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Il y a 60 ans : une Mini Cooper gagnait le rallye Monte Carlo pour la première fois !

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Les miracles ? Ça arrive, il suffit d’y croire ! C’est ce qui est arrivé à Paddy Hopkirk il y a tout juste soixante ans… il y a cru tellement fort qu’il a donné ses lettres de noblesse à la Mini Cooper, en gagnant le prestigieux rallye Monte Carlo, il y a soixante ans presque jour pour jour.

Imaginez-vous ici, à plus de 1600 m d’altitude, la nuit, dans la neige et la glace… l’exploit de la Mini et ses trois pilotes, Hopkirk, Mäkinen et Aaltonen, prend encore plus d’éclat. Il est aussi dû à la présence des ouvreurs, une nouveauté lancée par Stuart Turner, leur patron, qui a contribué à façonner leurs victoires.

Était-ce un simple coup de chance dû à un concours de circonstances ? Au hasard ? Certainement pas car la Mini a renouvelé cet exploit lors de trois autres éditions du rallye, en 1965, 1966 (mais l’équipe a été disqualifiée) et 1967. Outre le pilote irlandais, Timo Mäkinen et Rauno Aaltonen ont aussi écrit une partie de la légende de la Mini. Sortie en 1959, celle qui n’était jusqu’alors qu’une « petite voiture de ville », plutôt féminine et chic, s’est imposée comme étant aussi une sportive efficace. La formule utilisée par Alec Issigonis était simple : un maximum d’espace pour les passagers et leur bagages dans des dimensions les plus réduites possibles, une roue à chaque coin et un moteur transversal entraînant les roues avant est toujours bien d’actualité.

C’est à l’aide de ces instruments que le copilote détermine une heure de passage au contrôle afin d’éviter toute pénalité. Du grand art en étant balancé d’un virage à l’autre et en énonçant des notes au pilote !

John Cooper, le sorcier

John Cooper, constructeur de monoplaces, a très vite perçu le potentiel de la Mini pour la compétition et s’est donc attelé à en développer une version plus performante. Dès 1961, la Mini Cooper disposait de 55 ch, contre 34 seulement à la Mini de base. Du jour au lendemain, les amateurs de conduite sportive peu fortunés pouvaient tenir la dragée haute à des engins autrement plus puissants, les qualités de base de la Mini étant renforcées. Très homogène et facile à piloter, la Mini était aussi très légère. En version rallye, la Mini Cooper ne pesait que… 650 kg, de quoi lui donner un rapport poids-puissance des plus favorables et lui permettre de tirer facilement son épingle du jeu face à des concurrentes bien plus puissantes.

Efficace et équilibrée, la Mini avait un gabarit idéal pour les petites routes de l’arrière-pays sur lequel se court le Rallye Monte Carlo.

Dès Mai 1962, Pat Moss s’impose au rallye des Tulipes. Stuart Turner, patron du service compétition de la BMC, va désormais aligner la Mini dans de nombreuses compétitions. Pour le rallye, il engage Timo Mäkinen et Rauno Aaltonen. Ces pilotes nordiques, virtuoses du freinage avec le pied gauche, étaient très efficaces. Outre ses pilotes, Turner a développé une redoutable organisation pour leur assurer la victoire. Il a ainsi été le premier responsable d’une équipe d’usine à utiliser des ouvreurs en rallye… Leur rôle était crucial : ils passaient juste avant la fermeture des spéciales et communiquaient les infos sur l’état des routes en temps réel.

L’équipe d’usine BMC était l’écurie Safety Fast, reprenant le slogan historique de MG, ainsi que la rosette aux couleurs nationales.

Course à la puissance

De son côté, John Cooper continuait à développer la Mini sportive. La Cooper S, avec son moteur 1071 cm3, développait 90 ch a rapidement supplanté la version 1000 cm3. Toujours proche des versions les moins puissantes, elle ne disposait même pas d’un compte tours, d’un volant ou de sièges sport. C’était toujours bien une Mini, avec ses charnières apparentes, ses vitres de portières coulissantes et… une ficelle pour ouvrir la porte du passager ! En 1963, Aaltonen remporte une première victoire de classe au Monte Carlo.

L’année suivante, la Mini était loin d’être favorite parmi les 277 participants. Nul doute que les routes enneigées et verglacées convenaient parfaitement à la voiture et à ses pilotes. Comme souvent dans ce rallye, la victoire s’est jouée lors de la dernière nuit. C’est là que la Mini numéro 37 et immatriculée 33EJB, a remporté la victoire.  Tout s’est joué dans le col du Turini, à plus de 1600 m d’altitude, recouvert de glace et de neige. La Mini s’est facilement jouée des 34 virages en épingle à cheveu sur les 24 km d’épreuve spéciale. Hopkirk est arrivé en seconde position, juste derrière Ljungfeldt et sa Ford Falcon V8 mais le jeu des handicaps liés au poids et à la puissance lui a finalement permis de remporter la victoire, après avoir terminé premier de l’ultime épreuve, un circuit routier dans les rues de Monte Carlo.

Un des virages en épingle à cheveu typique de la spéciale du Turini, couru par les meilleurs lors de la dernière nuit du Monte Carlo.

La victoire a même valu à Paddy Hokirk de recevoir un télégramme du gouvernement britannique et… une carte des Beatles, pas moins ! Du jour au lendemain, Hopkirk est devenu un héros et un peu le cinquième Beatles. L’année suivante, Mäkinen, l’emporte. Cette fois, les voitures de l’équipe d’usine sont des Cooper S 1300 et il est même le seul pilote à ne pas avoir été pénalisé sur l’ensemble du rallye. Lors de la dernière nuit, courue dans des conditions dantesques, il s’adjuge encore cinq des six spéciales et remporte une victoire éclatante. En 1966, c’est un peu devenu une routine : trois Mini s’adjugent les trois premières places du classement général mais… elles sont finalement disqualifiées pour éclairage soi-disant non conforme… disons plutôt que les organisateurs en avaient assez de voir cette petite anglaise insolente triompher !

Les Trois Mousquetaires en Mini, Aaltonen, Mäkinen et Hopkirk remettent le couvert en 1967 et…nouvelle et dernière victoire de l’équipe d’usine Mini au rallye Monte Carlo. Cette fois, c’est Rauno Aaltonen qui monte sur la première marche du podium. Ensuite, la Mini Cooper se classera encore troisième au classement général en 1968. Malheureusement, c’est aussi l’époque où le groupe Leyland commence à connaître des problèmes. La Mini fait face à une concurrence de plus en plus rude et, faute de moyens et de voiture plus compétitive, le service compétition est finalement fermé en 1970. La dernière Cooper S classique sort d’usine en 1971, avant de renaître quelques années plus tard, telle le phénix. Aujourd’hui dans le giron de BMW, la marque continue à exploiter le filon Cooper mais… en électrique, c’est une autre histoire ! (Texte: Dimitri Urbain)

Comme si vous y étiez ! Le tableau de bord est spécifique mais la position de conduite, façon autobus, est bien celle de la Mini. Il n’y a que l’essentiel pour le rallye.
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