Essai exclusif : au volant de la Ferrari Roma Spider en terrain connu

Tester une Ferrari sur les routes ardennaises que l’on connait par cœur, ce n’est pas commun. A l’occasion des 6 Heures de Spa-Francorchamps, nous avons pris le volant d’une Roma Spider le temps d’une matinée. On ne s’en est pas remis !

Elle n’a l’air de rien cette Ferrari Roma Spider avec ses lignes de GT et sa capote en toile. Elle ne semble pas particulièrement délicate à appréhender et même son V8 ronronne gentiment avant notre départ. En attendant que les liquides soient à température, on en profite pour en faire le tour. Première bonne surprise, si elle a été passablement modifiée, cette variante découvrable n’en conserve pas moins toute l’élégance de la version coupé. Un raffinement qui est accentué par le choix d’une capote en toile et non d’un toit en dur ce qui implique, comme toujours avec ce choix de carrosserie, un remodelage de la partie arrière où sont intégrés les arceaux qui se déploient en cas de retournement. Les plus observateurs auront également noté l’angle plus incliné du pare-brise renforcé. Tout cela se chiffre sur la balance par un surpoids de 84 kg mais la bonne nouvelle, c’est que la répartition des masses de 48/52% demeure presqu’idéale.

Un déflecteur ingénieux

Une fois à bord, on retrouve l’intérieur habituel des dernières productions italiennes avec des écrans débordants d’informations. Si vous avez fréquenté l’habitacle des 296 GTB/S ou SF90, celui de la Roma vous paraîtra familier. Autant dire qu’il vous faudra un peu de temps pour prendre vos marques si vous découvrez l’environnement digital de l’Italienne. Pour notre part, on se concentre sur le volant où bon nombre de commandes sont regroupées. Le passager a droit à son propre écran d’informations facturé en option. Mais il est temps de profiter du généreux soleil présent tout au long de ce week-end ardennais et nous décapotons l’auto. De quoi pousser la personne dédiée à la préparation de notre exemplaire à nous dévoiler l’astuce principale de ce Spider qui se cache dans notre dos. En fait, il n’y a pas de vitre entre les appuie-têtes ou de filet anti-remous. Cependant, en appuyant sur un bouton de la console centrale, on fait sortir du dossier des « sièges » arrière un volet anti-remous qui empêche l’air de s’engouffrer entre les sièges et crée une bulle d’air dans l’habitacle. Sa fermeture est manuelle et évite ainsi un coûteux système électrique. Bon, cette fois c’est parti !

De la douceur à revendre

L’inévitable portion d’autoroute qui entame notre parcours nous permet de… désactiver les aides à la conduite intrusives mais nous restons en mode Sport alors que l’amortissement piloté optionnel qui équipe notre monture permet également d’activer une fonction « routes bosselées » qui ne sera pas de trop pour avaler certaines portions de routes belges particulièrement dégradées à la sortie d’un hiver que l’on ne peut pourtant pas qualifier de rude. On note immédiatement la remarquable efficacité du déflecteur actif et l’on se laisse bercer par le chant feutré du 3.9 V8 de 620 ch suralimenté. On sourit en doublant des automobilistes admiratifs qui ne se doutent probablement pas de la cavalerie dont on dispose sous le pied droit.

Notre parcours nous entraîne inévitablement vers des routes moins encombrées où les courbes se succèdent et nous permettent de juger les capacités de la belle Italienne. On sent bien que le moteur caché sous le long capot avant ne demande qu’à chanter. On va lui lâcher la bride en arrivant sur la nationale qui relie Remouchamps à Trois-Ponts. Le soleil brille au zénith, la météo est au beau fixe et la route serpente gentiment d’une courbe à l’autre. Quelques lignes droites permettent de monter dans les tours et de faire chanter le moteur en doublant les touristes bataves. La confiance augmente, les pneus sont à bonne température et l’heure est venue de déplacer le manettino sur la position Race.

Un vrai bolide

On entre alors dans une autre dimension, on découvre un caractère insoupçonné chez la Roma Spider. Le moteur devient rageur, la direction s’affirme et les passages de vitesses s’enchaînent à la volée ! Les grandes palettes parfaitement positionnées autour du volant égrènent les rapports à une vitesse digne d’une voiture de course, la douceur en plus, et les systèmes d’assistance laissent suffisamment de liberté au train arrière pour laisser des traces de gomme sur le sol, sans jamais perdre la maîtrise de l’auto. La boîte à 8 rapports à double embrayage héritée de la SF90 est l’une des, si pas la, meilleures du monde. Nous voilà soudainement doté de qualités de pilote que nous ne nous connaissions pas. Mais notre étonnement ne va pas s’arrêter là. Ainsi nous plongeons subitement à droite sur la N645 qui traverse la vallée de la Lienne.

Haut lieu des Boucles de Spa, on reprend alors une petite route en épingle qui monte vers Xhierfomont. L’état de la route est déplorable et l’asphalte glissante exige de belles qualités de la part des trains roulants de la Ferrari. Elle ne se laisse pas impressionner et même si elle cherche encore sa route lorsqu’on accélère à fond en sortie de virage, elle trace son chemin en effaçant les défoncements de la route. Sincèrement, nous n’aurions jamais cru trouver un caractère aussi rageur chez une GT de cette trempe. Sans dire qu’elle pourrait s’aligner à des trackdays, on peut réellement s’amuser au volant et profiter d’une conduite engageante en toute sécurité.

Déplacements confortables

Une fois la séance récréative terminée, la Roma Spider redevient sérieuse. Particulièrement confortable sur les mauvaises routes belges, elle ravira les avaleurs de kilomètres comme les amateurs de bains de soleil. Affichée à 246.389€ tvac, la moins chère des Ferrari cabriolet propose évidemment des possibilités de personnalisation particulièrement nombreuses qui rendent chaque exemplaire unique en son genre. Son coffre de 255 litres n’est pas des plus volumineux et l’espace aux places arrière est véritablement anecdotique mais les couples égoïstes qui se feront plaisir n’en ont cure… (Texte paru dans l’AutoTrends #330 de juillet 2024 / Photos : Christian Kalse)

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