Le Spider de Renault fête déjà ses 25 ans!

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Un Espace avec des moteurs de F1 et un spider 100% fun, le slogan « Vive le sport! » avait tout son sens à l’époque chez Renault. 

En 1995, le Renault Spider faisait sa première apparition publique au Salon de Genève. Retour sur ce véhicule ludique unique en son genre, vitrine du savoir-faire de Renault Sport. (Communiqué de presse)

Au début des années 90, l’écurie Williams-Renault remporte de nombreuses victoires en F1 et Renault y voit une opportunité d’exploiter cette notoriété en lançant une voiture de sport. Le concept-car Laguna présenté en 1990 montre l’intérêt du public pour un roadster à moteur 4 cylindres central qui porte pour la première fois le badge « Renault Sport », une signature devenue aujourd’hui synonyme de performances de haut niveau. Développé dans l’usine Alpine de Dieppe, un premier prototype est présenté en 1994.

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C’est le succès du concept car Laguna, présenté en 1990 qui a donné l’idée de commercialiser un spider 2 places à l’équipe de designers dirigée alors par Patrick le Quément.

Son design audacieux s’inspire de l’Alpine A220 Cévennes, une voiture de rallye des années 70 à l’arrière tronqué. Afin de gagner du poids, la structure de ce véhicule est réalisée en aluminium, ce qui lui permet de peser seulement 930 kg. Pour le motoriser, le choix se porte sur le bloc 2 litres 16 soupapes F7R fort de 150ch, issu des Clio Williams et Mégane Coupé 16V.

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Sous son capot arrière, on retrouve le 2.0 litres 16 soupapes de la Clio Williams. Il y a pire comme référence…

Deux versions
Le Spider est présenté pour la première fois au grand public lors du Salon de Genève 1995 où il remporte un franc succès d’estime. Fait unique dans la production automobile moderne, cette voiture est disponible en deux versions : l’une sans pare- brise, avec saute-vent et l’autre avec pare-brise. Accusant 35 kg de plus sur la balance, cette dernière sera la plus répandue car beaucoup plus pratique à l’usage.

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Simplicité et légèreté, deux mots qui ont totalement disparus dans le vocabulaire de l’automobile de 2020…

Construit entièrement à la main dans l’usine de Dieppe, le Spider est extrêmement dépouillé. Il n’y a pas, par exemple, de chauffage à proprement parler. Seul le radiateur d’eau placé dans le compartiment moteur, derrière les sièges, permet de gagner quelques degrés… à tout moment ! Dépourvu d’ABS et disposant d’un empattement court (2,34 m), le Spider est un engin qui se pilote en raison de la vivacité de son comportement.

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Avec 1726 exemplaires produits, le Spider de Renault est devenu très recherché chez les amateurs de voitures exotiques.

Oiseau rare
De 1995 à 1999, seuls 1726 exemplaires du Spider ont été produits, dont 80 Spider Trophy destinés au championnat européen éponyme. Radical dans sa philosophie, ce véhicule n’était pas destiné à être produit en masse. Si sa diffusion est restée confidentielle, sa notoriété est énorme et le Spider est resté dans toutes les mémoires, 25 ans même après son lancement. Objet rare dès sa commercialisation, il fait aujourd’hui encore tourner la tête des collectionneurs qui se l’arrachent à prix d’or…

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L’usage du casque est vivement conseillé, ne fut-ce que pour éviter les tourbillons d’air à hauteur de l’habitacle.

Michelin présente son nouveau Pilot Sport CUP2 CONNECT et promet plus de performances plus longtemps

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Selon le manufacturier de Clermont-Ferrand, le nouveau Pilot Sport CUP2 CONNECT a été conçu en intégrant un conteneur destiné à recevoir un capteur, ce qui fait de lui le premier pneu de série 100% connectable. Les utilisateurs n’ont alors plus qu’à y insérer les capteurs de la solution Track Connect afin de profiter des multiples fonctionnalités de l’ensemble et optimiser encore plus leurs performances lors de roulages sur circuit. Dédié à 80 % au circuit et 20 % à la route, ce pneu ultra-sportif conserve une grande polyvalence pour une utilisation quotidienne tout en offrant un haut potentiel sur piste.

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Nouvelle architecture pour plus de stabilité et plus de sécurité

Pour combiner à la fois un excellent ressenti et une grande efficacité, le nouveau Michelin Pilot Sport CUP2 CONNECT associe dans sa construction deux nappes polyester, deux nappes acier et une nappe polyamide. Il bénéficie également de plusieurs technologies de pointe:

  • Wavy Summit Architecture: ondulation des nappes sommet par l’ajout de caoutchouc sous le câble d’acier structurel du pneu, ce qui a pour bénéfice de diminuer le temps de réponse et d’augmenter la sensation de sportivité au volant.
  • Dynamic Response Technology: ceinture hybride en aramide et nylon de haute densité qui favorise la précision de conduite et le comportement du pneu sous sollicitation. Cette ceinture, qui se situe juste en-dessous de la bande de roulement, est à la fois très résistante et légère. Ainsi, à poids équivalent, le nylon et l’aramide associés sont cinq fois plus résistants que l’acier.

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Ces améliorations techniques autorisent des vitesses de passage en courbe plus élevées et une excellente stabilité à haute vitesse. Sur circuit, cela se traduit par de meilleurs temps au tour(1) et davantage de sécurité sur piste comme sur route.

Nouvelle bande de roulement pour un meilleur contrôle et une plus grande longévité

  • Bi Compound Technology: la sculpture asymétrique non directionnelle de la bande de roulement du nouveau Pilot Sport CUP2 CONNECT utilise la technologie «Bi-Compound» avec, sur le côté extérieur, un élastomère spécifique dont la souplesse est adaptée pour apporter un maximum d’adhérence sur sol sec dans les virages serrés et côté intérieur un élastomère plus rigide, qui optimise le guidage, la précision et le contrôle.
  • High Molecular Chain: le Michelin Pilot Sport CUP2 CONNECT bénéficie d’un nouveau mélange de gomme avec des «élastomères fonctionnels», permettant d’obtenir un matériau plus homogène et une meilleure résistance au roulement (efficacité énergétique), mais également une adhérence plus forte sur sol mouillé grâce à un dosage plus important de silice fine.
  • Track Longevity Technology 2.0: des renforts sur l’épaule extérieure rendent le pneu plus résistant à l’usure en usage circuit et permettent d’augmenter la performance et de la maintenir tour après tour.

