Ford vous donne rendez-vous aux Spa 6 Hours en septembre…

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En 2019, Ford célèbre la victoire de la Ford GT40 aux 24 Heures du Mans de 1969. Cette victoire – avec Jacky Ickx dans un rôle principal inoubliable – est tellement légendaire que, cinquante ans plus tard, Ford veut rendre hommage à cet instant héroïque. Ceci non seulement en élançant la nouvelle Ford GT vers la victoire aux 24 Heures du Mans en juin, mais aussi avec une reconstitution jamais vue sur le circuit de Spa-Francorchamps en septembre.

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Ford y fera revivre, lors des Spa Six Hours le dimanche 29 septembre, le départ et l’arrivée de la course de l’époque, avec pas moins de 50 Ford GT et GT40 des trois générations ! Dans ce contexte, le départ et l’arrivée de la course d’origine seront mis en scène, avec la Ford GT40 « Numéro 6 » en uniforme Gulf qui part en dernier et arrive quelques tours plus tard la première. Un spectacle à ne pas manquer !

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Départ légendaire
Dans le monde du sport automobile, vous avez de belles victoires et vous avez des victoires de légende qui restent gravées dans toutes les mémoires. C’est de cette dernière catégorie que relève la victoire de la Ford GT40 aux 24 Heures du Mans de 1969, avec au volant Jacky Ickx et Jackie Oliver. Non seulement la victoire proprement dite, mais aussi la manière dont elle a été décrochée enflamment l’imagination.

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Au milieu des années 1960 du siècle dernier, Ford a développé la GT40 dans le but de battre à plate couture la concurrence aux 24 Heures du Mans : une vengeance sportive envers une marque de voitures de sport de Maranello dont on ne précisera pas le nom, qui a choqué Ford lors de pourparlers en vue d’une reprise plus tôt cette décennie-là. Après avoir inscrit à son nom la victoire à la course d’endurance légendaire au Circuit de la Sarthe en 1966, 1967 et 1968, Ford semblait imbattable avec sa GT40.

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En 1969, la course paraissait toutefois perdue dès le départ. Par mécontentement avec la procédure de départ franchement dangereuse de la course d’endurance, Jacky Ickx refusait de participer au « départ Le Mans » caractéristique, où les pilotes devaient, au péril de leur vie, courir sur la grille de départ vers leur voiture avant de pouvoir partir. Dans ce contexte, de nombreux pilotes se moquaient des règles de sécurité concernant l’utilisation de la ceinture, ce qui a entraîné des situations dangereuses à plusieurs reprises.

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Victoire légendaire
Jacky Ickx avait déjà plaidé précédemment en faveur de l’abolition du « départ Le Mans », en vain, auprès des organisateurs de la course d’endurance. En signe de protestation, il a marché tranquillement au début de la course vers sa Ford GT40, a bouclé sa ceinture en toute sécurité et est parti bon dernier.

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L’action remarquable de Jacky Ickx a recueilli une grande admiration et attiré l’attention sur le problème du « départ Le Mans ». Mais Ickx étant parti en dernier avec sa Ford GT40 – numéro de série 1075, soit la même voiture que celle ayant remporté les 24 Heures du Mans l’année d’avant –, une longue série de manœuvres de dépassement tout au long de la course l’attendait. La victoire semblait donc bien loin. Et pourtant, il fut le premier à franchir la ligne d’arrivée, au bout de 24 heures de course avec Jackie Oliver comme deuxième pilote, avec seulement 120 mètres d’avance sur la voiture arrivée deuxième. Il a recueilli beaucoup de respect et a ainsi permis à la Ford GT40 de décrocher sa quatrième victoire d’affilée.

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Spa Six Hours
Cinquante ans après cette date, la victoire de 1969 relève toujours des faits saillants les plus emblématiques des 24 Heures du Mans. Une reconstitution de cet instant s’imposait donc.
La collaboration avec les Spa Six Hours n’est pas le fruit du hasard. Vincent Collard de Roadbook, organisateur de l’événement destiné aux voitures de course historiques, déclare : « Avec les Spa Six Hours que nous amenons chaque année au Circuit de Spa-Francorchamps, nous voulons faire revivre ce récit glorieux du sport automobile. Quand nous avons appris que Ford voulait faire revivre la victoire de la Ford GT40 aux 24 Heures du Mans de 1969, j’ai directement été enthousiaste. Pas moins de 20 Ford GT40 participent en effet à notre événement, un signe de l’impact que le modèle a eu sur l’histoire du sport automobile. »

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Lors des Spa Six Hours, les légendes de course d’antan feront à nouveau vrombir leur moteur et s’affronteront dans différentes catégories. Endurance cars, pre-war sportscars, historic F1, pre-1966 touring cars… Toutes se lanceront une lutte acharnée comme à leur apogée. Un spectacle inoubliable !
Rendez-vous le 29 septembre au circuit de Spa-Francorchamps…

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Blue & Orange, ou les couleurs Gulf aux 24 heures du Mans

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A l’occasion des 50 ans de la première victoire mancelle d’une voiture aux coulers du pétrolier Gulf, le Musée des 24 heures du Mans ont organisé une petite retrospective avec quelques modèles emblématiques ayant écrit la légende de ces célèbres couleurs. Celle-ci se tient jusqu’au 23 septembre 2018.

