Les temps changent. Il y a quelques années, la Golf GTI nous semblait trop sage, trop discrète. Aujourd’hui, retrouver ce modèle emblématique de la marque donne immédiatement le sourire. Pensez donc : un moteur thermique qui se laisse entendre au ralenti, 265 chevaux et un habitacle agrémenté de touches sportives. Cela fait des lustres que ce genre de recette n’est plus concoctée dans d’autres marques. Les sportives compactes ont été les victimes directes de la mode des SUV et de l’électrification forcée. On va donc savourer cette VW Golf GTI avec d’autant plus de plaisir.
Apparue au printemps 2020, la Golf de 8e génération n’a pas encore rendu les armes face à la déferlante électrique voulue par les pontes du groupe Volkswagen. Légèrement restylée au début de 2024, il nous a été proposé d’en essayer la version GTI classique. On retrouve ainsi le 2.0 TSI fort de 265 chevaux épaulé par la boîte DSG à 7 rapports. Du connu, du rassurant, du costaud. Tout ce qui a fait le succès de la marque par le passé. Mais que cela vaut-il encore en 2025 ?
J’aime bien
Cette version 2.0 de la Golf VIII s’offre de légère modifications esthétiques passant par des projecteurs inédits et un bouclier avant redessiné. Mais c’est essentiellement à l’intérieur que les nouveautés sont palpables puisqu’on y découvre un grand écran central de 12,9″ à la présentation clarifiée. Mais il faut malheureusement toujours passer par lui pour le moindre réglage et cela reste rébarbatif. Heureusement, une touche permet de désactiver facilement les aides à la conduite rébarbatives habituelles. Cela dit, la position de conduite est parfaite et l’ergonomie des commandes est irréprochables. On a juste envie d’enquiller les kilomètres et avaler les virages avec appétit. Le moteur ronronne gentiment au ralenti mais il ne demande qu’à s’exprimer…
Plutôt malin
Avec les derniers modèles ID de la gamme, nous nous étions habitués à devoir composer avec une finition assez décevante. Mais en retrouvant le volant d’une Golf GTI, on a compris que Volkswagen pouvait encore offrir un intérieur qualitatif même si les prix désormais atteints par cette bombinette deviennent excessifs. Il suffit d’ailleurs de voir le nombre de jeunes conducteurs habituellement fans de la Golf et qui se sont rabattus sur la Polo, faute de moyens. Uniquement disponible en cinq portes, elle accueille les passagers arrière sur une banquette bien dessinée mais l’occupant de la place centrale sera logiquement moins choyé que tous les autres.
J’aime moins
A priori, se retrouver avec plus de 260 chevaux sous le capot donne le sourire. Seulement voilà, la linéarité de la poussée gomme les sensations et comme nous avons eu cette voiture à l’essai en plein hiver, le sol gras et humide n’a pas rendu les choses aisées pour le train avant. Bref, il fallait y aller avec des pincettes pour exploiter la cavalerie mais cela pousse tout de même très fort dans une efficacité constante. La monte pneumatique, signée Bridgestone, ne nous a pas trop donné confiance sous cette météo maussade.
Pourquoi je l’achète
Quel bonheur de se retrouver au volant d’un grand classique comme la Golf GTI. Dans un paysage automobile dominé par les SUV, les électriques et d’anciennes dieselisées, on profite à fond d’une semaine à bord d’une berline compacte motorisée par un 2.0 de 265 chevaux. Certes, la météo n’était pas à la franche rigolade sur les routes et nous avons été souvent castré par son train avant débordant de couple mais être assis bas, parfaitement positionné avec un volant agréable à manier dans un environnement technologique à la pointe sans être trop envahissant procure inévitablement un plaisir bienvenu. La conduite demeure la priorité de l’heureux propriétaire. Au rayon des consommations, nous avons signé une moyenne de… 10,6 l/ 100 km après 530 km mais à vitesse raisonnable, il est tout à fait possible de limiter son appétit aux alentours des 8 litres.
Pourquoi je ne l’achète pas
45.195€ tvac, c’est ce que coûte une Volkswagen Golf GTI en 2025. Avec les quelques options montées sur notre voiture de presse comme les jantes alu spécifiques, mais superbes, le toit ouvrant panoramique, inutile à nos yeux, ou encore l’habillage des superbes sièges en cuir « Vienna », le montant de la facture s’élevait à 54.664€. Et on ne parle pas encore de la TMC ou de la taxe de roulage… Bref, il faut avoir les moyens pour rouler en GTI de nos jours. Autre grief, celui du recours systématique à l’écran central pour la moindre fonction. Et ce n’est pas les quatre boutons placés juste en dessous, des sorts de raccourcis, qui y changent quelque chose parce que là où ils sont placés, cela va aussi vite d’utiliser directement le grand écran. Bref, si VW a annoncé revenir à des boutons classiques pour certaines commandes, on a hâte d’y être. (Remerciements éternels à Pierre Fontignies pour les photos)