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Des bénéfices démultipliés sur piste, encore plus avec l’application Michelin Track Connect

Grâce à ces technologies, le Pilot Sport CUP2 CONNECT enrichit non seulement l’expérience de pilotage d’un point de vue subjectif (contrôle de la direction et tenue de route grâce à une empreinte au sol optimisée) mais aussi de manière objective. Il est en effet plus rapide de 7,29 secondes(1) après une série de 10 tours que l’ancien pneu Pilot Sport CUP2. L’utilisation de Michelin Track Connect permet – grâce aux recommandations de pressions optimales transmises par l’application – de rouler encore plus vite et plus longtemps avec un gain de 7″40(2) après une série de 15 tours consécutifs.

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La BMW M2 CS sera la première voiture équipée en première monte de pneus Pilot Sport CUP2 Connect (en 245/35 ZR19 (93Y) XL TL PILOT SPORT CUP 2 * DT1 MI à l’avant et 265/35 ZR19 (98Y) XL TL PILOT SPORT CUP 2 * DT1 MI à l’arrière), faisant de celui-ci le premier pneu sportif connectable avec marquage OE (3).

Disponible également sur le marché du remplacement dans 41 dimensions (95% de couverture du marché) pour des jantes de 17 à 21 pouces, le pneu Michelin Pilot Sport CUP2 CONNECT est compatible avec la majorité des sportives du marché, de 200 à plus de 750 ch. Il s’adresse aux pilotes débutants ou expérimentés, leur permettant d’augmenter leur expérience de conduite sur circuit, et d’améliorer leur temps au tour.

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(1) Etude interne, Porsche 991 GT3 équipée de Michelin Pilot Sport CUP2 Connect, dimensions 245/35ZR20 et 305/30ZR20, sur le circuit de Valencia (07/2018) et Renault Megane 3 RS équipée de Michelin Pilot Sport CUP2 Connect dimensions 235/35ZR19 circuit de Charade et Ladoux N°3 (10/2018), après 10 tours, en comparaison avec la génération précédente Pilot Sport CUP2.

(2) Etude interne certifiée par huissier sur Porsche 991(991) GT3 RS avec la solution Michelin Track Connect, équipée de Pilot Sport Cup2 CONNECT en dimensions 265/35ZR20 et 325/30ZR21, en comparaison avec la génération précédente Michelin Pilot Sport Cup2, effectuée au circuit Andalucia Espagne (11/2019) après 15 tours. Les conditions réelles d’utilisation peuvent varier.

(3) OE : Original Equipment soit homologation en première monte.

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Printemps 2020: sorties et nouveautés – DS par Dimitri Urbain

Base de donnée : Astuce Productions
DS va-t-il réellement tailler des croupières à ses concurrents allemands, omniprésents sur le marché de la berline de luxe ?

La marque de luxe de Citroën se cherche un peu ces derniers temps, avec l’abandon de carrosseries conventionnelles au profit de SUV. DS voulant à tout prix damer le pion aux constructeurs allemands, il était donc indispensable de proposer une berline. Les ventes devraient être plus importantes en Chine qu’en Europe et donc c’est une base PSA qui est modifiée pour devenir une DS, en l’occurrence la 508 chinoise, dans sa version longue. En soi certainement pas une mauvaise voiture mais on peut légitimement se poser la question de l’originalité et du côté unique de DS au vu de cet engin. La face avant est relativement proche de celle de la DS7.

Base de donnée : Astuce Productions
Les indicateurs de direction placés dans les montants arrière font un clin d’oeil à la Citroën DS de 1955.

Clin d’œil à la DS, la vraie, les indicateurs de direction arrière sont positionnés en hauteur! A près de 5m de long et 1,85 m de large, la DS9 est aussi imposante qu’une Série 5. L’intérieur est conforme aux standards de la marque, avec du cuir Nappa à profusion. Elle sera d’abord disponible en hybride, équipée d’un moteur 1,6 l essence turbo 180 ch associé à un moteur électrique de 110 ch intégré à une boîte automatique 8 rapports. Dans quelques mois, DS promet d’autres motorisations hybrides: 250 ch en deux roues motrices ou 360 ch avec transmission intégrale. En parallèle, une version essence de 225 ch sera également disponible, pour les irréductibles qui ne sont pas encore prêts à passer à l’électrique… ce qui se comprend facilement à la lecture de la fiche technique, avec une autonomie électrique ne dépassant pas 50 km. Plusieurs modes de conduite sont disponibles: électrique; hybride et Sport E-Tense. Différents équipements seront de série comme la suspension active pilotée, la conduite semi-autonome de niveau 2, l’éclairage à LED ou encore l’aide au stationnement. La DS9 ne soulèvera certainement pas l’enthousiasme des foules, même si elle est réussie et élégante, dans son ensemble.

Base de donnée : Astuce Productions
Le tableau de bord de la DS9 se veut une représentation du luxe à la française…

Certains éléments, comme la décoration centrale du capot, nommée « clous de Paris », peuvent plaire en Chine mais font vraiment pièces rapportées et bling bling pour les Européens! Nul doute qu’il ne faudra pas attendre trop longtemps pour que cet élément passe à la trappe. Quant à sa crédibilité face aux Audi, BMW et autres Mercedes, rien n’est fait. Et un certain optimisme côté tarifs pourrait vite réduire les ventes à peau de chagrin. (Dimitri Urbain)

Base de donnée : Astuce Productions
La DS9 est une adaptation de la Peugeot 508 longue produite en Chine.

Essai: Renault Captur Initiale Paris TCe 155 EDC: Un deuxième tir bien cadré

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Arrivé trois ans après le Nissan Juke, commercialisé chez nous en 2010, le Renault Captur fait partie des pionniers européens de la catégorie des SUV compacts. Il en a d’ailleurs bien profité lors de ses premières années de commercialisation puisqu’il s’en est vendu plus de 1.500.000 exemplaires. Construit dans l’usine espagnole de Valladolid, il était temps pour lui de se renouveler totalement pour mieux affronter une concurrence devenue innombrable. Et le Rédacteur Auto a eu droit, en primeur, à y goûter pendant une semaine!

