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Mazda MX-5 : 35 printemps et toujours autant de plaisir !

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Le 9 février 1989, Mazda présentait la MX-5 au salon de Chicago. Trois voitures y étaient exposées, aux couleurs du drapeau américain : une bleue, une rouge et une blanche. Depuis, son succès ne s’est jamais démenti et elle reste la dernière représentante des petits cabriolets abordables et fun en toutes circonstances.

Parmi les nombreuses séries limitées de la MX5, cette Eunos Roadster J Limited II se distingue par sa magnifique teinte « Sunburst Yellow » avec entourage de pare-brise noir, moteur 1800 et pont autobloquant.

4 générations

Au cours de sa carrière, la MX-5 n’a connu que quatre générations. A la première, dénommée NA et inspirée par la Lotus Elan originelle, a succédé la NB, avec phares fixes et une légère évolution des lignes. La troisième génération, NC, évolue en profondeur et on y retrouve des détails de la première génération comme la forme des phares avant ou le bossage de capot. Plus grande mais pas trop, elle mise sur plus de confort. La génération actuelle innove dans son style mais reste reconnaissable au premier regard. Elle est également la première à être également disponible en version coupé à toit rigide rétractable, la RF.

Le PPF ou « Power Plant Frame » rigidifie la chaine cinématique de la MX5. Avec le moteur central avant, il contribue au comportement joueur et sécurisant de la voiture. Le moteur est un quatre cylindres seize soupapes à double arbre à cames en tête dont la fiabilité est très rapidement devenue légendaire. Il est associé à une boîte mécanique à 5 ou 6 rapports et, parfois, à une boîte automatique.

La genèse

La MX-5 doit son existence à Kenichi Yamamoto, ingénieur également connu pour tous ses travaux ayant permis de fiabiliser le moteur rotatif. En 1979, il était à la tête de Mazda USA. C’est lors d’un interview avec le journaliste Bob Hall, qu’il lui a demandé ce que Mazda devrait ajouter à sa gamme américaine pour rencontrer plus de succès et dynamiser l’image du constructeur. . La réponse est simple, « faites une petite voiture de sport » ! A cette époque, l’idée était de faire monter la RX-7 en gamme, il y avait donc bien une place disponible pour un cabriolet deux places dans la gamme du constructeur ! La feuille de route du projet est simple : un comportement routier sain et amusant, des performances suffisantes, un design dynamique, moderne et intemporel, reconnaissable directement. L’espace intérieur et le coffre doivent être suffisants pour deux personnes, la capote doit être très facile à utiliser, le tout proposé à un prix abordable. La MX-5 a relancé les petits cabriolets à l’anglaise qui avaient disparus au début des années 80 : les MG Midget et B ainsi que la Triumph Spitfire. Compacte et légère, elle en reprend le meilleur pour le plus grand plaisir de ses utilisateurs. Vu son succès, d’autres constructeurs sont également revenus sur le marché des cabriolets deux places, comme BMW avec le Z3.

La RF de la génération actuelle (ND), n’est pas le premier coupé dérivé de la Mazda MX5. Au Japon, un modèle de ce type était proposé par Mazda sur la seconde génération, la NB.

Jinba-Ittai et kanseï : la philosophie Mazda, entre héritage et modernité

Jinba-Ittai désigne la relation privilégiée unissant un cavalier avec sa monture, ne faisant qu’un… c’est exactement ce qui se passe au volant de la MX-5 : position de conduite parfaite, direction précise et réactive, c’est du plaisir même à 50 km/h. Surtout les cheveux au vent… l’ingéniosité japonaise n’est pas un vain mot, la capote de la MX-5, toutes générations confondues, est l’une des plus facile à utiliser : deux fixations au-dessus du pare-brise, elle se replie d’une main en quelques secondes. Cerise sur le gâteau, elle est bien évidemment étanche ! Votre serviteur n’hésitait pas à faire passer régulièrement sa NA au car wash, aucune fuite ! Le kanseï, c’est une pensée traditionnelle japonaise qui dit que l’homme doit faire appel à plus que ses cinq sens pour appréhender le monde qui l’entoure. L’esthétique et les émotions physiques et psychiques jouent un grand rôle dans notre perception. L’idée est d’amener des sensations, faire rêver, s’imaginer au volant sur une route idéale et… pousser la porte de la concession ! Vient alors l’envie de s’asseoir au volant, de conduire la voiture. Tourner la clef de contact doit faire naître des émotions… Et le bruit, la direction ou le freinage doivent les renforcer. Une fois la voiture achetée, c’est un sentiment de fierté qui nait, au point de chercher des détours pour profiter plus longtemps de la voiture.

