Endurance: Les 24 heures de Francorchamps en 24 chiffres

À quelques jours du départ des Total 24 Hours of Spa, le moment est idéal pour revenir sur quelques faits et chiffres clés de la plus grande course de GT au monde. Nous avons compilé le nombre idéal (24 bien sûr !) pour vous mettre en appétit peu avant le début de la version automnale de cette classique belge de l’endurance. (Communiqué de presse)

1 – Il s’agira de la première édition des Total 24 Hours of Spa à être disputée durant les mois d’automne. Jusque-là, les 24 Heures n’avaient en fait jamais eu lieu après les 5 et 6 août. Cela s’est produit en 2000, la dernière année avant l’ère GT. La prochaine édition étant déjà confirmée du 29 juillet au 1er août, l’édition 2020 sera vraiment unique en son genre.

2 – Deux équipages compteront des membres de la même famille : les frères jumeaux Robert et Alfred Renauer partageront une Porsche Herberth Motorsport pour la troisième fois en quatre ans, tandis que le duo père-fils Rob et Ricky Collard s’alignera ensemble, pour la première fois, au volant de la Lamborghini #77 Barwell Motorsport.

3 – À 03h00 le dimanche matin, les horloges de Spa reculeront d’une heure pour marquer la fin de l’heure d’été en Europe centrale. Ainsi, la course débutera à 15h30 le samedi après-midi et se terminera à 14h30 le dimanche.

4 – Cette année, deux des concurrents sont montés à quatre reprises sur le podium général sans avoir pour autant goûté à la victoire. Chris Mies sera le mieux placé pour y remédier, engagé au sein de l’équipage #31 Audi Sport Team WRT. Stéphane Lémeret, habitué du podium, ayant déjà remporté la catégorie Pro-Am, se battra pour la victoire en Am Cup au volant de la Bentley #108 CMR.

5 – L’écart entre le vainqueur et le deuxième sur les deux premières éditions GT de Spa, 2001 et 2002, était de cinq tours. L’année dernière, la Porsche GPX Racing victorieuse a triomphé avec 3.347s d’avance sur son plus proche rival. La dernière fois que le vainqueur a terminé seul dans son tour, c’était en 2015.

6 – Les Ferrari ont remporté six victoires en Pro-Am au cours des neuf dernières années, dont cinq d’affilée entre 2011 et 2015. La marque italienne est représentée cette année par trois voitures dans la catégorie, dont deux sont pilotées par d’anciens vainqueurs.

7 – Avec un peu plus de sept kilomètres, le Circuit de Spa-Francorchamps est le tracé le plus long des calendriers GT World Challenge Europe Powered by AWS et Intercontinental GT Challenge Powered by Pirelli. Lors d’une édition estivale « classique », les pilotes les plus rapides effectuent un tour en un peu moins de 2m18s.

8 – L’année dernière, huit marques ont mené au général lors des Total 24 Hours of Spa. Quatre Porsche différentes se sont placées aux avant-postes, alors que Mercedes-AMG, Lamborghini et Audi ont eu deux voitures en tête du peloton à un moment donné de la course.

9 – Sur les neuf éditions précédentes des Total 24 Hours of Spa, le Belgian Audi Club Team WRT est la seule équipe à avoir remporté plus d’une victoire, remportant le général en 2011 et 2014.

10 – L’édition 2020 est la 10ème depuis que la GT3 est devenue la catégorie reine à Spa et deux pilotes ont participé à l’ensemble de ces éditions. À juste titre, les deux sont belges: Maxime Martin fut vainqueur en 2016, tandis que Louis Machiels s’est imposé en Pro-Am en 2012 et 2014.

11 – Porsche est la marque la mieux représentée cette année avec un total de 11 voitures prêtes à se battre en piste. La marque présente également le plus grand nombre de potentiels vainqueurs au général avec huit 911 GT3-R en quête de victoire.

12 – Il y a 12 pilotes belges prêts à disputer « leur » course, du jeune Charles Weerts au très expérimenté Stéphane Lémeret, qui a disputé les 24 Heures pour la première fois en 1996. La France est la nation la mieux représentée avec 29 pilotes, suivie de la Grande-Bretagne (27) et de l’Allemagne (26).

13 – Pirelli, le fournisseur de pneumatiques, a pour objectif de produire environ 13 000 unités pour les Total 24 Hours of Spa. Le nombre final varie en fonction de critères tels que la liste des engagés et les conditions météorologiques attendues dans les Ardennes, l’expédition finale étant effectuée le plus tard possible.

14 – Au total, 14 anciens vainqueurs figurent sur la liste des engagés cette année, dont quatre ont triomphé à deux reprises: Andrea Bertolini (en 2006 et 2008), Romain Dumas (en 2003 et 2010), Philipp Eng (en 2016 et 2018) et Markus Winkelhock (en 2014 et 2017).

15 – Cette année marque le 15e anniversaire de la première victoire au général de Pirelli aux Total 24 Hours of Spa. La marque italienne a fourni les pneus pour l’emblématique Maserati MC12, qui a remporté deux victoires consécutives en 2005 et 2006.

16 – L’Audi #16 a remporté l’édition 2012 en partant de la 29ème place sur la grille, soit la position la plus éloignée pour un vainqueur de l’ère GT. Un de ses pilotes, Frank Stippler participera cette année aux Total 24 Hours of Spa pour la même marque.

17 – Seulement 17 millièmes de seconde séparaient le vainqueur de la Super Pole 2019, Maro Engel (Mercedes-AMG), de Laurens Vanthoor (Porsche), deuxième. Cela correspond au record de l’ère GT3, établi pour la première fois en 2015.

18 – Romain Dumas a fait ses débuts aux Total 24 Hours of Spa il y a 18 ans, terminant troisième de l’édition 2002 sur une Porsche 911 GT3-RS. Cette année, il pilotera la dernière version du même modèle pour GPX Racing.