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Ceux qui nous suivent depuis plus de dix ans le savent, on la joue toujours assez franco lors de nos essais. Alors avouons-le, le Captur de première génération ne nous a jamais attirés. La faute à ses formes un peu trop molles qui manquaient d’assurance et une image un peu vieillotte. Sans révolutionner son style, le nouveau venu parvient à en imposer davantage avec son bouclier avant échancré, sa signature lumineuse typique et sa face arrière mieux charpentée. Pour cette découverte, l’importateur nous a confié un TCe 155 EDC GPF en finition haute Initiale Paris. Autant dire que l’on se sent immédiatement à l’aise à bord. Les sièges offrent une position de conduite parfaite et maintiennent suffisamment les occupants des places avant. Devant lui, le conducteur découvre un tableau de bord inédit au design plaisant. Au centre trône le système d’infodivertissement matérialisé par une tablette verticale aux dimensions inédites dans ce segment.

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J’aime bien

Ce petit 1.3 essence 4 cylindres de 155 chevaux assure parfaitement son travail dans un calme assez impressionnant en ville où il se fait totalement oublier. Discret, il répond néanmoins à la moindre accélération et sa puissance est appréciable même pour un SUV compact à priori adressé à un public paisible. La boîte automatique est parfaitement accordée à cette mécanique. Les palettes de vitesse au volant nous semblent un peu superflues dans pareil véhicule même si son comportement est, de manière surprenante, assez dynamique. Il ne rechigne pas à s’activer et le freinage se révèle performant lorsqu’on l’utilise à la manière d’un cador des circuits. A allure plus raisonnable, le confort est assez probant et demeure l’une des grosses qualités de la marque boulonnaise.

2019 - Essais presse Nouveau Renault CAPTUR en Grèce

Plutôt malin

On est plutôt fan de l’habitacle joliment conçu. Le volant à trois branches est agréable à utiliser tandis que le dessin des indicateurs centraux sont clairs et facilement exploitables. Les trois gros boutons de la climatisation permettent, là aussi, d’accéder facilement aux réglages et nous noterons également que le commodo de la radio présent à la droite du volant a enfin changé alors que le précédent, toujours présent à bord de l’Alpine pour ne citer qu’un exemple, datait de Mathusalem. La taille des boutons enchâssés sous l’écran central et qui gèrent les sièges chauffants, le start & stop, le verrouillage central ou encore l’aide au stationnement automatique auraient pu être plus grands. Et on ne parle pas des quatre boutons à la gauche du volant, difficilement visibles et accessibles. Ceux-ci contrôlent la luminosité du tableau de bord, la hauteur des phares mais aussi le volant chauffant ou encore le contrôle de trajectoire. Notre modèle ne disposait pas des compteurs analogiques mais on pouvait néanmoins opter pour son mode de conduite via le Multi-Sense. En Mode Sport, la direction est durcie et le moteur se révèle plus vif via l’accélérateur, plus direct mais c’est tout.

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Cette console aérienne est particulièrement réussie.

 J’aime moins

La boîte automatique se révèle à l’usage un peu lente ce qui, selon nous, est très souvent lié à ce type de transmission aussi évoluée soit-elle. Ce qui est plus contrariant à nos yeux, c’est le temps qu’elle prend, lors des redémarrages, pour faire avancer le véhicule. Et couper le start & stop n’y change rien. A chaque fois, comme elle ne démarre pas instantanément, on accélère plus fort et du coup, les redémarrages sont brutaux. C’est une question de nuance mais avec ce type de réaction lente, on comprend mieux pourquoi certaines conducteurs mettent souvent des plombes avant de démarrer aux feux verts!

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Pourquoi je l’achète

Pour ne citer que ses concurrentes françaises comme le Peugeot 2008, le Citroën C4 Cactus ou le DS3 Crossback, le Renault Captur fait davantage l’unanimité en matière de style ou d’aménagement intérieur. Celui-ci a fait de fulgurants progrès mis en exergue dans cette version Initiale Paris avec le cuir omniprésent dans l’habitacle mais aussi de jolies sur-coutures ou encore des touches de chrome multiples sur les boutons. Des détails que l’on avait déjà soulignés dans la nouvelle Clio dans sa finition haute. La finition est en progrès et la qualité des plastiques est assez étonnante pour une voiture de cette catégorie. Enfin, le confort figure au rang de ses qualités historiques et conserve ce statut tandis que les aspects pratiques marquent également sa personnalité avec sa banquette arrière réglables ou encore ses espaces de rangements généreux.

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Pourquoi je ne l’achète pas

Avec ce 1.3 turbocompressé de 155 ch, le Captur se révèle joyeusement dynamique mais cela se paie à la pompe puisque nous avons consommé 9,6 l/100 km lors de nos 340 km d’essai avec beaucoup de déplacements en ville à froid. Le boîte automatique, on l’a dit, marque une certaine lenteur lors des redémarrages aux feux et les palettes au volant ne sont pas vraiment utiles. Affiché à 29.375€ dans cette finition, le Captur se montre moins cher que le nouveau Peugeot 2008 qui atteint 34.220€ en 1.2 Puretech GT alors qu’un Seat Arona 1.5 TSI FR est facturé 24.900€ mais avec une boîte manuelle. Dernier détail intrigant, le tiroir qui sert de boîte à gant est très volumineux mais comment l’ouvrir lorsqu’il y a un passager à la droite du conducteur?

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La boîte à gant « tiroir » est très volumineuse mais comment l’ouvrir lorsque le siège passager est occupé ?

2019 - Essais presse Nouveau Renault CAPTUR en Grèce

Patrimoine: Jacques Durand : l’inlassable franc-tireur par Dimitri Urbain

Ce nom n’évoquera certainement rien pour vous… et pourtant, aux côtés de Jean Rédélé (Alpine), des frères Chappe et de Jean Gessalin (CG) ou encore de René Bonnet et Charles Deutsch (DB), Jacques Durand est l’un des plus prolifique constructeurs de voitures en (très) petite série en France. Son œuvre la plus connue est la Jidé.