C’est pourtant au printemps 1966 que Grady Davis, un américain vice-président de la Gulf Oil Corporation, débarque à Slough, au sud de l’Angleterre pour venir choisir sa Ford GT40. Il rencontre John  Wyer, à la cinquantaine bien entamée, et qui ne se laisse pas impressionner par ce Ricain un peu trop sûr de lui à son goût.

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Et pourtant… après quelques minutes, les deux hommes se comprennent et si les modalités concernant la GT40 achetée par Davis sont vite réglées, les deux hommes entament une conversation autour de l’engagement des GT40 en Championnat du Monde des Marques. Les tensions sont vives chez Ford et la victoire des Américains cette année-là au Mans ne va rien arranger. Wyer est déjà à la recherche d’un nouveau défi et l’occasion est belle puisque le patron de la Gulf cherche à mettre davantage ses couleurs en évidence via le sport automobile.

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Quand la Mirage redevient GT40

Ainsi naît la structure JW Automotive Engineering (des initiales de John Wyer et de son associé John Willment), qui deviendra par la suite John Wyer Automotive Engineering (JWAE). La première apparition mancelle de cette nouvelle entité a lieu en 1967, avec une version allégée au toit surbaissé de la Ford GT40, et baptisée Mirage M1. Après un double abandon, l’équipe se voit contrainte de déliasser cette voiture suite à la limitation à trois litres de la cylindrée des prototypes. John Wyer se rabat alors sur la Ford GT40, homologuée quant à elle en catégorie Sport. La légende est en marche…

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… avec deux victoires consécutives aux 24 Heures du Mans. En 1968, la course est reportée à la fin du mois de septembre et, de ce fait, constitue la dernière manche du Championnat du Monde des Marques. Largement dominatrice, la Ford GT40 de Pedro Rodriguez et Lucien Bianchi remporte la course, offrant du même coup un troisième titre mondial consécutif à Ford. Puis, en 1969, le même châssis, cette fois aux mains de Jacky Ickx et Jackie Oliver, signe une victoire d’anthologie. Parti bon dernier après avoir marché vers sa voiture en signe de protestation contre le départ en épi, Jacky Ickx arrache dans le tout dernier tour de course la victoire à la Porsche 908 de Hans Herrmann!

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Pas de victoire pour la 917 Gulf

Pour 1970, John Wyer remise la Ford GT40 et devient partenaire de Porsche et de sa 917… une voiture malheureusement absente de cette rétrospective, les organisateurs ayant choisi d’exposer une version « Martini » de la 917 LH. Heureusement, Le Rédacteur Auto est futé et il vous en a dégoté une dans le Village commercial.

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Les longues queues (LH) ne s’imposeront jamais au mans, pas plus que les 917 K aux couleurs Gulf. Mais elles resteront néanmoins dans l’histoire puisque, lors des essais préliminaires d’avril 1971, où le Britannique Jackie Oliver, victorieux en 1969, atteint la vitesse de pointe record de 386 km/h. Deux mois plus tard, en qualifications, Pedro Rodriguez, vainqueur en 1968, réalise la pole position en 3’13 »9, à plus de 250 km/h de moyenne.

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En fait c’est grâce au cinéma que la Porsche 917 aux célèbres couleurs de Gulf va l’emporter aux 24 Heures du Mans par la grâce de Steve McQueen et de son film « Le Mans », produit par le comédien et tourné pendant l’édition 1970. La 917 bleu ciel et orange signe même un doublé, grâce à Paul-Jacques Dion (interprété par le comédien et cascadeur français Jean-Claude Bercq) et Michael Delaney (Steve McQueen). Ce film-culte participera énormément à la légende de Gulf en Sport Automobile!

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Après les victoires mancelles de la Ford GT40 (1968-1969) et les records de la Porsche 917 (1970-1971), la réglementation technique des prototypes trois litres ramène John Wyer et l’équipe Gulf aux sources de ses châssis Mirage, qui étaient ceux de leur première apparition mancelle commune en 1967.

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Moins d’argent mais la victoire

C’est aussi un nouveau départ pour l’équipe, qui prend le nom de Gulf Research. A sa tête, on retrouve John Horsman, l’homme qui avait fait de la Porsche 917 K la machine à gagner de 1970 et 1971, mais John Wyer, à l’époque âgé de 63 ans, est toujours présent.

