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Essai : DS n°8 : la différence dans l’indifférence

A la base, l’idée de DS était intéressante: créer un label haut de gamme jouant sur le luxe et la différence. Seulement voilà, lorsqu’il s’agit de Premium, les acheteurs préfèrent encore et toujours les marques allemandes. La DS 9 en a fait les frais après une carrière très discrète. La DS n°8 mise tout sur l’électrique et un look disruptif. La bonne approche ?

En adoptant des lignes de SUV coupé, la DS n°8 illustre parfaitement les amours de Thierry Metroz, son responsable du design, pour les grandes marques de l’entre-deux guerre. Imposante et flamboyante, la DS n°8 ne passe pas inaperçue et provoque des avis tranchés. Elle se démarque, non sans élégance, des bahuts allemands taillés dans la pierre. La face avant est caractérisée par un capot nervuré, une calandre rétroéclairée sans oublier la signature lumineuse typiquement DS. Les flancs sont relativement purs et des bas de caisse peints en noir laqué affinent la silhouette. L’arrière est également marqué par des feux affinés et grâce à l’alliance du noir et de la teinte carrosserie, on trouve là aussi une certaine élégance malgré la taille de cette DS n°8.   

J’aime bien

Plutôt baroque, l’habitacle se veut particulièrement original en mêlant, le plus habilement possible, différents matériaux. On retrouve une finition en faux alu bouchonné (quand on a connu les vraies Bentley de l’époque, c’est choquant), le guillochage « clous de Paris », les coutures « point perle » sans oublier les haut-parleurs « toiles d’araignée ». Mais ce qui frappe avant tout, c’est ce volant en forme de X qui s’avère agréable à l’usage tandis que les superbes sièges en cuir, sans être excessivement moulants, soutiennent parfaitement leurs occupants. Comme toujours au sein du groupe Stellantis, les écrans conservent une taille raisonnable et les effets lumineux ne sont pas excessifs.   

Plutôt malin

Basée sur la plateforme STLA Medium, la DS n°8 adopte des grandes batteries Lithium-ion NMC de 98 kWh dans la version haut de gamme qui nous occupe aujourd’hui. Produites en France, celles-ci permettent à la marque d’annoncer une autonomie WLTP de 645 km ce qui signifie, dans la réalité, plus de 450 km… mais ce qui frappe avant tout à bord de ce SUV coupé, c’est la qualité de ses suspensions et du confort qu’elles dispensent. Le DS Active Scan Suspension fonctionne grâce à une caméra qui envoie ses informations à des capteurs pour ajuster en continu l’amortissement de chaque roue. Cela fonctionne prodigieusement bien et apporte un réel avantage si l’on veut bien se souvenir que les BEV sont habituellement trop fermes à notre goût.

J’aime moins

Si la carte de l’originalité est un atout à nos yeux, celui du luxe à française coûte que coûte nous semble toujours discutable. Alors que bien des marques asiatiques privilégient la simplicité et la pureté de leurs intérieurs, multiplier les matériaux sous prétexte d’un luxe absolu ne nous semble pas pertinent. Ainsi, les poignées intérieures des portes sont mal placées et peu ergonomiques alors que certains boutons (levier de vitesse par exemple), repris de modèles basiques de la gamme Stellantis, font tâche. Heureusement, les finitions plus modestes (Pallas, Etoile) n’en font pas autant que la Jules Verne illustrée et essayée ici.  

Pourquoi je l’achète

Avec ses lignes originales, la DS n°8 tranche radicalement dans la circulation quotidienne. Elle arrive comme un objet légèrement baroque qui sied parfaitement à l’image véhiculée par ce label luxueux du groupe Stellantis. A l’intérieur, on reste aussi étonné par l’environnement très original marqué par une profusion de matériaux qui finalement s’accordent bien ensemble et procurent à l’habitacle un sentiment de distinction unique en son genre. L’habitabilité est bonne sans être exceptionnelle au vu des dimensions de l’engin. Grâce à ses suspensions intelligentes, la DS n°8 dispense un confort digne des grandes œuvres de la maison française alors que l’autonomie réelle peut accrocher les 500 km si l’on n’abuse pas de la puissance de 275 chevaux.  

Pourquoi je ne l’achète pas

Affichée à 77.400€, cette version Jules Verne ultra-équipée exige un effort important mais sachez qu’il existe déjà une finition Palace pour 59.200€. De quoi séduire certains gestionnaires de flotte qui pourront proposer un véhicule original, loin des SUV standardisés proposés par les Allemands. Il reste alors à convaincre le public visé, pas spécialement jeune et donc avec des à priori bien figés concernant les marques françaises. Espérons que Stellantis sera en mesure de proposer quelques belles ristournes pour attirer les indécis qui fermeront alors les yeux sur certaines touches indélicates de l’habitacle. De faux plastiques imitation alu à certaines commandes issues de modèles bas de gamme, tout ce qui brille à l’intérieur de cette DS n°8 n’est pas or. (Photos: Pierre Fontignies)

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