Dans un monde où les SUV pullulent et se ressemblent tous, l’arrivée inattendue d’un vrai 4×4 américain pur et dur amène un peu d’originalité et d’authenticité. Et même s’il est évident que le terrain étriqué de nos villes européennes ne lui conviennent pas, il pourra toujours s’appuyer sur ses capacités hors-piste bien réelles pour séduire de vrais professionnels dans les régions montagneuses. En attendant, c’est essentiellement sur l’asphalte que nous l’avons testé.
Extérieurement, le Ford Bronco ne joue pas la carte de la discrétion avec sa carrosserie en teinte Hot Pepper Red et ses nombreux accessoires en plastique noir allant des barres de toit aux énormes rétroviseurs en passant par les marchepieds ou la roue de secours emballée dans une housse sur laquelle est dessiné le célèbre logo du modèle. Plus court, plus large et plus bas qu’une Jeep Wrangler, le Bronco est mieux posé sur la route et cela jouera inévitablement dans notre ressenti. Avec ses 504 litres, le coffre ne réalise pas des miracles d’autant qu’il n’est accessible que par une porte s’ouvrant latéralement alors que la vitre se lève vers le haut. A l’arrière, la place est bonne pour deux personnes. La troisième devra composer avec un tunnel central imposant. Notez que les portes et le toit sont amovibles mais nos talents de bricoleur étant très limités, nous n’avons pas osé le démontage.
J’aime bien
Face à lui, le conducteur découvre une planche de bord très typée US mais qui n’en demeure pas moins moderne. Le volant au cerceau épais est agréable à manipuler et dispose des classiques boutons pour le volume de la radio mais également pour le régulateur de vitesse ou encore pour modifier les informations affichées sur le tableau de bord. L’équipement est généreux puisqu’on dispose de sièges à réglages électriques, d’une caméra de recul et de l’alerte de trafic transversal. Le grand écran central de 10 pouces affiche le GPS, les sources du système media ou encore des indications importantes lorsqu’on roule en tout-terrain comme l’angle d’attaque ou de verticalité. En fait il fonctionne avec le système SYNC4 bien connu chez Ford.
Plutôt malin
Les possibilités de réglages de la transmission en mode 4×4 sont assez époustouflantes puisqu’on y retrouve les traditionnelles positions 2H, 4H ou 4L mais également, via le bouton GOAT, une série de modes orientés route; Normal, Eco ou Sport mais également destinés à arpenter des terrains moins stables; Slippery, Mud et Sand. Sans possibilité de goûter à ces modes spécifiques, nous avons utilisé le Bronco essentiellement sur route et autoroute et force est d’admettre qu’il procure de bonnes sensations au volant grâce à sa direction à assistance électrique. Le 2.7 V6 essence dispose de 335 ch pour un couple de 536 Nm qui ne sont pas de trop pour mouvoir les 2.348 kg de l’engin.
J’aime moins
Même si les Américains demeurent de fervents défenseurs des gros moteurs à essence, nous sommes persuadés qu’un Diesel est le meilleur ami de ce genre d’engin lorsqu’il est destiné à des Européens. Malheureusement, le Ford Bronco ne propose que ce V6 dont la sonorité nous a laissés perplexe par sa discrétion et dont l’appétit est préjudiciable surtout lorsqu’il s’ajoute aux taxes exigées par l’état belge pour jouir de ce type d’engin. Pas sûr que nous en verrons beaucoup sur les routes belges.
Pourquoi je l’achète
Il n’y en aura pas pour tout le monde donc si vous êtes fan du Bronco, cassez votre tirelire! L’Outer Banks est affiché à 77.170€ alors que la version qui nous intéresse ici, le Badlands, est à 81.170€. C’est le prix à payer pour jouir d’un véhicule très exclusif en Europe et véritablement capable de grimper aux arbres. Son côté baroudeur de l’extrême qu’il affiche fièrement n’est pas un vain mot et il est possible, via les nombreux modes de propulsion, de s’élancer dans le moindre bain de boue ou à l’assaut d’une pente particulièrement abrupte sans arrière-pensée. Reste à voir qui profitera réellement des capacités du 4×4 Ford sachant que bon nombre de SUV ne fréquentent que nos boulevards. Avec son système d’info divertissement moderne, son confort très satisfaisant et son moteur rempli de couple, le Bronco ne craint pas d’avaler des kilomètres goudronnés d’autant que sa direction renvoie des informations cohérentes et que ses trains roulants demeurent classiques.
Pourquoi je ne l’achète pas
Ne reniant en rien ses origines, le Ford Bronco adore l’essence et ne s’en prive pas. Ainsi, pour déplacer ce lourd engin à des vitesses acceptables, le moteur doit être ravitaillé très souvent. A l’issue de nos 322 km d’essai, la moyenne s’est chiffrée à 13,6 l/ 100 km. Autant dire qu’il vous faudra quelques réserves financières une fois les taxes et le prix d’achat digérés. Et puis il ne vous faudra pas être trop exigeant en termes de volume de coffre ou d’habitabilité aux places arrière. Par contre, si vous aimez prendre le soleil lorsqu’il est là, le fait de pouvoir déshabiller complètement le Bronco de son toit et de ses portes vous plaira et enthousiasmera les enfants. Pour avoir roulé dans une Willys totalement dénudée durant ma jeunesse, je peux vous le garantir!