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L’ingénieur britannique Len Bailey dessine la Mirage M6, équipée du moteur V8 Ford-Cosworth 3 litres dominateur en Formule 1 depuis 1968. Mais après des débuts difficiles, l’équipe renonce aux 24 Heures du Mans 1972. Gulf fait donc son retour dans la Sarthe en 1973, mais les deux M6 sont contraintes à l’abandon.

En 1974, les Mirage M6 sont rebaptisées Gulf GR7. Après le départ de son adversaire principal Ferrari, qui a décidé de reconcentrer ses forces sur la Formule 1, Matra domine les 24 Heures et remporte une troisième victoire consécutive. Alors que le constructeur français termine vainqueur et troisième, la Gr.7 du duo britannique Derek Bell-Mike Hailwood rallie l’arrivée en quatrième position.

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En 1975, le départ à la retraite de Grady Davis, Vice-Président de Gulf et initiateur de l’arrivée des couleurs bleu ciel et orange de la compagnie pétrolière en endurance en 1967, a pour conséquence une réduction drastique du budget alloué à la compétition, à une époque où le monde subit encore le contrecoup du choc pétrolier de 1973. John Wyer et John Horsman parviennent toutefois à convaincre Gulf de financer la participation de deux voitures aux 24 Heures du Mans. Ce sera pour Gulf Research un superbe chant du cygne.

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Encore et toujours Jacky Ickx

Matra est parti préparer son arrivée en Formule 1 avec Ligier, tandis que Renault-Alpine et Alfa Romeo, les duellistes du Championnat du Monde des Marques 1975, ont renoncé au double tour d’horloge sarthois. Les deux nouveaux prototypes Gulf Gr.8, toujours propulsés par le V8 Ford-Cosworth, terminent sur le podium des 24 Heures. Associés pour la première fois dans la Sarthe, Jacky Ickx et Derek Bell remportent la première de leurs trois victoires en duo. « Jacky est probablement le meilleur coéquipier avec lequel j’ai jamais piloté, raconte aujourd’hui Derek Bell. Lorsque je reprenais le volant de la voiture, je la retrouvais aussi bonne que lorsque je l’avais quittée. J’ai toujours eu une grande admiration et un énorme respect pour lui. »

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Le Belge et le Britannique retrouvent sur le podium leurs compagnons d’écurie Vern Schuppan et Jean-Pierre Jaussaud, troisièmes. De 1968 à 1975, huit vainqueurs des 24 Heures du Mans ont porté la livrée bleu ciel et orange de Gulf : Richard Attwood, Derek Bell, Lucien Bianchi, Jacky Ickx, Jean-Pierre Jaussaud, Jackie Oliver, Pedro Rodriguez et Vern Schuppan. Ils cumulent 18 victoires sarthoises.

Par la suite, on a retrouvé les couleurs de Gulf au Mans à de nombreuses reprises ces deux dernières décennies, grâce notamment à Sir Lindsay Owen-Jones, actuel Président de la Commission Endurance de la Fédération Internationale de l’Automobile, et aussi à Aston Martin Racing, avec une victoire de catégorie aux 24 Heures du Mans 2008. Mais les années 1967-1975 restent encore aujourd’hui la période pionnière, celle où s’est définitivement forgée la légende en bleu ciel et orange.

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Des couleurs légendaires

Conscients des faibles retombées publicitaires enregistrées par les pétroliers (BP notamment) dans leurs précédentes opérations publicitaires, Wyer et Davis décident de décorer entièrement les voitures aux couleurs Gulf plutôt que de charger une carrosserie anonyme de stickers de la marque ce qui est véritablement révolutionnaire à l’époque.

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Toutefois, le bleu sombre de Gulf n’est pas très excitant et ce seront les couleurs de la Wilshire Oil (bleu ciel/orange), une société récemment acquise par le groupe qui seront retenues. Ce sera le coup de génie! Le temps n’est pas encore aux audaces graphiques, du moins en Europe, et la plupart des concurrents restent fidèles aux couleurs nationales. Dans un paysage un peu terne, les voitures de Wyer ne passeront jamais inaperçues et leurs couleurs, mais aussi la qualité de leur préparation en feront des modèles à part. Le succès aidant, Gulf devient rapidement un label plus qu’un annonceur et la majorité des chroniqueurs, peu complaisants pour les publicitaires, n’hésiteront jamais à parler de « Ford Gulf » ou de « Gulf Porsche » pour les différencier de leurs concurrentes souvent moins glorieuses.

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Sources:

https://www.caradisiac.com/GULF-AU-MANS-Couleurs-mythiques-page-50525.htm

https://www.lemans.org/fr/news/gulf-1967-1975-1-les-annees-ford-gt40/45667