Bristol : une autre légende fait son retour !

Bristol, constructeur britannique de coupés à l’unité, a fait faillite en 2020, l’année même de son septante-cinquième anniversaire. Aujourd’hui, la marque renaît de ses cendres…

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Cette Bristol 403 du début des années 50 reprend une technologie BMW, jusqu’aux haricots en guise de calandre ! Sa carrosserie coupé bénéficie d’une aérodynamique particulièrement soignée. Le lien avec l’aéronautique est très étroit.

Vous avez dit Bristol ?

Dans les années 30, Bristol collabore avec BMW. Après une mise entre parenthèse de quelques années, les relations reprennent en 1945. La Bristol Aeroplane Company désire évoluer et se reconvertir. A l’image de nombreux autres constructeurs d’avions, comme Saab, la marque voit une opportunité en se lançant sur le marché automobile. Bristol utilise donc le châssis et la technique de la…BMW 327, raison pour laquelle la calandre reprend les deux haricots bien connus ! La carrosserie bénéficie d’une aérodynamique poussée, ce qui est tout naturel car les ingénieurs qui conçoivent la 401 y sont rompus, vu leur expérience en matière d’avions. La branche aéronautique de la société soutient financièrement la division automobile durant deux décennies, lui permettant d’acquérir une réputation de haute qualité et d’une approche technique sans compromis… à l’image de ce qui se pratique dans l’aviation.

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Bristol va revenir avec des « continuation cars », dont une 411, modèle emblématique de la marque. La Serie 8 sera une amélioration de la 6. Toujours équipée d’un V8 Hemi de chez Chrysler, elle devrait disposer de performances suffisantes.

En 1960, l’avionneur fusionne avec d’autres sociétés qui constituent alors la British Aircraft Corporation. A ce moment, le financement de la partie automobile n’est plus assuré et un certain George White s’associe à Anthony Crook, ancien pilote et marchand de voitures de sport, pour reprendre l’affaire à raison de 60 et 40%. En 1973, White est victime d’un grave accident au volant de sa Bristol et Crook rachète ses parts. Il continue à gérer la marque à bout de bras, avec une usine située à Filton et un seul et unique point de vente, à Londres, dans le quartier de Kensington.

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Bristol a toujours conservé l’esprit des grands coupés britanniques des années 50 et 60, s’inscrivant dans la tradition des Aston, Bentley, Jensen… 4 places, un espace suffisant pour les bagages et parcourir de longues distances dans un confort royal.

Durant 50 ans, la marque séduit des excentriques très fortunés, passionnés de technologie et en quête d’exclusivité. L’âge le rattrapant, Crook revend 50% de ses parts à Toby Silverton au début des années 2000. En 2004, la marque présente la Fighter, un coupé propulsé par un moteur de Viper V10. Trois ans plus tard, âgé de 87 ans, Tony Crook revend le reste de ses parts à Silverton. La société vivote encore 4 ans puis c’est la faillite, en 2011.

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A l’intérieur, cuir et bois se disputent l’espace. Voiture réalisée quasiment à la main, la Bristol a toujours affiché des tarifs élitistes et été réservée à une très petite élite de fins connaisseurs.

Très rapidement, Kamkorp Holdings, par ailleurs déjà propriétaire de Frazer Nash Research, reprend la société et annonce la sortie d’une nouvelle Bristol, la Bullet. Celle-ci, en fait une Morgan Aero 8 recarrossée, ne verra finalement jamais le jour. Au final, en 2020 c’est Kamkorp et Frazer Nash qui sont liquidés et tout ce qui appartenait à Bristol Cars est vendu. Nous sommes en Grande Bretagne, un pays ou rien ne se fait comme ailleurs et ce sont le Bristol Owners Club et le Bristol Owners Heritage Trust qui se portent acquéreurs des gabarits de carrosseries, de l’outillage, des plans grâce à de « généreux donateurs » !

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Dernier modèle en date de la marque, la Fighter est beaucoup moins élégante et réussie que ses ancêtres. L’arrière fuyant n’est pas sans rappeler une certaine Alfa Romeo Tubolare sortie de chez Zagato. Elle était équipée du V10 de la Viper et s’est vendue à une poignée d’exemplaires.

2020 : nouveau départ

Jason Wharton entre en jeu : il veut relancer la marque, refaire de Bristol un constructeur à part entière, après des décennies à la limite de la faillite perpétuelle.  A l’image d’Aston Martin, qui a relancé récemment la production des DB5 « James Bond » ou encore de Jaguar, Bristol compte faire son retour sur le marché avec des « continuation cars ».

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La Speedster présentée en 2004 n’a pas eu de réelle suite commerciale.

Trois séries limitées de huit voitures seront tout d’abord proposées : il s’agit de la 411 série 8, évolution de la série 6, de la Fighter et du Speedster. Cette production est désormais possible, le propriétaire de la marque ayant pu acquérir tant la propriété intellectuelle des designs que les gabarits pour construire les voitures. Elles seront propulsées par un V8 Chrysler de 6,4 l, associé à une boîte automatique ZF à huit rapports.

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L’intérieur n’a rien à envie à une Rolls en matière de qualité des matériaux et de finition.

Tant le châssis que l’intérieur ou l’architecture électrique vont être modernisés afin d’être en phase avec les attentes de la clientèle actuelle… En fait, ces nouvelles Bristol seront un savant équilibre entre technologie moderne et design classique. Un prototype devrait réaliser différents essais vers la fin de l’été et les livraisons aux clients seront réparties sur 2022 et 2023. Les prix débutent à 495.000 £ et le carnet de commande est ouvert.

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Ses lignes inspirées par des modèles historiques de la marque dissimulent en fait un châssis de Morgan Aero 8.

Ce seront normalement les dernières voitures de la marque avec moteur thermique : Bristol prévoit de sortir un modèle électrique en 2025, la Buccaneer. La marque veut être un leader en matière de véhicules électriques pour son 80ème anniversaire, en 2026. Wait and see… (Texte: Dimitri Urbain)

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Le Buccaneer sera lui aussi un coupé grand tourisme et la dernière voiture de la marque à être équipée d’un moteur thermique.

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