault s’est associé à Caterham afin de développer une nouvelle Alpine. Le petit constructeur britannique s’est finalement retiré du projet mais Renault a continué d’y travailler seul. Le résultat est l’A110 actuelle, l’une des voitures sportives les plus attachantes du moment, esthétiquement réussie et respectant l’ADN de la marque avec son moteur central arrière. Le châssis est à la hauteur de la réputation de Renault Sport, une merveille pour amateurs. Néanmoins, de là à en faire le Ferrari français, il y a un pas !

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La Berlinette dans ses œuvres, ici au Monte Carlo 1973, année où la marque remporte le titre en championnat du monde des rallyes. Elle reste emblématique de la marque et ce n’est pas pour rien que Renault l’a ressuscitée sous une forme moderne.

Une vision radicale

Luca de Meo n’y va pas par quatre chemins. Pour lui, au moins un tiers de la gamme Renault est vouée à disparaître mais il voit un potentiel énorme de développement chez Alpine. Cependant, avec un seul modèle et des ventes s’établissant à un petit millier d’exemplaires cette année, nous sommes bien loin des chiffres des Porsche Cayman. L’une de ses premières grandes décisions a été de rebaptiser le team de Formule 1 Renault en Alpine pour la saison 2021. Voilà toujours une bonne chose pour la visibilité du nom. Pour lui, associer l’excellent travail d’ingénierie et de développement réalisé par le team de F1 avec l’artisanat d’Alpine est le meilleur moyen de concrétiser son rêve de créer un « mini Ferrari » à la française.

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Si Ferrari est dans le viseur du nouveau CEO de la marque, c’est plutôt du côté de Porsche qu’il faut trouver l’inspiration pour les futurs modèles.

D’ici à ce qu’Alpine atteigne un prestige et une reconnaissance proche de celle de Ferrari parmi les amateurs et connaisseurs… mais saluons ce pari ! Luca De Meo a donné quelques indications sur l’avenir d’Alpine, déclarant récemment que la marque pouvait apporter une certaine émotion à la gamme électrique de Renault. Le mois dernier, il a rédigé une note dans laquelle il demande qu’Alpine s’engage dans un programme de développement façon Porsche 911 et étudie toute une série de véhicules électriques de niches, rentables à fabriquer et à vendre. Cependant, bien qu’il compare Alpine à des grands noms prestigieux, il veut rester modeste sur les volumes tout en déclarant qu’à terme, pourquoi ne pas produire un million de voitures sous la marque ?

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Des années 70 jusqu’à la mise en sommeil de la marque dans les années 90, Alpine a toujours essayé de lutter à armes inégales avec la Porsche 911. L’A 310 a bien reçu un moteur V6 mais… le PRV n’avait rien à voir avec le boxer de Stuttgart ! Sans parler de la finition et de la fiabilité aléatoire qui ont bien nuit à la réputation d’Alpine !

Renault dans la tempête

Renault ne va pas très bien, ayant perdu plus de 7 milliards d’euros sur les six premiers mois de cette année et depuis le départ de Carlos Goshn en 2018, l’alliance avec Nissan a plusieurs fois été remise en cause. Constructeur généraliste, Renault est en proie à une très vive concurrence sur des segments du marché où les marges sont très faibles. Goshn voyait la résurrection d’Alpine comme un bon moyen d’amener un peu de prestige à Renault.

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L’A110 des temps modernes est une merveille pour les amateurs de conduite ! Reprenant l’ADN de la marque, ses ventes ne sont malheureusement pas à la hauteur des prévisions de Renault. Sa descendance sera-t-elle uniquement électrique ?

Cependant, les ventes de l’A 110 ne sont pas au niveau escompté. Depuis la présentation de l’A 110 en 2017, 4835 exemplaires seulement avaient trouvé preneur fin 2019. Très récemment l’usine de Dieppe, berceau historique d’Alpine, a été épinglée pour sa sous-utilisation, un fléau qui touche de nombreux sites d’assemblages automobiles en Europe. Alors que la capacité journalière du site est de 32 voitures, la production atteint péniblement 7 exemplaires… Et si les Alpine ne sont pas bradées, avec des tarifs proches des 70.000 €, il y a loin de la coupe aux lèvres lorsque les Ferrari débutent plutôt vers les 180.000 €.

