Si la Mercedes-AMG GT3 éprouve du mal à pointer aux avant-postes en WEC, le bolide allemand entend jouer la gagne ce week-end lors des 24 heures du Nürburgring. Notre compatriote Maxime Martin fera partie des équipages très attendus, et partagera son stand avec Max Verstappen aligné sur une autre AMG GT3 de pointe. On a rencontré le Bruxellois quelques heures avant le départ des 6 heures de Spa-Francorchamps.

Être dans le Top10 au départ à Spa, c’est essentiel ?
« C’est toujours préférable de s’élancer dans la première partie du peloton et d’éviter les mauvais coups. On a davantage travaillé sur le confort et la dégradation des pneus que sur la performance pure donc la 8e place de mon équipier sur la grille augure de belles choses en course. Potentiellement, on devrait moins user de la gomme que certaines concurrentes donc on va tenter de remonter dans la classement au fur et à mesure des relais. »
Tu nous confirmes que la Benz est meilleure en course qu’en qualifs ?
« Clairement. C’est une de ses forces. On est assez constant et c’est ce qui est le plus important en endurance. Elle a peu de défauts donc elle est toujours globalement agréable à piloter. Quel que soit le championnat où la marque de pneumatiques imposée, l’AMG GT3 est confortable et c’est ce que visent les services compétition-client sachant que ce sont des pilotes amateurs ou semi-professionnels qui doivent la piloter aussi. »

Est-ce que les soucis rencontrés en Italie ont été résolus ?
« On a changé le moteur suite à nos problèmes d’Imola, lors de la première manche. Normalement, on fait toute une saison avec un moteur mais pour les 24 heures du Mans, on a d’autres spécifications et donc d’autres moteurs sur les voitures engagées par Iron Lynx. »
Etes-vous limités en nombre de pièces comme en F1 ?
« Il n’y a pas de limitation imposée par le règlement. Cela dépend de chaque constructeur, de ce qu’il préconise et des spécifications de chaque marque. »

La Mercedes est arrivée très tard en WEC lorsque l’engagement a été décidé via Iron Lynx en 2025. Sur quoi avez-vous travaillé pour améliorer les résultats ?
« Le projet s’est en effet décidé très tard. Donc il n’y avait pas eu de préparation de la part d’AMG pour une réglementation WEC totalement différente de ce que l’on peut trouver en GT World. En WEC, on a des capteurs de puissance et des transferts de données auxquels AMG a dû s’adapter en dernière minute. Ce fut un apprentissage énorme pour le constructeur mais également pour l’équipe qui découvrait une nouvelle marque après avoir fréquenté Ferrari et Lamborghini. Sans oublier la Balance des Performances qui nous a bien pénalisé au début, ne sachant pas où nous allions nous situer par rapport à la concurrence. Cette saison, on a désormais une équipe technique qui comprend mieux l’auto et les pneus ce qui améliore inévitablement nos performances en course. »

Comment vis-tu l’obligation de rouler avec des équipiers moins performants ?
« C’est évidemment tout le jeu des compétitions PRO/AM. Au final, mon rôle est d’être performant sur la piste mais celle-ci est très peu déterminante dans le résultat final. On sait bien qu’entre les professionnels, les écarts sont minimes, de quelques dixièmes, alors qu’entre un pilote bronze et un pilote silver, les écarts peuvent se compter en secondes. Mon boulot est avant tout de leur faire profiter de mon expérience, des les accompagner dans leur pilotage pour qu’ils soient le plus à leur aise possible. J’essaye de régler la voiture pour qu’elle ne soit jamais vicieuse, qu’ils puissent s’y sentir à leur aise en toutes circonstances. Un pilote bronze qui ne sent pas la voiture peut vite perdre des poignées de secondes là où un pilote professionnel perdra quelques dixièmes. Personnellement, si j’avais le choix, je préfèrerais faire le WEC en pro mais le règlement est ainsi fait. Et puis, il reste d’autres championnats et d’autres courses où je peux rouler avec d’autres professionnels »

Cela dit, à la fin de la course, le dernier relai est souvent assuré par les pilotes expérimentés et le résultat final peut dépendre largement du talent de celui qui est volant. Souvent, le jeu des voitures de sécurité regroupe les voitures avant la dernière heure donc il est important d’avoir un pro de bon niveau pour bien figurer à l’arrivée. Malheureusement, la dixième place obtenue à l’issue de la course ardennaise n’était pas à la hauteur des espérances de l’équipe italienne. Place maintenant aux 24 heures du Ring où Maxime possède de bonnes chances de remporter l’une des plus grandes courses d’endurance réservées aux GT. On croise les doigts. (Photos : site officiel WEC/DPPI)