19 – Au total, 19 marques ont remporté la course depuis sa création en 1924, tandis que huit ont été victorieuses depuis le début de l’ère GT, en 2001. Sous l’ère GT3, on dénombre quatre vainqueurs : Audi, BMW, Mercedes-AMG et Porsche.

20 – Ce sera la 20ème course organisée depuis l’introduction du règlement GT. Au cours de cette période, 10.097 tours du Circuit de Spa-Francorchamps ont été réalisés en course, ainsi que beaucoup d’autres en phases d’essais et de qualifications.

21 – L’an dernier, l’écart entre la 20ème et la 21ème place aux qualifications n’était que de 0,006 s. C’était l’écart en défaveur du futur vainqueur, GPX Racing, aligné en Super Pole avec sa Porsche #20 et prenant le départ P21.

22 – En 2019, Oman Racing by TF Sport a terminé 22ème au classement général et a remporté la catégorie Pro-Am avec un score presque parfait. En plus de sa victoire, l’équipe Aston Martin a empoché les points bonus pour avoir été en tête à six et 12 heures de course, ne ratant qu’un seul point, celui de la pole position

23 – Le circuit original, long de 15 km a été créé en 1920, formé par un triangle qui empruntait les routes 23, 32 et 440 pour relier Spa-Francorchamps à Malmédy et Stavelot. À peine quatre ans plus tard, les 24 Heures sont organisées pour la première fois.

24 – La course débutera cette année le 24 octobre, de loin la date la plus tardive de son histoire. Comme toujours, la course pourra être suivie dans le monde entier et gratuitement, sur le site Web et la page Facebook du GT World Challenge Europe, ainsi que sur la chaîne YouTube du GTWorld.

Ce jeudi 22 octobre débutera par les essais libres à 11h10 CEST. La séance de pré-qualification se déroulera à 15h15 et marquera le début de la diffusion en direct (et gratuite) de l’épreuve, qui se poursuivra jusqu’au drapeau à damier dimanche.

Les qualifications débuteront à 18h55 jeudi soir et désigneront les 20 prétendants à la Super Pole tout en définissant également les positions de 21 à 56 sur la grille. Ensuite, à 20h35, les concurrents effectueront 90 minutes d’essais nocturnes afin de mieux préparer la course.

Vendredi, le principal point d’intérêt sera la Super Pole, avec une retransmission en direct à partir de 18h20. Il ne restera donc plus que la course, dont le départ sera donné à 15h30 samedi après-midi. Elle se terminera le lendemain à 14h30 (heure locale) puisqu’avec la fin de l’heure d’été, il faudra reculer les horloges d’une heure, à 03h00, dimanche matin.

Printemps 2020: sorties et nouveautés – Bentley par Dimitri Urbain

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Le Bacalar est une réalisation Mulliner qui marie des éléments du prototype XP 100 avec une base de Continental GT cabriolet.

La marque de luxe du groupe Volkswagen se veut toujours plus proche de ses clients et prête à répondre à leurs demandes les plus particulières. A cet effet, Bentley remet en avant Mulliner, le nom d’un carrossier traditionnellement associé à la marque. La Mulliner Bacalar ne sera produite qu’en 12 exemplaires, déjà tous vendus. Il s’agit en fait d’une Continental GT cabriolet, reprenant des éléments du concept EXP 100 comme les phares et la calandre.

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Toute la partie arrière de la carrosserie fait appel à l’aluminium afin de contenir le poids. Propulsée par un W12 de 635 ch, la Bacalar ne devrait pas trop se trainer sur la route!

Le train arrière est élargi de 20 mm; toute la partie arrière de la carrosserie est en aluminium tandis que les portières et les ailes avant sont en fibre de carbone. Les roues sont en 22’’. Le moteur est un W12 de 6,0 l qui développe pas moins de 635 ch. Il est associé à une boîte automatique 8 rapports. Le prix de vente minimum serait autour des 2 millions d’€.

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La console centrale est constellée de boutons de commande… l’ergonomie n’aurait-elle pas été quelque peu négligée au profit du luxe?

Salon de Bruxelles 2020: sous le sceau de l’optimisme! (III) par Dimitri Urbain

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Les françaises

Citroën dévoile son SUV C5 Aircross en version hybride, affichant 225 ch. Il est équipé d’un moteur thermique essence et d’un moteur électrique. Son style particulier est loin de faire l’unanimité…

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DS, marque premium de Citroën, joue un peu sur le côté bling bling. Ici aussi, SUVs et électricité sont en haut de l’affiche. D’une part avec le DS3 Crossback E-Tense, électrique, et, d’autre part, le DS7 Crossback E- Tense 4X4, qui est un hybride plug in.

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Peugeot fait également la part belle aux électriques avec la e- 208 et la e- 2008. Ce petit SUV est présenté en première européenne à Bruxelles. La gamme offre également des versions hybride rechargeable des 508 berline et break ainsi que du SUV 3008.

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Chez Renault, les Clio et Captur se déclinent désormais en versions E-Tech, équipées de deux moteurs électriques combiné à un thermique. La Mégane RS figure toujours bien au catalogue et trône au milieu du stand. Pour Dacia, le salon est l’occasion d’offrir les différents modèles Sandero, Logan et Duster au même prix, peu importe la motorisation, essence, diesel ou LPG.

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Ailleurs…

Volvo mise sur une offre complète de sa gamme en version hybride simplement dénommée « Recharge ». Dans un avenir rapproché, la marque souhaite également promouvoir une gamme électrifiée. Polestar, apparenté à Volvo, a joué le rôle de « M » ou « AMG » pour la marque suédoise. Désormais devenue marque à part entière, elle offre 2 véhicules électriques. Le coupé Polestar 1 est un plug in hybride de pas moins de 600 ch qui sera fabriqué à 1.500 exemplaires seulement.