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Certains ont imaginé un coupé-berline pour agrandir la gamme. Pas sûr que cela soit une bonne idée…

 Que penser de tout ça ?

Soyons clairs, nous sommes des amateurs de sportives et Alpine, la marque, comme l’A110 actuelle, nous les aimons bien. Néanmoins, quel est l’avenir de la marque avec un seul modèle ? Comment faire évoluer et remplacer l’A110 ? Surtout dans un contexte ambiant autophobe, en France où tout ce qui est sportif et touche à l’automobile est considéré par les autorités comme pestiféré. Un scénario à la Porsche semble le plus plausible, avec des vaches à lait qui se vendent bien, avec des marges confortables, pour continuer à développer un modèle sportif dont l’image rejaillit sur le reste de la gamme. C’est ce qui se passe avec les Cayenne et autres Macan développés sur des bases communes du groupe VW, afin de financer le développement de voitures plus sportives destinées à des vrais amateurs comme les Boxster, Cayman et la 911, bien entendu. A l’heure où Aston Martin et Ferrari se mettent aux SUVs, pourquoi pas ? Actuellement, il est clair qu’Alpine ne peut espérer rivaliser avec Porsche, sans gamme, sans SUVs… Utiliser Alpine pour créer des versions plus dynamiques voire sportives de modèles électrifiés, c’est peut-être un bon moyen de pérenniser la marque sur le long terme. A quand une Zoé « Mille Miles » avec une autonomie de 1600 km ? Pourquoi pas ?

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Par contre, le SUV électrique semble bel et bien devoir arriver un jour au sein de la gamme.

A condition de ne pas refaire les mêmes erreurs que par le passé, en sous-finançant le développement et les études, en négligeant la qualité et en laissant les propriétaires terminer la mise au point et en n’appuyant pas le plan avec des moyens de communication conséquents. Citroën a essayé de lancer DS comme marque premium, pour le moment nous sommes encore bien loin du compte. Il y a une dizaine d’années Renault a vainement tenté de relancer Gordini sur des Twingo et Clio RS. L’idée était bonne mais elle n’a séduit que quelques quinquas et sexagénaires en mal de sensations car qui, dans les jeunes générations, se souvient encore de la bombinette bleu France avec ses deux bandes blanches décalées ? Espérons que ce retour et ce développement d’Alpine soit soutenu financièrement comme il se doit, sous peine de nous la jouer comme le 347ème sauvetage d’une autre marque italienne bien appréciée… et ne jamais arriver, malheureusement.

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Le prestigieux label Alpine pourrait également retrouver les flancs des Renault les plus sportives…

La bibliothèque idéale du Rédacteur Automobile : Fiat Panda- la voiture à malices ! par Dimitri Urbain

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Anguleuse, toute en lignes droites et avec son pare-brise plat, la Panda représente la vision de Giugiaro d’une voiture basique et minimale destinée aux années 80.

La collection « de mon père » des Editions E.T.A.I. s’enrichit d’un nouveau volume consacré à une petite italienne qui traverse le temps sans prendre une ride. Signé Aurélien Charle, cet ouvrage consacré à la Fiat Panda ravira ceux qui l’ont connue, possédée et ceux qui en rêvent… encore ! (Texte: Dimitri Urbain)

Conçue par Giugiaro dans les années 70, la Fiat Panda connaît une très longue carrière, étalée sur pas moins de 23 ans.  L’auteur retrace son parcours en quelques 120 pages et 12 chapitres. Depuis sa genèse, jusqu’à ses versions plus chic ou 4X4, électrique, les innombrables séries spéciales ou encore la cousine Seat Marbella, elles y sont toutes. La Panda s’inscrit dans la tradition FIAT des petites voitures intelligentes signées Dante Giacosa, les Topolino et 5OO. Après les rondeurs de cette dernière, elle est toute en lignes droites et en angles.

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Le rapport encombrement extérieur/ espace intérieur est excellent et des adultes peuvent prendre place à l’arrière sans trop de difficultés.

