L’arrivée de Dacia sur la marché des SUV du segment C nous semble aujourd’hui logique mais qui aurait pu s’y attendre lors des débuts de la marque roumaine en 2005 sur les marchés d’Europe occidentale. Depuis, le label abordable du groupe Renault connaît un succès insolant pour la concurrence et ne cesse de se développer. Le dernier-né de la gamme s’appelle Bigster et ne cache pas ses ambitions. Voilà les autres C-SUV prévenus…
Logiquement inspiré par le design du petit frère, le Duster, le nouveau venu en reprend les caractéristiques de robustesse et de modernité. Les éléments de protection avant et arrière sont teintés dans la masse pour une résistance et une durabilité accrues. Mais tout en restant pragmatique, le nouveau modèle lancé par Dacia joue également la carte esthétique en adoptant, en option, des jantes de 19 pouces très graphiques, une offre bi-ton à la demande avec un toit noir sans oublier une teinte inédite, un bleu Indigo qui lui sied à ravir.
Habitacle qualitatif
Si les plastiques de l’habitacle pourront choquer certains, on peut vous garantir que leur aspect est qualitatif et soigné par rapport à certains concurrents italiens mais aussi allemands. Toutes les informations liées à la conduite sont centralisées dans le tableau de bord numérique de 7 ou 10 pouces en fonction de la finition choisie, tandis que l’écran central tactile de 10 pouces regroupe toutes les informations liées au système multimédia. Heureusement, il conserve des touches classiques pour la climatisation ou le verrouillage central. Nous aurions aimé un réglage de volume plus facilement accessible pour le passager. La connexion Bluetooth s’établit très facilement à condition d’être à l’arrêt. Pour le reste, on est dans un univers connu pour les habitués de la marque où les matériaux robustes sont faits pour résister longtemps à divers aléas. La banquette arrière est en découpe 40/20/40 et peut se rabattre très facilement depuis le coffre grâce à deux commandes placées de chaque côté de celui-ci. Le hayon motorisé s’ouvre sur 667 litres de volume de chargement, soit 150 de plus que le Duster.
Un hybride un peu timide
C’est dans sa version la plus chère que nous avons découvert ce nouveau Dacia dans le sud de la France. Le 1.8 4 cylindres de 109 ch est alors accouplé à un moteur électrique de 49 chevaux pour en fournir 156 dans le meilleur des cas. Mais autant dire qu’il n’aime vraiment pas être brusqué et qu’il le fait savoir immédiatement en élevant inutilement la voix. C’est légèrement regrettable parce que la châssis est vraiment sain et les trains roulants ont été soignés. Le Bigster ne se vautre jamais sur le train avant en cas de virage abordé avec trop d’optimisme et ce sont les pneus Michelin qui se font entendre en premier. La vocation de ce SUV n’est pas d’aborder les tournants avec entrain mais dans les longues courbes rapides, il se laisse réellement mener sereinement à condition de ne pas être trop exigeants en matière de ressenti de la direction ou des freins. Par contre, on regrettera une acoustique un peu décevante avec des bruits de vent très présents et un moteur qui tourne un peu inutilement en descente alors que les batteries sont rechargées et qu’on lève le pied de l’accélérateur. En fait, il faut garder un filet de gaz pour le faire taire et rouler sur son élan… En ville, il faut vraiment se déplacer en dessous de 30 km/h pour être en 100% électrique.
Un 1.2 3 cylindres plus abordable
Nous n’avons pas pu essayer la motorisation plus accessible mais son fonctionnement plus simple devrait rendre le petit 3 pattes de 140 chevaux plus convaincant aux yeux des amateurs de pragmatisme. Pourquoi se compliquer la vie avec un moteur électrique supplémentaire ? Les vrais aventuriers pourront opter pour la version à 4 roues motrices un rien moins puissante mais avec des programmes de conduite adaptés aux terrains rencontrés. Ces deux versions ne sont proposées qu’en boîte manuelle, ce qui devrait encore réduire leur consommation. Cela dit, l’Hybrid 155 essayé s’est montré particulièrement sobre puisque votre serviteur au pied lourd particulièrement redouté a signé un excellent 4,7 sur les 80 km parcourus le deuxième jour. Le Dacia Bigster est proposé en quatre finitions : Essential, Expression, Extreme et Journey. Les prix débutent à 23.990€ tvac pour un 1.2 MHEV 140 BVM alors qu’il faut 28.990€ pour un Hybrid 155 en finition Expression. Le Journey le mieux équipé est à 30.690€.
Avec le Bigster, Dacia s’invite sur le marché des C-SUV avec une proposition très cohérente qui reprend les valeurs ayant fait le succès de la marque depuis deux décennies. Séducteur, costaud, partiellement électrifié, il est parfaitement raccord avec son époque et devrait plaire à une clientèle d’automobilistes pragmatiques, mais aussi soucieux de l’image qu’ils renvoient à la société. Sur la route, le Bigster en impose et va faire savoir à la concurrence qu’il faut désormais compter avec lui face à des marques généralistes qui se sont pris le melon en laissant leurs prix s’envoler honteusement…