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Son style se reconnait au premier coup d’œil et il pourrait très bien être le C 90 de Volvo, successeur du coupé C 70. La Polestar 2 se veut être une concurrente directe de la Tesla Model 3 et reprend toute la technique de la Volvo XC 40 électrique. Elle développe pas moins de 408 ch! La marque débarque en Europe avec un nouveau concept de vente: des brand stores dans des endroits très commerciaux où il sera possible de voir les véhicules et de les essayer. Cependant, l’achat ne sera possible qu’en ligne. Quant à la maintenance, elle sera assurée par le réseau Volvo mais le client n’aura même pas à se déplacer: la voiture sera emmenée chez le concessionnaire pour les opérations de maintenance avant de lui être ramenée toute propre!

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Bientôt dix ans que le salon de Bruxelles propose une exposition de modèles exceptionnels et exotiques. Des quelques jours du début, sa durée a été allongée et elle est désormais accessible sur l’ensemble du salon. Ici, une ambiance créée par un décor (cette année, il s’agit du renouveau lié au printemps) met en valeur quarante voitures. Aux côtés des classiques Alpine, Bentley, Bugatti, Ferrari, Jaguar, Lamborghini, Mc Laren ou autres Alpina, se retrouvent d’authentiques engins uniques comme la Krugger FD, création belge, ou encore Touring Superleggera, l’un des noms mythiques de l’art de la carrosserie à l’italienne. Mention particulière également pour la Genty, nouvelle hypercar conçue en France et faisant appel au crowd-funding pour se développer, les Vanderhall à 3 roues ou encore la Pal-V, mi-voiture, mi-avion. (Texte: Dimitri Urbain)

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So British !… Exposition temporaire à Autoworld par Dimitri Urbain

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La période des fêtes n’est pas la plus propice pour les activités extérieures. Voici déjà plusieurs années qu’Autoworld nous propose une exposition thématique durant la trêve hivernale. Cette année, c’est l’automobile et la moto anglaises qui sont à l’honneur. A l’heure où le Brexit est sous les feux de l’actualité, c’est une excellente occasion d’aller se réchauffer tout en se rinçant l’œil !

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Les Britanniques n’ont pas inventé l’automobile… certes ! Mais ils ont toujours fait preuve d’inventivité et d’un certain génie pour développer des engins hors- normes, bien à eux. Aujourd’hui encore, ce que l’on nomme cottage industry, l’artisanat, est très présent dans le monde automobile insulaire. Il ne manque pas d’artistes pour vous concocter une petite sportive sympathique dans une cabane de jardin ou pour motoriser un canapé !

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Il sera toujours possible de reprocher aux organisateurs d’avoir fait l’impasse sur tel ou tel modèle ou telle marque en fonction des goûts de chacun. Cependant, n’oublions pas les contraintes d’espace ou de disponibilité des véhicules ! Le plateau est très varié et néanmoins complet, avec des engins de qualité. A titre personnel, nous aurions bien aimé voir la Sinclair C5 faire partie de l’expo plutôt qu’être reléguée dans un coin, ou la trois roues Bond ou Reliant, ainsi qu’une Scimitar ou encore une Gilbern. Néanmoins, le panorama est assez complet, de l’après- guerre à nos jours.

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C’est la Jaguar E d’Austin Powers, entièrement recouverte de l’Union Jack (le drapeau de la Grande Bretagne) qui vous fait de l’œil dès l’entrée. Un peu plus loin, sur fond de circuit de Goodwood, vous pourrez découvrir des Jaguar de compétition, des années 50 à 80, ainsi qu’une Bentley XP8 du Mans. Une fois à l’étage, la recréation de rues typiques de Londres est assez saisissante. Ajoutez-y une sirène au loin et des bruits de moteurs, des odeurs et on s’y croirait vraiment. L’idée d’un embouteillage d’anciennes dans la City a quelque chose d’assez magique et rappelle de nombreuses séries et films des années 60-70.

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L’expo est articulée sur quatre thématiques : old school (vieille école) avec de nombreuses sportives, anciennes et actuelles : AC Ace ; Austin Healey 100/4 ; Ariel Atom, Mc Laren F1 ou encore Bentley GT3 R. Let’s race (en course) fait la part belle à des engins plutôt orientés « grand tourisme » comme la Jaguar Type E, la Daimler SP 250 ; la Jowett Jupiter ou en la Gordon Keeble. De belles démonstrations du génie automobile britannique. Les Lotus Seven et Elan S4, la Mini Morris ; la Marcos 3 litre ou encore le Range Rover Classic font, elles, partie des swinging sixties, (les joyeuses années 60) au même titre que la mini-jupe de Twiggy.

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Viennent ensuite the dark days, (les jours sombres), avec des voitures plus récentes produites dans des périodes agitées, notamment chez British Leyland : Rover SD1 2600, Triumph Dolomite Sprint ou encore Rolls- Royce Silver Cloud III. Les productions actuelles sont également présentes, de la Mini Cooper JCW à la McLaren P1 en passant par les Bentley Continental GT ou la Rolls Royce Silver Wraith. Les amateurs de 2 roues y trouveront également leur bonheur, entre les Royal Enfield Meteor Minor, les Norton Commando ou encore les célèbres Triumph Bonneville, Tiger ou Thunderbird. Placées au milieu des voitures, les Vincent ou Velocette Venom ne demandent qu’un coup de kick pour nous régaler. (Texte et photos légendées: Dimitri Urbain)

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L’exposition est accessible jusqu’au 26 janvier prochain.

Pour plus d’informations :

www.sobritish.be ou www.autoworld.be

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La Jaguar XK 120, une ligne à couper le souffle toujours aussi belle…

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Austin Princess. Cette très sérieuse et spacieuse berline a été très utilisée par des sociétés de pompes funèbres.

