Les grands breaks destinés aux gros rouleurs se font rares dans les catalogues des constructeurs et sur nos routes. Cela n’empêche pas les marques allemandes premium d’en conserver au sein de leur gamme. Pour le plus grand plaisir de votre serviteur qui a pu goûter récemment à deux exemples du genre en se disant que décidemment, on n’avait pas totalement tort de les plébisciter à une certaine époque.
Soyons francs, les motorisations qui équipent nos destriers du jour n’ont rien en commun. Sous le capot du break Audi, on découvre un 3.0 V6 comme on n’en fait plus assez. Il répond présent à n’importe quel moment et dispense une incroyable sérénité au volant. Fort de 367 chevaux, le moteur fait de ce break Quattro des plus discrets un incroyable avaleur de kilomètres n’ayant peur de rien. Ni les forts pourcentages, ni la météo capricieuse, ni un chargement encombrant ne l’effrayent.
En face, le break Mercedes se chauffe du même bois. Avec ses quatre roues motrices et son allure surélevée, l’E220d All-Terrain est tout aussi capable de traverser l’Europe dans les conditions climatiques les plus abjectes. Mais à l’inverse de son concurrent du jour, il est capable d’avaler plus de 1000 kilomètres avant de réclamer son plein de… Diesel. Et oui messieurs, dames, ce carburant demeure votre meilleur allié lorsqu’il s’agit de voyager loin et le plus rapidement possible.
Salons roulants
A l’intérieur de la Mercedes, on retrouve un environnement familier lorsqu’on fréquente les productions les plus récentes de la marque étoilée. Les éclairages teintés peuvent être déclinés en de nombreuses variantes et les écrans dominent la planche de bord. Mais il est heureusement plutôt facile de déconnecter les aides à la conduite les plus intrusives. Les menus sont rapidement accessibles et l’on s’habitue naturellement aux différentes fonctionnalités du système. Le cuir est encore largement présent sur la console centrale, sur les contre-portes mais également sur le dessus du tableau de bord. Les sièges sont parfaitement adaptés à toutes les morphologies et peuvent même être chauffants, rafraichissants ou massants en fonction des options choisies.
Bref, on se retrouve à bord d’un véritable salon roulant. Et à nos yeux, à part la position de conduite surélevée, un SUV n’offre guère plus de satisfaction au volant. Un avis qui fera tiquer certains mais sincèrement, avec des suspensions pneumatiques comme celles qui équipaient nos deux modèles, c’est tout simplement royal ! Car si l’habitacle de l’Audi A6 se veut plus technologique, il n’en demeure pas moins parfaitement fini et particulièrement confortable. Nous n’avions plus testé d’Audi depuis quelques mois et sincèrement, la qualité perçue est réellement hallucinante. Le nubuck apporte une touche dynamique à un ensemble joliment conçu. On peut réellement passer des heures au volant de ces deux vaisseaux sans ressentir la moindre lassitude. Un régal pour l’amateur de conduite dans de beaux objets.
Déménageurs de luxe
Le passager peut, dans les deux cas, bénéficier d’un écran qui lui est réservé pour y regarder des séries, choisir la playlist, jouer (dans la Mercedes) ou encore avoir un œil sur certaines données du voyage. Qui dit break, dit espace de chargement généreux. Et en effet, dans la Mercedes, le volume de chargement peut être poussé à 615 litres. Si vous optez pour le Diesel. Parce que les versions hybrides rechargeables sont sanctionnées par la présence de batteries encombrantes limitant la charge à 460 l. Si vous n’êtes pas sensible à la carte écologie, ce 2.0 de 197 chevaux répond largement aux attentes en se passant de tout appui électrique.
Chez Audi, le volume de chargement est limité à 530 litres par la faute de ses lignes plus sportives, mais cela demeure un bel espace. Aux places arrière, on se sent comme à la maison à condition de se limiter à deux passagers. Les sièges arrière sont bien dessinés et peuvent être chauffants en option. La climatisation peut également être réglable depuis les places arrière. Les toits panoramiques optionnels peuvent réduire le sentiment de claustrophobie.
Tarifs élitistes
Alors que l’A6 Avant ne se décline plus en version tout-chemin, le break All-Terrain à l’étoile rappelle qu’il peut arpenter des chemins non-asphaltés grâce à son mode Off Road. La garde au sol est alors relevée de 46 mm et l’instrumentation arbore un graphisme spécifique, avec des données sur l’inclinaison du véhicule ou de nouvelles commandes activées, comme le freinage assisté en pente. L’écran central affiche une vue virtuelle de ce qui se passe sous l’avant du véhicule. C’est incroyablement bien fait et cela permet de poser les roues à l’endroit précis où elles peuvent garder de l’adhérence ou éviter des obstacles. Reste à connaître les volontaires qui oseront emmener leur chère Classe E dans la boue ou dans les pierres. Car à 82.220€ tvac sans avoir choisi d’options, ce break surélevé n’est pas donné. Heureusement, l’appétit de son Diesel raréfie les passages à la pompe. Durant notre essai longue distance de 2560 km, nous avons relevé une moyenne de 6,1 l/ 100 km.
Evidemment, pour l’Audi, ce n’est pas sa sobriété que l’on soulignera. Ainsi, à l’issue de nos 340 km d’essai, la moyenne se chiffrait à 11,6 l/ 100 km. Et comme son prox d’achat est de 79.750€ tvac sans options, il faut là aussi un budget conséquent.
Difficile de trouver de gros défauts à ces magnifiques breaks autoroutiers. Parfaitement finis, volontaires et sécurisants en toutes circonstances, ils rappellent que le plaisir de conduire peut encore exister à condition d’éviter les SUV trop patauds. L’habitabilité de l’Audi est plus limitée parce qu’elle choisit de privilégier son look. La transmission de la Mercedes n’est pas exempte d’à-coups dans certaines circonstances. Et toutes les deux ont parfois perdu la connexion avec Apple Carplay sans raison…