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Fortement inspiré par Alpine, Jacques Durand se lance dans la conception et la réalisation d’un petit coupé à mécanique Renault 4CV dès 1957. Celui-ci est équipé de portes papillon, comme la Mercedes 300 SL !

Des débuts en miniature… à l’Atla

Né en 1920, Jacques Durand obtient un diplôme de mécanicien de précision à la fin de la seconde guerre mondiale. Il crée de toutes pièces les moteurs « Vega », destinés à motoriser des modèles réduits. Leur cylindrée minuscule n’empêche pas ces engins de prendre des tours comme un VTEC Honda et de permettre aux engins qu’ils motorisent de foncer à 100 km/h ! En 1957, Alpine l’inspire et une visite de l’atelier Chappe finit de le décider.  Il se lance dans la fabrication d’un petit coupé en polyester.  Si les portes papillon sont inspirées par la Mercedes 300 SL, la mécanique provient de la Renault 4 CV. L’Atla est née ! Moderne, elle repose sur un châssis tubulaire pesant moins de 40 kg. Elle est assemblée à une dizaine d’exemplaires au cours des deux années suivantes. Fort de ce relatif succès, Jacques Durand dessine un nouveau véhicule en 1959.

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Elégante et réussie, la Sera fait appel à des éléments mécaniques d’origine Panhard. Ses performances sont correctes mais son prix de vente et l’absence de réseau ne favorisent pas sa diffusion.

Sera : 1960-1962

La Sera est un élégant coupé qui deviendra également cabriolet compact, deux places, et pèse un peu plus de 600 kg. Celui-ci dispose d’un toit démontable, un peu l’ancêtre des Porsche Targa ! Cette fois fini le tout à l’arrière, la voiture est une traction qui fait désormais appel à un train avant et une mécanique Panhard Dyna. La suspension arrière provient de la même source et entre l’avant et l’arrière de la voiture se trouve une poutre centrale creuse. A cette époque Panhard fournit également DB. Le bicylindre à plat refroidi par air est autrement plus brillant que le placide 4 cylindres de la 4CV. Sa vitesse maximale frise les 160 km/h… ses formes aérodynamiques y sont pour beaucoup.

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Un maximum de pièces sont récupérées chez Simca et Citroën : vitrage, poignées, phares. Un investisseur offre un lieu de production à Bordeaux à Jacques Durant. Il déménage avec sa famille afin de suivre le projet. Une bonne vingtaine d’exemplaires voient le jour. L’un d’eux aboutit en Espagne, où un industriel se dit prêt à la produire en petite série. Durand déménage de l’autre côté des Pyrénées afin de travailler sur ce projet. Malheureusement, seuls deux exemplaires voient le jour, l’un motorisé par un antique moteur DKW 2 temps et le second par un moteur FIAT. Il continue à travailler le polyester sur place : bateaux, cuves à huile d’olive ou encore… des volants. En 1963, il rentre en France et fabrique des volants pour René Bonnet.

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Associé cette fois à Raymond Gaillard, concessionnaire Panhard à Paris, Jacques Durand présente un nouveau projet de coupé en 1963. Baptisé « Arista » à la demande de son associé, ce nom fait référence à une automobile produite par ce dernier dans les années 50. Les formes sont modernes et, encore une fois, la mécanique Panhard fait merveille grâce au poids très léger de l’engin.

L’Arista : 1963-64

De retour en France, Durand soumet un nouveau projet, l’ACPA, à Raymond Gaillard, important concessionnaire Panhard à Paris. Ce dernier accepte de se lancer dans l’aventure si le joli coupé porte le nom d’Arista. Il s’agit de la seconde voiture à porter ce patronyme, la première ayant également été financée par Raymond Gaillard dans les années 50 mais Jacques Durand n’y a pas travaillé. En deux mois, une première voiture est prête, à l’automne 1963. Equipée d’un moteur Panhard Tigre , la voiture est chère et ne rencontre pas un grand succès avec une dizaine d’exemplaires produits.

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Le patron de la SOVAM désirait offrir un coupé à son épouse, tout en créant ce qu’on appellerait de nos jours un « vecteur d’image » pour faire la promotion de ses autres productions, des véhicules destinés au commerce ambulant. Il s’associe dont à Jacques Durand afin de produire un petit coupé sur une base de Renault 4. D’abord équipée du 850 cm3 de cette dernière, il sera rapidement possible de disposer d’un 1100 cm3 puis du moteur 1300 cm3 de la R8 Gordini. Malheureusement son prix la met en concurrence directe avec une certaine Berlinette Alpine et elle disparaît après seulement quelques saisons…

 

Retour aux mécaniques Renault : la Sovam, 1965-68

Après ces différents projets à moteur Panhard, Jacques Durand rencontre un industriel, André Morin, spécialisé dans les utilitaires de marché réalisés en polyester. Celui-ci réalise également un utilitaire urbain sur base de la Renault 4. Désireux d’offrir un coupé à son épouse, il demande à Durand de dessiner une carrosserie de coupé qui s’adapterait à la plateforme de la Renault 4.

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Ce coupé Sovam 1300 est l’un des 5 exemplaires fabriqués avant l’arrêt de la production, en 1968.

Ici aussi, le toit est amovible et prend alors place dans l’espace arrière. Le pare- brise provient de la Renault Caravelle et… est monté à l’envers, raison de son aspect si particulier. Présenté lors du salon de Paris 1965, il est d’abord équipé du moteur 850 cm3 de la R4 qui n’en fait pas un foudre de guerre, loin de là. C’est la raison pour laquelle une version 1100 équipée du moteur de la R8 Major voit le jour. Elle reçoit même des freins à disques à l’avant mais son prix est beaucoup trop élevé.  Cette fois, les capacités industrielles de la SOVAM font la différence : la production atteint environ 150 exemplaires, également répartis entre versions 850 et 1100. En 1967, la voiture reçoit le moteur de la R8 Gordini mais… affichée aussi chère qu’une Alpine elle ne trouve que 5 clients. L’année suivante, Morin jette l’éponge.