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Gordon Keeble, le mariage des lignes italiennes, d’un V8 américain et du savoir-faire britannique. Un grand tourisme pour amateurs éclairés.

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E Type et Aston martin DB4, le charme des swinging sixties dans sa plus belle expression.

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AC Ace. Ces lignes sensuelles n’attendaient qu’un moteur plus puissant… Carroll Shelby va l’ensorceler en y montant des V8 de 4,7 puis 7 litres !

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Jowett Jupiter. Chant du cygne de la marque, cette sportive est équipée d’un moteur à plat et s’est couverte de gloire au Mans, y remportant sa classe en 1950, 51 et 52.

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La gracile Lotus Seven. Près de 60 ans après sa sortie, la recette fait toujours autant merveille ! Le secret ? La légèreté ! Caterham continue à la produire, modernisée mais fidèle à l’esprit de Colin Chapman.

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Morgan Three-wheeler ! Oui, ça roule, ça freine et c’est même homologué. La prestigieuse marque britannique a renoué avec ses débuts et offre un engin unique, bourré de charme et d’histoire.

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Triumph TR2… ou comment séduire par des lignes évocatrices ! Elle fait partie des nombreux cabriolets produits en Grande Bretagne après la guerre, aux côtés des MGA et MGB ou autres Sunbeam Alpine. Etonnant que ce pays réputé pour la grisaille de sa météo ait été un des plus prolifiques en matière de cabriolets.

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Salon Interclassics Bruxelles 2019: un grand cru! par Dimitri Urbain

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En l’espace de 5 ans, Interclassics s’est imposé comme l’un des rendez-vous majeurs pour les amateurs et collectionneurs d’anciennes en Belgique. La recette du succès ? Une grande diversité, tant dans les époques que les marques présentes. (Texte et photos : Dimitri Urbain)

Pas loin de 25.000 visiteurs ont arpenté les allées des halls du Heysel du 15 au 17 novembre dernier. Cette édition a mis en valeur quelques réalisations marquantes des plus grands couturiers automobiles italiens. Quinze chefs-d’œuvre signés Bertone, Ghia, Pininfarina, Touring et Zagato occupaient un espace central. En outre, le centenaire de Bentley était également au programme, avec la collaboration de l’importateur et de l’usine. Un peu à l’image de ce que présente d’autres bourses d’envergure internationales, un espace était réservé aux artistes, galeries d’art et autres magasins vendant des œuvres en rapport avec les voitures, la course et le monde du transport. Dans une autre partie, ce sont les clubs et la Fédération Belge des Véhicules Anciens qui accueillaient les visiteurs. En collaboration avec AutoScout 24, les particuliers avaient même la possibilité de mettre leur véhicule classique en vente. Par ailleurs, pour la première fois cette année, Noble Auctions exposait plusieurs véhicules, objet d’une vente aux enchères début décembre. Ici, pas uniquement des pièces uniques estimées à plusieurs millions d’Euros mais de la variété : sorties de grange, motos, voitures de course d’avant-guerre, youngtimers… de quoi trouver son bonheur même avec une bourse modeste.

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A noter que, dans l’ensemble, nous avons pu remarquer que certaines voitures en vente étaient affichées à des prix tout à fait corrects vu leur état. Si certains vendeurs feront certainement grise mine, ayant espéré réaliser une plus- value rapide… mais c’est une excellente nouvelle pour les vrais amateurs ! Autre différence avec d’autres salons et bourses, la grande diversité des vendeurs de pièces, accessoires, livres et autres miniatures. Venus d’Italie, de grande Bretagne, de Hollande, d’Allemagne… il était vraiment possible de trouver son bonheur à tous les prix également. Au final, une grande réussite. Les organisateurs vous fixent d’ores et déjà rendez-vous à Maastricht du 16 au 19 janvier prochain, dont les thèmes seront les classiques oubliées et les designs remarquables.

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Archétype de la Bentley d’avant-guerre, une version 3 litres à carrosserie Weymann, réalisée en simili-cuir sur armature en bois.

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L’un des chefs d’œuvre de l’exposition des carrosseries italiennes, cette Ferrari 500 Superfast Pininfarina a appartenu à Peter Sellers. Motorisée par un V12 de 5 litres et 400 ch, elle a été produite à 37 exemplaires seulement.

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Ghia Torino a signé cette Cisitalia 505 sur base d’une Fiat 1900 en 1953. Sur les dix exemplaires assemblés, celui-ci est le seul connu en état de marche.

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La définition du grand tourisme à l’anglaise dans les années 20, un certain confort et des performances « suffisantes » par rapport à la concurrence.

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Cette Lotus Europe de seconde génération abandonne le moteur Renault 16 pour un double arbre maison, offrant des performances plus en phase avec l’image de la marque.

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Une Toyota Corona 1900 dans un état splendide, avec quelques modifications subtiles comme les jantes ou encore les rétroviseurs placés en avant des ailes, typiques des voitures vendues au Japon.

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Une bombinette de 70 ch, cela vous dit ? Dans les années 70 et 80 l’Autobianchi Abarth était une vraie sportive. Ses dimension et son poids réduits mettant encore plus en avant le caractère rageur de son 1050 cm3.

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NSU Prinz 4… de quoi retourner en enfance ! Avec ses lignes inspirées par la Chevrolet Corvair et son moteur arrière refroidi par air, voilà de quoi s’amuser pour un budget raisonnable.

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Sur les nombreux stands professionnels, il était possible de s’offrir un volant ou une publicité en tôle émaillée en rapport avec l’automobile. De quoi décorer un garage dans une ambiance d’époque.

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Peu connues en Europe, les berlines MG SA et WA des années 30 sont à la fois sportives, confortables et élégantes. Et selon son propriétaire, elle serait même éligible pour participer aux Mille Miglia!

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Au détour des allées, une superbe Aston Martin DB4, dans un bleu métallisé qui lui sied à ravir.

