Chargée de chapeauter la gamme Golf depuis bientôt 25 ans, la R sert toujours de véhicule-image. Poussée désormais à 333 chevaux, cette 8e génération procure encore beaucoup de plaisir et ce, dans une facilité déconcertante. Et comme de bien entendu, il a neigé durant la semaine de notre essai…
Détrônée par la déferlante des SUV, sa majesté la Golf fait de la résistance. Consolée par le peu d’intérêt de la part des particuliers pour la gamme électrique de VW, elle est encore la reine sur son marché domestique où 85.000 exemplaires ont été vendus en 2025. On est loin des chiffres de l’époque dorée mais cela démontre que la berline allemande la plus populaire possède toujours ses affiliés. Pour notre part, après avoir essayé la GTI douze mois plus tôt, c’est maintenant la R qui est passée ente nos mains.
J’aime bien
Esthétiquement, les différences sont subtiles entre une R et une GTI classique. On remarquera les blocs optiques, le dessin des boucliers avant et arrière, qui laisse de l’espace aux quatre sorties d’échappement en titane signées Akrapovic et facturées 4.235€, sans oublier l’inévitable logo éclairé sur la calandre. L’aileron arrière est également plus imposant et plus aéré. Pour cet essai, nous disposions d’une Black Edition incluant d’office le Pack R-Performance. Les jantes de la voiture essayée sont par contre optionnelles puisqu’il s’agit du modèle Warmenau facturé 490€ tvac. Dans l’habitacle, on retrouve un environnement classique qui rassure les gens qui comme nous, on beaucoup de mal avec les intérieurs épurés laissant la place aux écrans totalement insipides. Mais ne cherchez pas trop les différences avec une GTI classique puisqu’elles tiennent essentiellement aux touches bleues et le logo R qui remplacent les touches rouge et le logo GTI. Nous bénéficions de l’habillage des sièges en cuir Nappa facturé 2.845€. Pour ce prix-là, ils sont dotés d’une climatisation active et de nombreux réglages.
Plutôt malin
Mais ce qui reste essentiel lorsqu’on essaye une Golf R, c’est la conduite. Et sur ce point, elle ne nous a pas déçu. Certes, nous l’avons empruntée durant la semaine la plus froide de l’année avec des chutes de neige ayant fortement limité nos déplacements en mode rapide. Il faut dire qu’elle était chaussée de pneus « été » fournis par Bridgestone. Cela dit, les quatre roues motrices de la bête nous ont garanti des déplacements sereins en toutes circonstances et la neige ne nous a jamais arrêtés. Mais pour exploiter pleinement les 333 chevaux fournis par le 2.0 Turbo et son couple de 420 Nm, ce n’était pas la bonne période. Parmi les modes de conduite, les plus extrêmes s’appellent Race et Drift qui relâchent quelque peu les bretelles électroniques, sans oublier le mode Spécial expressément mis au point pour des tours sur le Nürburgring !
J’aime moins
Difficile de trouver des défauts à cette Golf ultime. Elle attire les regards, elle colle à la route et elle est parfaitement finie. Mais il faut composer avec un passage par le grand écran central pour de trop nombreux réglages. Et puis la taille ultra-basse des pneus fait craindre le moindre trou dans la chaussée et tout le monde connaît l’état déplorable de notre réseau routier… Il faut vraiment contourner les trous sous peine d’encaisser des chocs impressionnants.
Pourquoi je l’achète
Sans la musicalité du 5 cylindres d’une Audi RS3, il manque un petit quelque chose au volant de la VW Golf R. Et ce n’est pas l’échappement optionnel qui nous convaincra. Peu discret lors des démarrages à froid, il reste trop peu sonore à notre goût lors des phases récréatives mais, comme on l’a dit plus haut, nous n’avons pas réellement eu l’occasion de plonger dans les cordes en rétrogradant simultanément ce qui devrait inévitablement engendrer des blop-blop… La finition est à la hauteur de la réputation de la marque et les sièges optionnels augmentent encore l’aspect qualitatif de cette Golf unique en son genre. L’habitabilité et le volume du coffre en font un parfait Daily comme disent les jeunes et le confort à vitesse raisonnable est garanti. Ses différents modes de conduite et sa transmission intégrale lui permettent d’envisager tous les cas de figure en toute sérénité. Bref, à part un contrôle routier pour excès de vitesse, rien ne peut arrêter cette Allemande.
Pourquoi je ne l’achète pas
On l’a dit, la taille des pneus impose une prudence excessive à l’abord de certaines routes particulièrement défoncées. Mais sur un goudron lisse et neuf, la Golf R propose des vitesses de passage en courbe hallucinantes. Un plaisir de conduite qui implique deux défauts: la facture d’achat et le consommation. Ce qui ne surprendra personne. La Volkswagen Golf R Black Edition de notre essai est disponible à partir de 61.640€ mais avec les options dont elle était pourvue, elle coûte 74.335€. Un joli budget pour une Golf. Et à cela, on ajoutera les taxes démentielles habituelles mais aussi un budget carburant en conséquence. Grâce aux conditions défavorables, on a réussi à signer une moyenne de 8,5 l/100 km durant nos 457 km d’essai, ce qui est un petit exploit à nos yeux, mais cela peut vite s’envoler sur sol sec. (Photos: Pierre Fontignies)

