Alors que l’on se rapproche de la fin de production de l’A110 annoncée pour 2026, votre serviteur ne cesse de lui trouver toujours plus de qualités. Il faut dire qu’Alpine ne cesse de proposer des déclinaisons toujours plus séduisantes mais également toujours plus chères, à l’image de cette R Turini qui est affichée à 106.000€ sans option. Est-ce bien justifié ?
Avec cette jolie peinture de guerre appelée Rouge Sismique, facturée 7.500€, et ses divers éléments aérodynamiques, la chétive Alpine A110 est devenue une vraie GT qui ne craint plus la comparaison avec la concurrence allemande ou japonaise. Cette version R reçoit un système de freinage haute performance mais également des barres antiroulis renforcées et des combinés ressort/amortisseur réglables en hauteur sur 20 positions. Le capot, le toit et la custode arrière en carbone lui donnent un fameux caractère complété par l’aileron dans le même matériau. La Turini se distingue de la R classique grâce à ses jantes GT Race de 18 pouces.
J’aime bien
L’intérieur est particulièrement réussi avec ses baquets Sabelt en carbone habillés d’alcantara rouge, ses harnais 4 points peu pratiques mais qui vous plongent dans l’ambiance des circuits sans oublier les sangles rouge pour fermer les portes. Le reste est connu et n’a jamais évolué depuis la première A110 présentée en 2017 à savoir les écrans ou le volant gainé d’alcantara, très agréable à appréhender, ou encore le comodo de la radio datant d’une époque antédiluvienne. Mais finalement, on s’en moque lorsqu’on est au volant de l’Alpine parce que tout ce qui compte, c’est de se faire plaisir et pour cela, tout est réuni.
Plutôt malin
Certes, on doit composer avec une boîte robotisée à 7 rapports qui n’a jamais été la plus rapide de la classe mais les 300 chevaux extraits du petit 1.8 4 cylindres turbo suffisent amplement au bonheur du conducteur sachant que l’auto est annoncée à 1.163 kg. Et quel plaisir ! Dès que la route se libère et que les virages s’enchaînent, on joue avec les palettes a volant et l’on pousse l’auto dans ses derniers retranchements.
Les trois modes de conduite vont de Normal à Track en passant par Sport. Avec ce dernier, la réactivité du moteur et de la direction est affinée et l’on peut exploiter l’auto sur route ouverte sans jamais se faire peur. En mode Track, les aides à la conduite sont réduites mais avec l’adhérence des Michelin Pilot Sport Cup2 semi-slick, mieux vaut ne pas tenter le décrochage sous peine de ne pas pouvoir tout maîtriser. On en est ainsi resté au mode Sport pour le plus grand plaisir de notre passagère…
J’aime moins
Difficile de trouver de gros défauts à ce petit bijou. Un collègue a prétendu qu’il n’en ferait certainement pas sa voiture du quotidien à cause du manque de visibilité vers l’arrière ou encore à cause de l’usage des harnais, qu’il suffit pourtant de ne pas totalement serrer lors des déplacements en ville… Personnellement, nous aurions bien gardé cette jolie Française ad vitam aeternam.
Pourquoi je l’achète
Voilà le genre d’essai qui nous permet de rester enthousiaste dans un monde automobile où la banalité des genres est en constante augmentation. Tous ces SUV électriques chinois de marques totalement inconnues dont parlent nos jeunes collègues à longueur de journée nous minent désespérément. Alors quand un petit bolide thermique est disponible en parc presse, on n’hésite pas une minute. Et quelle satisfaction que le pilotage de cette Alpine A110 R Turini ! Il faut bien évidemment habiter du bon côté de la frontière linguistique pour en profiter au maximum.
Train avant millimétré, freinage parfaitement calibré, train arrière soudé, on avale les courbes ardennaises avec aisance et l’on se prend rapidement pour un pilote. Cette Alpine est particulièrement gratifiante et même si elle pourrait s’offrir des accessoires plus modernes dans l’habitacle ou une boîte plus efficace, on finit par aimer ses défauts parce qu’on sait déjà qu’elle va terriblement nous manquer. Et puis que ceux qui critiquent son petit moteur sachent qu’il permet une belle sobriété en conduite quotidienne avec une moyenne réaliste de 8 l/100 km.
Pourquoi je ne l’achète pas
La voiture qui illustre ce reportage est facturée 122.040€ parce qu’elle reçoit la ligne d’échappements en titane signée Akrapovic (4.000€), les baquets Sabelt (3.500€) et la couleur Rouge Sismique (7.500€) déjà évoquée. C’est une jolie somme mais il faut se rappeler que le moteur à combustion disparaîtra des Alpine dès l’an prochain, ce qui en fait déjà un collector. Les rangements ne sont pas des plus généreux et il faut un peu d’organisation lorsqu’on part en week-end mais c’est nettement plus simple à gérer qu’un parcours à établir pour avoir suffisamment de bornes de recharges… suivez mon regard ! (Photos: Pierre Fontignies)