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Non, ce n’est pas la voiture de Oui-Oui… mais bien une Dagrada, voiture artisanale sur base FIAT qui permettait à des amateurs peu fortunés de participer aux grandes courses à la fin des années 40- début des années 50. Grands gabarits s’abstenir!

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Parmi les nombreux youngtimers exposés et mis en vente, cette BMW M5 E 34 se reconnaît d’emblée à ses jantes spécifiques à effet turbine.

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Attention, rareté! L’Ogle SX 1000 utilise toute la mécanique de la Mini. Ce petit coupé aérodynamique très élégant est sorti de 1961 à 1963 à raison de 59 exemplaires seulement…

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Magnifique exemplaire de la dernière génération d’Alfasud, une Quadrifolgio Verde qui était à vous pour 16.950 € quand même!

72 équipages sont attendus au départ des 24 heures de Francorchamps

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Avec une liste phénoménale d’engagés comprenant 72 voitures, les 24 Heures de Francorchamps 2019 confirment leur statut de plus grande course de GT au monde. La grille de départ attendue marque un nouveau record pour l’ère GT de l’épreuve avec pas moins de onze constructeurs prestigieux représentés. De quoi démontrer une fois encore le rayonnement international de cet événement majeur, programmé cette année du 25 au 28 juillet.

Épreuve-phare à la fois de la Blancpain GT Series Endurance Cup et de l’Intercontinental GT Challenge, la grille accueillera de nombreuses équipes et des pilotes dont la réputation internationale n’est plus à faire. Ainsi, pas moins de 36 équipages seront engagés dans la catégorie reine (Pro), une bonne partie d’entre eux recevant le soutien officiel d’un constructeur pour cette course la plus importante de la saison.

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Tous veulent briller lors de la course GT la plus disputée et la plus difficile à remporter. Les catégories Silver Cup, Pro-AM et Am Cup ne sont pas en reste et assureront elles aussi leur part du spectacle tout au long de ce double tour d’horloge. De plus, 28 voitures – représentant huit constructeurs – revendiqueront la victoire dans ce troisième rendez-vous de l’Intercontinental GT Challenge, soit huit de plus que le record précédent.

Avec une telle liste des engagés, l’édition 2019 des Total 24 Hours of Spa promet d’être une fois encore la référence absolue dans les courses d’endurance pour voitures de Grand Tourisme.

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ASTON MARTIN (VANTAGE AMR GT3)

  • La prestigieuse marque britannique représentée dans les quatre catégories
  • La nouvelle Vantage AMR prête à affronter le Circuit de Spa-Francorchamps
  • 6 engagés : 3 Pro | 1 Silver Cup | 1 Pro-Am | 1 Am Cup

La marque britannique Aston Martin, qui n’a plus gagné les Total 24 Hours of Spa depuis 1948, présente une nouvelle voiture cette année et trois Vantage AMR seront engagées en Pro pour viser la victoire. R-Motorsport alignera deux bolides avec notamment le héros local, et vainqueur en 2016, Maxime Martin. L’équipe Garage 59, passée dans le clan Aston Martin depuis cette année, présentera une troisième Vantage AMR de pointe ainsi qu’un équipage visant la victoire en Am Cup. La marque sera aussi représentée en Silver Cup par une troisième voiture R-Motorsport et en Pro-AM grâce à l’équipe Oman Racing with TF Sport.

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AUDI (R8 LMS GT3)

  • Les poids lourds du GT visent la gloire aux Total 24 Hours of Spa
  • Quatre voitures soutenues par le constructeur, toutes engagées en Intercontinental GT Challenge
  • 11 engagés : 6 Pro | 3 Silver Cup | 1 Pro-Am | 1 Am Cup
  • 4 voitures en Intercontinental GT Challenge

En terme de force de frappe, Audi entend bien être la référence cette année. Six équipages Pro disputeront le double tour d’horloge, dont quatre engagées aussi en Intercontinental GT Challenge avec un support officiel. La marque aux anneaux sera représentée dans toutes les catégories avec trois R8 LMS en Silver Cup, une en Pro-Am et une en Am Cup. Audi est la seule marque à être montée sur le podium lors de chaque édition depuis le lancement de la Blancpain GT Series en 2011. Avec une telle implication, on comprend que le but est de poursuivre la série en cours.

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BENTLEY (CONTINENTAL GT3)

  • Quatre équipages Pro confirmés pour fêter le centenaire de la marque
  • M-Sport mène l’attaque en Pro, le Team Parker Racing aligné en Pro-Am
  • 5 engagés : 4 Pro | 1 Pro-Am
  • 4 voitures en Intercontinental GT Challenge

L’année de son centenaire, Bentley lancera un véritable assaut sur les Total 24 Hours of Spa. La marque britannique élargira en effet son implication à quatre Continental GT3 en Pro, toutes alignées par l’équipe M-Sport. À leurs volants, un mix de pilotes confirmés et de jeunes talents. Anciens vainqueurs, Jules Gounon (sur la #107) et Markus Palttala (sur la #108) seront parmi eux. En outre, Bentley sera aussi représenté en Pro-Am par le Team Parker Racing pour essayer de fêter en fanfare son anniversaire.

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BMW (M6 GT3)

  • La marque qui détient le record de victoires à Spa en veut encore plus
  • Des vainqueurs potentiels dans les catégories Pro et Am Cup
  • 5 engagés : 2 Pro | 3 Am Cup
  • 4 voitures en Intercontinental GT Challenge

Les exploits de BMW en sport automobile seront à jamais liés à Spa. Déjà très active dans l’ère des voitures de tourisme, la marque bavaroise détient en effet le record du nombre de victoires (24) après avoir accroché trois autres succès depuis le passage de l’épreuve aux GT en 2001. Pour augmenter ce chiffre déjà remarquable, deux M6 GT3 seront alignées par les tenants du titre Walkenhorst Motorsport et par le Team Schnitzer, officiellement soutenu par l’usine. trois autres bavaroises engagées en Am Cup feront en sorte de faire de BMW à nouveau un acteur majeur de l’épreuve ardennaise.

