L’occasion fait le larron. Ayant essayé successivement le GLE53 AMG et le G500, motorisés tous les deux par le même six cylindres essence, il me paraissait intéressant de comparer ces deux lascars sachant qu’ils représentent deux écoles philosophiques différentes. L’éternel débat entre les anciens et les modernes…
A ma droite, sa majesté le GLE lancé en 2018, que l’on retrouve ici dans sa déclinaison AMG 53 4MATIC devenue hybride rechargeable et qui a de plus en plus de mal à cacher son âge. A ma gauche, le G500 qui n’a jamais voulu prendre sa retraite alors qu’il affiche un âge canonique de 45 ans. Certes, la génération de type 463, lancée en 1993, a connu un gros rafraîchissement en 2018 mais les fondamentaux demeurent. Cela dit, en dévoilant une version 100% électrique il y a peu, le G s’est offert une nouvelle coupe concernant principalement la face avant et la disparition du V8 sous le capot du G500 qui nous occupe aujourd’hui. Ce dernier reçoit ainsi le même 6 cylindres en ligne que le GLE auquel il est confronté aujourd’hui.
Classe Affaire
A bord, le conducteur est aussi bien installé, quel que soit le modèle. Les sièges en cuir sont très confortables d’autant qu’ils peuvent être chauffés, refroidis ou massants si vous cochez la bonne option évidemment. Face à lui, le propriétaire retrouve le volant à trois branches et aux touches haptiques, qui ne répondent pas toujours instantanément à ses injonctions. Dans les deux modèles, on retrouve 2 écrans couleur entièrement numériques de 12,3 pouces chacun, ils sont tactiles et utilisent la dernière mouture du système MBUX. De quoi rassurer les fans de technologie qui pourront naviguer entre les 7 styles d’affichage allant du plus discret au plus sportif en passant par le classique, la navigation ou encore la conduite tout-terrain.
Il est assez amusant de constater que c’est le Classe G qui se révèle le plus moderne en termes de design du meuble de bord alors que le soin apporté aux finitions des modèles badgés AMG-Line et agrémentés d’éléments Manufaktur est tout simplement ahurissant. On pense, par exemple, aux poignées de maintien (option à 666€) qui sont recouvertes de cuir et dont l’intérieur est tapissé d’une fine tranche de caoutchouc pour qu’elle adhère à la main de son utilisateur. Le cuir et le nubuck sont partout. Dans le GLE, ce sont des finitions en aluminium brossé ou en bois qui peuvent être choisies en option mais cela lui donne un aspect moins huppé que celui de son grand frère. Cela dit, la finition y est également exceptionnelle et l’on voyage en toute quiétude à bord de ces deux vaisseaux hors du temps.
Confort différencié
Finalement, c’est aux places arrière que nos deux 4×4 se distinguent avec un traitement nettement meilleur à bord du GLE. Certes, les sièges y sont chauffants et on peut régler la ventilation dans tous les cas mais le dossier du G500 est trop bas et s’il se règle, c’est uniquement manuellement et cela manque de précision. A l’inverse, les passagers arrière du GLE peuvent s’installer confortablement en jouant sur toute l’assise. Et si l’on ouvre les hayons arrière, celui du GLE est bien plus pratique puisqu’il s’ouvre automatiquement pour accéder à un volume de 500 litres malheureusement entravé de 140 litres à cause des batteries du système hybride. Des batteries qui ajoutent également 400 kg à sa masse totale (2.780 kg). Le G500 a conservé sa porte arrière qui s’ouvre latéralement, limitant son accès dans certains parkings. Mais avec son volume de chargement de 640 dm³, il peut facilement déménager des objets encombrants et côté poids, il est plus léger que le GLS… de 300 kg ! Un comble.
Moteur vrombissant
Comment ne pas être totalement serein à l’heure de lancer ces deux vaisseaux amiraux sur la route ? Difficile de trouver plus imposant du côté du Classe G qui surpasse tous les SUV lancés bien après lui. La 6 en ligne est assez bruyant à froid mais cela ne dure guère et une fois les bonnes températures atteintes, il se fait oublier dans la majorité des cas. Evidemment, si vous faites appel à lui pour doubler un convoi de limaces lobotomisées, il se fera entendre mais il réagira surtout au quart de tour même si vous n’êtes pas en position Sport lors de ce dépassement. C’est assez agréable et amusant de profiter ainsi, de temps à autre, des 450 chevaux du G500.
De son côté, le GLE peut justifier son côté écologique en se déplaçant en mode totalement électrique sur un maximum de 70 km. C’est assez amusant de recharger un modèle badgé AMG mais ne l’avais-je déjà pas fait avec la GT en son temps ? Là aussi, on peut compter sur une puissance largement suffisante puisqu’on peut compter sur les 450 chevaux du 6 en ligne auxquels on additionne les 170 ch du moteur électrique pour un total de 544 ch pour un couple de 750 Nm. De quoi parcourir le 0 à 100 km/h en 4,7 secondes. Malheureusement, le poids du GLE ainsi équipé annihile tout sentiment de surpuissance. Mes passagers auront également souligné la sonorité trop présente du 6 cylindres lorsqu’on est obligé de passer en mode thermique mais c’est plus inhérent au concept général qu’au modèle.
Tarifs salés
Affiché à 124.933€, le GLE 53 4MATIC+ propose le Pack Advanced Plus qui inclus l’assistant des panneaux de circulation, l’accès main-libre, les sièges avant à réglages électriques et mémoire ou encore l’assistant de parking à 360°. Une liste non-exhaustive bien évidemment. On peut encore citer le cuir Nappa noir, la climatisation automatique ou encore de nombreux airbags. De l’autre côté, le G500 est vendu à 137.214€ mais si vous optez pour la finition AMG, il vous en coûtera d’office 10.485€ supplémentaires. Heureusement, à ce prix, la qualité de finition devient véritablement exceptionnelle. La couleur Olive Magno facturée 7.139€ de notre exemplaire fait partie de la collection Manufaktur… Enfin, à l’heure de remplir les réservoirs, il faudra se montrer généreux. Evidemment, dans le cas du GLE, on peut miser davantage sur l’électricité en le rechargeant le plus souvent possible. Avec le G500, il vous sera difficile de descendre en dessous des 12 l/ 100 km même en roulant en mode Eco sur autoroute comme je l’ai fait en allant le rendre chez l’importateur. Lors de nos 622 km d’essai, notre moyenne s’est établie à 12,5 l/ 100.
Alors, classiques ou modernes ? Dans les deux cas, nous aurions volontiers traversé l’Europe à bord de ces deux sommités. Certes, le GLE est légèrement moins bruyant et mieux adapté à la vie autoroutière mais même à bord du Classe G, on a vécu nos déplacements comme autant de moments relaxants. Les sièges massant, la musique diffusée à travers le système Burmester ou encore la qualité des matériaux transforment tous les voyages en expérience exclusive. Si comme moi, vous préférez d’anciennes bâtisses toscanes au charme suranné aux hôtels modernes et sans âmes des hauteurs de Monaco, le G500 sera votre choix. A contrario, si vous n’êtes pas sensible à l’histoire de l’automobile, prenez le GLE 53, il ne vous décevra pas.