Elle représente une sorte de voiture « minimale », avec des sièges très fins, un tableau de bord courant sur toute la largeur de l’auto (et entièrement recouvert de tissu) et regorge d’astuces : banquette transformable en hamac ou encore le cendrier déplaçable. Ce n’est pas pour rien que la publicité en faisait une « voiture à malices » ! Au fil des millésimes, elle se fera beaucoup plus chic, avec des teintes métallisées, un intérieur plus cossu ou… des jantes en alliage. Sa version 4X4, développée en collaboration avec Steyr- Puch en Autriche, en fait toujours aujourd’hui un engin irremplaçable pour de nombreux montagnards. Un chapitre est également consacré aux cousines espagnoles SEAT. Sa version utilitaire Terra a d’ailleurs connu un énorme succès en Belgique, dans les années 80.

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Au fil des saisons, la Panda se mue en voiture chic destinées aux dames des beaux quartiers etpeut recevoir différentes teintes métallisées, des jantes en alliage et des finitions intérieures plus cossues.

Il était à la fois bon marché et doté d’un espace de chargement très important. Soulignons également un chapitre consacré à des versions méconnues comme la Van, l’Emelba ou les créations de carrossiers transalpins comme Moretti ou Boneschi… sans parler des versions de plage ou à 6 roues ! En annexe, tous les numéros de châssis par type et modèle, voilà qui est utile afin d’identifier une voiture. Certainement l’un des meilleurs volumes de cette série et le seul ouvrage en français consacré à la Panda et ses dérivés. A se procurer absolument !

La Fiat Panda de mon père 1980-2003, Aurélien Charle, Editions E.T.A.I., Antony, France. ISBN 979-10-283-0341-9, prix : 29,90 €.

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Déjà un collector ! La Panda 4X4 est un engin assez unique disposant de capacités de franchissement très honorables pour son gabarit. De nombreux exemplaires sont toujours utilisés au quotidien dans les zones montagneuses en Italie, en France ou en Suisse…

Mazda : le rotatif envers et contre tout ! par Dimitri Urbain

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Kenichi Yamamoto est le père du moteur rotatif chez Mazda. Ingénieur, il en a aussi été le directeur exécutif de 1984 à 1987 puis directeur général de 1987 à 1992. Pugnace, c’est à force de travail et entouré d’une équipe compétente qu’il est parvenu à mettre au point le moteur développé par Felix Wankel. Né en 1922, il est décédé en 2017.

Détenteur d’une licence NSU depuis 1960, Mazda n’a cessé de travailler et développer le moteur rotatif. Il a équipé nombre de voitures de série au début des années 70, jusqu’à des autocars ! Avec lui, la marque a même gagné aux 24 H de Francorchamps et au Mans quelques années plus tard. A l’heure actuelle, les réglementations en matière d’émissions font que plus aucun modèle de la marque n’est propulsé par un moteur rotatif sur les marchés européens mais… ça pourrait rapidement changer. Plaisir de conduire et légèreté vont de pair avec le moteur rotatif ! (Dimitri Urbain)

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Tels les 47 samouraïs, voici l’équipe du bureau technique « rotatif » Mazda au complet. Durant les années 60, le moteur rotatif était vu chez Mazda comme un moyen de se différencier des autres constructeurs. La Cosmo Sport a été mise au point grâce aux concessionnaires Mazda du Japon qui ont participé aux essais et à sa mise au point.

Les débuts…

Au début des années 60, Mazda, ou plutôt Toyo Kogyo, est face à un choix crucial : la marque n’a pas d’autre choix que de devenir plus compétitive, afin de se développer, et conquérir de nouveaux marchés à l’exportation. A cette époque, les travaux de Félix Wankel sur le moteur rotatif intéressent de nombreux constructeurs : en effet, il est léger, peu encombrant, silencieux et offre une puissance élevée, son avenir semble alors radieux. Le président de l’époque, Tsuneji Matsuda, est persuadé que Mazda doit se démarquer de la concurrence en mettant sur le marché la technologie du moteur rotatif avant tous les autres constructeurs.

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Le problème majeur du moteur rotatif est l’usure des lobes de rotors. Mazda a mené des travaux afin de déterminer le meilleur matériau pour les réaliser et en finir ainsi avec le problème de fiabilité qui a mené NSU à sa perte.