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FERRARI (488 GT3)

  • Une présence plus importante en Pro pour la marque de Maranello, qui vise de nouveau la gloire
  • Les très populaires 488 GT3 présentes dans toutes les catégories
  • 10 engagés : 3 Pro | 1 Silver Cup | 3 Pro-Am | 3 Am Cup
  • 4 voitures en Intercontinental GT Challenge

Ferrari accentue son implication cette année alors que la marque vise une première victoire aux Total 24 Hours of Spa depuis 2004. Après sa victoire de Silverstone, l’équipe SMP Racing a placé ses pilotes en tête du classement provisoire de la Blancpain GT Series Endurance Cup. L’équipe battant pavillon russe sera rejointe dans la catégorie Pro par une 488 GT3 AF Corse et par une voiture de HubAuto Corsa  (équipe lauréate des Californian 8 Hours en Intercontinental GT Challenge). Comme toujours, le Cheval Cabré sera très populaire dans les différentes catégories avec trois modèles en Pro-Am et autant en Am Cup, sans oublier l’exemplaire du Rinaldi Racing engagé en Silver Cup.

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HONDA (NSX GT3 EVO)

  • Honda vise la victoire dans le cadre de son programme en Intercontinental GT Challenge
  • Jenson Team Rocket RJN pour représenter la marque en Silver Cup
  • 2 engagés : 1 Pro | 1 Silver Cup
  • 2 voitures en Intercontinental GT Challenge

Après un retour l’an dernier dans la catégorie Pro-Am, Honda franchit un palier cette année en visant la victoire lors des Total 24 Hours of Spa. Dans le cadre de son engagement en Intercontinental GT Challenge, la marque japonaise alignera sa NSX GT3 Evo en version 2019 en Pro pendant qu’une deuxième voiture visera le podium en Silver Cup avec le Jenson Team Rocket RJN, habitué de la Blancpain GT Series Endurance Cup.

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LAMBORGHINI (HURACAN GT3 EVO)

  • La marque italienne revendique un premier succès avec un trio d’équipages en Pro
  • Une forte présence en Silver Cup, d’autres candidats en Am Cup
  • 11 engagés : 3 Pro | 5 Silver Cup | 3 Am Cup

Lamborghini a démontré une impressionnante régularité en Endurance Cup cette année. Nouvelle venue, l’équipe Orange 1 FFF Racing Team est montée sur le podium lors des trois premiers rendez-vous et elle mène le classement des équipes avant l’épreuve ardennaise. La formation chinoise alignera deux Huracan GT3 Evo en Pro alors que le Grasser Racing Team ajoute un troisième vainqueur potentiel pour le constructeur italien. La marque est aussi bien représentée dans les classes, particulièrement avec ses cinq modèles en Silver Cup. Trois autres Huracan viseront la victoire en Am Cup.

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LEXUS (RC F GT3)

  • La RC F GT3 revient à Spa après de bons débuts en 2018
  • Tech 1 Racing engagé en Am Cup avec Fabien Barthez parmi les pilotes
  • 1 voiture en Am Cup

Lexus sera de nouveau au départ des Total 24 Hours of Spa, cette fois grâce au programme mis sur pied par l’équipe française Tech 1. Parmi les pilotes engagés en Am Cup, on retrouvera l’ex-champion du monde de football Fabien Barthez, de retour sur la classique belge. Le rythme affiché par la RC F GT3 à Spa l’an dernier devrait en faire une des candidates à la victoire dans sa catégorie en 2019.

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MERCEDES-AMG (AMG GT3)

  • Plusieurs ex-champions et d’anciens vainqueurs de Spa parmi des équipages cinq étoiles
  • La marque allemande vise la victoire pour la dernière année de son AMG GT3 actuelle
  • 10 engagés : 6 Pro | 2 Silver Cup | 2 Pro-Am
  • 4 voitures en Intercontinental GT Challenge

En termes de stars au départ, Mercedes-AMG ne manquera pas d’attirer les regards cette année. Les six voitures engagées en Pro seront pilotées par deux ex-vainqueurs des Total 24 Hours of Spa et de nombreux champions de la Blancpain GT Series ou de l’Intercontinental GT Challenge. La marque sera aussi représentée par deux voitures en Silver Cup – dont les leaders actuels de la catégorie AKKA ASP – et deux bolides en Pro-Am.

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NISSAN (GT-R NISMO GT3)

  • L’équipe KCMG basée à Hong Kong présente avec deux équipages
  • La marque japonaise vise son premier succès depuis 1991 et le triomphe de la Skyline R32 GT-R
  • 2 engagés en Pro
  • 2 voitures en Intercontinental GT Challenge

Nissan revendique sa première victoire aux Total 24 Hours of Spa depuis 1991 avec deux voitures engagées dans la catégorie Pro. Deux GT-R NISMO GT3 seront alignées par l’équipe KCMG, le champion 2015 de l’Endurance Cup Katsumasa Chiyo faisant partie d’une solide brochette de pilotes. Ayant égalé son meilleur résultat de l’ère Blancpain GT Series en 2018 (une 7e place), la marque visera plus haut encore cette année dans le cadre de son implication dans l’Intercontinental GT Challenge.

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PORSCHE (Porsche 911 GT3 R)

  • La marque de Stuttgart renforce son implication dans l’épreuve belge avec 6 équipages en Pro
  • De nombreux pilotes d’usine dans les équipages
  • 9 engagés : 6 Pro | 3 Pro Am Cup
  • 4 voitures en Intercontinental GT Challenge

Porsche visera un septième succès à Spa (et un premier depuis 2010) avec une implication renforcée. Pas moins de six 911 GT3 R revendiqueront la victoire au classement général dans les Ardennes. Après sa victoire lors de la première course de la Blancpain GT Series cette année à Monza, le marque allemande arrivera avec des ambitions renforcées. De très nombreux pilotes officiels ont d’ailleurs été réquisitionnés, dont les ex-vainqueurs Romain Dumas et Laurens Vanthoor. De plus, un trio de Porsche revendiquera aussi la plus haute marche du podium en Pro Am Cup cette année.