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Librement inspirée par la Ford GT 40, la Jidé est la première création de Jacques Durand qui porte ses initiales. Bien née, avec son moteur central et ses éléments mécaniques essentiellement d’origine Renault Gordini, elle est vendue en kit ou toute montée.

La Jidé : une Durand à part entière, 1969-1973

Infatigable, Jacques Durand lance un nouveau projet courant 1969… fort de ses expériences passées, cette fois, il décide de travailler en solitaire. La Jidé porte désormais ses initiales ! Disponible à la vente à partir de 1970, il s’agit d’un petit coupé 2 places, librement inspiré de la Ford GT 40. Il reprend toute la mécanique de la sportive française la plus populaire de l’époque, la Renault 8 Gordini. Afin de lui assurer une certaine diffusion, Durand la vend en kit comprenant le châssis et la carrosserie, au client de trouver toute la mécanique et… procéder au montage. La voiture est même homologuée par le service des Mines, après avoir réussi toute une série d’essais et de crash-tests ! Légère, équilibrée et saine, ses performances sont dignes de celles d’une Alpine.  Le moteur est en position centrale et la boîte positionnée tout à l’arrière.

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Bien née, la Jidé connaît une brève carrière en compétition. A une époque où l’usine Alpine s’impose sur tous les terrains ou presque, la Jidé joue les trouble- fête avec des moyens plus que limités. En rallye, des pilotes comme Jean Ragnotti vont lui permettre de briller. Au nez et à la barbe des équipes d’usine !

Le châssis est tubulaire et reçoit la carrosserie en polyester. Le train avant est d’origine R8 Gordini, modifié chez Dangel afin de pouvoir régler le carrossage tandis que le train arrière est en fait un train avant de R 12 Gordini modifié. Jacques Durand en a retourné le triangle inférieur et monté un second au-dessus, associé à un tirant supérieur. Les amortisseurs sont double, comme sur la Gord’. L’ensemble est fixé sur le berceau arrière, démontable. Bien née, la Jidé se révèle même être une arme redoutable en rallye. La marque y signe d’ailleurs plusieurs exploits en 1972-73, notamment aux mains de Jean Ragnotti ! Ce pilote dont le talent n’a d’égal que sa modestie et son sens de l’humour va mettre le petit constructeur aux moyens ridicules sur un pied d’égalité avec Alpine, excusez du peu. En 1973 intervient la crise du pétrole et les autorités françaises interdisent les compétitions automobiles. Jidé ne s’en relèvera pas car Jacques Durand n’a pas les finances nécessaires pour traverser la tempête. Au final, après une production d’environ 130 voitures et kits, la marque est revendue, ainsi que les moules mais notre homme est déjà occupé sur un nouveau projet, la Scora.

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La Scora est une évolution de la Jidé. Son châssis renforcé lui permet d’encaisser des puissances bien supérieures à sa devancière.

Scora : 1974 à nos jours

Après la fin de l’aventure Jidé, Jacques Durand s’installe en Corrèze. La ville de Lapleau l’accueille. Il a pour projet de fabriquer des accessoires automobiles en polyester mais… très vite c’est d’une nouvelle voiture qu’il s’agit ! La Scora (pour « Société Corrézienne Automobile) est présentée à la fin de 1974. Dans les grandes lignes, il s’agit d’une Jidé, revue et corrigée afin d’encaisser des puissances toujours plus élevées. Mesurant 3,6 m de long et ne pesant qu’un peu plus de 600 kg, très rigide, elle reçoit un moteur Renault 1600 ou 1800 cm3. La puissance est de 160 ou 180 ch ! Les choses se présentent enfin sous un bon jour, plusieurs dizaines de commandes sont enregistrées lors de sa présentation. Néanmoins, Jacques Durand ne disposant pas de fonds propres, il doit faire appel à des financiers et c’est là que le bât blesse. Enormément de belles promesses ne se concrétiseront malheureusement pas. La production vivote, moins de dix exemplaires sont assemblés jusqu’à la fin des années 70. Contrairement à la Jidé, l’homologation se fait à titre isolé et se révèle très complexe. En 1982, Charly Carcreff achète la Scora de Michel Durand et il va la développer pour l’aligner en rallye. C’est ainsi que petit à petit l’idée de la remettre en production fait son chemin.

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Lors de sa présentation au salon de Paris 1974, la Scora fait sensation. Plusieurs dizaines de commandes sont enregistrées mais, hélàs, peu seront réellement honorées !

En 1988, Durand père et fils s’associent à Carcreff : « Carcreff Durand Compétition » est né ! L’aventure ne dure malheureusement que deux ans, les associés se séparent. Néanmoins, l’aventure continue sans la famille Durand et Charly Carcreff continue encore aujourd’hui à faire vivre la Scora.

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Le projet Scora est repris et porté, encore aujourd’hui, par Charly Carcreff. C’est lui qui en extrapole une version Maxi démontrant avec une efficacité redoutable la justesse des raisonnements et solutions choisies par Jacques Durand pour ses automobiles.

Jacques Durand s’est éteint en août 2009, laissant derrière lui environ 500 voitures produites… les plus abouties, les Jidé, continuent de faire la joie de nombreux amateurs, tant sur route qu’en compétition. C’est là le plus bel hommage à rendre à cet inventeur-né, dont les différents projets n’ont malheureusement jamais reçu le soutien qu’ils auraient mérité. (Texte: Dimitri Urbain – Photos issues en partie du site http://jide-scora.fr/ )

 

Essai: Citroën C5 Aircross 2.0 Blue HDi: tellement français

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En partageant ses dessous avec les Peugeot 3008/5008 et autres DS7, le Citroën C5 Aircross se prive automatiquement des 4 roues motrices. Soit, on sait depuis longtemps que ces SUV ne sont pas destinés à se déplacer en dehors des grandes avenues. Le Citroën préfère jouer la carte du confort en renouant là avec l’une des grandes qualités des voitures françaises au siècle passé. Voyons si l’objectif est atteint.

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A l’intérieur, on se sait immédiatement à bord d’une Citroën. La faute à un design simplifié, des lignes inspirées par les C3 et C4 Cactus et des tissus qui viennent habiller les surfaces de l’habitacle pour apporter une ambiance décontractée, en totale opposition avec ce que l’on vit quotidiennement sur les routes bien trop encombrées de notre pays. Le volant, épais, est assez agréable à manipuler au même titre que le levier de la boîte automatique. La version essayée était motorisée par le 2.0 Diesel fort de 177 ch et s’affichait à 39.250€ en finition haute (Shine), sans compter les options.

