Dakar: interview croisée: David Richards et Nani Roma

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Alors que la 42e édition de ce rallye-raid, désormais disputé en Arabie Saoudite, se termine demain, l’occasion était trop belle de revenir sur la première participation de l’écurie Bahrain Raid Xtreme dirigée par David Richards. L’homme qui, entre autres nombreuses choses, a œuvré pour le développement du sport automobile au Moyen Orient en organisant le tout premier rallye de cette région, au Koweït, en 1976. Il a créé Prodrive en 1984, une écurie devenue l’une des références du sport automobile mondial. Le sémillant britannique est désormais engagé en rallye-raid avec ses deux buggies confiés au français Sébastien Loeb, malheureusement contraint à l’abandon à la suite trop nombreux soucis mécaniques, et à l’espagnol Nani Roma qui fait partie du club très fermé des pilotes ayant remporté le Dakar à moto et en voiture. Depuis ses débuts en 1996, il n’a pas manqué une seule édition du Dakar Rally, fêtant sa 25e participation en 2021. (Photos: DPPI)

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Pourquoi participer maintenant au Dakar Rally avec une nouvelle équipe, Bahrain Raid Xtreme (BRX)?

David Richards (DR): « Au même titre que le Grand Prix de Monaco, Le Mans et Indianapolis 500, le Dakar Rally fait partie des événements majeurs du sport automobile mondial. Ça a donc toujours été notre ambition d’y participer. La réglementation a récemment changé en permettant aux moteurs turbo essence de participer. Quand la réglementation change, c’est toujours le bon moment pour rejoindre une compétition car les participants habitués n’ont pas un énorme avantage sur vous. »

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Quelle est la suite d’événements qui a mené BRX et Hunter à être en Arabie saoudite pour ce Dakar?

DR: « Nous avons commencé à réfléchir il y a deux ans; à quoi ressemblerait notre voiture si nous devions participer au Dakar Rally? Nous avons élaboré un planning et une conversation avec le Prince de Bahreïn à l’occasion du GP de Bahreïn s’en est suivie. Nous avons décidé qu’au lieu de travailler avec un constructeur de manière conventionnelle, nous allions le dessiner nous-mêmes et que ce serait une voiture avec un héritage de Bahreïn. A partir de là, le chemin parcouru a été incroyable. Nous avons dû faire face à un retard de six mois à cause de la pandémie de COVID19. La voiture a roulé pour la première fois il y a seulement trois mois, ce qui est remarquable. Le Dakar Rally est donc une séance d’essais grandeur nature et la voiture a été remarquablement fiable jusqu’à maintenant. »

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Comment l’expérience de Prodrive a-t-elle compté pour permettre à BRX de participer à son premier Dakar Rally?

DR: « Certaines personnes de l’équipe ont participé à l’épreuve l’an dernier, y compris moi. Nous avons fait beaucoup de recherches. Le travail réalisé en amont fait toute la différence quand vous arrivez sur l’événement. Nous avons une équipe formidable avec beaucoup d’expérience; des mécaniciens aux pilotes, en passant par l’équipe logistique. Ils ont fait un travail incroyable. »

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Quels sont les défis rencontrés propres à cette épreuve?

DR: « Cette course comporte de très nombreux défis. Les pilotes et copilotes doivent déployer un effort physique intense. Les voitures doivent être complètement reconstruites en soirée. Il faut aussi gérer toute la logistique et les voyages. L’équipe travaille jusqu’au moins 1h du matin sur les voitures, puis dort sous tente avant de refaire ses bagages vers un nouveau bivouac situé à 800 km. C’est non-stop. Ames sensibles s’abstenir… »

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Qu’est-ce que le Dakar Rally a de tellement spécial?

Nani Roma (NR): « C’est unique, avec de nombreux défis. Voilà plus de 25 ans que j’y participe. C’est donc une partie de ma vie. Rejoindre l’équipe Prodrive et Bahrain Raid Xtreme est très important pour moi. Il y a vraiment une ambiance très amicale durant le Dakar Rally. Le soir, au bivouac, tous les pilotes s’asseyent ensemble pour raconter leur journée.  Il y a  un réel esprit sportif fair-play que vous ne pouvez pas observer dans d’autres sports où la rivalité prend le dessus. Ici, les équipes s’entraident . J’ai déjà croisé Carlos (Sainz) en panne de carburant et j’ai tracté sa voiture. Je sais qu’il aurait fait la même chose pour moi. »

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Quelles sont les sensations d’un pilote sur cette épreuve?

NR: « Nous effectuons un travail énorme et beaucoup d’essais avant la course pour  être aussi bien préparés que possible. Cette année, un défi supplémentaire est venu s’ajouter quand mon copilote attitré (Daniel Oliveras) a été testé positif au Coronavirus juste avant le départ du rallye. Alex (Winocq) n’a rejoint l’équipe que le 24 décembre. Nous avons dû gérer cet élément en parallèle avec la préparation finale. Heureusement, nous travaillons très bien ensemble et on s’améliore chaque jour. Nous communiquons beaucoup et nous prenons de plus en plus de confiance chaque jour avec le buggy Hunter. »

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Justement, décrivez-nous la conduite au volant de cette nouveauté…

NR: « Quand vous pensez à toutes les personnes d’expérience impliquées dans la création de cette voiture, vous ressentez directement que c’est l’une des plus grandes équipes de sport automobile au monde, très professionnelle. Penser que c’est seulement la première course du Hunter dans les dunes de sable est impressionnant. Les forces et les performances de la voiture sont vraiment très bonnes. »

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Que faut-il pour gagner le Dakar Rally?

NR: « L’élément essentiel n’est pas tellement la performance de la voiture mais plutôt l’aspect humain. Jusqu’où chaque pilote est prêt à repousser ses limites. C ’est une course extrêmement exigeante physiquement – à travers des centaines de kilomètres de chemins bosselés et de dunes abruptes, avec des étapes d’environ 5 heures  – donc il importe de savoir ce que chaque pilote peut endurer. Je parlais avec Carlos (Sainz) au bivouac et nous sommes d’accord: c’est bien le côté humain, c’est-à-dire nos corps, qui limite nos performances et pas tellement la vitesse ou la voiture. »

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A quel point ce Dakar est-il différent de celui de l’an dernier?

NR: « La navigation est plus compliquée cette année, surtout avec l’arrivée du roadbook digital. L’année dernière, nous traversions davantage d’étendues désertiques alors que cette année, nous faisons face à des montagnes, des routes rocailleuses et de nombreuses difficultés de navigation. »

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Comment la COVID19 a-t-elle affecté le rallye?

NR: « C’est très différent. Il n’y a pas d’hôtels et tout le monde doit rester ensemble, dans la bulle. C’était identique il y a 25 ans, quand j’ai participé à mon premier Dakar. La communauté était très soudée. C’est l’un des aspects positifs de la COVID19. » (Rédigé en partant d’un communiqué – Photos: DPPI)

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