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Industrie : Le Brexit, nouvel écueil pour l’industrie automobile par Dimitri Urbain

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Les tergiversations autour du Brexit rendent le secteur automobile très instable.

Le Brexit est à nos portes mais quelles en seront les conséquences pour l’industrie automobile dans son ensemble ? Ce contexte particulier vient encore ajouter aux difficultés liées à un recul des ventes, en lien avec la désaffection des acheteurs pour les motorisations Diesel et la mise en place de la nouvelle procédure d’essais des véhicules WLTP. Même s’il semble désormais acquis que la date du Brexit sera finalement reportée, ses conséquences sont déjà bien réelles. (Dimitri Urbain)

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Le Royaume-Uni est l’un des principaux producteurs de voitures en Europe. En 2018, ce sont un peu plus de 1.510.000 véhicules qui y ont été assemblés. 1.230.000 ont été exportés, soit 81,5 % de la production, dont 52,6 % dans le reste de l’Union Européenne. Par ailleurs, plus de 2.700.000 moteurs y ont également été produits. Outre les constructeurs « nationaux » que sont Ford, Vauxhall et Jaguar Land Rover ; citons également Mini ; Toyota ; Honda et Nissan.

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Contrairement à ce que voudrait nous faire croire cette photo, Ford ne produit plus que des moteurs en Angleterre.

Ford ne produit plus que des moteurs en Grande-Bretagne : les essence à Bridgend et les Diesel à Dagenham. Une grosse partie est toujours vendue à Jaguar Land Rover mais 2020 risque d’être difficile, une fois les contrats de fourniture des V6 et V8 de Bridgend et du V6 Diesel de Dagenham terminés. Une nouvelle gamme de moteur 1500 cc y sera produite afin d’alimenter les usines européennes du groupe mais le Brexit pourrait mettre cette stratégie à mal. 13.000 personnes travaillent pour Ford en Grande- Bretagne et la marque estime le coût d’un Brexit sans accord à au moins 800.000.000 € en 2019. Depuis pas mal d’années la marque perd des parts de marché en Europe et vient également d’annoncer vouloir se séparer de 5.000 collaborateurs en Allemagne.

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Vauxhall est le cousin britannique d’Opel. Depuis bientôt 40 ans, les productions des deux marques sont identiques et ne différent que par les monogrammes et quelques détails de finition. Désormais passée dans le giron du groupe PSA, la marque dispose encore de deux usines au Royaume Uni. Luton, le site historique, devrait à l’avenir assembler toute une gamme d’utilitaires sur base de plateformes PSA. Durant des décennies, PSA a travaillé avec FIAT en la matière tandis qu’Opel-Vauxhall était associé à Renault.

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Chez Vauxhall, toute une ligne de production est réservée aux véhicules de la Police

Aucune décision n’a encore été prise en ce qui concerne l’autre usine, située à Ellesmere Port. La génération actuelle de l’Astra y sera produite jusqu’en 2020. Les effectifs y ont été réduits d’un tiers l’an dernier afin d’améliorer la compétitivité par rapport aux autres usines du groupe. Si rien ne change à la suite du Brexit, l’usine pourrait continuer à produire des véhicules à destination des marchés à conduite à droite mais rien n’est moins sûr.

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Chez JLR, les licenciements ont été inévitables suite à la mévente des berlines XE et XF…

Du côté de Jaguar Land Rover les choses ne sont pas au beau fixe : le groupe a annoncé le licenciement de 4.500 collaborateurs en janvier dernier. Ce nombre vient s’ajouter aux 1.500 travailleurs qui ont déjà été remerciés l’année dernière. Cette nouvelle réduction de 10% des effectifs est une conséquence directe de plusieurs éléments : les berlines XE et XF se vendent très mal et le désamour pour le Diesel n’arrange rien.

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Des investissements sont attendus pour répondre à l’arrivée des modèles électriques dans la gamme.

Le recul des ventes en Chine, à cause de problèmes de qualité, est également en cause. Le tout à un moment crucial où les deux marques doivent investir des sommes colossales en recherche et développement pour disposer rapidement de modèles électriques performants. L’indien Tata, propriétaire de ces deux fleurons, prévoit un plan de relance musclé, avec de nombreux nouveaux modèles, dont le remplaçant du Defender, fin 2019. Modèle emblématique de la marque, un nouvel échec commercial risquerait de mettre l’ensemble du groupe face à de graves difficultés.

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Le Juke et les Qashqai font les beaux jours de l’usine Nissan de Sunderland.

Nissan, situé à Sunderland, dans le nord du pays, est la plus grande usine automobile nationale et emploie plus de 7.000 collaborateurs. Le Juke et le Qashqai y sont produits. Si le Brexit intervient sans accord, Nissan pourrait bel et bien mettre la clef sous le paillasson, relocalisant ses productions sur des sites continentaux de Renault, par exemple. Le projet d’y assembler le X- Trail est tombé à l’eau, le modèle sortira d’une usine japonaise du groupe. Autres productions locales, les très confidentielles Infiniti Q 30 et QX 30 vont être arrêtées et la marque stoppe ses activités européennes.

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Komatsu fournit les presses géantes.