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J’aime bien

Un moteur qui correspond parfaitement à ce SUV à la masse déjà conséquente puisqu’il est annoncé à 1540 kg à vide. Heureusement, le 2.0 Diesel est un régal d’utilisation et sait se faire discret à tous les moments de son utilisation. Très bien épaulé par l’excellente boîte automatique à huit vitesses EAT8, aussi douce que réactive, ce bloc sans bougie dispense des performances correctes avec des reprises largement suffisantes. Malheureusement, cela se paye au niveau de la consommation puisque notre ordinateur de bord affichait 9,0/100 km de moyenne à l’issue de nos 928 km d’essai. Il faut dire qu’on a effectué une partie de ce trajet à des vitesses peu recommandables, en dehors de notre pays bien sûr. Un appétit qui contraint à de fréquents arrêts à la pompe, d’autant que la faible capacité du réservoir du C5 – 53 litres seulement – autorise à peine plus de 600 km d’autonomie à rythme soutenu. C’est assez peu pour un diesel moderne.

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S’il est privé de transmission à quatre roues motrices, le C5 de notre essai profite néanmoins de l’option Grip Control qui vous laisse choisir entre plusieurs modes de conduite; de quoi adapter au mieux la conduite en jouant sur la boîte et l’antipatinage pour maîtriser ainsi les 400 Nm de couple qui déboulent sur le seul train avant moteur. En cas de très fortes pentes ou pour se sortir d’un mauvais pas, cette béquille électronique ne rivalisera évidemment jamais avec une transmission intégrale.

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Plutôt malin

Nous avions hâte de goûter à ces déjà fameux amortisseurs à butées hydrauliques: ça consiste en un coussin d’huile qui assouplit le fonctionnement des amortisseurs quand ils arrivent en butée. Une technologie qui offre un vrai moelleux sur la route mais qui implique automatiquement des mouvements de caisse prononcés, proscrivant automatiquement la conduite dynamique. On profitera donc avant tout d’un confort inimitable qui permet de parcourir des kilomètres sans ressentir la moindre fatigue. Les habituelles aides à la conduite sont présentes pour rendre vos déplacements encore plus décontractés.

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J’aime moins

Je suis un peu gêné de vous dire que je n’adhère vraiment pas à cet habitacle parce qu’il est plutôt original par rapport à tout ce qui se fait ailleurs. L’impression de me retrouver dans un C-Cactus alors que je suis à bord du haut de gamme actuel de la marque aux chevrons est persistante. Le design simplifié des écrans, alors qu’on critique souvent l’absence de clarté de certaines productions germaniques, nous laisse sur notre faim tandis que les sièges manquent réellement de soutien et donne le sentiment qu’on est installé là pour prendre le thé, pas pour se déplacer. Le système media semble encore lent et je ne vous parle pas de l’ergonomie avec certains boutons cachés trop bas sur le tableau de bord…

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Pourquoi je l’achète

Je pense que cette voiture colle bien à son époque. Celle où l’automobile n’est plus érigée en modèle de réussite où il faut à tout prix avoir une plus grosse que le voisin. La C5 Aircross devrait plaire à celui qui se déplace avant tout par obligation mais qui aime retrouver le confort de son chez soi. Cette Citroën incite à la conduite calme et placide, en bon père de famille. Ses lignes extérieures rondes et molles participent à ce pacte de non-agressivité. Son conducteur connaît les qualités de sa voiture et n’a guère besoin d’en jeter plus aux yeux des autres utilisateurs de la route. Il peut profiter de son excellente insonorisation, de son moteur souple et volontaire mais aussi et avant tout se son confort impressionnant.

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Pourquoi je ne l’achète pas

Ce n’est définitivement pas ma came. Désolé. Pour moi, une voiture doit encore m’offrir un certain plaisir même si les moments où je peux en profiter se font rares. Je fréquente encore trop de petites routes désertes où je peux me lâcher quelques minutes pour accepter de m’emm… au volant. Et en termes de sensations, le C5 Aircross n’assume vraiment pas son boulot même si sa puissance pourrait laisser croire le contraire. Tenez compte aussi d’une visibilité ¾ arrière assez pauvre et d’une banquette arrière aux places étriquées. Mais sachez aussi que certains collègues n’ont pas hésité à le comparer à une Rolls-Royce…

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A la rencontre de Romain Dumas, négociant en records

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A 41 ans, le français Romain Dumas a goûté à bon nombre de compétitions dans le monde. Stoppé aux portes de la F1 en 2002, après de solides résultats dans les catégories inférieures, il mise rapidement sur l’endurance qu’il a découverte l’année précédente en terminant 7e et 2e en GT aux 24 heures du Mans. Il pilote alors une Porsche 911 GT3 RS du Freisinger Motorsport. Une voiture allemande dans une équipe allemande, son destin est scellé même s’il ne le sait pas encore. Car c’est avec Porsche, dont il deviendra pilote officiel en 2003, qu’il va signer ses plus grandes victoires. Il s’impose aux 24 heures de Francorchamps en 2003 toujours sur cette 911 du Freisinger dans des conditions dantesques. En 2009 et 2010, il est prêté à Audi et il en profite pour remporter Le Mans avant de signer une deuxième victoire à Spa, toujours sur une 911. En 2016, à la surprise générale, il remporte à nouveau les 24 heures du Mans sur la Porsche 919 Hybrid alors que Toyota avait dominé l’épreuve…

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Après son chrono record à Pikes Peak en 2018, Romain Dumas va s’attaquer à la Nordschleife cet été pour y battre le record d’un véhicule électrique.

Depuis lors, Romain est devenu le pilote attitré de la Volkswagen ID.R avec laquelle il est chargé de battre des records. On l’a ainsi vu s’attaquer victorieusement au chrono de Pikes Peak avant de signer le record d’un véhicule électrique à Goodwood. Cette année, c’est à la célèbre boucle nord du Nürburgring qu’il va être confronté avant d’aller poser les roues de l’ID.R en Chine sur la « Route vers le ciel », ou Tianmen Shan Big Gate Road.