La marque envoie donc une équipe d’ingénieurs chez NSU, en Allemagne. Dans la pratique, le moteur n’est pas encore au point, loin de là… Le rotor du moteur Wankel a une forme triangulaire. Il tourne à très haute vitesse dans une chambre qui est équipée d’un joint d’étanchéité. Malheureusement, ce joint est usé rapidement par les frottements à l’intérieur du lobe. Bien que la surface soit recouverte de chrome afin de mieux résister, elle se marque très rapidement. Il était crucial de remédier à ce problème avant d’envisager toute commercialisation. Dès lors, Mazda crée un département de recherche spécifique pour le moteur Wankel. Pas moins de 47 ingénieurs sont réunis sont la direction de Kenichi Yamamoto. Celui-ci est aussi doué que tenace et c’est lui qui va faire en sorte que le moteur rotatif soit fiable et… emblématique de Mazda !

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La Cosmo Sport et son moteur. Elle est la première voiture à moteur rotatif à être produite en série au monde, avant la NSU RO 80.

Durant des mois, une multitude de matériaux différents sont essayés afin de trouver de quoi fabriquer les fameux joints d’étanchéité. En interne, de nombreuses voix s’élèvent également contre ces dépenses « inutiles » ! C’est une véritable course contre la montre…En 1963, un ingénieur trouve une solution : il modifie la forme du lobe, ce qui change sa fréquence de résonnance et donc évite l’usure. La mise au point est ensuite assez rapide et permet à Mazda de sortir un premier modèle à moteur rotatif.

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Mazda équipe différents modèles de sa gamme avec un moteur rotatif. Ce coupé Familia est une véritable sportive bien née.

La Cosmo Sport

Présentée le 30 mai 1967, la Cosmo Sport est la première voiture à moteur rotatif produite en (petite) série. Son style unique et particulier n’a alors rien à avoir avec le reste de la gamme du constructeur.  Bientôt, elle est suivie par la Familia Coupé Rotary, que Mazda va exporter en masse aux USA.

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Ce pick up de 1978 fait lui aussi appel à une motorisation rotative ! Il a remporté un certain succès aux USA, où il a été commercialisé plusieurs années.

Des nuages

Malheureusement, en 1970, une nouvelle réglementation limitant les émissions polluantes des voitures est adoptée, et concernera les véhicules neufs vendus à partir de 1975. Qu’à cela ne tienne, Mazda met au point un ancêtre du catalyseur, sous la forme d’un réacteur thermique qui brûle les résidus d’hydrocarbures contenus dans les gaz d’échappement. A telle enseigne qu’en 1973, le ministère américain de la protection de l’environnement teste une Mazda ainsi équipée et la déclare conforme aux futures réglementations. Mazda n’est malheureusement pas au bout de ses peines… après ce problème de pollution, intervient la crise du pétrole.

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Le croiriez- vous ? Ce bus Parkway est lui aussi motorisé par un Mazda rotatif… pour chauffeurs et passagers amateurs de belle sonorité sportive !

Un rude coup porté aux moteurs rotatifs, considérés comme trop gourmands. Dès 1974, la marque lance le « Projet Phénix » qui vise à diminuer la consommation du moteur rotatif de 40% dans les cinq prochaines années. Une première réduction de la consommation d’environ 20% est atteinte assez rapidement puis un ingénieur a l’idée de récupérer la chaleur produite par le réacteur thermique pour en faire un échangeur de chaleur. Grâce à cette technologie, l’objectif est même largement dépassé et la consommation du rotatif baisse de 50% ! Cet exploit technologique mérite bien d’être fêté avec la sortie d’une toute nouvelle voiture…

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La RX7, première génération. Ce coupé compact et élégant offre des performances de haut niveau avec un confort très correct. Il est resté au catalogue de 1979 à 1986.

La RX7

Cette fois, Mazda voit les choses en grand : la RX7 est produite en série. Elle est présentée à Las Vegas en 1978.  En parallèle à sa carrière commerciale, elle s’illustre en course et commence d’emblée par remporter une victoire de classe aux 24H de Daytona. En 1980, elle s’adjuge le championnat britannique des voitures de tourisme et remet le couvert l’année suivante, avec l’écurie TWR. Cette même année, elle gagne également les 24H de Francorchamps. Cette première génération de RX7 demeure au catalogue jusqu’en 1986 et reste la voiture à moteur rotatif la plus produite à ce jour. Cependant, Mazda vise la victoire aux 24 H du Mans… y vaincre serait vraiment porteur pour la marque.

