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Interview : Robert Bonetto – VP Alpine Engineering : « L’ADN d’Alpine se retrouvera dans nos électriques ! »

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Lors d’un récent déplacement au cœur des installations d’Alpine, nous avons eu l’occasion de rencontrer Robert Bonetto, le Responsable de l’ingénierie. Ce fut une belle occasion pour faire le point avec lui sur l’avenir 100% électrique de la marque, sur les futurs modèles attendus avant de conclure brièvement l’importance de la compétition à ses yeux.

Comment se porte Alpine à la fin de l’année 2023 ?

Nous n’avons pas encore les chiffres de ventes définitifs pour 2023 (interview réalisée le 30 novembre) mais ce que l’on sait, c’est que l’Alpine A110 ne s’est jamais aussi bien vendue, ce qui est exceptionnel pour un modèle de son âge. On a poursuivi notre conquête de nouveaux clients avec un produit qui est toujours très apprécié.

Comment s’est déroulée la bascule du thermique au tout électrique qui attend la marque dès l’année prochaine ? Y’a-t-il eu des défections chez les ingénieurs ?

C’est un travail que l’on a commencé il y a plusieurs années. On a passé pas mal de temps à identifier les nouveaux métiers dont nous avions besoin. Nous avons proposé un certain nombre de formations et de reconversions à nos ingénieurs. Il est évident que ce n’est jamais facile de mettre fin à une période, surtout après tout ce que nous a apporté l’A110 en technicité et en sportivité. Mais le défi qui nous attendait, de vouloir conserver le même plaisir de conduire avec l’électrique, a motivé la plupart de nos ingénieurs pour nous accompagner dans cette nouvelle aventure.

Lors de la renaissance de la marque, en 2016, existait-t-il déjà des projections vers l’électrique où est-ce arrivé plus tard ?

Ce n’est pas venu dès le lancement de l’A110 mais on a commencé à y penser avant l’arrivée de Luca de Meo à la tête du groupe Renault. Disons qu’il nous a juste poussé à sauter l’étape de l’hybridation pour aller directement vers le 100% électrique qui va assurer notre futur.

Peut-on dire que l’électrique sauve Alpine avec la gamme étendue que l’on attend et qui n’aurait probablement jamais existé avec des moteurs à essence ?

On ne le saura jamais mais nous avons beaucoup d’ambition avec cette nouvelle gamme et les investissements sont considérables. Il est évident que l’électrique facilite certains aspects puisqu’une motorisation électrique est indubitablement plus facile à développer qu’une motorisation thermique mais on privilégie énormément la dynamique du châssis en gardant comme référence ce qu’on pouvait faire sur le thermique. C’est donc un gros défi de vouloir apporter dans l’électrique ce que l’on a réussi à créer avec l’A110 dans le thermique, c’est-à-dire un plaisir de conduite différent de ce qui existe sur le marché, c’est cela notre raison d’être. On veut garantir l’apport de notre ADN dans le 100% électrique.

Au départ, Alpine avait annoncé trois modèles électriques. Aujourd’hui, on en est à sept. D’où vient ce step ?

Initialement, nous avions un plan de 2024 à 2026 avec trois modèles : un modèle du quotidien, l’A290, un crossover et la remplaçante de l’A110. Nous avons continué à proposer d’autre véhicules pour les années d’après en capitalisant sur une nouvelle plateforme qui nous sera propre, appelée Alpine Performance Platform, et qui va nous permettre de développer d’autres SUV. A partir de la remplaçante de l’A110, nous aurons notre propre plateforme.

Comment se fera la production des futurs modèles ? On se doute que l’usine de Dieppe ne possède pas les capacités nécessaires à l’assemblage de toutes ces voitures…

La construction de l’A290 est prévue sur le site de Douai, dédié aux véhicules 100% électriques du groupe, et la majeure partie des crossovers y seront également assemblés. Mais il y aura une partie de l’assemblage du SUV qui se fera dans nos ateliers dieppois.

Gardez-vous un œil sur la concurrence pour savoir si vous allez dans la bonne direction ? Je pense ici au SUV électrique de Lotus qui ne brille pas par ses chiffres de vente…

On n’est pas sur le même segment que la marque anglaise. Je pense qu’il y a véritablement une attente pour des sportives électriques qui apportent du plaisir et du dynamisme dans la conduite au quotidien. Il y a d’autres marques qui rencontrent de beaux succès sur ces segments-là, je pense à MINI par exemple. On a fait des sondages auprès des clients et l’attente est réelle de leur part. On a un produit qui va apporter quelque chose de nouveau qui n’existe pas encore sur la marché. Notre A290 a déjà été longuement testée, notamment par notre direction générale, et les retours ont été exceptionnels.

Pour conclure, la compétition représente désormais une partie importante de vos activités avec la F1 et le WEC. Est-ce encore défendable financièrement auprès de votre direction ?

La compétition fait partie de notre ADN. Lorsque Jean Rédélé a créé la marque en 1955, c’était uniquement en vue d’aligner ses voitures en compétition. On est persuadé que c’est très important pour nous parce que cela nous permet de développer des technologies très pointues avec des analyses de données sur l’électronique de puissance, par exemple, des travaux sur les matériaux ou sur l’aérodynamique. Cela nous apporte une expertise qui nous est nécessaire dans notre activité quotidienne. Enfin, cela permet de faire connaître la marque Alpine partout dans le monde. Nous sommes pour l’instant surtout connus en France et en Europe mais si nous voulons réussir notre challenge, il faute que cette marque Alpine soit connue dans le monde entier. Et à nos yeux, la Formule Un et le WEC demeurent les compétitions les mieux adaptées à cet objectif !

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