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La Route vers le ciel va constituer un sacré défi en fin d’année.

Un tracé sinueux permettant de gravir le Mont Tianmen, dont le sommet culmine à 1519 mètres au-dessus du niveau de la mer. Longue de 11 km, cette route démarre dans la vallée, à 200 mètres d’altitude, et se termine sur les hauteurs du relief, à environ 1300 mètres d’altitude. C’est un pilote italien, Fabio Barone, et sa Ferrari qui détiennent actuellement le record avec un chrono de 10’31’’.

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C’est en 2007 que Romain a découvert la boucle Nord du Nürburgring. Il y signait sa première victoire aux 24 heures sur une Porsche du Manthey Racing.

« Je ne connais absolument pas cette route et j’espère avoir droit à quelques passages de reconnaissance avant », s’amuse Romain avec qui nous avons la chance de partager un dîner à quelques jours de sa tentative sur la Nordschleife. « Mais avant, il faudra venir à bout de cet Enfer Vert comme l’avait surnommé Jackie Stewart. Bon, j’avoue que j’ai un peu d’expérience de la piste puisque je m’y suis souvent aligné en VLN et aux 24 heures du Nürburgring. »

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Devenu pilote officiel Porsche en 2003, Romain sera toujours fidèle à cette marque… 

Une épreuve où Romain a régulièrement brillé puisqu’il y compte quatre succès en… Porsche 911 bien sûr, toujours en compagnie du Manthey Racing. Mais quel est le secret de cette équipe pour enfiler ainsi les victoires lors du double tour d’horloge de l’Eifel?

« La météo est très souvent capricieuse sur cette piste de plus d’un peu moins de 25 km dans sa définition des 24 heures. Il pleut souvent sur une partie du circuit, il fait sec ailleurs, l’adhérence peut varier d’un virage à l’autre, bref, il faut connaître ce circuit comme sa poche, comme une spéciale de rallye qu’on aurait reconnue des dizaines de fois et là, ce sont les équipes locales qui excellent logiquement. En plus, la Porsche et son moteur en porte-à-faux arrière a toujours été facile à piloter sous la pluie.

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Les conditions météo, souvent délicates dans l’Eifel, permettent aux pilotes de Porsche 911 de profiter au mieux de sa conception unique. 

Vous additionnez tout cela avec un brin de chance et vous obtenez les résultats qui sont les miens. Mais cela m’arrive aussi d’avoir la poisse comme l’année où un concurrent me percute à quelques mètres de la ligne d’arrivée alors que je n’ai plus assez d’essence pour faire un tour. On n’aurait pas gagner mais à cause de lui, j’ai dû abandonner. L’an passé, je suis parti dans les rails en ne pouvant éviter des traces d’huile alors que nous étions en tête… »

Mais justement, quels sont les astuces de cette piste et comment la découvre-t-on quand on est pilote professionnel?

« J’ai fais mes premiers tours de roues sur la Nordschleife en 2007 en compagnie de Richard Lieb, Timo Bernhard et Marcel Tiemann. Ces deux derniers l’avaient emporté l’année précédente donc j’avais juste un peu de pression (rires). Heureusement, avec ces trois pilotes allemands, je suis allé à bonne école même si je n’en menais pas large en prenant le départ depuis la première ligne de la grille aux côtés de Uwe Alzen. Je l’ai suivi une bonne partie de mon premier relais et ce fut très utile puisque j’ai laissé le volant à mes équipiers alors que nous étions en tête.

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Pour sa première victoire au Ring en 2007, Romain a su s’entourer des meilleurs!

Ce sera ma première victoire ici dès ma première participation! En 2008 et 2009, on l’emporte à nouveau avec les mêmes équipages. En 2011, Lucas Luhr remplace Marcel pour ma quatrième victoire. Par après, ce seront les Audi du Team Phoenix et la Mercedes de Black Falcon qui prendront l’avantage mais ce sont toujours des équipes locales. Le team de Vincent Vosse, l’exception qui confirme la règle, peut savourer d’autant sa victoire de 2015 avec Laurens Vanthoor. Bon, je ne suis pas totalement objectif parce que j’ai toujours adoré mes amis belges. Pour en revenir au vieux Ring, je dirais qu’il m’a fallu une quinzaine de tours pour bien connaître la piste mais c’est mon métier et j’avais à mes côtés des spécialistes de cette course. Cela peut paraître court mais si vous, les journalistes, vous souvenez de ce que j’ai dit la veille, moi j’apprends rapidement un circuit. »

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La Nordschleife a conservé tout son caractère à travers les années. ce qui en fait un circuit unique en son genre.

On a parlé des victoires mais il y a aussi bien des défaites car le Nürburgring n’a jamais rien épargné à personne. Et pourtant, Romain le considère comme son circuit-fétiche. Avec un coup de cœur plus spécifique pour toute la portion très rapide de Kesselchen et une petite appréhension chaque fois qu’il aborde Adenauer-Forst. Sans que l’on n’en connaisse la raison.

« Contrairement à bien des circuits modernes, la Nordschleife conserve tout son caractère avec ses rails proches de la piste, l’absence de tout échappatoire et ses courbes insensées. A côté, même Francorchamps est devenu ridicule avec ses à-côtés goudronnés qui n’effrayent plus personne. Tout le monde peut aller vite. Pire, j’ai déjà vu un gars prendre le double gauche hors de la piste et conserver sa position, c’est totalement stupide. En GT3, on passe notre temps à recevoir des pénalités parce qu’on roule en dehors du tracé mais c’est leur faute. Au Ring, tu ne fais pas le malin et tu tentes de ne pas mordre dans l’herbe sous peine de sanction directe.

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Avec l’ID.R et sa garde au sol réduite, il faut éviter les vibreurs et les deux « karrousels »!