Essentiellement active sur les marchés nord- américain et chinois, ce label Nissan de luxe n’a jamais percé en Europe : manque d’image, design particulier, manque d’une offre Diesel crédible. Plus récemment, Infiniti a bien tenté de surfer sur la vague des SUV compacts en allant chercher une base chez Mercedes (le GLA) mais cela n’a pas suffi. 60.000 ventes en 10 ans, dont plus de 10.000 en Grande- Bretagne, Nissan préfère jeter l’éponge. Essentielle à l’économie locale, la fermeture du site plongerait toute la région dans une profonde crise économique… mais cela n’a pas empêché 60 % des habitants de Sunderland de voter en faveur de la sortie de l’Union Européenne.

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L’usine Honda de Swindon fermera ses portes en 2021.

L’usine Honda de Swindon ne va pas bien depuis plusieurs années. La cause est malheureusement déjà entendue : elle fermera ses portes en 2021 et plus de 3.500 emplois passeront à la trappe. La production tourne aux environs de 150.000 voitures par an alors que la capacité du site est de 250.000. Les ventes européennes de la marque ne se sont jamais rétablies depuis la crise de 2008. Honda n’a jamais développé une offre Diesel importante et crédible, sans parler de nombreux choix techniques et économiques malvenus.

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Le tracteur-tondeuse le plus rapide du monde est né en Angleterre.

Il n’y aura pas de Honda électrique avant la fin de cette année, au mieux ! Selon Mr Katsushi Inoue, responsable des activités européennes chez Honda, cette fermeture est « indispensable, afin de mettre en place l’électrification de la gamme et de restructurer les activités au niveau mondial ». Swindon produit des Civic qui sont exportées aux USA. Ce qui veut dire qu’outre le Brexit, la guerre des tarifs douaniers actuellement menée par le président Trump est une autre source de mauvaise rentabilité.

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Le succès des MINI fait les beaux jours de l’usine de Cowley située près de Birmingham.

BMW produit les MINI sur le site historique de Cowley, près de Birmingham. Afin de faire face à la demande, depuis quelques années, une seconde unité de production est également active aux Pays- Bas. Une autre usine du groupe produit des moteurs essence à Hams Hall. Pour des questions de coût, il serait imaginable que la prochaine Série 1, qui abandonnera la propulsion pour la traction, en utilisant une plateforme de MINI, pourrait être produite en Grande Bretagne. A condition que les conditions financières soient favorables car en cas de Brexit dur, BMW pourrait délocaliser complètement la production des MINI en Europe de l’Est (tout comme Land Rover,  qui produit des Discovery en Slovaquie depuis 2018) ou dans un pays Balte…

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Mais le Brexit a poussé BMW à anticiper la fermeture annuelle au printemps.

Anticipant le Brexit, BMW a d’ailleurs décidé d’avancer la fermeture annuelle de 4 semaines d’été au printemps, ne pouvant être certain que les livraisons de pièces pourront continuer sans difficultés. Du côté de l’usine Rolls-Royce, semi-enterrée sur le site de Goodwood, au sud de l’Angleterre, il y a moins de soucis à se faire, vu la nature artisanale de la production et les tarifs très élevés qui permettent d’absorber moins difficilement certaines difficultés.

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Vision très colorée d’une chaîne de production chez Toyota.

Au début des années 1990, Toyota s’est installé en Grande Bretagne afin de bénéficier d’une tête de pont pour accéder au marché européen. Le site de Burnaston, dans le Derbyshire emploie 2.500 personnes qui y ont assemblés des Carina E ; Avensis, Corolla et Auris. Actuellement seule la Corolla E 210 y est encore produite mais elle va très bientôt être rejointe par la nouvelle Auris. La production devrait reprendre des couleurs après quelques années plus maussades et la perte de la production de l’Avensis. L’autre usine de Toyota, qui assemble des moteurs à Deeside, au Pays de Galles, emploie environ 1.300 collaborateurs. Sa situation est positive, le recul des ventes de Diesel s’étant traduit par une demande plus importante de moteurs essence.

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Ici des apprenants en plein travail chez Bentley!

Les plus petits constructeurs que sont Bentley, Aston Martin, Mc Laren ou Lotus n’ont pas beaucoup de choix face à un Brexit dur. Faisant partie du groupe VW, les Bentley sont déjà en partie assemblées dans d’autres usines du groupe avant d’être expédiée en Grande-Bretagne pour la phase finale : il s’agit des sites de Dresde ; de Zwickau pour les caisses de Continental ou encore de Bratislava pour le Bentayga. Actuellement lui aussi en phase de réduction de personnel le groupe Volkswagen pourrait, en cas de Brexit dur, délocaliser complètement cette production en prenant le risque de s’aliéner une partie de la clientèle qui achète la marque pour son côté « British ».

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Et si Aston Martin choisissait de se rapprocher d’AMG, son nouveau partenaire motoriste?

Du côté d’Aston Martin, les liens étroits avec Mercedes et AMG pourraient être mis à profit afin de trouver une porte de sortie. Un « rapprochement » géographique avec le principal fournisseur de la marque n’étant pas à exclure. Lotus, désormais intégré au groupe chinois Geely (par ailleurs propriétaire de Volvo), pourrait voir sa production délocalisée, au moins en partie.

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Vue impressionnante du Mc Laren Technical Center à Woking.

Reste le cas McLaren, jaloux de son indépendance, mais que le Brexit pourrait mettre en très mauvaise posture sur les marchés d’exportation. Dans ce cas, la marque s’associerait-elle avec un grand constructeur généraliste afin de délocaliser sa production de Woking ?

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L’industrie automobile anglaise souffre mais ne rompt point. En espérant que le Brexit ne lui donne pas le coup de grâce.

En conclusion, nous pouvons dire que le Brexit ne fait qu’augmenter les incertitudes planant sur l’industrie automobile européenne, après le scandale du Diesel chez Volkswagen et les inquiétudes environnementales qui poussent de nombreux acheteurs complètement déboussolés à postposer l’achat d’un véhicule neuf. (Texte: Dimitri Urbain)

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Reconnaissez-vous le W12 Bentley?