Certains marchés, comme l’Australie, ont eu droit à des versions turbo, comme cette NB, par ailleurs assez semblable à celle que nous avons connu en Europe.

Le plaisir est dans les détails…

Une MX-5, peu importe la génération, s’apprécie au travers de multiples petits détails qui, additionnés génèrent un plaisir sans égal. Vous en voulez quelques-uns ? L’épaisseur et la consistance de la jante du volant et du pommeau de levier de vitesses sont identiques ; la commande de boîte est mécanique et directe, avec des débattements courts et des rapports qui passent d’un simple coup de poignet. L’aiguille du tachymètre est synchronisée avec… la courbe de couple et celle du compte tours. Le mouvement du volant est linéaire avec la voiture. Le son de l’échappement est très important dans l’expérience MX-5 : il a même été comparé avec…celui d’une BMW M 1 ! Le PPF ou « Power Plant Frame » est la clé de voûte de l’excellent comportement routier. Simple et peu coûteux, cet élément métallique rigidifie la chaine cinématique et procure au petit cabriolet un équilibre parfait contribuant à son comportement facile et joueur.

Toujours prête

Certains disent qu’une MX-5 distille le même plaisir qu’un cabriolet anglais classique mais sans les fuites et… avec la fiabilité en plus ! Les exemplaires alignant des kilométrages stratosphériques ne se comptent plus : pour une MX-5, 200.000 km, c’est juste un rodage. Au fil des générations, elle a su conserver son ADN : moteur central avant pour une répartition des masses optimales et entrainant les roues arrière via une boîte au maniement parfait, quelle que soit la génération, on se sent toujours chez soi dans une MX-5. Les courts débattements du levier et le « clac-clac » si caractéristique sont un vrai bonheur.

Pour les vingt ans de la MX-5, la NC retrouve les teintes du lancement, en hommage au « Stars and Stripes », le drapeau américain.

Un succès planétaire

Lors de sa sortie, la MX-5 répondait au besoin de nombreux amateurs en mal de cabriolet pas cher : du plaisir de conduire, un comportement agile, des lignes agréables et élégantes pour un prix abordable. D’aucuns disent qu’elle offre 90 % du plaisir de la 911 pour… le quart du prix, voire moins ! Elle s’appelle Miata aux Etats- Unis et, au Japon, la MX-5 (pour « Mazda Xperimental ») est dénommée Roadster. La première génération était vendue par le réseau Eunos. Cette filiale de Mazda était spécialisée dans les voitures sportives et le petit cabriolet partageait alors les concessions avec le fabuleux coupé Eunos Cosmo motorisé par un bi ou… un trirotor, le seul jamais commercialisé !

Régulièrement, Mazda développe un prototype sur base de la MX5, comme ce concept Roadster sans pare-brise sur base de ND.

Evolution mesurée

Au fil de sa longue carrière, la MX-5 a toujours su s’adapter sans s’alourdir ou devenir trop puissante et… se couper d’une partie de sa fidèle clientèle. La production vient de passer le cap des 1.256.745 unités produites, un record ! 533.301 exemplaires, soit plus de 40 % de la production des MX-5, a trouvé preneur aux Etats- Unis. 391.503 voitures ont rejoint les marchés Européens tandis que le Japon en a absorbé pas moins de 225.510 exemplaires. Pour son anniversaire, la MX-5 reçoit un nouveau système d’infodivertissement et devient plus connectée. Côté comportement, un nouveau mode « piste » est disponible. Celui-ci renforce les sensations du conducteur et fonctionne avec le contrôle de posture cinématique ou KPC pour améliorer la stabilité et le comportement en virage. En outre, la version 184 ch reçoit de série un différentiel autobloquant. Aujourd’hui plus que jamais, la MX-5 offre un réel plaisir de conduire avec un excellent confort, dans la sécurité et l’économie. Ce n’est pas pour rien qu’elle reste un maître achat pour de nombreux journalistes qui en ont possédé un exemplaire ou l’utilisent encore au quotidien ! (Texte : Dimitri Urbain, Photos : Mazda press.com)

Aux côtés du traditionnel cabriolet, Mazda propose également le coupé RF à toit escamotable… ce n’est plus un vrai cabriolet mais il permet quand même de rouler cheveux au vent avec une vitre empêchant les remous et, pour les clients qui recherchent plus de sécurité, pas de vandalisme possible sur la capote !
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