Avec la VW ID.R, j’évite le Karrousel parce que je n’ai pas une hauteur de caisse adaptable automatiquement comme les dernières LMP1. Je ne prends pas non plus les vibreurs. Heureusement, elle a reçu un certain nombre de modifications, par rapport à Pikes Peak à l’image du DRS qui me permet de gagner de la vitesse en ligne droite et de l’appui en courbe ou encore d’un aileron réduit pour mieux fendre l’air. On a également monté un système de régénération au freinage… Pour rappel, la VW ID.R pèse un peu plus d’une tonne, pour 600 kg de batterie, et dispose de 680 ch. L’actuel meilleur temps d’une voiture électrique est détenu, depuis 2017, par la supercar chinoise Nio EP9 et son chrono de 6’45″90. »

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En 2003, Romain remporte sa première course de 24 heures à Francorchamps!

L’un des problèmes majeurs auxquels Romain sera confronté, c’est qu’il devra terminer sa tentative par la longue ligne droite de 3 kilomètres dans laquelle il lui sera impossible de récupérer de l’énergie. Il risque bien de passer la ligne d’arrivée avec des batteries totalement déchargées. Et puis on l’a dit, au Ring, la météo est souvent défavorable alors les possibilités sont réduites. L’été devrait logiquement mieux convenir. Toujours est-il que Romain est un pilote VW heureux de son sort…

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L’esprit commando de l’équipe Volkswagen Motorsport plaît beaucoup à l’Alésien.

« L’année passée, j’avais été séduit par l’esprit commando de l’équipe. Ils avaient accueillis quelques un de mes gars assez facilement. Et puis j’aime beaucoup la manière dont ils fonctionnent, à l’ancienne, c’est-à-dire que l’on écoute encore l’avis du pilote. Dans d’autres équipes fréquentées auparavant, les jeunes ingénieurs ne font plus confiance qu’à leur ordinateur et n’écoutent plus le pilote. Chez VW, je peux demander des modifications, proposer des améliorations sans qu’on ne m’envoie balader. Ils me font parfois rigoler ces ingénieurs. Vous savez comment Toyota a perdu les 24 heures du Mans en 2016 dans le dernier tour? Tout simplement parce qu’il n’y avait plus personne devant les ordinateurs à l’intérieur du stand. Tous les ingénieurs étaient sur le muret des stands lorsque le pauvre pilote japonais a tenté de les joindre. S’ils avaient été à leur postes, la Toyota aurait pu boucler son tour dans les délais, même avec un moteur à moitié vaillant. Chez Porsche, nous savions qu’une course n’est jamais terminée avant le passage sous le drapeau d’arrivée! »

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Au Mans, c’est pourtant avec Audi qu’il va signer la première de ses deux victoires.

Durant sa longue carrière, l’Alésien a fréquenté pas mal de pilotes. Quels sont ceux qui l’ont le plus marqué ? A contrario, a-t-il croisé de vrais salauds ?

« J’ai toujours eu un contact professionnel mais surtout très amical avec Mark Lieb. C’est un mec bien, entier, absolument pas politique. Il reste de loin mon meilleur équipier. Je garde d’excellents souvenirs d’autres pilotes comme Timo Bernhard mais aussi Manu Collard ou encore Jean-Christophe Bouillon. Lui c’était vraiment un tout bon qui n’a jamais eu la carrière qu’il méritait parce qu’il est trop réservé. Loïc Duval ou encore Neel Jani ont été d’excellents équipiers. Marc Gene, c’était bizarre parce que c’est au Mans qu’il était véritablement le meilleur. Sur les autres courses, il restait toujours en dedans. Mais je n’ai jamais croisé de « congs » (à prononcer avec l’accent du sud), ils sont très rares à ce niveau-là.

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La victoire avec Porsche sera particulièrement épique puisqu’elle tombait dans le dernier tour suite à l’abandon de Toyota!

Mais je peux vous confirmer qu’Alexandre Prémat était un vrai fêlé en dehors de la bagnole et je suis resté circonspect face au jeune pilote Gustavo Menezes avec qui j’ai partagé le volant d’une Alpine en LMP2. Nous avions très vite abandonné mais, loin de s’en soucier, je l’ai retrouvé la nuit, en slip, au milieu du paddock en train de jouer avec un drone. Il s’est logiquement fait réprimander par l’ACO mais cela n’a pas empêché ce gosse de riche de recommencer plus tard. En revanche, je pense le plus grand bien de mon compatriote Mathieu Jaminet. Lui, il ira loin! »

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C’est un plaisir de passer une soirée en compagnie de Romain Dumas. On écouterait son accent chantant pendant des heures!

Ainsi s’est terminé notre repas en compagnie de Romain Dumas. Une occasion en or qu’il ne fallait pas rater si l’on tient compte de son agenda particulièrement chargé. En plus de son programme avec VW, il roule ainsi en VLN sur une Porsche 911 GT3 RSR du Frikadelli Racing et sera donc au départ des 24 heures du Nürburgring mais il participe également à l’IMSA avec une Nissan DPI pour les courses les plus longues, et on le verra également en Blancpain GT Series Endurance avec les Porsche du Rowe Racing. Le voilà donc assuré d’être au départ des 24 heures de Spa fin juillet. Et pour ses supporters manceaux, il sera également de la partie à la mi-juin sur l’Oreca 07 LMP2 du team français Duqueine.

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S’il sera bel et bien au départ des 24 heures du Mans en juin prochain, il reste plus que dubitatif sur l’avenir de cette épreuve…

« Je suis assez dubitatif face à la nouvelle réglementation que l’ACO veut mettre en place dès 2020. Cette idée de revenir aux GT comme en 1998 me semble totalement loufoque. Les voitures étaient bien plus dangereuses. Il faut des coques en carbone et rien d’autre. Et puis il ne faut pas laisser un constructeur dicter les règles. Cela fait fuir tous les autres et ce n’est guère constructif. L’ACO se laisse trop influencer. Un coup c’est Aston Martin qui émet ses désirs, un autre c’est Mc Laren. Ce n’est pas la bonne méthode. Là, ils sont dans une impasse et je me demande bien comment ils vont en sortir. Même si Le Mans a toujours connu des hautes et des bas… »

Parallèlement à ses programmes aux quatre coins du monde, on retrouve épisodiquement Dumas au volant de véhicules historiques ou de sa Porsche de rallye mais Romain a d’ores et déjà prévenu qu’en 2019, il prendrait une deuxième semaine de vacances…

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