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Mazda et la compétition c’est une longue histoire… de la fin années 70 au milieu des années 80, la RX7 s’est couverte de gloire aux USA, en Australie et en Europe tandis que le moteur rotatif a permis à la marque d’être le premier constructeur Nippon à triompher de manière éclatante dans la Sarthe en 1991.

Des Mazda y ont pris part dès 1974 mais il faut attendre 1982 pour qu’une RX7 termine enfin la course. Tous les efforts seront enfin couronnés de succès en 1991, année où Mazda inscrit son nom au palmarès de la course mancelle. C’est une première pour un constructeur japonais ! La 787B est équipée d’un moteur à quatre rotors de 700 ch dont la fiabilité s’est avérée sans faille.

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La seconde génération de RX7 ne connaît pas le même succès que sa devancière, victime d’une crise économique et d’un taux de change défavorable pour le yen. Elle fait néanmoins partie du panthéon automobile japonais, grâce à des films comme Fast & Furious ou les mangas de la série Initial D.

Nouvelle génération

Après l’éclatante victoire au Mans, Mazda remplace la RX7 par… la nouvelle RX7, de type FD. Cependant, 1991 voit le Japon plonger dans une récession qui fait diminuer fortement la demande des voitures de sport et le yen s’appréciant, les ventes sur les marchés extérieurs sont également mises en difficulté. A cette époque Mazda travaille également sur le développement d’une lumière d’échappement latérale, permettant de conserver la puissance élevée du moteur rotatif tout en lui conférant des caractéristiques proches d’un moteur non suralimenté en matière d’accélérations. En 2002, la demande s’effondre et Mazda n’a pas d’autre choix que de mettre le moteur rotatif en veilleuse… tout en continuant à y travailler.

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Moins sportive, plus confortable et typé « grand tourisme », le coupé Eunos Cosmo du début des années 90 est équipé d’un moteur rotatif trirotor ! Réservé au marché japonais, quelques amateurs éclairés en ont importé en Europe… cette illustration sort d’un catalogue commercial japonais, dans lesquels les constructeurs ont pour habitude de poser des plaques françaises on ne peut plus fantaisistes !

Le moteur RENESIS

En 2003, Mazda est fier de présenter une nouvelle génération de moteur rotatif baptisée « RENESIS », voulant dire « nouveau départ ». Ce nouveau moteur se caractérise par une puissance élevée associée à une consommation et des émissions polluantes en baisse. Afin d’accompagner cette renaissance, Mazda présente la RX8. Ce coupé 4 portes et 4 places est de dimensions réduites et d’un poids contenu, ce qui permet d’atteindre un niveau de performances élevées. En parallèle, Mazda présente une RX8 propulsée par hydrogène. Elle est le fruit de travaux menés par la marque depuis 1991, tant sur la RX7 que sur la MX5.

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La RX8 de 2003, coupé 4 portes 4 places totalement atypique connaît un beau succès sur certains marchés, notamment la Grande Bretagne. Il y est encore possible d’en trouver à des prix très alléchants…

L’avenir

Mazda planche désormais sur l’usage du moteur rotatif afin d’augmenter l’autonomie des véhicules électriques. Ce moteur semble idéal pour un tel usage : compact, léger, silencieux et puissant. Une Mazda Demio EV, présentée en 2013, dispose ainsi de 400 km d’autonomie, grâce au moteur rotatif monté à l’arrière. Plus récemment, le prototype MX30 utilise une technologie similaire. Le moteur rotatif a encore un potentiel de développement important ; outre ses qualités énoncées ci-avant, il est compatible avec différents carburants et peut également venir renforcer des moteurs statiques, tout en offrant des performances écologiques de haut niveau.

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L’avenir du rotatif passera- t-il par l’hydrogène ? C’est l’une des pistes suivies par Mazda, ce moteur s’avérant capable de fonctionner avec divers carburants.

Tous les amateurs qui ont eu un jour des frissons en entendant un moteur rotatif prendre des tours à n’en plus finir n’attendent qu’une chose, son retour dans une Mazda sportive !

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Le prototype RX Vision présenté en 2016 représente à la fois l’avenir et l’héritage de Mazda. Son design de style Kodo est élégant et réussi. Il est propulsé par un moteur rotatif, emblématique de la marque. Il aurait dû sortir en 2020 mais, malheureusement, rien n’est prévu pour lui donner une suite commerciale actuellement.